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[CTC39] Transition et transformation de l'Espace Soviétique

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Message par Thomas Sam 20 Avr - 19:48

Notes de l'auteur : une fois n'est pas coutume, ce texte est une exploration en vue de la future V2 de la DKTL. Mon texte est volontairement amputé d'un premier "chapitre" portant sur la réunification allemande, car relativement hors-sujet. Cela permet de réduire aussi un peu la longueur du texte qui comptait initialement plus de 8000 mots alors que la cible des CTC est d'environs 2000-4000 mots.

Transition et transformation de l'Espace Soviétique


De l’URSS à l’URSS, les quatre modernisations

La métamorphose de l’URSS est amorcée par Iouri Andropov. D’abord dans l’ombre dans les années 1950 et 1960 lorsqu’il est ambassadeur de l’URSS en Hongrie, puis lors qu’il prend la tête du Département de liaison avec les Partis communistes et ouvriers des pays socialistes. En Hongrie, le pays marquant la limite occidentale de la sphère d’influence soviétique, il est témoin de la Révolution hongroise. Si elle est écrasée avec une grande violence, Andropov témoignera dans ses mémoires : « Depuis la fenêtre de mon ambassade, j’ai assisté avec horreur à la pendaison aux lampadaires d’officiers de l’AVH. La rapidité avec laquelle un État communiste à parti unique, apparemment tout puissant, avec commencé à s’effondrer n’eut de cesse de me hanter. Je n’eus alors de cesse de chercher à comprendre ce qui avait créé cette situation afin de prémunir l’Union d’un éventuel effondrement. »

Devenu membre candidat du Politburo il fut nommé Président du KGB sur recommandation de Mikhail Suslov en 1967. Il avait alors tous les moyens et le réseau nécessaires à une compréhension de la situation politique et économique dans le bloc du communiste. Il devint, en quelques années, l’Homme le plus puissant d’URSS. En 1969, il pilote en sous-main en sous-main la « Normalizatsiya Soyuza ».

Demokratizatsiya, le socialisme à visage humain

La fin des années 1950 voit la politique de Nikita Khrushchev conduire l’URSS dans l’ère de la stagnation. Cela créé un climat de mécontentement et de défiance qui se fait de plus en plus sentir à partir de 1964 suites à la création du concept du « Peuple soviétique » qui est en réalité une volonté de russification massive des populations des RSS. Politique étonnamment largement soutenue par le Premier secrétaire du Parti communiste ukrainien Volodymyr Shcherbytsky. Cela conduit au printemps de Kiev ou la population est soutenue par de nombreux cadres du PC ukrainien tels que Vladimir Ivashko et Petro Shelest. Outre la fin de la russification, l’opposition demande la décentralisation partielle de l’économie, la démocratisation, la liberté de parole et de voyage.

Les Ukrainiens sont en réalité inspirés du coup d’État mené le 27 mai 1960 lorsque l’Armée de la République populaire de Turquie dépose le gouvernement de Mihri Belli incapable de faire face aux problèmes économiques et à l’agitation politique. En effet, le des manifestations d’étudiants et d’ouvrier ont commencées à secouer le pays en avril pour dénoncer la corruption la dictature et la stagnation économique. À la fin du mois, deux étudiants sont tués par la police rendant la situation explosive. Le 5 mai, plus de 500 000 manifestants bloquent la capitale. Belli demande à l’armée de disperser les manifestants, mais les soldats refusent les ordres qui leur sont transmis. Les généraux décident alors de suivre leurs hommes et font savoir à Mihri Belli que ses ordres sont inacceptables. Les manifestations s’étendent à tout le pays et la troupe n’intervient pas. Décidant que le seul moyen de remédier à la situation est de renverser le gouvernement, le général Gürsel passe donc à l’action. Moins de 48 heures après le coup d’État, il libère tout les manifestants qui avaient été arrêtés durant les manifestations. Cemal Gürsel organise un referendum amendant la constitution et entérinant de nouvelles lois. Si ces changements ne modifient aucunement le caractère laïc et socialiste de la République populaire ils amorcent une forte libéralisation. Le rôle du Commissariat aux plans se limite dès lors aux orientations stratégiques et aux pilotages des secteurs stratégiques. Les entreprises privées, qui étaient déjà autorisées, mais trop contraintes, ont maintenant un devoir de rentabilité et doivent réaliser des profits sur leur production plutôt que de remplir les objectifs quantitatifs et qualitatifs du Commissariat aux plans. En échange de ses libertés, l’état planifie l’arrêt progressif des subventions. Les investissements du secteur privé doivent être financés par les entreprises elles-mêmes via le recours à l’emprunt portant intérêt et doivent justifier d’un retour sur investissement. L’économie est partiellement ouverte à la compétition est aux investissements étrangers. Les exportations sont encouragées. Les prix ne sont plus fixés par l’état, mais par les producteurs. Pour limiter les abus et l’enrichissement personnels, deux mesures sont prises. La première est que les entreprises doivent reverser la moitié de leurs bénéfices aux salariés sous forme d’intéressement. La seconde est que dans une entreprise le salaire le plus élevé n’est peut-être plus cinq fois supérieur au salaire le plus bas. Cette véritable thérapie de choc appelé le Grand bond avant voit la productivité et le revenu exploser. L’économie turque affiche alors une croissance économique spectaculaire entre 1962 et 1988 avec une moyenne de 9,8 % sur cette période.

Nikita Khrushchev fraichement est réélu à la tête de l’URSS sur un programme basé sur des promesses de libéralisation. Un programme qui lui est soufflé par Iouri Andropov, mais reste relativement conservateur. L’homme fort du KGB, appuyé par l’économiste Evseï Liberman et le vice-premier ministre de l’Union Alexei Kosygin, a repris, à plus grande échelle avec bien plus de moyens, l’analyse politique et économique qui avait lancé lors qu’il était à la tête du Département de liaison. Cette fois-ci le sujet d’étude ne porte plus sur les seuls pays communistes. Si l’exemple turc est alors observé de très près, c’est vers les pays sociaux libéraux qu’Andropov porte son regard. France, Tchécoslovaquie, Espagne, Chine… autant de pays libéraux dont la constitution et les lois ont de nombreux principes socialistes, une démocratie vivace et une économie déjà puissante ou un plein boom. Sur les conseils d’Andropov, Khrushchev résiste à la pression de conservateur et tenant de la ligne dure qui souhaite une répression du Printemps de Kiev. Les deux hommes ne veulent pas reproduire le carnage hongrois.

C’est la campagne la Demokratizatsiya, que l’histoire retiendra sous le nom de « Socialisme à Visage humain », une série de réformes pilotée par Iouri Andropov et le KGB. Khrushchev lui-même ne s’inquiétait pas outre mesure des réformes dont ils se faisaient aveuglément le fer de lance, ne comprenant pas l’ampleur de que préparait Andropov. Il n’y voyait qu’une « révolution politique de façade ». Quand les premiers bénéfices s’en firent sentir, une machine inarrêtable était lancée. Une boite de Pandore qui ne pouvait être fermée. Les courants de réformes amorcées inquiétaient beaucoup la vieille garde conservatrice du parti, mais la tétanisaient également. Seul Iouri Andropov semblait pouvoir maitriser la situation et s’imposait de facto comme l’homme le plus puissant du pays.

Sur le plan politique, les différents partis communistes étaient alors constitués de courants et factions. La réforme instaure le multipartisme, mais de manière très encadrée puisqu’aucun parti exprimant des idées contraires au principe constitutionnel de l’Union n’est autorisé. Il n’existe de facto que des partis socialistes ou communistes.

Sur le plan économique, la planification d’État, désormais réservée aux orientations macro-économiques (les plans quinquennaux) et au commerce international, et une grande augmentation de l’autogestion avec utilisation sur le marché intérieur des mécanismes d’offre et de demande, afin d’ajuster la production aux besoins de la population.

Sur plan judiciaire, la réforme instaure la fin de la censure systématique, de l’écoute aléatoire et sans aucun contrôle juridique des conversations téléphoniques et de l’ouverture du courrier. Si ces actions restent possibles, elles ne le sont que dans le cadre d’une action juridique motivée.

Sur le plan social la réforme une libéralisation des activités culturelles, des médias, mais dans le cadre très strict du respect des fonctions politiques. Il devient théoriquement possible pour les citoyens et les médias d’émettre des opinions critiques tant qu’elles sont motivées et respectueuses des fonctions et institutions. Elle donne aussi le droit aux citoyens de se déplacer sans autorisations et visas préalables dans l’ensemble de l’URSS afin de changer librement d’emploi, de domicile, de visiter ses proches et sa famille.

Il convient de garder en tête que si cette réforme marque une franche démocratisation de l’URSS, elle n’en fait pas une démocratie selon les standards occidentaux. Même des décennies après, l’URSS reste un pays dictatorial et autoritaire selon ces mêmes standards. Cette politique pourtant largement acceptée par les citoyens d’URSS pour qui la croissance économique, l’amélioration des conditions de vie, et la sécurité se sont immensément améliorées.

Au-delà de l’accalmie sur plan politique, la Demokratizatsiya amorce une relance de l’économie. En effet, officieusement le KGB c’est mi a mesuré la santé de l’économie en reprenant les indicateurs utilisés dans le reste du monde, parmi lesquelles le PIB. La période de stagnation est rapidement surmontée suite aux réformes et l’URSS affiche une croissance économique moyenne de son PIB de l’ordre de 3,5 % sur la période 1968-1973. Sur la même période, l’influence et la puissance de Iouri Andropov apparaitront au grand jour, finissant d’accélérer son ascension politique. Si son allié politique Alexei Kosygin prend la tête de l’URSS à l’issue des élections de 1973, Andropov est devenu de facto l’homme le plus puissant du pays.
Suverenitet, du soviétisme au souverainisme

Jusque-là l’expression politique se faisait à travers les soviets sur la base d’une hiérarchie pyramidale. Chaque village, district (administratif ou municipale) d’une ville élisait un soviet. Ces soviets élisaient alors le soviet de subdivision administrative supérieur (Raions, Oblasts ou Krais) qui eut même élisaient les soviets de l’échelon supérieur (les RSS) qui élisait les membres du Soviet suprême. Ces derniers élisaient enfin le chef de l’État, le Président du Soviet suprême de l’URSS.

En 1973, à peine élu à la tête de l’URSS Alexei Kosygin amorce « la fin des soviets » qui change entièrement la structure politique du pays. Un changement nécessaire suite à la Demokratizatsiya et qui instaure « la démocratie directe à tous les échelons politiques ».
Dans le cas des villages et petites villes, les citoyens de l’Union élisent des assemblées municipales, qui élit elle-même un maire.
Dans le cas des grandes villes, les citoyens de l’Union élisent des assemblées de district (administratif ou municipale) qui élise un conseil municipal qui élit lui-même un maire.
Dans le cas des Raions, Oblasts et Krais (le niveau dit « régional »), les citoyens de l’Union élisent des assemblées (Raions, Oblasts ou Krais) qui élisent un gouverneur.
Au niveau des RSS d’URSS (le niveau dit « national »), les citoyens élisent un Président du RSS et une Assemblée. Le Président de la RSS nomme alors un Premier ministre issue de la majorité issue à l’assemblé. Ce Premier ministre est alors chargé de constituer un gouvernement qui est validé à l’issue d’un vote de l’Assemblée.
Au niveau de l’Union (le niveau du « fédéral »), les citoyens élisent un Président de l’Union et un Conseil de l’Union. Le nombre de sièges de Conseiller de l’Union est réparti en fonction du poids démographique de chaque RSS, maintenant de facto de la RSSF (République Socialiste Souveraine Fédérative) de Russie au centre du pouvoir de l’Union. Cela poussera certains RSS à s’unir (ou à l’envisager) au sein de RSSF et conduira aussi à une montée des revendications nationalistes, ethniques et religieuses. Un problème qui sera résolu à terme par la politique des « Nouvelles Frontières » décidées par le Conseil de l’Union, mais aussi à l’ère des Troubles, une succession d’insurrections, de guerres civiles et d’interventions militaires. L’URSS quant à elle devient l’Union des Républiques Socialistes Souveraines. Malgré la souveraineté actée, des RSS et RSSF, l’Union, son Président et le Conseil restent au cœur du pouvoir politique, car les souverainetés trouvent leurs limites dans ce que permet la Traité de l’Union, sa constitution, qui est de facto aux mains de la RSSF de Russie.
Sur le plan militaire, les forces armées restent reste les forces de l’Union. La justification avancée et globalement acceptée est que si chaque RSS et RSSF avaient ses propres forces armées, la RSSF de Russie serait de facto la puissance dominante de l’Union et qui, à travers, l’Union pourrait à soir sa domination politique via sa puissance militaire. Aussi, une force fédérée plutôt qu’unie, dépendant d’un budget militaire propre à chaque RSS et RSSF créerait d’importantes disparités de financement et des forces et créerait un système de commandement probablement inefficace. Cela aurait aussi amené à un problème concernant la propriété et l’entretien des forces nucléaires stationné dans certaines RSS telles que le Kazakhstan et l’Ukraine. Ces RSS auraient du mal à entretenir un arsenal nucléaire avec des budgets militaires nationaux. Enfin, cela aurait accentué le problème de la prolifération nucléaire. Bien que cette vision fût globalement acceptée par les populations d’URSS, et si elle permet de brassage des cultures et nationalités au sein de l’Union, elle prive de facto les RSS et RSSF d’un outil de souveraineté important. Toutefois, les justifications touchant à la prolifération nucléaire valent au Président de l’Union le soutien de plusieurs puissances nucléaires parmi lesquelles la France, les États-Unis, la Chine, la Corée et le Japon.

Protsvetayushchiy Soyuz, le capitalisme d’État

Via la réforme Protsvetayushchiy Soyuz, l’URSS met en place un capitalisme d’État. Le concept est de permettre une libéralisation de l’économie de l’Union tout en gardant le contrôle (nationalisé) des « Sommets de l’économie » selon les concepts marxistes de Yevgeni Preobrazhensky et comme l’avait proposé Lenin « l’économie de marché pourrait être autorisée tant que le gouvernement conserverait le contrôle de certains secteurs dominants tels que l’industrie lourde et les transports ». En son temps Kirov fut tenté de suivre cette fois, mais ne franchit jamais le pas.

Amorcée en 1978 par Alexei Kosygin, la Protsvetayushchiy est graduelle, avec une première série de réformes entre 1978 et 1981. Il est d’abord acté que la « loi du marché » et la fin de la planification s’appliqueront à l’économie dans l’Union, à l’exception des « Sommets de l’économie » que sont la défense, l’aérospatial, le transport, les communications et l’énergie. Les prix restent surveillés de près et peuvent être encadrés si nécessaire. Les entreprises privées sont obligées de reverser à leurs employés 50 % de leurs bénéfices sous forme de prime. Le secteur agricole s’auto organise et forme des coopératives puissantes pour limiter la compétition dans le domaine des prix et mieux coordonner la production. Entre 1978 et 1981, la croissance du PIB passe d’une moyenne de 3,5 % à 10 %. L’augmentation de l’offre de denrées alimentaires et l’apparition de biens de consommation ont créé un nouveau climat de dynamisme et d’opportunités dans l’économie, mais aussi engendré une inflation assez conséquente.

Si le renouveau de l’économie vaut à Alexei Kosygin une immense popularité, il n’en profitera pas vraiment. Malade, il renonce à se représenter aux prochaines élections, mais il ne tiendra pas jusque-là. Il renonce à ses fonctions le 23 octobre 1980. L’éminence grise et personne la plus puissante de l’Union, Iouri Andropov, patron du KGB, est nommée à la présidence de l’Union. Kossyguine décède le 18 décembre 1980 et a droit des obsèques nationales. Des dizaines de milliers de personnes « envahissent » Moscou pour son inhumation dans la nécropole du mur du Kremlin.

En 1983, pour faire face à l’inflation, mais aussi à l’augmentation des revenus, l’Union instaure de nouvelles mesures. Un salaire minimum, dont l’augmentation est ajustée en fonction de l’inflation, est instauré. Le but est de pousser les entreprises à freiner l’augmentation de leur prix en les contraignants à augmenter les salaires. Un impôt sur le revenu est mis en place avec plusieurs paliers afin d’imposer les personnes qui gagnent le plus d’argent.

Dans le domaine agricole, la productivité a tellement augmenté qu’en 1984 l’URSS se met à utiliser ses capacités d’exportations comme arme diplomatique. L’Union rachetant des surplus massifs pour les exporter vers l’Afrique et le Moyen-Orient à des prix défiant toute concurrence. Il y eut malgré tout un creusement des inégalités entre les régions rurales. Les régions dotées d’un sol fertile, de nœuds de transport ou de grandes villes ont été beaucoup plus à même de tirer parti des opportunités du marché. Le problème fut pris à bras le corps avec des investissements nationaux et fédéraux, ainsi que des grands travaux afin d’améliorer les infrastructures et l’irrigation dans ces régions. Le succès du capitalisme d’État repose sur le fait que le marché enrichit les populations et les gouvernements et que les gouvernements pallient les faiblesses du capitalisme.

En 1987, l’Union autorise les investissements étrangers, mais sous une forme très encadrée. La loi sur les Joint-ventures permet donc aux entreprises étrangères d’investir dans des projets au sein de l’Union, mais les entreprises étrangères ne peuvent détenir plus de 49 % des parts d’une entreprise dans l’Union. Les investisseurs étrangers peuvent même investir dans certains projets touchants aux « Sommets de l’économie ». Dans ce cas-là, les projets sont pilotés par une entreprise spécialement créée dont 51 % au moins sont détenus par les sociétés d’État. L’URSS met « l’argent des puissances capitalistes au service du socialisme ».
En 1988, une nouvelle loi donne plus « liberté de gestion » aux entreprises privées. Si l’équivalent de l’emploi à vie (équivalent de notre CDI) reste à la norme, il est possible d’embaucher des salariés pour des durées de quelques semaines à plusieurs moi. Le « Contrat de travail pour les circonstances spéciales » peut être signé pour une durée de 4 semaines à 12 mois et accompagné de prime supplémentaire par les salariés et de taxes supplémentaires pour l’employeur. Il devient aussi possible de licencier des travailleurs en cas d’incompétence, de faute grave, d’absence et retard répété et injustifié. Un contre-pouvoir au patronat est créé avec les « Conseils de travailleurs » systématiques dans chaque entreprise privée. Ce « retour aux soviets de la révolution » empêche ainsi les entreprises de se séparer d’un travailleur sans leur accord.

La croissance annuelle du PIB de l’URSS entre 1983 et 1991 n’a jamais été inférieure à 5 %. Mais les années 1990 voient la consolidation des grandes entreprises d’État constituant les « Sommets de l’économie ». Semblable à la stratégie française des champions nationaux, elle facilite l’avancée des entreprises de l’Union sur les marchés étrangers. Entre 1993 et 1996, plusieurs grands projets de gazoducs et oléoducs permettent à l’URSS de faire exploser ses exportations de gaz et de pétrole vers l’Europe, l’Inde, la Chine et la République d’Extrême Orient. De nombreux investissements étrangers à travers des joint-ventures sont nécessaires pour prospecter et développer de nouveau gisement pour suivre la demande. À la fin de la décennie l’URSS est parvient à ravir à la France sa position de 4ème puissance économique mondiale derrière les États-Unis, la Chine et le Japon.

Entre 1996 et 1999, la croissance économique de l’URSS fluctue entre 7.5 et 9,5 %. Le revenu moyen du travailleur soviétique a augmenté de 136 % entre 1981 et 2001 puis de 45 % entre 2001 et 2010. Les années 2000 voient les projets d’exportation de pétrole et de gaz commencer à livrer massivement les pays clients. Pour la première fois depuis qu’elle est mesurée, la croissance économique passe la barre symbolique des deux chiffres et se situe entre 11 et 13 % pour la période 2006 à 2009.

Le miracle économique engendré par Protsvetayushchiy Soyuz n’est pas sans conséquence puisque les années 1990 voient apparaitre une corruption qui ne cessera de s’étendre et d’être de plus en plus problématique sans que le problème ne soit adressé. Le général Alexandre Lebed (Maréchal de l’Union), porté par ses succès militaires des années 1990 qui le rendent intouchable, dénonce massivement la corruption des élites, donnant des preuves à la presse et à la justice. Lebed, soutenu par l’armée obtient ses renseignements grâce à des agents du GRU et c’est en réalité une lutte d’influence qui se joue entre un KGB, de plus en plus corrompue, et les forces armées qui ont su se couvrir d’honneur durant les 1990. Le programme de Lebed est centré sur la lutte contre la corruption et lui vaut d’être élu en 2002 par l’Assemblée. La pression populaire était telle que certains politiciens qui tomberont pour corruption peu de temps après soutiendront publiquement Lebed durant les élections. Lebed est réélu sans difficulté en 2007. Si cette période voit de nombreux patrons tomber pour détournement de fonds, ce sont surtout des politiciens et officiels qui tombent comme des mouches notamment le patron du KGB Vladimir Putin ainsi que son prédécesseur Viktor Ivanenko arrêté en 2006. Les deux hommes étaient alors à la tête, sous fausse identité, d’une « Coopérative immobilière » appelée Ozero ayant détourné pour l’équivalent de plus de 50 milliards de dollars pour acheter ne nombreux bien dont des villas extrêmement luxueuses tant en URSS qu’à l’étranger. Tombent avec eux le ministre de l’Éducation et des Sciences de la RSSF de Russie, Andrei Fursenko ; Sergey Fursenko dirige d’un sous-traitant de SNK (Suverennaya Neftegazovaya Korporatsiya) ; Yury Kovalchuk, président de la Banque Nationale de la RSSF de Russie ; Viktor Myachin, ancien président de la Banque Nationale de RSSF de Russie ; Nikolai Shamalov, directeur du chantier naval de Vyborg ; Vladimir Smirnov, directeur d’un sous-traitant de SoyuzAtom et Vladimir Yakunin, ancien ministre des Transports de la RSSF de Russie et président en exercice d’OAO la compagnie nationale russe de chemin de fer. Le point commun de tous est leur nationalité : Russe. Ce qui ne sera pas sans créer un ressentiment contre les Russes à travers l’Union.

Novyye Granitsy, les Nouvelles Frontières de l’Ere des troubles

Les années 1980 voient la montée des revendications nationalistes, ethniques et religieuses ainsi qu’une volonté de contrer l’influence russe sur l’URSS. Ces tensions se cristallisent dans les années 1990 avec une série de conflits entre républiques et des guerres civiles. Plutôt que d’être affaibli par la situation, la RSSF de Russie va profiter de la période pour jouer le rôle de « Faiseur de paix » qui finira d’assoir sa domination sur l’Union. Cette période est généralement appelée « Ère des troubles ».

À partir de l’automne 1988, les pays baltes, à commencer par l’Estonie, voient leurs assemblées passer sous le contrôle du leur Front-Populaires respectif. Soutenue par la population, les trois partis frères souhaitent s’éloigner le Moscou et une sortie de l’Union est envisagée. L’armée de l’Union déploie ses troupes pour empêcher l’indépendance des trois pays et un blocus économique est mis en place. Le 4 janvier 1990, l’armée rouge et le groupe Alpha du KGB Spetsnaz prennent d’assaut la tour de télévision de Vilnius en Lituanie pour réprimer le mouvement indépendantiste. Quatorze civils sont tués et des centaines d’autres blessés. Dans la nuit du 13 janvier 1990, l’unité russe OMON de Riga, le quartier général de l’armée soviétique dans les pays baltes, attaque le poste-frontière lituanien à Medininkai et tue sept soldats lituaniens. En Lettonie, des barricades sont dressées pour gêner la circulation des troupes de l’Union et bloquer l’accès aux bâtiments officiels et aux ponts d’importance stratégique de Riga. Les accrochages qui en découlent font sept morts. À Tallinn, de nombreux volontaires estoniens encerclèrent la tour de télévision de Tallinn afin d’empêcher la coupure de canaux de communication par les troupes russes. Refusant de se laisser intimider par les troupes russes, les civils installent un blocus pacifique du bâtiment et refusant de déclencher un bain de sang, le commandant russe détruit les équipements puis ordonne à ses troupes d’évacuer le bâtiment. Les manifestations de multiple tout au long de l’année 1989 et la population des trois états forment alors la chaine balte de liberté, une chaine humaine de 600 km de long traversant l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie. L’occupation militaire se poursuit, mais des négociations ont lieu entre Moscou, Vilnius, Tallinn et Riga. Elles aboutissent le 25 février 1990 avec un accord mettant en place un referendum donnant le choix aux populations entre le maintien dans l’Union sous forme de RSS, ou la création d’une RSSF regroupant les trois pays. Le referendum se tient les 25 mars dans les trois pays et la création d’une RSSF de la Baltique l’emporte largement avec 72 % des voix. En effet, cette option prévoit l’évacuation de l’Armée rouge et le retrait de nombreux équipements et bases stratégiques de l’Union et généralement aux mains de troupe russe. Dans ces circonstances la RSSF de la Baltique est donc littéralement démilitarisée, mais ce statut permet aussi une plus grande liberté politique tant que les lois promulguées de contreviennent pas à celles l’Union. La RSSF de la Baltique est officiellement instaurée le 29 avril 1990, le blocus économique est le vé une la moitié des troupes de l’URSS évacuent le pays. Les autres unités restent présentes dans le nouveau pays pour démanteler et évacuer ses bases et équipements.

L’une des premières tentatives de contré pacifiquement l’influence russe est la création, en 1991, de la RSSF du Turkestan regroupant le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Turkménistan et le Tadjikistan. Déjà en cette occasion, des tensions secouent la région, notamment l’Ouzbékistan qui pour éviter une guerre civile concède en 1994 l’indépendance au Karakalpakstan qui devient un RSS au sein de la RSSF. La même RSSF du Turkestan est secouée par une insurrection islamiste qui secoue le Tadjikistan et l’Ouzbékistan. Le conflit, dans lequel la RSSF du Turkestan est activement soutenue par l’Union, se termine en 1997 avec l’anéantissement de l’insurrection.

L’année 1998 voit la création, sans tension, la RSSF Volga-Oural qui se détache de la RSSF de Russie. Cette nouvelle République Sociale Souveraine Fédérale est constituée des nouvelles RSS du Bachkortostan, de Tchouvachie, des Maris, de Mordovie, de Tatarstan et d’Oudmourtie.

Dans le sud Caucase, les RSS d’Arménie et d’Azerbaïdjan entrent en guerre pour le contrôle du Nagorno-Karabakh février 1988. En avril 1991, devant le refus des belligérants de chercher une issue négociée, l’Armée rouge intervient massivement dans le conflit. Après avoir frappé durement les deux belligérants, Moscou parvient à geler le conflit et il est acté que les troupes de l’Union vont se déployer massivement dans les deux pays. Après avoir désarmé les milices et groupes paramilitaires, Moscou organise des transferts de populations puis des referendums sur les territoires à l’origine du conflit. Le 12 mai 1994 à la suite des referendums deux nouveaux RSS voient le jour : la RSS du Nakhchivan et la RSS Artsakh qui accueille chacune une basse de l’Armée rouge devant garantir la non-interférence des RSS d’Arménie et d’Azerbaïdjan. Le conflit qui aura vu la mort de 16 000 Azéris et 4 000 Arméniens est victoire un majeur pour la RSSF de Russie qui, au nom de la neutralité, impose que les troupes stationnées soient issues des unités russes de l’Armée rouge.
En 1992 la RSS de Moldavie est secoué par une guerre civile de quatre mois. En effet, les territoires de Gagaouzie et de Transnistrie majoritairement russophone demandent leur indépendance et prennent les armes. La RSSF de Russie intervient au nom de l’Union est met fin au conflit en imposant de facto l’indépendance des deux territoires. Le président de l’Union, Anatoly Lukyanov, tente alors de négocier avec la RSS d’Ukraine le détachement de l’ancien oblast d’Izmail (rattaché celui d’Odessa depuis 1954) afin d’offrir un accès à la mer à la Gagaouzie et la Transnistrie. Évidemment, Leonid Kravtchouk refuse. Ce dernier est alors déjà bien occupé avec des problèmes internes dont la contestation de plus en plus forte dans l’est russophone du pays ainsi que les accusations de corruption qui sont portées à son encontre. Avec l’imposition par l’URSS de l’indépendance d’une partie de son territoire, la RSS de Moldavie entame des négociations pour sortir de l’Union et fusionner avec la Roumanie. Les négociations, qui durent jusqu’en 1996, actent l’indépendance des RSS de Gagaouzie et Transnistrie alors que les referendums roumain et moldave valident le rattachement de la Moldavie à la Roumanie à partir du 27 août 1997.

La situation ukrainienne dégénère avec la « Guerre de la mer noire » entre 1994 et 1998. Kravtchouk est poussé à la démission par l’assemblée ukrainienne ainsi que par la population. Il voit son principal rival, Oleksandr Moroz, lui succéder. L’opposant Leonid Koutchma l’accuse d’avoir truqué l’élection par l’assemblée et les manifestations enflamment le pays avec des factions soutenant l’un ou l’autre, mais aussi certaines qui demandent Kravtchouk. L’URSS, et travers elle, la RSSF de Russie, décide de régler la situation. Les séparatistes russophones du Donbass sont massivement armées par Moscou et prennent le contrôle d’une partie du territoire et déclenchant de facto une guerre civile. Quelques semaines plus tard, la région d’Izmaïl se soulève à son tour. L’Ukraine sombre définitivement dans la guerre civile quand des unités l’armée rouge tente de faire tomber Oleksandr Moroz pour porter Leonid Koutchma au pouvoir. Les unités à majorité ukrainienne de l’armée se portent au secours de Moroz et le pousse à déclarer la fin de la RSS d’Ukraine qui quitte de facto l’URSS. L’Union intervient et déploie l’armée aux Donbass et Izmaïl dans le but de protéger les populations russophones d’éventuelles représailles des Ukrainiens. Le conflit ukrainien est gelé par les accords de Minsk du 15 février 1995 et qui doivent organiser des nouvelles élections. La mise en œuvre des accords bute rapidement sur plusieurs problèmes. Kiev refuse d’organiser des élections tant que l’Union n’évacue pas le Donbass et Izmaïl. Ces deux territoires, sous l’influence de Moscou, demandent quant à eux des referendums pour pouvoir quitter l’Ukraine. La situation s’envenime au fil des mois au point que Moscou en arrive à déclarer que Moroz ayant déclaré la sortie de l’Ukraine de l’URSS n’est plus interlocuteur légitime. Des escarmouches émaillent alors la ligne de front de plus en plus souvent. Le 24 février 1998, l’URSS lance une offensive terrestre depuis le Donbass et la Crimée alors que les troupes de Marine débarquent aux portes d’Odessa. L’armée ukrainienne se désagrège et l’armée rouge atteint le Dniepr, aux portes de Kiev en trois jours. Moroz, prêt à négocier, obtient un cessez-le-feu et l’ouverture de négociation. Le deuxième de traité de Minsk, signé le 6 avril 1998, signe le démantèlement de l’Ukraine. Le pays s’il gagne son indépendance perd le contrôle des oblasts de Donetsk et Louhansk, ainsi que les portions à l’est du Dniepr des oblasts de Zaporijjia et Kherson. Ces territoires, auxquels est rattaché la Crimée, forment la nouvelle RSS de la Mer Noire. Mais l’humiliation ukrainienne n’est pas terminée puisque l’ancien oblast d’Izmaïl lui est arraché afin de donner un accès à la mer à la Gagaouzie et la Transnistrie qui forme la RSS du Dniestr auxquels s’ajoutent les raïons de Mohyliv-Podilskyï et Tulchyn. L’Ukraine ne doit sa survie et le maintien d’un accès à la mer noire qu’au soutien des puissances occidentales. Démembré, le pays transfère à l’URSS l’ensemble des armes nucléaires, chimiques, bactériologiques et des vecteurs stratégiques présent sur son territoire. L’Ukraine se voit aussi interdire de rejoindre la Communauté européenne. « Magnanime » l’URSS autorise, et encourage même, l’Ukraine à rejoindre le Pacte de Neutralité. Oleksandr Moroz annonce sa démission le lendemain de l’entrée en vigueur de l’accord de Minsk. L’Ukraine mettrait plus de vingt ans à se remettre de cet épisode tragique de son histoire.

Le sud Caucase voit se succéder les conflits durant toute la décennie 1990. En 1991, la Géorgie sombre dans la guerre civile. Plutôt que d’intervenir, Moscou alimente les deux camps en armes munitions tout en soutenant les velléités d’indépendance abkhaze et Ossète. En 1992, les belligérants comprennent que le soutien de Moscou ira à qui reconnaitra l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie. Le Conseil Militaire géorgien négocie alors avec Moscou et finit par obtenir son appui. L’armée rouge entre en Géorgie le 28 décembre 1992 et fait rapidement tomber le gouvernement Zviad Gamsakhurdia. Le Conseil Militaire géorgien nomme Eduard Shevardnadze président alors que l’Abkhazie et de l’Ossétie obtiennent leur indépendance le 31 décembre 1993, signant la fin de la Guerre civile géorgienne. Abkhazie et Ossétie deviennent des RSS de la RSSF de Russie.

Dans le Caucase du Nord, une « pas si simple » indépendance va déclencher un conflit ethnoreligieux d’une extrême violence. En Tchétchénie, république membre de la RSSF de Russie, Dzhokar Dudayev déclare l’indépendance totale du pays le 6 décembre 1992. S’en suit l’élection d’un parlement et un président (Dudayev) le 27 janvier 1992. Initialement, il n’y a pas de réponse militaire de la RSSF de Russie et de l’Union. Les Russes se contentant d’instaurer un blocus total du pays. La Tchétchénie plonge rapidement dans une crise économique qui renforce la légitimité ces Tchétchènes loyaux à Moscou. Le 8 décembre 1994, les troupes de l’Union, essentiellement russes, lancent une attaque sur trois axes et pénètrent toutes les défenses des indépendantistes. Grozny, la capitale, est le lieu de combat intense durant tout l’hiver 1994-1995, mais les Russes l’emportent. Tout au long de l’année 1995, les Russes enchainent les victoires et Dudayev est tué par une frappe de précision des VVS. La rébellion indépendantiste est contrainte de se replier dans les montagnes. Avec la mort de Dudayev, les forces de République tchétchène d’Itchkérie sont en difficulté alors que les loyalistes Doku Zavgayev et Ruslan Labazanov deviennent incontournables. Surtout les rebelles se retrouvent concurrencés par l’émergence de l’Emirat Islamique du Caucase. Constitués de salafiste fanatisé lancé dans une véritable guerre sainte, les djihadistes s’attaquent à tous les belligérants sans distinctions. Embuscades, batailles rangées, guérilla, attentats et assassinats plongent le pays dans un chaos inimaginable. Ils lancent même un assaut généralisé avec 50 000 combattants (leurs rangs comptent de nombreux étrangers) sur Grozny en aout 1996. Russes et Tchétchènes sont contraints de trouver un terrain d’entente et de s’allier. Ils signent à Khassaviourt un accord qui instaure un RSS de Tchétchénie, indépendante de la RSSF de Russie, mais toujours membre de l’URSS. Indépendantistes et loyalistes tchétchènes forment le Conseil Provisoire de la RSS de Tchétchénie qui devra tenir des élections à la fin du conflit. Le conflit entre alors dans une seconde phase, ou Russes et Tchétchènes reçoivent de renfort du reste de l’Union afin de combattre l’Émirat. Bien que le conflit déborde pendant plusieurs mois en Ingouchie et au Daghestan durant l’été 1999, l’URSS s’impose militairement en octobre 1999. Les élections prévues se tiennent le 30 avril 2000 dans de très bonnes conditions et la reconstruction de la RSS de Tchétchénie démarre, même si l’Emirat Islamique du Caucase maintient une insurrection de basse intensité jusqu’à son élimination totale en 2005.

Transformation de l’Armée Rouge

Le concept Diviziya 90

Derrière ce titre se cache une réforme initiée en 1988. Le concept division 90 vise à réduire le format de l’Armée rouge tout en augmentant son efficacité au combat. Il s’agissait d’un prototype d’ordre de bataille soviétique, comprenant un tableau d’organisation et d’équipement adapté qui servirait de modèle à la transformation de toutes les divisions de l’Armée rouge au cours de la prochaine décennie.
Le concept de « Division 90 » impliquait une réduction de l’effectif divisionnaire avec la suppression d’un régiment d’infanterie sur trois. Le nouveau format des divisions motorisées perd donc trois bataillons d’infanterie et un bataillon de chars par rapport à une division de fusiliers motorisés standard. Pour combler la perte de trois régiments d’infanterie organique, chaque division motorisée allait constituer un bataillon d’infanterie motorisé indépendant équipé de véhicules blindés de transport de troupes à roues BTR-80. La réduction réelle serait donc de deux bataillons d’infanterie et d’un bataillon de chars.

L’organisation division de fusiliers motorisés devenait donc la suivante :
*Un QG divisionnaire
*Deux régiments d’infanterie motorisée
*Un bataillon indépendant d’infanteries motorisées
*Un régiment de chars
*Un régiment d’artillerie
*Un régiment antiaérien
*Un bataillon indépendant antichar
*Un bataillon indépendant de reconnaissance et de « guerre électronique »
*Un bataillon indépendant de communication
*Un bataillon indépendant de sapeurs
*Un bataillon réparation et reconstruction
*Un bataillon indépendant de défense chimique
*Un bataillon indépendant médical et sanitaire
*Un bataillon indépendant de logistique
*Un escadron indépendant d’hélicoptère

La première unité de l’Armée rouge à se transformer fut la 27ème division de fusiliers motorisés de la garde qui acheva sa transformation en mai 1989.

Pour combler cette perte de masse, le nouveau mode division allait connaitre une sérieuse modernisation de ses équipements.
Dans le domaine de l’infanterie motorisé, les RPG-7 sont remplacés par des systèmes bien plus performants tels que les RPG-18 et 22 pour les unités de sapeurs et de reconnaissances, et des RPG-26 et 27 pour les unités de fusiliers. Dans les moyens motorisés des régiments organiques, si quelques BMP-1 subsistent les BMP-2 sont introduits en masse via deux variantes. Le BMP-2AG dont la tourelle reçoit un lance-grenades automatique AGS-17. BMP-2D, surblindé, mais qui perdent leur capacité amphibie. Le bataillon indépendant s’il accède au même type de RPG est entièrement motorisé sur BTR-80.
Dans le domaine de l’artillerie, les divisions allaient recevoir des 2S3 Akatsiya puis des 2S3M1 Akatsiya capables de tirer des obus guidés « Santimetr ». Les mortiers de 120 mm 2S29 Nona-SVK (des Nonas montées sur un châssis de BTR-80) remplacent les 2S29 Nona. Les 2A36 Giantsint-B allaient remplacer les pièces D-20 tractées.
Dans le domaine antichar voit le remplacement des canons MT-12 Rapira de 100 mm par des 2A45 Sprut de 125 mm. Si le Sprut est incapable de tirer des missiles antichars, il est capable de tirer les munitions DU conçu pour le T-80U. Les postes de tir ATGM Konkurs sont remplacés par des Konkurs-M ayant une meilleure allonge, une meilleure précision et une meilleure pénétration. Pour les ATGM motorisés, les BRDM-2 9P148 passent aussi à l’ATGM Konkurs-M.
Dans le domaine antiaérien, le système 9K330 TOR remplace les systèmes OSA. Les systèmes Strela-10 M, montés sur MT-LB, passent au Strela-10M3.
Certains matériels allaient bien entendu rester communs à l’ancien format de division motorisée. Ainsi le régiment de chars reste équipé de T-80BV et T-80BVK alors que l’escadron d’hélicoptère repose sur le redoutable MI-24V. Autre classique restant en place, le 2K22 Tunguska pour la DCA et le BM-21 Grad pour l’artillerie.
Après son changement de format, la 27ème division de fusiliers motorisés fut successivement déployée au Nagorno-Karabakh au printemps 1991, en Géorgie durant l’hiver 1991-1992 et en RSS du Tadjikistan durant l’été 1992 durant la période des conflits dite des « Troubles ». Toutefois, le vrai test pour le concept Diviziya 90 fut la « Guerre de la mer noire » de 1994 et 1998.

Professionnalisation des forces

En 2007, le Conseil de l’Union valide la nomination Anatoly Serdyukov au poste de ministre de la Défense. Bien qu’ayant fait son service militaire, comme la plupart des citoyens, il est le premier civil à accéder à cette fonction.
Serdyukov a su séduire avec son ambitieux plan visant à professionnaliser l’Armée rouge et la marine (les forces aériennes et stratégiques l’étant déjà) et consolider l’industrie de défense pour optimiser ses performances.

La réforme est promulguée en 2008 et contient les points suivants :
*Suppression d’un million de postes
*Réduction du nombre d’officiers
*Création d’un corps de sous-officier professionnel dans toutes les branches qui ne sont pas entièrement professionnalisées
*Réduction du nombre d’écoles militaires (65) à dix académies militaires
*Réduction des effectifs du commandement central pour une décentralisation qui reposera sur les sous-officiers professionnels
*Suppression de la structure des régiments d’aviations pour passer à un système centré sur les bases aériennes avec un commandement plus localisé et décentralisé.

En quatre ans, les forces armées de l’Union allaient voir les effectifs totaux d’officier baisser de plus de 60 %, malgré une augmentation de 47 % du nombre de sous-officiers. L’ensemble des forces armées allaient ainsi réduire leurs effectifs de 15 %.

La force de défense antiaérienne (PVO strany) perd 45 % de sa masse avec le transfert de tous ses avions aux forces aériennes (VVS). La PVO strany se concentre dès lors sur la défense des sites stratégies et bases militaires.

Du côté de la marine, l’infanterie de marine (MPR) est entièrement professionnalisée. La conscription est alors orientée vers les troupes de défense côtière dont seuls les sous-officiers sont professionnalisés. Au niveau des marins, la professionnalisation est organisée en fonction du type de navires. Les équipages des porte-avions, croiseurs nucléaires, navires « spéciaux » et sous-marins lanceurs de missiles balistiques sont professionnalisés à 80 % en cinq ans avec l’ambition d’atteindre 100 % sur 10 ans.

L’ensemble des forces spéciales et de leur moyen passe sous un commandement unifié, le Sily Spetsial’nykh Operatsiy (SSO), afin de les rendre plus souples et réactives.

Les forces aéroportées VDV (Vozdushno-desantnye voyska), si elle reste une force indépendante, sont entièrement professionnalisées, mais voient leurs effectifs passés de 70 000 à 45 000 hommes.

L’armée rouge doit être massivement professionnalisée, mais la conscription ne disparait pas pour autant. Il faut alors fait la distinction entre les types d’engagements en place dans les forces armées. Il est possible de s’engager comme professionnel avec un premier contrat de trois ans. Il y a ensuite les engagés volontaires, non professionnels, qui sont principalement orientés vers les unités professionnelles. Viennent ensuite les conscrits qui sont principalement orientés vers les unités non professionnelles. Pour ce qui est de l’Armée rouge, cela se traduit par l’orientation des conscrits vers les unités des gardes-frontières et vers la Garde de l’Union (Soyzgvardiya), une garde nationale qui remplace les différentes milices du MVD.

Consolidation de l’industrie de défense

Alors que l’Union était passée au fil des décennies un capitalisme d’État de plus en plus performant notamment dans le domaine du gaz et du pétrole avec SNK (Suverennaya Neftegazovaya Korporatsiya ou SOG pour Sovereign Oil & Gas Corporation), l’industrie de défense restait un immense patchwork d’entreprises plus ou moins performantes. Certaines de ses entreprises étaient des bureaux d’études, d’autres étaient des usines et les plus grosses étaient les deux à la fois. Pour éviter la perte de main-d’œuvre qualifiée de nombreuses usines étaient subventionnées et leurs employés payés, mais ne produisait rien pendant parfois plusieurs années.
C’est ainsi que fut créé le conglomérat national SoyouzTekhnologii, côté en bourse et visant au développement, la fabrication et l’exportation de produits de haute technologie. Les nombreuses grandes entreprises qui se faisaient concurrence étaient transformées en bureau d’étude dont les moyens de production étaient rationalisés et consolidés. OAK (Obyedinyonnaya Aviastroitelnaya Korporatsiya) que l’on peut traduire par « United Aircraft Corporation » naissait de la consolidation de Beriev, Ilyushin, Irkut, Myasishchev, Mikoyan, Sukhoi et Tupolev. OVK (Obyedinyonnaya Vertoletnaya Korporatsiya) naissait de la consolidation des hélicoptéristes Kamov et Mil. ОSK (Obyedinyonnaya Sudostroitel'naya Korporatsiya) prenait le contrôle de l’ensemble des chantiers navals dont la production était réorganisée en fonction de leur spécialité alors que certains étaient revendus à l’industrie navale civile. Dans le domaine terrestre, pas de nom aussi clinquant. L’ensemble des moyens destiné à produire des engins à destination des unités blindées et mécanisées étaient regroupés au sein d’UralVagonZavod alors que les moyens à destination des unités motorisées passaient sous le contrôle de Kamaz.

D’autres entreprises spécialisées étaient créées : Koncern Radio-Electronic Technologies (KRET), SoyuzElectronics, OPK (United Instrument Manufacturing Corporation) dans l’électronique militaire ; Vysokotochnye Kompleksy, Kalashnikov Koncern, TechMash dans le domaine des équipements d’infanterie et munitions.

Enfin, bien que l’exportation d’armement fût une force de l’économie de l’Union, le marché mondial était toujours plus concurrentiel. SoyouzTekhnologii fut donc doté d’une entreprise, SoyuzOboroneksport, dédiée uniquement l’exportation des différents équipements.


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Message par DemetriosPoliorcète Jeu 25 Avr - 8:16

Sort bien plus enviable au final, malgré quelques vicissitudes.

Par contre, je ne pense pas que le Tadjikistan persanophone voudrait rejoindre un Turkestan fédéré.
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Message par Collectionneur Jeu 25 Avr - 17:39

A relire plus tranquillement depuis chez moi.

Une gaffe sur le passage concernant les armes nucléaires :
. Cela aurait aussi amené à un problème concernant la propriété et l’entretien des forces nucléaires stationné dans certains RSS ....et que le.... Kazakhstan et l’Ukraine.


Bien plus bas : 

 À Tallinn, de nombreux volontaires estoniens encerclèrent la tour de télévision de Tallinn afin d’empêcher la coupure de canaux de communication par les troupes russes. Refusant de se laisser intimider par les troupes russes, les .... civil(e)s .... installent un blocus pacifique

Dans le tout dernier paragraphe :
Enfin, bien que l’exportation d’armement fût une force (de) l’économie de l’Union (,) le marché mondial était toujours plus concurrentiel.


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Message par Thomas Jeu 25 Avr - 17:55

DemetriosPoliorcète a écrit:Par contre, je ne pense pas que le Tadjikistan persanophone voudrait rejoindre un Turkestan fédéré.
En effet, c'est un élément que je n'ai pas pris en compte. Comme ce n'est qu'une exploration, ce sera un point à creuser. Du coup, un potentielle RSS du Tadjikistan coincé dans son coins par la RSSF du Turkestan.

Collectionneur a écrit:À relire plus tranquillement depuis chez moi.

Une gaffe sur le passage concernant les armes nucléaires :
. Cela aurait aussi amené à un problème concernant la propriété et l’entretien des forces nucléaires stationné dans certains RSS ....et que le.... Kazakhstan et l’Ukraine.


Bien plus bas : 

 À Tallinn, de nombreux volontaires estoniens encerclèrent la tour de télévision de Tallinn afin d’empêcher la coupure de canaux de communication par les troupes russes. Refusant de se laisser intimider par les troupes russes, les .... civil(e)s .... installent un blocus pacifique
Bien vu. C'est corrigé.

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Message par Collectionneur Sam 27 Avr - 8:08

Sort de chez le dentiste qui m'a pris en urgence.
Un mot en trop durant la guerre de la mer noire :

L’Ukraine sombre définitivement dans la guerre civile quand des unités l’armée rouge tente de faire tomber ''le'' Oleksandr Moroz pour porter Leonid Koutchma au pouvoir.

Dans le tout dernier paragraphe, correction oublié
Enfin, bien que l’exportation d’armement fût une force (de) l’économie de l’Union (,) le marché mondial était toujours plus concurrentiel.
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