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LFC : Guerre froide

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DemetriosPoliorcète
LFC/Emile Ollivier
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Message par LFC/Emile Ollivier Ven 16 Sep - 16:41

Chapitre 1 : Espoir et desespoir

« Warsaw Rises !

Warsaw city at war
Voices from underground, whispers of freedom
1946 Comrade Stalin wants to assassinate Poland
Calling Warsaw city at war
Voices from underground, whispers of freedom
Rise up and hear the call
History calling to you, 'Warszawo, walcz!'

Spirit soul and heart
In accordance with the old traditions
1946 an empire is against you
Fighting street to street
In a time of hope and desperation
Did it on their own and they never lost their faith

Women, men and children fight
They were dying side by side
And the blood they shed upon the streets
Was a sacrifice willingly paid»


Extrait de la chanson du groupe suédois Sabaton Resistance

Juin 1945 : Coup de tonnerre en France. Le général de Gaulle, président du conseil, en désaccord avec le projet de constitution décidé par l’assemblée constituante, annonce se démission !

Bien que mettant toute son aura, tout son charisme dans la balance pour obtenir le rejet du projet par le peuple, celui-ci est approuvé à 51 % des voix ! Par conséquent, le Général et la majeure partie des députés du PRL (ainsi que des députés de différents bords politiques, en désaccord avec ce « retour » à la IIIème république) se rejetteront d’eux-mêmes dans l’opposition intransigeante à la IVème république au sein du RPF, fondé par le Général en août. D’ailleurs, fermement gaulliste, le président de la république René Cassin démissionne en même temps que le Général ! Le triomphe du oui est dû, en grande partie, à la puissante « machine de guerre » socialiste qui mobilise l’électorat français pour le oui.

Mais revenons à cette fameuse constitution. Si la gauche obtient, dans les négociations en commun, que le parlement sera monocaméral avec une seule chambre appelée Assemblée nationale. En revanche, l’exécutif sera renforcée de manière importante, une volonté de la droite (un renforcement jugé néanmoins insuffisant par le Général). Ainsi, le chef de l’État, s’il est toujours élu par l’Assemblée nationale, peut dissoudre cette dernière et nomme le président du conseil. On a donc ainsi la mise en place d’un régime moins parlementaire que sous la IIIème république, même si l’Assemblée reste prépondérante.

Léon Blum est élu président du conseil et, suite à des négociations et dans un soucis d’unité nationale, gauche et droite républicaines s’entendent pour élire à la présidence de la république l’homme de droite modéré Auguste Champetier de Ribes. Daladier, l’allié de Blum au sein du Front républicain, devient vice-président du conseil, tout comme Robert Schumann, qui obtient également le porte-feuille des affaires étrangères, en tant que représentant de la faction de la droite qui a votée l'investiture.

En dépit de ses nombreux défauts, la IVème république accomplira de grandes choses. Le redressement économique du pays (sous la houlette de Raoul Dautry, père de l’industrialisation de l’Algérie pendant l’exil, qui sera ministre du commerce de l’industrie sous plusieurs gouvernements), une décolonisation relativement réussie, à la fois pour la Métropole et les anciennes colonies.

Ainsi Paris, par le vote de la Loi-Cadre Moutet, accorde l'autonomie interne aux États d'Afrique noire française ainsi qu'aux 2 protectorats d'Afrique du Nord. Ainsi, le Maroc, la Tunisie, le Tchad, le Dahomey, le Soudan français (sous le nom de République du Soudan), la Côte d'Ivoire, Madagascar, la Mauritanie, le Moyen-Congo (sous le nom de République du Congo), le Niger, le Sénégal, l'Oubangui-Chari et la Haute-Volta deviennent des États membres de l'Union comme le furent brièvement le Vietnam, le Cambodge et le Laos. Très favorablement accueillie au sud du Sahara, la Loi-Cadre provoque des émeutes au Maroc et en Tunisie, les habitants ne voulant rien moins que l'indépendance complète. Notons que le bey de Tunis, Moncef Bey, intervient personnellement pour mettre un terme aux troubles en Tunisie. Dans le même ordre d’idée, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, a Réunion, les Établissements français dans l'Inde, Kouang-Tchéou-Wan, la Nouvelle Calédonie, les Établissements français d'Océanie et Saint-Pierre et Miquelon deviennent des départements français d’outre-mer.

Concernant les réformes économiques, l’assemblée vote la création d’une sécurité sociale mais nationalise a minima en revanche. En effet, la droite dominant de peu l’assemblée. Ainsi, seules les entreprises ayant collaborées seront nationalisées, à l’instar de Renault qui devient une régie.

Notons, en aparté, que la république n’ayant cessé d’exister, toutes les mesures prise par l’État national et l’occupant sont devenues automatiquement caduques à la Libération. Au-delà des mesures antisémites, naturellement abolies, la France reste dans le même fuseau horaire que l’Angleterre par exemple.

Enfin, véritable symbole, c’est le Guyanais Gaston Monnerville qui est élu président de l’Assemblée nationale, à l’unanimité des partis modérés, contre le Gaulliste Jacques Soustelle et le communiste Georges Marrane.

Dewey, bien que fermement convaincu de la nécessité de soutenir l’Europe dans sa reconstruction, devait composer avec la frange isolationniste de son propre parti. Finalement, fin 1945, un accord fut trouvé avec suffisamment de représentants démocrates pour qu’un vaste plan d’aide à l’Europe et à l’Asie soit mis en place. Ces derniers furent convaincus par une nouvelle défaite des forces du Kuonmintang contre les communistes en Chine et la victoire des communistes en Hongrie.

Notons que la victoire des communistes en Hongrie est un subtil mélange de réussites économiques véritables (stabilisation de la monnaie qui mit un terme à l’hyperinflation du Pengo de 1945, remplacé par le Forint) et de méthodes staliniennes d’arrestations des opposants et de trucage des élections de 1945 qui portent le Parti hongrois des travailleurs (fusion du parti communiste hongrois et du parti social démocrate de Hongrie, l’entrisme, l’intégration forcée des sociaux démocrates, étant un autre levier de manœuvre des communistes…) au pouvoir, pouvoir qui sera bientôt absolu.

Tout cela pousse donc les dirigeants américains de tous bords à accepter le plan d’aide économique à destination de l’Europe et de l’Asie : Le Plan Marshall.

Le but de ce plan est de s’opposer à l’idéologie communiste dans le Monde en aidant au retour de la prospérité en Europe et en aidant au développement de l’Asie (quoi que Marshall ai déjà constaté et déploré la corruption intense du KMT et proposé son abandon pur et simple. Dewey, quoi que conscient de cela, ne pouvait se permettre une victoire de Mao en Chine du moins pas par un lâchage des nationalistes).  

D’ailleurs, en Chine, si on excepte les principales villes, Mao, équipés de matériels capturés sur l’armée du Kwantung ou fournis gracieusement par l’URSS, est désormais dominant en Chine du nord. Notamment dans la vallée du Fleuve jaune, dont la population est toujours sous le choc des sabotages meurtriers (destruction des digues qui causèrent des centaines de milliers de morts) organisés par le KMT pour tenter d’enrayer l’invasion japonaise dans la région en 1938.

Les modalités de son application seront décidés lors de la conférence de Bruxelles, début 1946. Si l’Europe de l’ouest l’accepte avec enthousiasme (sauf l’Espagne à qui il n’est pas proposé), la Pologne et la Tchécoslovaquie demande également à y adhérer !

Staline est furieux ! C’est le moins que l’on puisse dire…

En cette année 1946, malgré les pressions militaires, les assassinats politiques, les menaces, la seconde république polonaise tient toujours et les communistes n’ont que quelques ministres de second ordre dans le gouvernement et un modeste groupe parlementaire…

Les communistes ont des effectifs si faibles, même à Varsovie, que toute « manifestation spontanée » de leurs forces ridiculiserait l’organisation de par sa faiblesse…

Qu’à cela ne tienne, on utilisera la force, et tant pis si cela choque à l’ouest…

Le jour de Pâques 1946, le 21 avril, espérant que les Polonais seraient en train de fêter la grande fête du catholicisme romain, l’armée soviétique quadrille les grandes villes polonaises, et encercle les casernes de la police et de l’armée polonaise, ainsi que les principaux ministères et le parlement polonais, le Sejm, la Diète de Pologne.

Les quelques députés communistes, seuls au Parlement, proclame la déchéance du gouvernement Sikorski et « élisent » Bolesław Bierut, le chef du Parti ouvrier polonais, président de la république et Władysław Gomułka premier ministre…

Face à ce qui, malgré son apparence de farce, n’en reste pas moins un crime, la résistance spontanée des Polonais s’organise très rapidement. Et ce, malgré l’élimination rapide du gouvernement légal. Sikorski est en effet mort les armes à la main en défendant sa résidence face à l’assaut soviétique. Mais celui-ci avait déjà secrètement préparé le pire.

Michał Karaszewicz-Tokarzewski, premier chef de la résistance intérieure polonaise, avait ainsi été désigné successeur de Sikorski en cas d’empêchement de ce dernier. Karaszewicz-Tokarzewski organise alors la résistance contre l’ennemi russe.

Les Soviétiques pensaient neutraliser en quelques heures le gouvernement polonais. Il leur faudra plus d’un mois pour écraser, à l’aide d’importants moyens, la résistance des Polonais. Du moins à Varsovie même. Car nombre de Polonais, à l’instar des Baltes, prennent le maquis et organisent une guérilla dans l’arrière pays, notamment dans les forêts du pays. Une guérilla qui perdurera jusqu’à la mort de Staline, date à laquelle les Soviétiques offrent une amnistie aux derniers combattants polonais (amnistie qui s’avérera sincère!). Tandis que le « gouvernement » communiste s’enfonce dans l’absurdité stalinienne. Rendu paranoïaque par les multiples assassinats de « compagnons de route » du Parti par l’armée polonaise des ombres, le Régime en deviendra proportionnellement des plus criminels. Ainsi, entre autres crimes, les dirigeants communistes non seulement gracieront les participants du pogrom de Kielce, condamnés à mort par la justice démocratique, mais en feront des pontes de la police politique ! Le tout dans un contexte de montée rapide de l’antisémitisme dans l’Europe stalinienne.

Dans le Monde c’est le choc. Benes, traumatisé par la violence de ses « amis » soviétiques, cède le pouvoir à Klement Gottwald. Les communistes, puissants en Tchécoslovaquie, s’empresseront de transformer, avec beaucoup moins de violences qu’en Pologne cependant, le pays en une démocratie populaire.

Quant au roumain, Gheorghiu-Dej, s’estimant désormais suffisamment fort pour faire cela, contraint le roi Michel Ier, frein à l’instauration complète du Stalinisme en Roumanie, à s’exiler. La République populaire roumaine est proclamée dans la foulée. Michel Ier se réfugier en France.

En France, face à la violence politique en Europe centrale et orientale, de gigantesques manifestations anti-communistes éclatent. Le siège du Parti, Rue Le Peletier, est pris d’assaut et incendié tandis que la police reste passive. Blum pense un temps à interdire le PCF mais renonce, face au risque de guerre civile.

L’écœurement face à la politique stalinienne fait renforce soudainement le soutien à la Guerre d’Indochine. Du désintérêt pour une guerre lointaine, la population y voit soudainement une grande Croisade anti-communiste ! Les volontaires affluent désormais dans les bureaux de recrutement, et la campagne du PCF appelant à la désertion est vu comme de la haute trahison. En effet, qui peut croire qu’il s’agit d’une guerre de reconquête coloniale alors que l’Indochine est désormais pleinement indépendante ?… L’armée de de Hauteclocque, engluée au Tonkin face à la multitude
viet minh, ne se sent désormais plus seule...

À l’est, Sikorski n’est pas le seul héros anti-totalitaire à tomber les armes à la main. En Yougoslavie, les derniers Tchéniks, encerclés dans la Ravna Gora, meurent en combattant les forces conjointes de Tito et de Staline. Le chef de la résistance monarchique a heureusement eu le temps de mettre sa famille à l’abri en France où elle deviendra centrale au sein de la diaspora yougoslave de France, réfugiée à Saint-Germain-en-Laye.

Au Royaume-Uni, Churchill, désavoué par son Parti suite à son échec en Inde et à l’extension de l’incendie de l’Empire britannique à la Malaisie et à la Palestine mandataire (où Juifs et Musulmans s’entre-tuent dans une sanglante guerre civile), est remplacé par Anthony Eden. Eden, francophile et ami de Georges Mandel, enjoint celui-ci de trouver une solution viable au conflit en Terre sainte. Eden a en effet vu son plan de rattachement de la Palestine mandataire au nouvellement indépendant royaume de Transjordanie être violemment rejeté par les Sionistes. Mandel se rend donc sur place pour évaluer la situation, comme il le fit en Inde.

La présence ou, plutôt, le retour des Juifs en Palestine date du début du siècle. Suivant l’idéologie sioniste élaborée par Theodor Hertzl, de nombreux Juifs d’Europe centrale et orientale ont migré en direction de la Terre-Sainte pour y reconstruire leur nation. Cependant, les atrocités nazies et la fin de la guerre n’ont pas autant que l’on pouvait le penser augmenté le flux de migrants et par conséquent la présence juive en Palestine (Bien qu’à terme, elle dépasse la population arabe en nombre). En effet, le gouvernement français accueille, que ce soit en Métropole ou en Algérie française, nombre de survivants des camps de la mort, qui préfèrent s’installer dans un pays sûr (en dépit de la collaboration de certains « Français ») que dans un mandat britannique en proie à la guerre civile… Et entouré de nations arabes menaçantes ! En effet, la Ligue arabe, fondée en janvier 1945, s’oppose à tout État juif au Levant.

La guerre semble inévitable au départ du dernier soldat britannique. Dans cette guerre civile, chaque camp combat pour avoir la meilleure position de départ possible lorsque débutera l’invasion des pays arabes voisins…

Chance pour le camp juif, le nouveau président du conseil français est favorable à la cause sioniste, qu’il soutient depuis des années. Quant aux autres dirigeants français, ils voyaient la main des Britanniques derrière la cause arabe... Londres ne venait-elle pas d’ailleurs de mettre à bas l’influence française en Syrie… En effet, le président Jamil el-Oulchi, foncièrement pro-français, venait d’être renversé par le commandant en chef de l’armée, le général Housni al-Zaïm. L’une des raisons qui portèrent au pouvoir le « Saladin d’opérette » comme se plaît à le surnommer « La France combattante » était qu’el-Ouchi était le seul dirigeant arabe peu enclin à attaquer l’État juif… La première décision du nouveau dirigeant syrien fut de demander l’évacuation des garnisons françaises stationnées dans son pays. Paris, engluée en Indochine, mise sous pression par Londres et Washington, dû annoncer le départ de l’armée française de Syrie. À la grande fureur des Gaullistes… Quant aux autres États arabes, Égypte, Transjordanie et Irak, ils ne sont que des pions aux mains des Anglais pour les dirigeants français… Ainsi, les meneurs de la IVème république ne seraient donc pas contre un soutien à un État juif qui serait l’allié de la France dans la région.

Quant aux Arabes, ils se sentent renforcés par l’adhésion désormais solide de Damas à leur bloc. La puissante armée syrienne, équipée de matériels français relativement moderne, tourne désormais de leur côté… Ce dont ils ne se doutent pas, c’est que la profusion de matériels français jouera au final contre l’armée syrienne… Mais c’est une autre histoire.

Mandel, au dessus des parties, visite le Mandat, discute avec des interlocuteurs des deux camps, de toutes les provinces de celui-ci. Son cœur le pousse à proposer un État binational confédéral avec Jérusalem en ville internationale co-géré par un triumvirat d’administrateurs, l’un juif, l’autre musulman et le dernier chrétien.

Plan qu’il propose à son retour à New-York, siège de la toute nouvelle ONU, le 17 décembre 1946.

Le plan est rejeté par les deux parties cette fois-ci. Tandis que les Juifs veulent un État séparé, les Arabes refusent catégoriquement la création de ce même État juif (au sein de la forme confédérale donnée à la Palestine). Ils annoncent par ailleurs, par la voie de la Ligue arabe, qu’ils passeront à l’attaque en cas de proclamation de celui-ci !

En dépit du nouveau foyer offert par la France (et également l’Amérique) à de nombreux survivants des camps de la mort, que ce soit en Europe ou en Afrique du nord, des dizaines de milliers de survivants issus d’Europe de l’est, leur identité nationale brisée par la cruauté de leurs anciens compatriotes, ne se sentent désormais plus que « Juifs » et, par conséquent, en dépit des risques, répondent à l’appel de l’Aliyah, et émigrent en Terre-Sainte. Chaque jour, des centaines de victimes de l’oppression nazie accostent en Palestine. Mandat où l’armée britannique ne contrôle plus rien, comme en Inde quelques mois plus tôt…

Bientôt, la population juive du Mandat dépasse en nombre celle de la population arabe palestinienne, en dépit du peu d’enthousiasme britannique à accueillir ces populations meurtries… Lasse, Londres, par la voix d’Anthony Eden, finit par annoncer officiellement le 4 janvier 1947 que le dernier soldat britannique quittera la Palestine le 15 mai suivant.

C’est alors que le Tyran rouge, prend de court le Monde entier… Lui, dont l’Armée rouge a libéré les camps de la mort, lui, dont le Régime communiste a mis fin à la barbarie antisémite moyenâgeuse du Tsarisme, fait déclarer, par le Goebbels rouge, Andreï Jdanov, « qu’un État juif au Proche-Orient ne serait qu’un nouvel avatar de la domination coloniale occidentale sur le monde arabe ». Sur ordre de Moscou, les satellites membres de l’UNSCOP / CSNUP (United Nations Special Committee on Palestine / Comité Spécial des Nations Unies pour la Palestine), composé de représentants de onze États (Australie, Canada, Guatemala, Inde, Iran, Pays-Bas, Pérou, Suède, Tchécoslovaquie, Uruguay, Yougoslavie) s’ils ne peuvent numériquement s’opposer à la mise en place d’un plan de partage, feront en sorte qu’un maximum de territoires reviennent à l’État arabe. Puis, le plan de partage mis en place, le bloc soviétique votera contre à l’unisson à l’instar des nations arabo-musulmanes.

-33 voix favorables : (États-Unis d’Amérique, Australie, Belgique, Bolivie, Brésil, Canada, Cambodge, Costa Rica, Danemark, République dominicaine, Équateur, France, Grèce, Guatemala, Haïti, Islande, Laos, Liberia, Luxembourg, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Nicaragua, Norvège, Panama, Paraguay, Pérou, Philippines, Suède, Thaïlande, Union sud-africaine, Uruguay,Venezuela et Vietnam.)

-22 défavorables (Afghanistan, Arabie saoudite, République socialiste soviétique de Biélorussie, Corée, Cuba, Égypte, Inde, Iran, Irak, Liban, Mongolie, Pakistan, Pologne, Syrie, Tanou-Touva, Tchécoslovaquie, Transjordanie, Turquie, République socialiste soviétique d’Ukraine, URSS, Yémen et Yougoslavie)

-10 absentions. (Argentine, Chili, Chine, Colombie, Salvador, Empire d'Éthiopie, Honduras, Mexique, Royaume-Uni et Sarawak).

De nombreux émissaires soviétiques se rendent dans les pays arabes voisins de la Palestine pour y négocier une aide de l’URSS aux futurs agresseurs. Prêts, envois de conseillers et, même, bien qu’au compte goutte, une aide militaire ! L’alliance du feu (Les monarchies conservatrices arabes) et de l’eau (l’URSS communiste). Or l’eau éteint le feu, toujours…

Dans le contexte de la guerre froide qui commence, on aurait plutôt tendance à penser que l’Occident ferait bloc derrière Israël, ne serait-ce que par opposition à l’Union soviétique, mais la situation est plus complexe. Par exemple, l’armée transjordanienne, qui se prépare à envahir le défunt Mandat, est commandée par des officiers britanniques ! À commencer par John Bagot Glubb dit « Glubb Pacha », commandant la « Légion arabe », l’armée hachémite.

Dans une Palestine en flamme, Ben Gourion proclame « l’État d’Israël » le 14 mai 1947. Le soir même, les armées arabes franchissent la frontière du Mandat pour y prêter main forte aux milices palestiniennes.

La première guerre israélo-arabe venait de débuter.

LFC : Guerre froide 13155010


Dernière édition par LFC/Emile Ollivier le Ven 16 Sep - 18:39, édité 1 fois
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Message par LFC/Emile Ollivier Ven 16 Sep - 16:52

D'ailleurs si vous voulez animer votre vendredi soir tout en restant dans le ton "Résistance anti-stalinienne" Laughing

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Message par DemetriosPoliorcète Ven 16 Sep - 18:11

Texte à la hauteur des attentes!

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Message par Rayan du Griffoul Ven 16 Sep - 19:37

Content de voir que ça continue.
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Message par LFC/Emile Ollivier Mer 21 Sep - 20:06

Chapitre 2 : Auferstanden aus Ruinen

« Ressuscitée des ruines
et tournée vers l'avenir,
laisse-nous te servir pour atteindre le bien,
Allemagne, patrie unie.
Une misère ancienne est à vaincre
et nous la vaincrons réunis.
Car il nous faut y arriver,
que le soleil beau comme jamais
brille sur l'Allemagne (bis) »
Premier couple de « Ressuscitée des ruines », Hymne de la République démocratique allemande.

Staline fumait tranquillement sa pipe. « Le Patron va faire une grande annonce. Probablement sur l’Allemagne » pense tout naturellement Molotov. Il faut dire que la question allemande avait réussi à dépasser en intérêt pour Staline la question palestinienne. D’un simple conflit périphérique, on en revenait à la question centrale depuis 1941 au minimum. Le devenir d’une Allemagne écrasée mais qui, pour le Patron, risque toujours de redevenir un jour menaçante.

La commission de contrôle interalliée n’avait jamais réellement fonctionné. Chacun faisait effectivement ce qu’il voulait dans sa propre zone. Si les Soviétiques ne ménageaient pas les derniers Nazis encore présents dans leur zone, les Français écrasaient sans pitié la population allemande, du moins celle n’ayant pas plus ou moins pris partie contre les Nazis (et qui donc, était avec eux, dans le cadre de leur logique binaire, justifiée par l’esprit de vengeance). Si Staline pouvait comprendre la position française, qu’il n’avait pas adoptée simplement car elle était contraire à son projet de « séduction » du peuple allemand, il était en revanche outrée par la politique anglo-saxonne à l’ouest du Reich défunt, consistant à retourner d’anciens pontes du Parti d’Adolf Hitler et à les placer, à peine dénazifiés, à des postes de commande, là où les Français avaient la décence de s’appuyer sur des exilés du Sopade, le SPD en exil.

« Idiots de Français ! » pensait le Vojd, « vous tuez le SPD ! ». Si le SPD et la toute nouvelle CDU, le parti conservateur bi-confessionnel, avaient autant de délégués dans les commissions préparatoires à l’organisation d’élections libres au sein des zones occidentales, tous les rapports montrent que celles-ci constitueront un désastre pour le SPD, qui risque même d’être doublé par le KPD de l’ouest ! Au contraire, ces dernières constitueront probablement un triomphe pour la toute nouvelle CDU d’Adenauer (et la CSU, son pendant bavarois).

L’ouest de l’Allemagne constituera donc à nouveau une nation réactionnaire aux yeux de Staline, mais avec néanmoins le Parti communiste en principale force d’opposition ! Il faut dire que le Tyran géorgien avait habilement manœuvré dans sa propre zone d’occupation. Passé le traumatisme du déplacement des dernières populations allemandes habitants à l’est de la Ligne Oder-Neisse, regroupées de force dans la zone soviétique, Staline avait, au détriment de l’Ukraine, qui avait connu un nouveau pillage, œuvré à un redressement spectaculaire de l’Allemagne orientale. Certaines enquêtes en arrivaient même à la conclusion que le PIB de la zone soviétique était 50 % supérieur à celui des trois zones occidentales réunies ! Ce miracle économique est-allemand, couplé à la théorie dîtes de la « Prise d’otage », mythe rouge qui expliquait que l’infime minorité nazie, principalement issue de l’ouest de surcroît, avait exercé un contrôle absolu sur un peuple allemand foncièrement anti-nazi.

Au Politburo, bien sûr, on avait grincé des dents, très discrètement évidemment.

Sauf Khrouchtchev qui s’était ouvertement opposé, dans la mesure du possible, au pillage de sa république socialiste soviétique d’origine. Sa disparition dans les jours suivants, fut prise pour un avertissement pour les autres…

À l’est, dans cette Allemagne revigorée, mais cette fois favorablement pour l’URSS, la menace est à peine nécessaire pour obtenir la fusion du SPD et du KPD est-allemands au sein de la SED. Les deux partis étaient déjà membre d’une coalition dite de Front national avec la CDU est-allemande et les libéraux de l’est. Mieux, dès la fin 1946, une constituante est élue (notons qu’il faut à peine bourrer les urnes) qui se met immédiatement au travail pour élaborer une constitution marxiste-léniniste.

Les Occidentaux ne peuvent que réagir face à l’accélération des évènements à l’est. Si le Plan Marshall est une réponse des plus brillantes, elle ne semble pas suffisante à elle seule. De discrets sondages de l’opinion hambourgeoise prédisent ainsi que le KPD obtiendrai la majorité absolue à lui seule dès le premier tour de n’importe quel scrutin ! Hambourg, la courageuse, Hambourg, l’ouvrière, qui osait voter à près d’un tiers des voix contre les plébiscites des Nazis, ne peut qu’être séduite par le relativement brillant sursaut économique de l’Allemagne stalinienne, là où l’économie redémarre, pour le moment, assez lentement à l’ouest.

Il fallait donc aller plus loin.

Il fallait redonner son indépendance politique à l’Allemagne occidentale et fermement l’amarrer au bloc de l’ouest…

Les élections organisées dans les Länder de l’ouest (dont ne fait pas partie la Sarre, érigée en protectorat par les autorités d’occupation françaises) en vue d’élire les gouvernements régionaux (et qui enverront en parallèle des délégués en vue d’écrire la future constitution de l’Allemagne de l’ouest) furent, comme ce fut prévisible, un désastre pour le SPD d’Hilferding, qui obtint le score extrêmement faible, pour cette ancienne machine de guerre, de 12,5 % des voix contre près de 25 % pour le KPD ! La CDU/CSU d’Adenauer balaye tout avec 45,5 % des voix et obtient même une confortable majorité via une alliance avec des formations que l’on pourrait qualifier de peu recommandables, surtout compte tenu de leur discours et du passif extrêmement récent de la nation allemande… Ainsi, le Parti de droite allemand et la Ligue des réfugiés, obtiennent respectivement 4 % et 3 % des voix. Adenauer aurait préféré s’allier aux Libéraux (8 % des voix), mais ses principaux lieutenants, et l’opinion majoritaire des militants, y sont fermement opposés, préférant ces formations que l’on peut qualifier de « rassemblements de nostalgiques du IInd Reich allemand » à une formation clairement favorable à une Europe de la paix et au Libéralisme politique et économique.

Le travail constitutionnel du « Conseil parlementaire » ainsi élu, du fait de la majorité de la droite conservatrice, mais également que le principal groupe d’opposition était, à l’inverse, un parti stalinien, fut particulièrement rapide et aboutit, à une Loi fondamentale qui si, dans les grandes lignes, accoucha d’une démocratie libérale, aboutissait cependant dans les détails à une net retour en arrière par rapport à la constitution de Weimar. Par exemple, une majorité simple des Länder devait accepter cette Loi pour que celle-ci s’applique à l’ensemble de la « République fédérale d’Allemagne » (du nom officiel de l’État ouest-allemand). La CDU/CSU en dominant sur 7 sur 11, celle-ci s’imposa de facto aux Länder communistes (Hambourg, Brême, Schleswig-Holstein, Hesse).

La  République fédérale d’Allemagne » est proclamée le 11 août 1947, jour anniversaire de la proclamation de la constitution de Weimar en 1919.

Notons que c’est Francfort-sur-le-Main qui devient capitale (temporairement, un retour à Berlin étant officiellement prévu par la Loi fondamentale), par rejet du choix de Bonn, située en zone française. C’est là que siégera le parlement fédéral, le Bundestag, où la répartition des forces est sensiblement la même que dans le conseil parlementaire. Face au bloc CDU/CSU allié à des partis d’appoints réactionnaires qui lui offrent la majorité, un grand groupe parlementaire KPD, véritable force de nuisance, fait face. Soucieux de ne pas humilier le SPD, dont de nombreux membres sont « dragués » par le KPD, Adenauer, élu chancelier fédéral, nomme plusieurs de ses membres à des secrétariats d’État.

L’Allemagne était donc divisée en deux États rivaux et idéologiquement extrêmement opposés. En effet, l’Allemagne orientale s’était organisée, quelques semaines avant la partie occidentale, en une « République démocratique allemande », proclamée le 1er mai 1947.

Mais revenons à Staline. Celui-ci annonça à ses lieutenants qu’il allait, par l’entremise du premier ministre de la RDA, Otto Grotewohl (issu du SPD de la zone soviétique), réclamer le rattachement de Berlin-ouest à l’Allemagne de l’est. S’ensuivront des « manifestations spontanées » de Berlinois de l’est réclamant la réunification, en faveur de la RDA, de l’ancienne capitale prussienne. En parallèle, et avec l’accord de Moscou, suite au probable refus, le gouvernement est-allemand établira une frontière internationale, avec tous les désagréments que cela impliquera pour le ravitaillement de Berlin-ouest, entre les territoires sous son autorité et le reste du pays… Si Staline manœuvre dans l’ombre, les Allemands de l’est donneront l’impression d’être à la barre au premier abord, ce qui ravira l’orgueil allemand…

En effet, l’objectif du Vojd est toujours d’obtenir la réunification de l’Allemagne à son profit à plus ou moins long terme… Bien sûr, le gouvernement Adenauer rejeta avec force l’ultimatum de ses homologues orientaux, et s’empressa même de transformer Berlin-ouest en un douzième Länd, en dépit du risque d’incorporer un cinquième Länd communiste (Les Berlinois de l’ouest, jaloux de la reconstruction plus rapide de l’est de la ville, avaient élus un conseil municipal communiste), à la très droitière RFA. En réaction, les convois de ravitaillement vers Berlin-ouest durent subir les tracasseries administratives des fonctionnaires est-allemands...

La RDA sera, jusqu’à la mort de Staline, un paradoxe en Europe communiste. Là où la terreur est quotidienne de Szczecin à Bourgas, de Bialystok à Sopron, les Allemands de l’est jouissent d’une relative tranquillité...

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Message par Flosgon78 Mer 21 Sep - 22:36

passionnant ! hâte de pouvoir lire la suite
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Message par DemetriosPoliorcète Jeu 22 Sep - 8:08

Audacieux : Staline fait ici une politique bien plus intelligente que dans notre réalité.
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Message par LFC/Emile Ollivier Dim 23 Oct - 20:12

Chapitre 3 : Liquidation

« Dans cette Europe désormais divisée, les tenants du nouvel ordre mondial ne pouvaient cependant légitimer leur autorité nouvelle qu’en liquidant l’Europe d’avant-guerre.»

Georges Mandel, Récits de guerre – Un nouveau Monde : 1944-1946 (Tome III)

« La France est désormais la colonie de ses anciennes colonies. »

Édouard Herriot

À l’heure où le Nazisme s’effondrait définitivement, peu avant Noël 1944, Mussolini pris la décision de demander asile à la Suisse. Déguisé en soldat allemand, il remonte vers le nord et l’Autriche au sein d’une colonne de la Wehrmacht en fuite. Réussissant à échapper aux partisans italiens, il réussit effectivement à atteindre le territoire de la confédération helvétique, qui, dans un premier temps, l’interne, ne sachant pas vraiment quoi faire de ce prisonnier des plus encombrants.

Les nouvelles autorités italiennes, soutenues par les Alliés (pour une des dernières fois tous d’accord), réclament que Benito Mussolini leur soit livrée. La Suisse gênée, lente à se décider (du fait de son système hautement démocratique), et attendant de surcroît la déroute finale du Reich nazi pour commencer à discuter, ne le livre à Rome qu’en mars suivant.

Le nouveau royaume d’Italie fait grand cas de son organisation d’un procès d’ampleur pour les caciques du Régime vaincu. Mais en réalité, au sein des plus hautes sphères monarchistes, c’est la crainte qui règne. En effet, la Monarchie, en quête de légitimité, qui cherche à redorer son image avec son nouveau souverain, Humbert II, craint les révélations que pourraient faire le Duce lors des « Procès de Milan ». La mort suspecte mais opportune de Mussolini en prison, suite à son suicide en cellule, la veille de l’ouverture du procès en février 1946, sauve la monarchie de révélations compromettantes pour elle… Quant aux autres accusés (entre autres, Farinacci et Pavolini), ils seront tous condamnés à mort et fusillés, comme une sorte de répliques au procès fasciste de Vérone qui coûtèrent la vie à plusieurs meneurs de la nuit du 23 novembre (notamment Ciano, propre gendre du Duce), qui vit la chute du dictateur.

Mussolini fut enterré discrètement, de nuit, dans un lieu tenu secret et au sein d’une tombe affublée d’un faux nom.

Contrairement à Hitler, la mort de Mussolini ne fait pas de celui-ci un « martyr » aux yeux de la population, là où Hitler passe encore pour une victime d’une « clique de généraux ambitieux » pour beaucoup d’Allemands. En effet, l’Italie a vu la chute finale du Régime, celui-ci ne tenir que par le bon vouloir des Nazis, les derniers fidèles du Fascisme massacrer des Italiens pour un pouvoir étranger, là où quand Hitler est tué par ses propres officiers, l’Allemagne semble encore solide. La gestion désastreuse d’Himmler accentuant encore cette impression, surtout dans la population « libre » d’Allemagne de l’ouest.

Tourner la page implique également en France de punir les traîtres. Les principaux chefs collaborateurs ayant été abattus par la Résistance (comme Pierre Laval), s’étant entre-tués entre eux dans leurs luttes de pouvoirs internes (Déat, exécuté par Doriot ou de Brinon, tué par un tireur d’élite de la SS, vraisemblablement avec l’aval de Doriot), ou, ayant disparu sur le front pour lequel il se battait pour l’Allemagne (comme Doriot cette fois, dernier chef de l’État national dont on soupçonne qu’Himmler ordonna la mise à mort par ses SS à titre de gage pour de Gaulle), seuls des meneurs de second ordre seront regroupés et jugés lors des « Procès de Paris », qui se déroulent simultanément à ceux de Milan.

Seul un sera épargné.  Bertrand Fagalde, dont la condamnation à mort pour avoir été Ministre de la guerre du gouvernement de l’État national français est commuée par le président Champetier de Ribes en peine d’indignité nationale en remerciement de sa défense héroïque de la poche de Dunkerque, prélude nécessaire au « sursaut ». Fagalde s’exile au Portugal salazariste. Il meurt en 1966 à Lisbonne.

D’autres procès de moindres envergures permettront de juger et de condamner les membres de la Division SS Charlemagne. La division, prise dans la tourmente de l’effondrement général des Nazis, est en grande partie capturée par l’Armée rouge en Poméranie, où elle avait atterri suite à une succession de retraites. Certains de ses membres réussiront cependant à fuir vers les Amériques grâce au tristement célèbre réseau d’exfiltration d’Otto Skorzeny, le réseau ODESSA.

La mort de Mussolini et des cliques fasciste et collaboratrice n’est qu’un des nombreux symboles du passage de l’Europe dans cette nouvelle ère.

L’autre, d’une portée pratique, étant le traité de paix signé à Bruxelles le 22 octobre 1946.

L’honneur d’abriter les négociations de paix revient donc à la Belgique. L’Amérique ne voyait rien à redire à l’idée que le traité de paix concernant l’Europe soit signé en son sein tandis que France et Angleterre, d’un commun accord, voulurent honorer un « petit pays ». De part leurs liens historiques, le choix de la capitale belge était par conséquent quasi-naturel.

Rien de nouveau ne fut décidé par rapport aux conférences de Yalta et de Potsdam. L’Allemagne est absente des négociations, tenues avant l’indépendance des deux États successeurs de l’Allemagne nazie. Au moins pensent Anglo-saxons et Soviétiques, n’auront-ils pas à reconnaître l’annexion de Sarrelouis et Landau par Paris…

Concernant la Finlande, en échange de la création d’une zone démilitarisée sur ces zones, elle conserve (ou récupère c’est selon) les provinces de Carélie annexées par l’URSS en mars 1940 ! Seule « perte territoriale », la péninsule de Porkkala est cédé à l’Union soviétique pour qu’elle puisse y installer une base militaire. L’ancien commandant des forces armées finnoises, Carl Gustaf Emil Mannerheim, exilé en Suisse, télégraphiera les remerciements de son pays au gouvernement français et à son président du conseil, Jean Zay. Le chef de l’État, Auguste Champetier de Ribes aura également droit à son propre télégramme. Mieux, la Finlande conservera son indépendance interne en échange d’un alignement de sa politique étrangère sur celle de l’URSS.

C’est la « Finlandisation ».

Confirmant un état de fait, la Roumanie communiste conserve la Transylvanie du nord et la Doubroudja du sud mais cède la Bessarabie et la Bucovine du nord à l’URSS définitivement.

De même l’Italie ne perd en Europe que le Dodécanèse, cédé à la république hellénique. Concernant ses colonies, elles sont placées entre les mains des vainqueurs (France : Tripolitaine et Fezzan ; Royaume-Uni : Somalie, Cyrénaïque ; Empire éthiopien : Érythrée). Notons que l’ancienne Somalie italienne lui sera finalement rétrocédé pour 10 ans en 1950 en échange du fait que l’Italie prépare l’indépendance du pays.

Notons que le royaume d’Italie, désormais monarchie parlementaire dirigé par le gouvernement de De Gasperi, soucieux de limiter les risque de séparatisme ou de soutenir des provinces en danger direct, vote une loi constitutionnelle accordant l'autonomie aux provinces suivantes :


-La Sardaigne et la Sicile, isolées du continent, pauvres au plan économique et sujettes à des tensions séparatistes justement.


-Le Trentin-Haut-Adige pour protéger sa minorité germanophone.


-La Vallée d'Aoste pour la protection des francophones et dans la continuité des pressions exercées par le gouvernement français.


-L'Istrie (capitale Trieste) en vue de calmer l'Irrédentisme des majorités slovènes et croates, véritablement draguées par Tito mais aussi pour soutenir une province frontalière du Bloc de l'Est. L'amertume sera grande pour les Italiens vivant en Yougoslavie. En effet, là où les Croates et les Slovènes d'Istrie obtiennent une large autonomie et des droits linguistiques, les Italiens de Dubrovnik, entre autres, ne se voit proposer qu'entre « la valise et le cercueil » par les communistes...


-La province de Zara, tête de pont de l'Ouest et menacée également par la Yougoslavie.

Mandel, profondément déçu par cet après-guerre par nombre de ses aspects, regrettera dans ses mémoires la reconnaissance officielle des agrandissements soviétiques à l’est qu’implique le traité. En effet, le traité ne parle pas des frontières polonaises et de la Tchécoslovaquie avec l’URSS tandis que la Roumanie perd la Bessarabie car elle était alliée avec l’Allemagne (ce qui une vision simpliste), en ces termes :

« Dans cette Europe désormais divisée, les tenants du nouvel ordre mondial ne pouvaient cependant légitimer leur autorité nouvelle qu’en liquidant l’Europe d’avant-guerre.»

L’année suivante, l’année 1947, voit également l’abattement, du moins en France, d’un plafond de verre. Suite à la mort prématurée du président de la république Champetier de Ribes, le Guyanais Gaston Monnerville est élu, quoi que difficilement, président de la république française ! À l’heure où Thomas Dewey tente difficilement de lutter contre la ségrégation raciale en Amérique, un homme de couleur devient chef de l’État d’une grande puissance européenne ! Quelle déception pour Édouard Herriot, qui a donc en vain tenter d’utiliser les craintes et autres préjugés racistes de certains députés pour, en luttant contre l’élection du petit-fils d’esclave, voulu obtenir le fauteuil pour lui-même… Ainsi, la France est dirigé par président noir et un chef de gouvernement juif.

« La France est désormais la colonie de ses anciennes colonies. » Dira-t-il, amer et vaincu.

Ayant conscience plus que les autres puissances coloniales européennes, notamment du fait qu’elle fut une puissance en exil sur le continent noir, de la nécessité de mettre un terme à la domination coloniale sur la plupart des territoires annexés, et d’intégrer pleinement les autres (ce qui est déjà chose faîtes avec la création des départements d’outre-mer), la France peut, de surcroît, de par la haute autorité morale qu’elle a acquise du fait de sa résistance jusqu’au boutiste aux Nazis, le faire sans perdre la face.

Les premières discussions pour l’abrogation des protectorats sont entamées  par le gouvernement Zay avec les autorité marocaines et tunisiennes tandis que d’autres ont lieu avec les Britanniques (mais aussi les Italiens!) sur le futur statut de la Libye. Si les Gaullistes eut voulus la création d’une république tripolitaine, Zay fait confiance aux Britanniques et accepte que l’émir de Cyrénaïque, Idriss al-Senoussi devienne roi d’une Libye unifiée, sous le nom d’Idriss Ier, à la condition qu’elle fut une monarchie parlementaire. La France n’annexera à l’Algérie française que les villes de Ghat et de Ghadames. En parallèle, Paris tente d’intégrer pleinement et entièrement l’Algérie à la France, mais fait face aux réticences de l’administration coloniale. Cela affaiblit la position des Algériens francophiles, tels Ferhat Abbas, à l’heure où certains membres de l’élite musulmanes commencent à rêver à rien que l’indépendance, surtout à l’heure où elle est sur le point d’être accordée à ses voisins « arabes ». Cette faction utilisera les ressentiments des populations musulmanes pauvres face à l’immigration certes limitée, mais mise en exergue, des Juifs installés en Algérie, et à qui on accorde de très bonnes terres, tandis que les masses musulmanes sont constituées de paysans miséreux cultivant des terres peu productives.

D’autant que tout n’est pas rose à Paris. En effet, c’est pour avoir voulu mettre un terme au statut coranique et donc à la séparation des populations via un véritable nouveau « Décret Crémieux » à destination de la population musulmane cette fois que Léon Blum a été renversé par l’Assemblée nationale…

Un cocktail explosif…

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Europe à l’issue du traité de Bruxelles de 1946
(Image crée à partir du jeu : Age of History II)
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Message par LFC/Emile Ollivier Dim 23 Oct - 20:20

Chapitre 4 : Convulsions levantines

« ERETZ-ISRAEL (le Pays d’Israël) est le lieu où naquit le Peuple juif.

C’est là que se forma son caractère spirituel, religieux et national.

C’est là qu’il acquit son indépendance et créa une culture d’une portée

à la fois nationale et universelle. C’est là qu’il écrivit la Bible et en fit don au monde.

Exilé de Terre sainte, le Peuple juif lui demeura fidèle tout au long
de sa Dispersion et il n’a jamais cessé de prier pour son retour, espérant
toujours la restauration de sa liberté politique. »
Déclaration d’indépendance d’Israël (extrait)

La guerre d’indépendance israélienne venait de débuter. En dépit de l’encerclement général de leurs positions, seuls 2 axes sont considérés comme critique par l’État-major israélien. Au nord, les positions juives dans la région du lac de Tibériade étaient menacées par la « première armée arabe », les troupes de Damas. Face aux chars syriens, les Israéliens n’avaient aucune armes lourdes à opposer. Pis, les Syriens avaient prévus de faire rapidement leur jonction avec les forces palestiniennes arabes retranchées en Galilée, région située au nord de l’ancien mandat.

Plus au sud, la Légion arabe, l’armée hachémite transjordanienne (qui notons le, est soutenue par l’armée irakienne, pays dirigé également par un Hachémite), occupe avec une rapidité époustouflante la région de Cisjordanie, située entre le Jourdain à l’est et le « Saint des Saints », Jérusalem, à l’ouest. Glubb Pacha, en dépit de ses réticences, lance l’assaut sur Jérusalem tandis qu’une autre partie de ses forces submerge les forces juives dans la région du Latroun, isolant complètement la ville sainte. Si la vieille ville tombe rapidement, les quartiers ouest se montrent résilients et tiennent le siège.

Cependant, du côté des dirigeants israéliens, on est beaucoup moins inquiets que pourrait le laisser croire la simple situation sur le papier. En effet, les observateurs pensent qu’une fois Jérusalem tombée, la Légion arabe se ruera vers la côte pour couper en deux l’État juif. Or, pour le roi Abdallah de Transjordanie, il n’est pas question de détruire son adversaire (au contraire de ses alliés arabes, qui se méfient par conséquent de ses projets). Ennemi personnel du leader palestinien Amin Al-Husseini (qui a réussi à s’échapper de l’Allemagne nazie vaincue), il est opposé à la création d’un État palestinien et projette, en accord avec Ben Gourion, d’annexer les régions arabes situées à l’ouest du Jourdain. La seule pierre de discorde étant le sort de Jérusalem, que les deux camps veulent intégrer à leur État, et pour lequel on se battra donc avec férocité…

Les Syriens, eux, n’ont pas ce genre de retenue, mais sont, comme le constateront les Israéliens, très mal commandés. Alors que le Monde pensait que leurs chars feraient en quelques jours leur jonction avec les Palestiniens de Galilée, leurs colonnes sont au final engluées après avoir progressé de quelques kilomètres seulement et conquis seulement les quelques arpents de territoires mandataires situées à l’ouest du grand lac de Tibériade (source du Jourdain), et ont déjà subies de lourdes pertes par le harcèlement constant que leur opposent les forces juives, notamment lors de l’héroïque défense du kibboutz d’Ein Gev (sur les rives orientales du lac de Tibériade justement). Furieux de la résistance acharnée des Juifs, qui leur ont fait perdre un temps précieux, les Arabes ne feront pas de quartier…

Face à l’échec syrien, et à la faiblesse des Palestiniens de Galilée, contraint à une posture défensive, les Israéliens décident de porter l’effort au centre, vers Jérusalem. Une percée est effectuée pour relier les zones tenues par Israël aux quartiers ouest de la ville sainte, toujours tenues par les hommes (et les femmes) du Lehi. Une route est construite en urgence à travers les régions vallonnées ainsi reconquises. C’est la « Voie sacrée » ainsi nommée en l’honneur de la route qui permit aux Français de ravitailler Verdun en 1916. Toutes les contre-attaques de Glubb Pacha pour déloger les Juifs de leurs positions et couper la route s’avéreront des échecs piteux.

Le rêve du roi Abdallah, Jérusalem capitale des Hachémites, vire ainsi au cauchemar pour le Transjordanien...

Malgré l’arrivée des renforts égyptiens, parvenus à Jérusalem après avoir traversés le désert du Néguev, les Hachémites ne réussissent pas à faire capituler les défenseurs, par ailleurs désormais ravitaillés par la « Voie sacrée ». Néanmoins, les hommes du roi Farouk reprochent aux Hachémites de ne pas profiter de leurs positions les plus avancées pour attaquer en direction de la Méditerranée. Se contentant de préparer des positions défensives, et d’attaques de faibles envergures pour détruire les saillants juifs. Et ce, à l’heure où le matériel livré par la France (via l’Italie) débarque en masse à Tel-Aviv. D’ailleurs, ce contournement de l’embargo onusien, permis par le fait que l’Italie défaite, n’en est pas membre, transforme la force blindée syrienne, issue de matériel français, en une faiblesse extrême. En effet, grâce aux pièces détachées livrées par la IVème République, les chars syriens perdus sont assez souvent capturés par les Israéliens et retournés contre eux ! Et cela en plus du matériel neuf et moderne fourni par la république fait que l’État hébreu se constitue très rapidement un parc blindé.

Ses forces désormais bien équipée, l’État-major israélien décide donc, pour mettre un terme à tout risque de jonction entre les Syriens et les Palestiniens de l’armée de libération arabe, de détruire la poche palestinienne située en Galilée.

C’est l’opération Hiram, du nom biblique du roi de Tyr.

Trois jours suffiront pour mettre en déroute l’armée de libération arabe. Les Palestiniens, pour éviter un anéantissement total, se replient dans un Liban bien incapable de pouvoir les interner. Tel-Aviv en riposte, lance ses forces au sud-Liban pour contraindre les Palestiniens au repli sur le Golan en les empêchant de s’installer au Liban même. Paris, cette fois, est proche d’envoyer une force d’interposition, mais Ben Gourion promet que l’occupation sera limitée géographiquement et surtout, temporellement, c’est à dire pour la durée des hostilités.

Ce n’est qu’une fois la Galilée « nettoyée » qu’Israël accepte la trêve réclamée par l’ONU.


Profitant de l’accalmie dans les combats, Mandel se rend en Terre-Sainte en compagnie de l’émissaire spécial des Nation unies pour la Palestine, le comte Folke Bernadotte, neveu du roi de Suède en vue de transformer la trêve en une paix définitive.

Et ce en dépit des menaces !

En effet, le groupe extrémiste Lehi, qui défend Jérusalem que doit justement visiter les deux hommes à promis la mort à n’importe quel émissaire étranger se rendant sur place, en uniforme ou non…

Cependant, c’est du secrétaire général des Nations unies dont l’on parle ici, héros de la lutte anti-hitlérienne de surcroît ! Craignant une trop grande réaction du reste du Monde qui desservirait leur cause, et une bonne partie du groupe étant réticent à l’idée de frapper Georges Mandel à mort, on décide de se contenter d’une politique dites de « gêne », d’obstruction systématique au travail d’enquête de la commission.

Les obstructions juives durant l’été n’empêche pas la commission de produire un rapport :

-Transformer la première accalmie dans les combats en une paix permanente, ou au moins en un cessez-le-feu, et déterminer les frontières définitives des États juif et arabe en Palestine

-Accorder le désert du Néguev à l'État arabe et la Galilée à l'État juif

-Internationaliser Jérusalem

-Donner le contrôle des parties arabes de la Palestine aux États arabes (en fait à la Transjordanie)

-S'assurer que le port d'Haïfa et l'aéroport de Lod desservent à la fois les parties arabes et juives de la région, ainsi que les États arabes du voisinage

-Organiser le rapatriement des réfugiés arabes palestiniens ou, à défaut, leur dédommagement

-Établir un comité de réconciliation, première étape devant mener à une paix durable dans la région

Tandis que les combats reprennent début septembre par une offensive fulgurante d’Israël contre les positions arabes dans le dit Néguev, le plan Mandel-Bernadotte est rejeté par les deux parties, y compris par la Transjordanie, qui craint de confirmer les soupçons qui pèsent contre elle si elle s’y montre favorable. Le cœur lourd, Mandel et Bernadotte décident désormais de se concentrer sur un simple cessez-le-feu pérenne via la conclusion d’un armistice. Dans les mois qui suivent, les Israéliens prennent l’ascendant sur l’ensemble du front. Au sud, ils franchissent la frontière égyptienne et pénètrent au Sinaï (seule une menace d’intervention britannique les contraint à se retirer). L’Égypte sort du conflit. Au centre, la ligne de front située dans la future « Cisjordanie » est repoussée localement par les Juifs. Néanmoins, les positions restent stables à Jérusalem même. Enfin, au nord, l’état-major hébreu franchit le Rubicon, ou plutôt le Jourdain, et après avoir écrasé les positions syriennes, lancent ses chars sur le plateau du Golan, conquit en quelques jours. La Syrie jette l’éponge avant que l’humiliation suprême de l’entrée des Juifs dans Damas ne se produise. La Transjordanie suit rapidement. L’URSS, véritable protectrice du Régime d’al-Zaïm, oblige les Israéliens à abandonner le plateau du Golan et à se retirer le long de la frontière du défunt mandat, sous la menace d’une intervention militaire directe. Staline, échaudé par son échec iranien, n’entend plus rien laisser passer… Le Monde tremble pendant quelques heures. Notons que la Grande-Bretagne fit aussi pression sur Tel-Aviv pour contraindre les forces armées israéliennes à l’évacuation du plateau. Mais la rue damascène ne se souvient que des menaces du Grand Staline...

Un cessez-le-feu est signé à Rhodes. Simple suspension d’armes, il ne constitue absolument pas un traité de paix.

Des centaines de milliers d’Arabes ont du fuir leurs foyers, temporairement pensent-ils, pour toujours en réalité… C’est la Nakba, la Catastrophe que constitue pour eux la proclamation d’Israël et l’exode consécutif à la défaite arabe. L’ONU s’engagera à soutenir financièrement les exilés palestiniens.

Cependant, un autre exode, moins connu, celui des populations juives des pays arabes vers Israël, se déroule parallèlement. Chassés de leurs maisons car menacés de mort par leurs voisins musulmans, eux aussi ont perdus leurs précédents foyers pour toujours… Notons le terrible sort que connu la plus vieille communauté juive du Monde, celle d’Irak, descendante directe des exilés déportés à Babylone par Nabuchodonosor, contrainte à la fuite. La situation n’est guère plus enviable pour la communauté juive libyenne, victime de pogroms. Notons que les meneurs de ces derniers seront férocement réprimés par les autorités françaises de Tripolitaine.

Quant à al-Zaïm, il a perdu toute crédibilité. L’armée syrienne anéantie, en grande partie de par sa corruption et son incompétence, il tente par une répression féroce de s’accrocher désespérément au pouvoir. Néanmoins, malgré ses efforts, la Syrie s’enfonce chaque jour un peu plus dans le chaos, et les coups d’États s’enchaînent à une vitesse sidérante, 3 en 4 ans… Chaque général-président d’opérette étant incapable de se maintenir longtemps au pouvoir, les communautés commençaient à se refermer sur elle-même, aucun des militaires putschistes n’osant mettre un terme au fédéralisme, et les entités fédérées étant le dernier levier de pouvoir encore réellement fonctionnel dans le pays…

La Syrie était sur le point de devenir un État failli. Les militaires ayant échoués, les politiciens modérés étant muselés, seuls un parti agissant dans l’ombre et dont les membres étaient des patriotes intransigeants et déterminés pouvaient sortir le pays de l’ornière dans lequel l’incompétence crasse des dirigeants s’étant succédé au pouvoir depuis al-Zaïm l’avait plongé…

Plusieurs forces politiques peuvent prétendre à ce titre.

Tout d’abord le Parti social nationaliste syrien d’Antoun Saadé. Force politique extrémiste, aux origines fascisantes, partisane d’une Grande Syrie regroupant outre la Syrie en tant que telle, le Liban, l’Irak, la Transjordanie, la Palestine et des régions turques, iraniennes et saoudiennes, mais la considérant également comme multiconfessionnelle et multiethnique. Cependant, Saadé n’a abandonné son titre de Führer que depuis peu…

Autre force politique, le parti Baas de Michel Aflak. Celui-ci promeut une autre forme de nationalisme, le panarabisme (là où le PSNS considère le Monde arabe comme divisé en plusieurs nations). Économiquement socialisant et n’ayant pas un passé fascisant, il obtient par conséquent les faveurs des Soviétiques, et en toute logique, celui de la 3ème force politique d’importance.

Le parti communiste syrien de Khalid Bakdash, qui met ses milices au service d’un Aflak, revenu sur sa déception du communisme, celui-ci ayant déclaré par le passé :

« Nous n'avons que faire du mythe de l'Internationale prolétarienne et nous ne voulons pas passer d'une domination à une autre. Nous sommes des nationalistes arabes et nous ne pouvons que constater une divergence fondamentale pour ce qui concerne nos objectifs stratégiques essentiels avec ceux des marxistes. Nous plaçons la question nationale au centre de nos priorités, eux ne prennent en compte que les mots d'ordre et les directives émanent de leur capitale politique : Moscou. »

Opportunisme quand tu nous tiens…

Le triomphe de Nasser, qui renverse la Monarchie égyptienne et chasse les Britanniques en 1950, et la menace d’une proclamation d’indépendance de la région d’Alep, rivale de Damas et incorporée avec elle dans la plus instable des entités fédérés du pays, à savoir la république syrienne en elle-même, pousse les comploteurs à agir.

Nous sommes en 1951.

Le général-président syrien Faouzi Selou est abattu dans son palais par des unités de l’armée syrienne favorables aux insurgés et conduite par le général Salah Jedid. Ces unités sont soutenues par les milices du Baas et du parti communiste syrien.

À l’annonce de l’assassinat du « traître » Selou (il avait commis le « crime » d’entamer des pourparlers de paix en vue d’une paix définitive avec Israël), Damas exulte. Michel Aflak est nommé président. Celui-ci promet de rendre sa fierté « au peuple arabe ». Aflak met immédiatement un terme au rapprochement initié par Selou avec les Occidentaux, au profit d’une ligne pro-soviétique. En effet, l’antisémitisme de plus en plus manifeste de Staline crée un point commun avec le programme du Baas… Néanmoins, Aflak n’en conserve pas moins une certaine méfiance vis à vis du Tyran rouge.

En parallèle, Aflak et le comité révolutionnaire, s’ils abolissent immédiatement le fédéralisme (le pays retire d’ailleurs le terme « fédérale » de son intitulé officiel au profit de celui de « République arabe syrienne »), promet à l’inverse un stricte égalité entre toutes les communautés du pays (sauf les derniers Juifs du pays, qui subissent une cruelle répression comme « Agents sionistes »). Des représentants de toutes les communautés siégeront d’ailleurs auprès du comité révolutionnaire. Jedid n’est-il pas membre d’une minorité, celle des Arabes chiites alaouites ?

Un rapprochement est immédiatement lancé avec le régime nassérien. D’ailleurs, les deux pays abandonnent leurs drapeaux précédent au profit d’un tricolore en ligne horizontales rouge, blanc, noir, couleurs du panarabisme. La Syrie, désireuse de montrer son opposition féroce à Israël, ajoute un croisant islamique vert au centre de son étendard, comme une provocation à l’égard de Tel-Aviv et à l’étoile de David figurant sur le drapeau israélien, là où l’Égypte, pleine d’ambitions, incruste l’aigle d’Horus, symbole de la grandeur passée du pays et également symbole de la révolution, sur le sien…

La Syrie baasiste servira de base arrière à son pendant irakien dans ses tentatives de renverser l’honnie monarchie hachémite irakienne et son véritable manœuvrier, celui que presque tous les Irakiens haïssent, le premier ministre Nouri Saïd. Le Baas irakien est dirigé officiellement par Ahmed Hassan al-Bakr, mais secrètement par son cousin, le despotique Saddam Hussein…

La Transjordanie du roi Abdallah annexe dans les mois dès 1948 la Cisjordanie occupée par ses forces et se mue en royaume de Jordanie. Il n’y aura pas d’État palestinien et cela, Amin Al-Husseini, le grand mufti de Jérusalem ne le lui pardonne pas. Il ordonne son assassinat, ce qui est chose faîte le 20 juillet 1951. Quelle ironie, 7 ans après la mort de son ami Hitler, Al-Husseini parvînt à éliminer son pire rival dans le Monde arabe. Il y a décidément des dates destinées à entrer dans l’histoire des Hommes… Son fils Talal lui succède. Malgré sa maladie (il est schizophrène), il transforme le pays en une monarchie parlementaire et réussi le tour de force d’être accepté par les habitants palestiniens de son royaume. De plus, en renonçant à tout projet de « Royaume hachémite arabe » en sa faveur, il obtient la reconnaissance des Régimes nationalistes arabes, qui n’envisageront plus de déstabiliser le royaume hachémite jordanien (mais pas celui de Bagdad !).

LFC : Guerre froide Syrie_10
Drapeau de la République arabe syrienne suite à la révolution de 1951

LFC : Guerre froide Egypte10
Drapeau de l’Égypte nassérienne
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Message par DemetriosPoliorcète Dim 23 Oct - 22:37

Baasisme et communisme alliés, cela fait une sacrée différence avec OTL. A voir si la région connaitra un sort plus heureux que dans notre réalité.

Excellents textes en tout cas, les évolutions de la politique française ouvrent également plein de pistes intéressantes.
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Message par LFC/Emile Ollivier Dim 23 Oct - 22:41

Merci Demetrios !
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Message par Rayan du Griffoul Lun 24 Oct - 1:43

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Message par Flosgon78 Lun 24 Oct - 21:43

Génial !!
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Message par LFC/Emile Ollivier Dim 30 Oct - 9:42

Chapitre 5 : Le « Mussolini du Gange »

« Vous voyez ! Vous voyez ! La clique Jinnah non contente d’avoir collaborée avec les colonisateurs, déclenche désormais une guerre ouverte contre ses frères indiens ! Et bien Jinnah, accroche toi bien à ton trône, car bientôt, le peuple indien libre fera en sorte de t’empêcher de t’asseoir dessus ! »
Chandra Bose, extrait d’un discours tenu à Bombay.

Comme on l’a vu, l’Inde avait obtenu son indépendance de l’Empire britannique après une brève, mais extrêmement violente, guerre d’indépendance. Lord Mountbatten, chargé par Churchill de négocier la fin des hostilités (ainsi que la séparation des Hindous et des Musulmans en deux États séparés, Churchill ayant tenté, pour lutter contre les indépendantistes indiens, de s’appuyer sur l’importante minorité musulmane du Raj désormais défunt), réussit à obtenir de Nehru un accord qui permette aux Britanniques de garder la face. En effet, tout comme le Pakistan, l’Inde deviendra une monarchie du Commonwealth.

Chandra Bose, dont l’armée indienne libre s’était retrouvé en Birmanie à la reddition japonaise, force qui n’avait, contrairement aux Japonais, jamais déposée les armes, et avaient continué la guerre aux côtés des indépendantistes birmans, avant de l’exporter en Inde même dans les mois suivants, étaient par conséquent un des principaux meneur indépendantistes. Or, il refusa ce compromis, même symbolique avec Londres.

« Si les Indiens devaient encore avoir un Prince, il faudrait qu’il soit Indien lui même ! » lance-t-il dans une harangue à ses partisans.

Furieux, Bose donne sa démission des instances dirigeantes du Congrès et n’intègre donc pas le premier gouvernement de l’Inde indépendante présidé par Nehru.

Opposant absolu à toute forme de compromis avec les Britanniques, et au-delà, l’Occident, il dénonce avec force l’acceptation par le gouvernement indien de la partition, et déclare pleurer chaque jour les victimes de la partition, obligées de fuir leurs foyers car victimes de la faiblesse de Nehru face au collaborateur Jinnah.

Il quitte également le Congrès pour fonder son propre parti : Le « Mouvement pour une Inde unie et libre ». Nom qui résume en une ligne son programme...

En dépit de son passé, il se rapproche des Communistes indiens et forme une coalition avec eux en vue des élections générales de novembre 1947, destinés à donner un parlement à la nation nouvelle. Si celles-ci sont gagnés par le Congrès, Bose forme une opposition d’importance. Mais il n’a pas l’intention d’en rester là. Refusant un poste de vice-premier ministre que lui propose Nehru, son mouvement et ses élus, qu’il mène à la baguette, font obstruction à la vie parlementaire du pays. Tandis que le pays est paralysée, Bose organise l’aide aux réfugiés hindous issus des territoires dévolus au Pakistan. Le discours de Bose est soutenu par la politique hostile conduite par les Pakistanais, qui, rejetant l’idée d’une indépendance du Cachemire (dirigé par un prince hindou mais qui possède une population musulmane), lancent des bandes armées à la conquête du territoire, contraignant l’Inde à la guerre.

« Vous voyez ! Vous voyez ! La clique Jinnah non contente d’avoir collaborée avec les colonisateurs, déclenche désormais une guerre ouverte contre ses frères indiens ! Et bien Jinnah, accroche toi bien à ton trône, car bientôt, le peuple indien libre fera en sorte de t’empêcher de t’asseoir dessus ! » dira-t-il lors d’un discours à ses partisans à Bombay.

Bose, du fait de la voie démocratique suivie par le Congrès et par Nehru, peut tranquillement jouer les agitateurs et utiliser ses grandes qualités de tribun pour critiquer la faiblesse du gouvernement face au Pakistan.

Mais Bose voit beaucoup plus loin qu’un simple rôle d’agitateur...

L’armée, noyautée par les vétérans de son armée indienne libre, la population, écœurée par l’inaction du gouvernement (en fait paralysé par Bose), population de même travaillée par ses alliés communistes, un rien sépare désormais l’ancien ami d’Himmler du pouvoir absolu.

Mais Bose, quoi qu’ayant toute les cartes en main pour effectuer un coup d’État, et bien qu’il sait qu’il est réellement populaire au sein du peuple, veut, et ses sont ses propres termes, « être porté au pouvoir par le peuple indien ».

C’est une tragédie qui l’y portera.

Gandhi, profondément peiné par le conflit fratricide pour lui entre Indiens et Pakistanais, décide de se rendre sur le front pour, par sa simple présence, obliger les militaires des deux camps à déposer les armes.

Tandis que Gandhi arrive sur le front, et que le miracle d’un cessez-le-feu venu d’en bas semble s’accomplir, un milicien musulman relève son arme et exécute Gandhi. Tandis que les combats, rendus encore plus bestiaux par ce meurtre, reprennent dans la foulée, l’Inde appelle à la vengeance. Deux jours après la mort du Mahatma,  l’armée, menée par des officiers loyaux envers Bose, prend d’assaut le palais du premier ministre. Sur ordre de Bose, Nehru et ses ministres obtiennent un laissez-passer et partiront pour l’exil. La première décision du nouveau maître de l’Inde est d’abolir la monarchie.

Le pays prend officiellement le nom de « Nation indienne ». Bose évite ainsi tout à la foi une terminologie républicaine mais également fasciste (État) et communiste (République démocratique/populaire) tout en abolissant tout lien avec l’ancienne puissance coloniale.

Dans les années qui suivent, conformément à ses projets mais également en vertu de son alliance avec les communistes indiens, Bose se rapproche de l’URSS, ce qui entraîne en retour un rapprochement entre le Pakistan et les États-Unis. La Nation indienne économiquement socialiste (la planification économique est la norme), conduit en parallèle une politique d’embrigadement des populations, qui n’est pas sans rappeler celle conduite par les pouvoirs fascistes d’avant-guerre en Europe.

Ainsi naissent les « Gardiens du peuple » surnommés les « Chemises safrans » du fait de la couleur de leurs uniformes, véritable garde prétorienne du Régime et de sa Révolution.

Ses ennemis occidentaux ne se priveront pas de l’affubler du sobriquet de « Mussolini du Gange ».

Entre temps, Bose a conduit une contre-attaque au Cachemire permettant à l’Inde de reconquérir la majeure partie du territoire, alors tombé entre les mains des Pakistanais. Une ligne de cessez-le-feu coupe dès la fin 1948 l’ancien État princier en deux.

Mais Bose, fervent partisan de l’unité de l’ancien Raj, ne voit en ce cessez-le-feu qu’un armistice temporaire. Entre temps, le principal État princier, l’Hyderabad, enclavé au sud de l’Inde, a été annexé par la force par l’armée nationale indienne. Bose, qui hait les princes de l’ancien Raj (dont il considère les lignées comme en grande partie responsable de la conquête britannique de l’Inde puis de la perpétuation de la domination coloniale), envisage de faire exécuter le Niwab, le prince de l’État vaincu. Pourtant, bien que celui-ci soit musulman et sa population hindou, ses anciens sujets supplient Bose de l’épargner. Bose, stupéfait, qui bien que dictateur, cherche avant-tout à complaire à sa population, libère le Niwab et accepte son exil. L’année suivante cependant, en 1949, Bose nationalise sans contrepartie, les biens des descendants des Maharadjahs qui n’ont pas encore fui l’Inde.

Rompre les derniers liens avec les Britanniques puis annexer les anciens États princiers n’est pas une finalité pour Bose, car il reste en effet les comptoirs portugais et, surtout français ! Bose, une fois la guerre avec le Pakistan terminée et les derniers États princiers liquidés, se tourne donc vers Goa et Chandernagor dont il exige la restitution à l’Inde en 1949. Un blocus est immédiatement mis en place. Les menaces indiennes obligent Paris, de nouveau dirigée par le président du conseil Paul Reynaud (qui est à la tête d’un gouvernement d’union nationale) à une alliance contre-nature avec l’autoritaire Régime salazariste. Les comptoirs sont depuis la Libération regroupés au sein d’un département d’Outre-Mer, la France ne peut donc les abandonner sous aucun prétexte. Quant à Salazar, c’est pour lui une question de prestige pour son Régime. Paris envoie des GMR supplémentaires au sein des « Établissements français dans l'Inde » et effectue des manœuvres navales dans le golfe du Bengale. Mais à l’heure où le Kuomintang entame la phase finale de sa chute en Chine continentale et que la guerre est enlisée face à ce qui est encore la guérilla Viet-Minh malgré la constitution d’une importante armée vietnamienne, la France ne peut ouvrir un autre front en Inde même. Reynaud et son gouvernement décident d’un rapprochement avec le Pakistan, et lui fournissent une aide militaire pour le moment (la France est toujours en reconstruction économique).

Bose furieux, riposte et ordonne l’opération « Submersion ». Des milliers de « Chemises safrans » entament des marches vers les comptoirs français et portugais. Côté français, ordre est donné de laisser passer. Comment moins d’une centaine de policiers et GMR pourraient arrêter cette foule immense ? Reynaud veut éviter un carnage. L’occupation, non reconnue par la France cependant, se fait donc sans couler le moindre sang. Du moins dans les territoires français ! Les Portugais, eux, reçoivent l’ordre de résister (et le font). Une bataille rude s’engage sur plusieurs jours mais se termine par la défaite finale des Portugais. Les prisonniers fait seront durement traités avant que le Vatican n’intervienne et n’obtienne leur libération trois mois plus tard.

Bose obtient franchit donc une nouvelle étape dans la « réunification » de l’Inde et ce, à sa manière. Brutalement. Le Pakistan a toutes les raisons d’avoir peur...

LFC : Guerre froide 1931_f10
Drapeau de la « Nation indienne »


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Message par LFC/Emile Ollivier Dim 30 Oct - 9:43

Pour vous mettre dans "l'ambiance"

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Message par Flosgon78 Dim 30 Oct - 13:46

Une inde plus musclée peut être intéressante
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Message par Collectionneur Mar 1 Nov - 7:20

Mais ici, je doute que Dassault livre des Ouragan l'Inde en 1953...
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Message par LFC/Emile Ollivier Mer 2 Nov - 9:49

Collectionneur,

Ils vont plutôt être vendus au Pakistan.
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Message par LFC/Emile Ollivier Jeu 3 Nov - 15:08

Chapitre 6 : Asie rouge

« Le peuple de toute la Chine a été plongé dans d'amères souffrances et tribulations depuis que le gouvernement réactionnaire du Kuomintang de Tchang Kaï-Tchek a trahi la patrie, s'est allié aux impérialistes et a lancé la guerre contre-révolutionnaire. Heureusement, notre Armée populaire de libération, soutenue par toute la nation, s'est battue avec héroïsme et de manière désintéressée pour défendre la souveraineté territoriale de notre patrie, pour protéger la vie et les biens du peuple, pour soulager le peuple de ses souffrances et pour lutter pour ses droits, et il a finalement anéanti les troupes réactionnaires et renversé le régime réactionnaire du gouvernement nationaliste. Aujourd'hui, la guerre populaire de libération a été fondamentalement gagnée et la majorité de la population du pays a été libérée. »

Mao Tsé-Toung, extrait de la proclamation de la République populaire de Chine. 1er mars 1950.

Solidement implanté au nord-est de la Chine, le Parti communiste chinois prend petit à petit l’ascendant dans la guerre civile chinoise sur ses adversaires nationalistes du Kuomintang, qui bien qu’aidé massivement par les États-Unis, sont très mal commandés, gangrenés par la corruption et ce, sans compter le fait que nombre de leurs officiers sont gagnés à la cause communiste ! Préférant isoler les villes en conquérant les campagnes, Mao finit par devenir maître de toute la Chine du Nord et, via les prises de guerre, à pouvoir affronter les forces de Tchang en terrain ouvert. Il peut lancer l’assaut final sur Pékin et Tianjin à l’été 1949 (Pékin tombe par ailleurs sans combats, le commandant de la garnison du KMT, Fu Zuoyi, souhaitant préserver les monuments historiques de l’ancienne capitale impériale Yuan, Ming et Qing).

Tchang Kaï-chek face à l’ampleur du désastre démissionne de la présidence au profit de Li Zongren qui tente avec l’énergie du désespoir d’organiser la défense suite à l’échec de négociations avec Mao et le PCC. La bataille de plaines centrales à l’automne 1949 conduisant à la capture de centaines de milliers de soldats de l’armée de la république de Chine, plus rien ne peut s’opposer à la victoire totale des communistes sur le continent. Nankin (capitale gouvernementale) et Shanghai tombent à l’automne et les autorités nationalistes se replient sur Canton qui tombe à son tour en mars 1950.

D’ailleurs, le 1er mars 1950, Mao, du balcon de la Cité interdite de Pékin, a proclamé la « République populaire de Chine ». Chine communiste immédiatement reconnue non seulement par le Bloc de l’est mais également par… la Grande-Bretagne ! Celle-ci préfère ménager les vainqueurs pour protéger ses intérêts à Hong Kong… Reynaud, quoi que refusant de reconnaître le gouvernement Mao, mais comprenant que la chute des comptoirs dans les Indes constitue un précédent, promet secrètement que la marine française ne s’opposera pas à l’invasion communiste d’Hainan en échange du respect de la souveraineté française sur Kouang-Tchéou-Wan. Le Portugal salazariste, qui possède Macao dans la région, refuse lui aussi de reconnaître le gouvernement continental.

Tchang, qui suite à la maladie de Li, a repris la main, s’enfuit avec son gouvernement sur l’île de Formose, rebaptisée Taïwan et y maintient les institutions de KMT. Corée, Inde et maintenant Chine, l’Asie semble être tombée dans l’escarcelle de Staline, et d’autres prises de guerre semblent être prêtes à tomber, comme le Vietnam, où Mao s’engage immédiatement dans l’assistance au Viet-Minh, qui passe désormais à une phase de guerre conventionnelle avec les Français et les troupes de Bao Daï. Plus optimiste serait une victoire de la guérilla communiste en Malaisie, durement réprimée par l’armée britannique.

Mais en réalité, rien n’est jamais aussi simple. Certes, Staline laisse Mao investir le Ouïghouristan et le réincorporer de force à la Chine (les dirigeants ouïghours meurent en effet dans un accident d’avion en se rendant à Pékin pour négocier un accord), mais en revanche, Mao fait face à un obstacle majeur lorsqu’il commence à lorgner sur le Tibet en 1951.

Chandra Bose.

Ce dernier a décidé de prendre la succession des Britanniques comme protecteur du Tibet. Relativement clairvoyant, et quoi qu’il aurait aimé annexer le Népal, le Sikkim et le Bhoutan à sa nation indienne, le Chef (c’est son titre) préfère néanmoins maintenir une série d’États tampons entre son pays et cette Chine en pleine ascension.

Et il est en cela soutenu par l’URSS qui prend son parti. Staline se méfie en effet de ces dirigeants chinois qui ont réussi à s’emparer du pouvoir sans son aide. Sous la houlette du Vojd sont signés les Accords d’Alma-Ata, qui instaurent une zone tampon entre la République populaire de Chine et la Nation indienne constituée du Népal, du Sikkim, du Bhoutan mais également du Tibet. Mao est mécontent, mais que peut-il faire ? Le Grand timonier ne fait cependant que mettre de côté ses prétentions sur le Tibet…

Le président américain Thomas Dewey, (réélu en 1948 face au très conservateur John Sparkman, désigné en grande partie car il incarnait l’unité du parti face au risque de sécession des Dixiecrates, farouchement opposés à la politique antiségrégationniste de Dewey) ne peut pas rester sans réagir face à la fulgurante progression des communistes en Asie. Sa première décision est que son pays prendra en charge l’intégralité du coût de la guerre en Indochine à l’heure où Paris songe à une négociation.

En parallèle, Dewey et l’Amérique décide de définitivement fermer les yeux face au retour de l’autoritarisme Showa au Japon. En effet, la constitution du 3 mai 1946 ressemble fort à celle du Second Empire français de 1869. Ainsi, le pouvoir impérial reste fort. Cependant, si le Japon renonce officiellement à toute guerre de conquête, il conserve une armée appelée non plus « Armée impériale japonaise » mais « Forces de défense japonaises », elles-mêmes divisées entre la « Force de défense terrestre », la « Force de défense aérienne » et la « Force de défense maritime ». Son premier commandant est d’ailleurs Tomoyuki Yamashita. Le Premier ministre Hatoyama, s'il n'est pas satisfait par le nom (il eut aimé conserver le nom précédent), l'est au moins sur le fond, le Japon avait en effet retrouver une armée…

La constitution japonaise du 3 mai plaçait en effet toujours l'Empereur au centre et au sommet de la vie politique du pays. Ainsi, Showa est toujours le chef de l’État. Il est même considéré désormais comme « l'incarnation de l’État et du peuple japonais » (bien qu’il ai renoncé à son statut divin lors de sa déclaration d’humanité, son Ningen-sengen, le 1er janvier précédent) ! La justice, comme en France sous l'Empire, est rendue en son nom (ainsi qu'en celle du peuple japonais). Certes, la Diète est élue au suffrage universel direct sans « candidatures officielles » mais une nouvelle instance, le Haut-Conseil, nommé par l'Empereur et dont les membres sont désignés à vie, veille à la constitutionnalité des lois ! (Néanmoins, cela ressemble au principe américain de la cour suprême, sauf que les président américains sont élus eux…) De plus, c'est l'Empereur qui nomme les ministres, la diète n'effectuant qu'un vote de confiance a posteriori.

Certes, la cruelle Kempetai est officiellement supprimée par la constitution Showa, certains de ses chefs sont mêmes jugés aux procès de Tokyo, mais la plupart de ses membres reprennent du service au sein de la Teikoku no sekyuritisābisu (Services de sécurité impériaux) plus connue sous le diminutif Teikosekyu…


Le lendemain, 4 Mai, le Parti communiste japonais avait organisé d'importantes manifestations dans tout le pays pour protester contre la nouvelle constitution et réclamer rien moins qu'une véritable démocratie au Japon. Malheureusement, des agents du gouvernement infiltrés dans les cortèges en profitèrent pour « provoquer » la police qui ne se fit pas prier pour charger les manifestants, faisant des dizaines de morts et jetant en prison des centaines de manifestants pacifiques.


Les Américains, de plus en plus obnubilés par la lutte contre l'URSS, avaient déjà fermés les yeux face au retour de l'autoritarisme Showa malgré l’expression de quelques réticences. Désormais, Showa a les mains totalement libres… La seule critique d’envergure, bientôt contrainte à l’exil de par ses prises de position, est le propre oncle de l’empereur, Higashikuni Naruhiko, le premier ministre qui sorti le Japon de la guerre sans trop de casse. Higashikuni s’exilera en France en 1950.

Plus au sud, les Philippines ont obtenu leur indépendance complète des États-Unis en 1946 mais restent sous la houlette des Américains tandis que la Thaïlande, désormais officiellement république, est en fait un Régime autoritaire sous la férule du général-président Phibun, Régime totalement aligné sur l’Amérique car foncièrement anti-communiste. Contrairement à ses voisins indochinois et malais, ce n’est pas une guérilla communiste que doit affronter la toute jeune République, mais bien un retour de bâton monarchiste avec le mouvement des « Fils de l’éléphant blanc » qui brandissant des bannières à l’effigie de Rama VIII, souhaite le retour à la monarchie. Ce mouvement est dans son extrême majorité issu des régions les plus reculées du pays mais grandit chaque jour un peu plus face à dureté du Régime. Le prince en exil, qui n’entend que servir son peuple, ne reste pas sourd à l’appel des campagnes thaïes, et commence depuis son exil suisse, les tractations diplomatiques avec les puissances occidentales, à qui il promet le maintien des alliances avec le bloc de l’ouest, et commence la rédaction par ailleurs d’une constitution calquée sur le modèle britannique, pour mettre établir une démocratie à la chute de la dictature. Notons que le mouvement des « Fils de l’éléphant blanc » est du pain béni pour Paris, Vientiane et Phnom-Penh car il contrait Phibun à évacuer les provinces laos et khmères encore occupée par Bangkok malgré la fin de la guerre ! C’est finalement chose faîtes fin 1946.

Reste l’Indochine justement, où la France lutte avec acharnement aux côtés de l’armée impériale de Bao Daï contre les guérilleros communistes du Viet-Minh qui en 1945, massacrèrent les colons français. Malheureusement, le Laos est désormais contaminé par l’expansion du communisme et un groupe marxistel-léniniste, les Lao Issara (Les Laotiens libres), dirigé par un propre membre de la famille royale, le prince Souphanouvong, fait la guerre au gouvernement, mais dépendant largement du Viet-Minh pour survivre…

À l’inverse, d’autres pays, quoi qu’officiellement neutres, tendent de plus en plus vers Moscou. C’est tout d’abord la Birmanie, qui, quoi que réellement démocratique, se souvient des horreurs de la guerre d’indépendance contre les Britanniques. Mieux, cet historique le pousse naturellement à l’amitié avec l’Inde de Bose. La chute finale du Kuomintang sur le continent, duquel le Régime d’Aung San était également proche, le pousse à ce revirement au final. L’Indonésie, qui obtient (enfin) son indépendance en 1949, sur pressions américaine et soviétique (on voit là le déclin réel de l’Europe), se tourne rapidement vers Staline, un peu à la manière de Bose même si, une des principales raisons est que le nouvel État lorgne sur le Sarawak, totalement pro-britannique, sur la Nouvelle-Guinée occidentale restée hollandaise et a eu maille à partir avec les indépendantistes moluquois qui ont proclamé l’indépendance de leur archipel chrétien face au gouvernement de Djakarta, musulman.

Dans cette affrontement gelée, l’Amérique possède une arme de forte dissuasion dans son arsenal. La fameuse bombe atomique, jamais utilisée en situation de combat mais dont le test dans l’atoll de Bikini sur plusieurs bâtiments désarmés de la marine japonaise ont été plus que prometteurs quant à la puissance de l’arme. L’URSS, ne la possédant pas, et les Franco-Britanniques, qui ont repris le projet Neron, n’ayant qu’un arsenal limité du fait de leur faiblesse économique (ils ont obtenu l’arme en 1947), l’Amérique dispose d’un relatif monopole de puissance et un contrôle indirect sur tout l’arsenal atomique mondial.

Pour le moment...

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Message par DemetriosPoliorcète Jeu 3 Nov - 17:35

Finalement, Mao l'emporte ici aussi...

L'évolution du Japon dans cet univers prend aussi des directions intéressantes.
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Message par Thomas Jeu 3 Nov - 21:06

Je suis curieux de voir les développements himalayens. On peut reprocher beaucoup de chose au PCC, mais le Tibet serait probablement resté bloqué dans son féodalisme.

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