Fate / Dragonborn

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Message par Anaxagore le Dim 3 Nov - 18:39

---Sombreciel, 12 ème jour, 4E 201---

Dans la montagne, au sud-ouest de solitude, une route empierrée grimpait par de nombreux lacets jusqu'à un grand bâtiment précédé par une avant-cour enclose d'un muret supportant des grilles de fer forgé.
Il s'agissait de l'Ambassade du Thalmor.
Pour beaucoup de monde, en Bordeciel, il s'agissait juste d'un lieu isolé au milieu de pics enneigé où des soirées ennuyeuses réunissaient les gens importants qui venaient faire des courbettes à leurs suzerains Hauts-elfes.
Derrière l'édifice principal qui accueillait la salle de réception, les cuisines, des réserves, des appartements et des salons privés, s'en trouvait un autre, séparé du premier par une seconde cour. La bâtisse, de taille plus modeste, hébergeait le bureau de l'Ambassadrice Elenwen, ainsi que celui du Troisième Émissaire. Quant aux caves... on ne montrait jamais les caves aux invités... et si on les leurs montraient, ils ne repartaient pas, du moins vivants.

Rulindil était le Troisième Émissaire du Thalmor en Bordeciel. Dans la hiérarchie de la délégation du royaume d'Alinor, il arrivait juste derrière Elenwen et Ondolemar. Son aspect surprenait. Contrairement aux autres Thalmors il portait la barbe et ses yeux n'étaient pas jaunes mais verts. Pour le reste, il s'agissait d'un Justiciar classique, c'est à dire un fanatique religieux, doublé d'un raciste imbu de sa supériorité supposée.
Assis derrière sa table de travail, il écrasait d'un regard froid l'informateur qui se tenait devant lui. Oubliant sa place, l'humain vêtu de haillons frappa le bureau du plat de la main :
- Mais, j'ai besoin de cet argent, je l'ai gagné ! J'ai mes dépenses, vous savez.
Bien qu'il n'en montre rien, Rulindil se trouvait en proie à deux émotions contradictoires des plus violentes. D'abord la colère... " Comment ce chien d'humain, cet ivrogne répugnant qui tendait la main dans les rues de Faillaise pouvait-il oser lever la voix devant lui, son supérieur ? !" Songeait-il. Une autre part de lui exultait, anticipant le moment où il allait tirer sur la laisse de ce chien pour lui rappeler qui était le maître... Il vivait pour cet instant, celui où ces méprisables humains se décomposaient de terreur et imploraient, oubliant leur stupide arrogance. Oui, là... il se sentait un dieu tenant la vie d'un mortel dans sa paume. D'un mot, il pouvait les coucher sur la table de torture, ou envoyer leurs cadavres égorgés nourrir le troll qui vivait sous les cachots.
Runlindil se reprit, chassant le phantasme, pour regarder le Nordique debout devant lui dans sa tenue de fermier verte qui avait connu de meilleurs jours, avec sa misérable dague de fer passée à la ceinture.
- Silence ! Ne présumez pas de votre utilité, Gissur. Vous pouvez nous rendre certains services. Toutefois, nous avons d'autres informateurs qui sont moins... insultants.
Le dénommé Gissur ne réagit pourtant pas à l'avertissement que venait de lui donner le Thalmor. Bien au contraire, sa voix monta encore d'une octave :
- Mais personne d'autre ne vous a apporté d'information de cette valeur, n'est-ce pas ?
Il fit une pause, attendant la réaction de Runlindil, mais le Thalmor se contenta de le regarder sans bouger. Aussi le mendiant insista :
- Etienne, il a parlé, n'est-ce pas ? Il sait où est le vieil homme que vous recherchez, il me l'a dit lui même.
Le Justiciar commençait à perdre patience :
- Vous aurez votre argent lorsqu'il nous aura raconté le reste de son histoire, comme nous nous en étions convenu.
- Alors il a parlé ! Je le savais !
Rulindil eut un petit rictus méprisant :
- Tout le monde parle, à la fin. À présent, j'ai du travail. Laissez-moi, du moins si vous voulez toucher le reste de votre payement.
Gissur parut s'affoler :
- Puis-je... puis-je vous aider ? Il m'a parlé. Il a confiance en moi.
Le sourire du Thalmor fit passer un frisson glacial le long de la colonne vertébrale du mendiant :
- Vous voudriez descendre les escaliers avec moi, c'est ça, Gissur ? Nous desserrerions ses liens, et nous vous mettrions ensemble dans la même cellule ? Vous pourriez lui demander tout ce que vous voulez et voir comment il répondrait.
L'idée de se retrouver dans la même cellule que l'homme qu'il avait trahis... un homme aux mains déliées... n'eut pas l'heur de plaire à Gissur. Il fit maladroitement un pas en arrière, desserrant d'un doigt son col qu'il trouvait soudain trop serré :
- Non, non, je... je vais attendre à l'extérieur.
Rulindil eut un sourire froid :
- Cela serait probablement mieux, en effet.... Maintenant dehors ! " cria-t-il, se levant pour ouvrir la porte dans un mouvement de colère.
Toutefois, comme l'Aldmer chassait son informateur dans le hall, ils furent témoins d'une scène qui jurait avec le luxe tranquille des tables basses couvertes d'un service en argent, de vins fins et de nourriture. Parmi les colonnes ornées qui supportaient le plafond et les tableaux sur les murs... on se battait.
Une silhouette venait de bondir depuis la porte d'entrée, entourée par un vent glacial qui faisait danser autour d'elle les flocons de neige de la cour. Elle était si rapide que l'on en voyait qu'un tourbillon flou de bleu et d'argent.
Le garde d'élite qui stationnait dans le vestibule eut le temps de sortir son épée de verre et de parer instinctivement... Des gerbes d'étincelles jaillirent lorsque la lame incroyablement dure et polie heurta celle de l'assaillant.
Le soldat elfe recula face à la puissance du coup et manqua de trébucher, il contra, tenant son arme à deux mains. Mais son adversaire virevolta, s'effaçant... réapparaissant... un pied botté de fer cueillit le garde en pleine poitrine. L'Aldmer en armure elfique se retrouva projeté contre la colonne au pied de l'escalier. Un instant plus tard, un arc scintillant le frappa en pleine poitrine... Le sang jaillit. Proprement coupé de l'épaule à la hanche, il s'effondra en deux parties.
À ce moment, Gissur perdit la raison. Dague en main, il se jeta en hurlant sur l'assaillant... un instant plus tard une lame d'acier surgissait entre ses épaules.
Rulindil était estomaqué. Son esprit battait la campagne, incapable d'assimiler ce qui venait d'arriver.
La mort se trouvait devant lui.
La mort incarnée...
Et la mort était incroyablement belle.
C'était une petite jeune fille, aux cheveux blonds comme poudré d'or, réunis en une natte enroulée à l'arrière de son crâne. Le visage était fin et triangulaire, impavide, éclairé de grands yeux verts qui reflétaient une puissance implacable. Elle portait une robe bleue sur un jupon blanc ainsi qu'un plastron orné d'un motif complexe que prolongeait une sorte de jupe de lames d'acier. Ses mains disparaissaient dans des gantelets et des bottes de fer faisaient ondoyer à chaque pas le bas de son jupon.
Elle repoussa le corps agité de soubresaut de sa derrière victime, dégageant une épée bâtarde qu'elle maniait d'une main. La lame poissée d'écarlate s'entourait de particules dorées, tandis que la poignée et la garde unissait l'or à des incrustations de pâte de verre bleu.
Le Thalmor repoussa sa première impulsion presque sans y penser... non, inutile d'appeler à l'aide les deux gardes et le Justiciar qui surveillaient la cour. Si cette femme était là... alors ils avaient péri.
La terreur se répandait en lui, liquéfiant ses os et ses muscles. Alors qu'un instant plus tôt les événements se déroulaient si vite que l'œil ne pouvait suivre, tout semblait à présent comme ralenti. Comme si des heures avaient passé depuis que la femme en armure avait empalé Gissur. Pourtant, elle se tournait seulement vers lui, prenant son épée à deux mains et la levant près de l'oreille. Le Justiciar la sentait prête à se jeter sur lui. Alors... alors... ce serait terminé en un instant. Il hurla des choses incohérentes qui lui venaient sans qu'il y réfléchit... une humaine... ce n'était qu'une humaine... non à peine plus qu'une enfant... pourtant, elle était sa mort. Il le savait.
Réunissant ses mains en coupe, il appela son plus puissant allié dans un effort désespéré pour changer le destin qui l'appelait irrésistiblement au trépas.
Une spirale énergie violette se matérialisa entre ses doigts, tournant à toute vitesse elle forma une sphère tandis qu'une trombe de lumière parme se déployait devant le chevalier aux cheveux blonds. Instantanément, elle fit un bond de côté, évitant plusieurs éclairs qui frappèrent le sol là où s'était tenue.
Ses yeux se rétrécirent tandis qu'elle considérait la créature des royaumes extérieurs qui venait se matérialiser.
Il s'agissait d'un monstre formé de blocs de pierre en lévitation, auréolé d'une aura de brume électrique. Ils gardaient une forme approximativement humaine parcourue par instant d'arcs de feu bleu-blanc. L'air empestait l'ozone et des picotements faisaient se hérisser les cheveux de manière désagréable. Un bruit semblable à celui du tonnerre emplissait le vestibule.
Un atronach de foudre !
- Tue là !
La jeune fille tourna la tête vers Rulindil et se ramassa sur elle-même... Son bond en avant lui permit d'éviter un nouvel éclair qui pulvérisa une table derrière elle. Esquivant agilement le monstre, elle passa derrière lui pour se retrouver devant le Thalmor qui indiquait encore du doigt l'endroit qu'elle venait de quitter.

La tête de Rulindil sauta de ses épaules et son corps décapité s'effondra au sol tandis que le chef encore encapuchonné rebondissait contre un mur.
La mort de son invocateur brisant les chaînes qui le maintenait sur ce plan d'existence, l'atronach de foudre se dispersa en fumée violette.
Artoria Pendragon baissa sa lame ensanglantée avant de poser sa main sur sa poitrine :
- En tant que vainqueur, je salue votre courage. Il est bien dommage que vous ayez pris une route qui vous ait fait vous opposer à moi. Je suis un dragon sous forme humaine. Vous ne pouviez me vaincre avec si peu de pouvoir.
Le Roi des Chevaliers soupira avant de s'agenouiller près du corps pour le fouiller. Une bague magique, une dague de verre... un parchemin et un anneau portant plusieurs clefs très compliquées. Les deux derniers objets semblaient prometteurs.
Dépliant le parchemin, Artoria vit qu'il s'agissait du brouillon d'un rapport destiné à Elenwen. Il mentionnait la présence d'un prisonnier appelé Etienne Rarnis qui se trouvait dans les geôles de l'Ambassade. Il était interrogé... et visiblement torturé... à propos des dragons, ou plus exactement à propos d'un dénommé Esbern. Le texte n'était pas clair mais reliait visiblement la présence des dragons en Bordeciel à cet homme.
En tout cas, cela confirmait son intuition quant à l'innocence des Thalmors quant au retour des dragons... Après tout, les Hauts-elfes ne pouvaient pas être coupable de tout !
Après avoir fouillé les tiroirs du bureau de Rulindil sans rien trouver d'intéressant, elle essaya d'ouvrir le coffre solidement bardé de bandes de fer, appuyé contre le mur derrière lui. Il était verrouillé, mais la seconde clef de l'anneau pris au Thalmor l'ouvrit.
Il y avait deux livres à couverture souple. Leurs titres se trouvaient sur leur couverture : Delphine et Ulfric Sombrage. Artoria feuilleta les premières pages. Il s'agissait d'un travail de synthèse regroupant les rapports sur la Lame Delphine, la personne qui lui avait permis de s'introduire à l'Ambassade et sur le jarl de Vendeaume, chef de la rébellion des Sombrages. Ils valaient cent fois leur pesant d'or. La jeune fille blonde les glissa dans sa sacoche.
À moins d'une cache secrète, elle avait fouillée toute la pièce.
- Hum... une geôle et une salle de torture...
Comme Rulindil se trouvait en charge de l'interrogatoire d'Etienne Rarnis, le prisonnier ne devait guère être loin. En plus, il était plus facile d'effectuer ce genre de tâche bruyante et salissante loin du bâtiment où l'on recevait des visiteurs... et encore mieux dans une cave discrète, à l'épreuve des cris.
Sortant du bureau, Artoria poussa une porte du vestibule, révélant un escalier qui s'enfonçait dans les profondeurs. Ici, plus de trace du luxe du rez-de-chaussée. Les marches étaient de bois à peine équarris et la pierre brute couvrait les murs. Il faisait froid et une pellicule humide et glacée couvrait les murs. Une porte de chêne se trouvait contre un mur de la cave. La première clef trouvée sur Rulindil ouvrit sans peine le passage.

Un remugle la saisit à la gorge dès qu'elle entra dans la vaste salle.
Si la mort avait une odeur c'était celle là : un mélange composite de sueur froide, d'urine, d'hémoglobine...
Artoria se trouvait sur un balcon surplombant un chevalet de torture couvert de croûtes de sang séché. Il y avait aussi un bureau avec des feuilles de parchemins, un encrier et une plume. À coté de la chaise, elle vit un coffre aux lourdes ferrures, cadenassé.
Par réflexe, le chevalier se recula dans l'ombre. En contrebas, un garde en armure elfique patrouillait devant plusieurs cellules. La jeune femme entendit cependant un gémissement qui s'élevait de la première d'entre elle.
N'ayant pas rengainée son épée, s'étant juste contentée de l'essuyer sur la robe de sa dernière victime, Artoria dévala l'escalier comme le vent. Le soldat aldmer eut juste le temps de prendre sa masse d'arme à sa ceinture. La jeune femme fixa ses yeux écarquillés de terreur alors que Caliburn le transperçait de part en part.
Comme il s'effondrait, elle le dépouilla de son trousseau de clef et essaya plusieurs d'entre elles sur la serrure de la première cellule. D'un regard, elle avait vérifié que les deux autres étaient bien vides.
Repoussant la porte, Artoria découvrit un homme jeune et blond. Il se trouvait à genoux sur le sol crasseux de la prison. Ses bras étaient maintenus levés par des menottes de fer fixées dans le mur opposé.
Comme la jeune fille s'approchait du prisonnier, il gémit et releva difficilement sa tête jusque là penchée sur la poitrine. Artoria sentit la fureur contracter son estomac. Tout le haut de son corps n'était qu'une plaie, il portait des hématomes au visage et sa lèvre se trouvait fendu. Aucune des blessures n'était grave en soit, mais ce que ce pauvre homme avait enduré...
Groggy, le supplicié la regarda de ses yeux agrandis par la terreur :
- Qu'est-ce que vous me voulez encore... je... je vous ai tout dit ! Combien de fois faudra-t-il que je recommence ?!
La voix pleine de pitié, Artoria s'approcha doucement, pour ne pas l'effrayer davantage :
- Calmez-vous, je ne suis pas venue vous torturer.
- Alors pourquoi... pourquoi êtes-vous là ?
- Je crois que cela peut attendre que je vous délivre.
Comme elle enlevait les goupilles qui fermaient ses menottes de fer, il s'effondra en avant.
- Vous pouvez marcher ?
- Oui... je crois... qui êtes-vous ?
Le pauvre homme regardait autour de lui et vit le cadavre du garde effondré contre un des murs :
- Vous êtes venue me délivrer ?
- Pas exactement, disons que je ne vous pas l'intérêt de vous laisser aux Thalmors. Vous êtes Etienne Rarnis ?
- Vous avez entendu parler de moi ?
- Par le Thalmor qui vous interrogeait. Vous serrez sans doute heureux d'apprendre qu'il n'est plus de ce monde.
Etienne fit une grimace féroce :
- Puisse-t-il pourrir pour l'éternité dans les lacs de lave du royaume de Molag Baal !
- Je me joints à ce souhait. Pourquoi étiez-vous détenu ? Que voulaient savoir les Elfes ?
Le jeune bréton eut une expression étrange :
- C'est ça que je ne comprends pas. Je suis un voleur de Faillaise... je vis à la Souricière...
- La Sourcière, demanda Artoria, haussant un sourcil interrogateur.
- Une ville sous la ville, un labyrinthe de tunnels et d'égouts abandonnés où vivent les voleurs, les mendiants et les fous.
La femme chevalier acquiesça :
- D'accord.
- Donc... un jour, j'ai vu un vieux type encore plus cinglé que les autres. Un parano ne quittant pratiquement jamais le niveau le plus bas de la Souricière, pratiquement toujours enfermé à double tour.... un fou folklorique. J'en ai ri à la "Cruche percée", une taverne de la Souricière et... les Thalmors me sont tombés dessus. Avant d'avoir seulement compris ce qui m'arrivait, j'étais ici et ils... ils me...
- J'ai compris. Que voulaient-ils savoir ?
- Les Thalmors ? Ils m'ont posé encore et encore des questions sur le vieux fou... ils l'appelaient "Esbern" et ils m'ont aussi posé des questions sur les dragons. Ils voulaient savoir pourquoi ils étaient réapparus. Qu'est-ce que j'en sais ! Je ne sais rien des dragons, moi ! Et ce fou, je ne l'ai vu qu'une fois... un vieillard inoffensif... je ne le connais pas.
Artoria acquiesça, tout en réfléchissant. Quel rapport entre les dragons et "Esbern" ? Quant à être fou, peut-être pas... ce n'est pas parce que l'on est paranoïaque que l'on n'a pas d'ennemi. Visiblement, il se cachait de quelqu'un qui le recherchait.... Disons, au hasard, le Thalmor.
Un bruit la fit se retourner. La porte du balcon venait de s'ouvrir. Elle vit trois hommes sur le balcon, deux gardes en armure, le second poussant devant lui... Malborn ! L'Elfe des Bois semblait livide avant avec l'épée d'un des soldats au ceux des reins.
Le premier garde la dévisagea avec un sourire mauvais :
- Rendez-vous, espion ! Le bâtiment est encerclé et nous tenons votre complice ! Vous n'avez pas une chance !
Artoria se retourna vers le voleur et chuchota rapidement :
- Cherchez une manière de sortir d'ici !
- Mais...
Le chevalier ne l'écouta pas, bondissant en avant. En un instant, elle avait escaladé l'escalier et se retrouvait face au premier garde. Il eut le temps d'ouvrir la bouche puis son visage s'effaça dans une explosion de sang. La lame siffla derechef, l'achevant.
Dépassant Malborn, Artoria empala le garde derrière lui, tordant le poignet pour le soulever du sol et le projeter à distance.
Leur prisonnier la regarda complètement stupéfait par la rapidité de sa délivrance.
- Malheur... À présent les Thalmors vont me traquer. Ils n'abandonneront jamais !
Elle lui jeta un regard dur :
- Ne restez pas là, prenez une arme et descendez rejoindre Etienne Ranis." De la lame, elle désigna le voleur bréton qui s'activait sur une trappe scellée dans le sol.
Entendant son nom, il se redressa pour interpeler Artoria :
- J'ai vu des gardes jeter un corps par là, ça doit bien mener quelque part. Mais c'est verrouillé
- Compris.
Le chevalier retourna le corps d'une de ses victimes et prit son trousseau de clef. Alors qu'elle courait vers le panneau de bois, son regard s'arrêta sur le coffre près de la table... elle l'avait complètement oublié. Changeant de direction, elle l'examina rapidement. Fermé, bien sûr. Néanmoins, une des clefs joua. L'intérieur était presque vide, elle n'aperçut qu'un livre manuscrit, son titre : Esbern. Exactement ce qu'elle cherchait. Après l'avoir mis dans sa sacoche en compagnie des deux autres, retrouvé dans le bureau de Rulindil, elle rejoignit Malborn et Etienne qui attendaient près de l'issue.
Une autre clef convenait au cadenas.
Avant même que d'autres gardes débouchent dans les geôles, ils se trouvaient dans un tunnel naturel envahi d'ossements humains et de mousse. Etienne Rarnis sourit à la chevalière aux cheveux blonds :
- Je ne vous remercierais jamais assez de m'avoir sauvé.
- Inutile, je n'étais pas venu pour vous.
- Mais rien ne vous obligeait à me sortir de là !
Elle haussa les épaules.
Malborn, cependant, n'était pas aussi sûr que le voleur que les ennuis soient derrière eux :
- Vous avez vu tous ces ossements ? Ils sont rongés ! Il doit y avoir une créature horrible dans ces cavernes !
- Laissez-moi passer devant, alors !
Se mettant à courir, Artoria dépassa le Bosmer. La galerie débouchait sur une corniche surplombant une caverne plus vaste. D'un trou dans le plafond tombait de la lumière et des flocons de neige. Le sol rocheux était adouci par un épais tapis de poudreuse. Entendant le cri d'un troll, elle se laissa tomber en contrebas.
Le monstre, penché sur le corps d'une précédente victime des bourreaux thalmors, se redressa à son arrivée. Il était couvert d'une fourrure d'un blanc sale. Le spécimen, particulièrement grand, n'avait certainement pas manqué de nourriture. Ses trois yeux brillèrent d'un éclat maléfique tandis que sa gueule s'ouvrait pour dévoiler des crocs ensanglantés.
L'espèce de gorille des neiges n'avait pas l'habitude qu'on lui envoie le la nourriture encore vivante. Frappant le sol de ses poings et sautant sur place, il bondit soudain avec l'allure dégingandée d'un grand singe. Il tendit la main pour saisir le chevalier... avant de la reculer en hurlant.
La lame auréolée de lumière dorée venait de s'enfoncer dans sa paume, ressortant de l'autre côté. Artoria dégagea la lame d'une torsion et frappa encore, ouvrant une profonde estafilade dans la poitrine du troll des glaces.
Pivotant dans le tourbillon de ses jupes, le chevalier contra le coup que le troll envoya vers sa tête. Puis, sautant avec l'élégance d'une ballerine, elle se servit de l'épaule du gorille à trois yeux comme d'un cheval d'arçon pour retomber derrière lui. Avant même que ses pieds touchent le sol, son épée avait frappée à nouveau... le troll perdit l'équilibre, tombant à genoux dans la neige. Comme il cherchait à se relever, la jeune femme aux cheveux blonds l'empala dans le dos. Une vague d'énergie parcourut la lame pour se décharger dans le corps du monstre. En un instant des flammes bleues le transformèrent en brûlot.

À l'extérieur de la grotte, Malborn et Etienne partirent vers la côte. Le Bréton sourit une nouvelle fois à celle qui était venu le sauver :
- N'oubliez pas, si vous passez à Faillaise, n'hésitez pas à venir me voir.
- J'y penserais.
Par contre, sans un mot d'adieu, Malborn s'était mis à courir, pressé de mettre le plus de route entre lui et les assassins du Thalmor qui ne manqueraient pas de le traquer. Ses anciens maîtres ne prenaient pas la trahison à la légère.

---Sombreciel, 13 ème jour, 4E 201---

Les collines rocheuses qui surplombaient les gorges de la Karth, au sud-est de Markarth étaient un pays désolé où ne poussaient que des arbres rabougris et des fougères. Le vent y mugissait presque en permanence, se déchirant sur les nombreux rocs qui formaient des éperons et des dos de tortues usés par des millénaires d'intempéries.
À la clarté des lunes, c'était un paysage désolé où l'on imaginerait des ermites se retirer pour parler à leur dieu. La Crevasse était une terre âpre, difficile, qui ne donnait rien gratuitement. Elle faisait tout payer par sueur, si ce n'était par le sang.
Sous les étoiles en partie voilée par les nuages, un feu de camp brillait dans la nuit.
Lancelot du Lac, le Chevalier Noir, arpentait le périmètre, sentinelle attentive tournant la lueur rouge qui lui luisait par la mince visière de son heaume en direction de la route empierrée qui conduisait au campement.
Trois autres personnes se trouvaient assis sur des bûches ou des pierres autour du foyer. Chacun d'eux s'abimaient dans la lecture d'un livre. Leurs chevaux, poussés à avancer aussi vite que possible, s'étaient déjà endormis, épuisés. Ils avaient trotté toute la journée traversant collines, ponts et routes, depuis Solitude.
Plus habituée qu'Artoria ou que Gawain à lire rapidement, Rin Tohsaka fut la première à poser son livre à côté d'elle. Son beau visage se fit pensif comme elle tisonnait le feu d'un geste machinal.
Les deux chevaliers tournèrent la dernière page de leur propre opuscule. La magus se tourna vers eux :
- Je commence ?
Sire Gawain se tourna vers le Roi des Chevaliers qui sourit :
- Si vous le désirez, Rin.
- Bien...
La magus toussa dans son poing, puis leva un doigt :
- Comme vous l'avez deviné, ce livre - Ulfric Sombrage- est un condensé de tous les renseignements que le Thalmor a pu réunir sur le jarl de Vendeaume, prétendant au trône de Bordeciel. Et c'est terrifiant... Ulfric est un simple pion des Thalmors depuis trente ans... il croit lutter contre eux mais... en fait... ils le manipulent. Tout a commencé quant il fut capturé lors d'une escarmouche, au cours de la Grande Guerre. Les Thalmors comprirent qu'Ulfric, le fils du jarl de Vendeaume de l'époque, pouvait leur être très utile. Pendant sa détention, les Thalmors s'emparèrent de la Cité Impériale. Mais ils le cachèrent à Ulfric. Bien au contraire, ils le torturèrent en lui posant des questions sur les défenses de la ville, les voies d'accès, les troupes stationnées, ce genre de choses. Lorsqu'ils lui communiquèrent enfin la chute de la Cité Impériale ce fut pour le remercier - faussement- de la justesse des renseignements qu'Ulfric leur avait fournis et de son utilité. Peu après, ils favorisèrent son évasion.
Le Chevalier du Soleil semblait perturbé :
- Je ne comprends pas. Pourquoi donc ?
Rin s'assombrit, ses yeux s'étrécirent :
- La culpabilité fait faire des choses étonnantes aux gens. Il s'agit de quelque chose de très douloureux et... destructeur. Beaucoup de gens ne la supportent pas. Il est courant que des gens qui se sentent coupables se trouvent des excuses. Au départ, Ulfric semble avoir été un partisan de l'Empire. Seulement, après la chute de la Cité Impériale, il a changé... Ne pouvant accepter le rôle qu'il croyait avoir joué dans sa prise par les Thalmors... et leurs exactions sur la population innocente de la ville il a... comment dire ? Il a rejeté sa saute sur... et bien la faiblesse de l'Empire, les Thalmors... tout le monde, sauf lui.
Artoria écoutait en silence, mais ses lèvres se crispèrent tandis qu'elle se servait du thé à la bouilloire qui reposait près du feu. Plus expressif, Gawain montrait un visage choqué :
- Ils ont instrumentalisé la chute d'une cité pour blesser Ulfric, mais pourquoi ?
Tohsaka répondit d'un froid sourire, levant un doigt :
- Vous devriez le deviner, non ?
- La guerre civile ?
La magus hocha la tête.
- Ce n'était bien sûr que la première étape. La seconde leur demanda certainement de longs préparatifs. Ce rapport n'entre pas dans les détails, mais d'une manière ou d'une autre les Thalmors ont favorisé la prise de Markarth par les Crevassais. Puis, après la fin de la Grande Guerre, les Thalmors ont discrètement aidé Ulfric à lever une armée pour reprendre la ville. Après sa libération, lorsqu'il y eut rétabli le culte de Talos, cela a été pour eux un prétexte pour le faire emprisonner par l'Empire. L'Empereur n'a eu d'autre choix que d'obtempérer. Ulfric violait une des clauses du Traité de l'Or Blanc et le Domaine Aldmeri menaçait de reprendre la guerre.
- J'ai entendu la suite de la bouche même d'Ulfric, intervint Artoria.
Le Roi des Chevaliers se rappela sa rencontre avec le chef rebelle, au cours des négociations - avortées- pour qu'il respecte la neutralité de Blancherive :
- Le jarl de Vendeaume a éclaté en ma présence parlant " d'un Empire trop faible pour les protéger" mais " qui les abandonne aux Thalmors".
- Exactement, approuva Rin, " c'était le dessein même des Thalmors, se servir d'Ulfric pour organiser une révolte contre l'Empire".
Sire Gawain semblait outré :
- Ces Thalmors sont des serpents !
Rin haussa les épaules :
- Ils n'en sont pas à leur coup d'essai.
Comme les deux chevaliers la regardaient d'un air interrogateur, la magus précisa :
- Lisez les quatre tomes de Menace grandissante de Lathenil de Solandie. Ce réfugié aldmer raconte comment les Thalmors ont instrumentalisé l'invasion daedrique de la fin de la Troisième Ère pour s'emparer de l'Archipel de l'Automne. Puis comment leur capacité à faire réapparaitre les lunes aux termes des nuits du néant a été utilisée pour rallier les Khajiits ! Ce sont des manipulateurs ! Leur meilleure arme est l'information. Ils recherchent les renseignements qui leur permettent de vaincre leurs adversaires.... lorsqu'ils ne les créent pas eut même. Lisez aussi La Grande Guerre du légat Justianus Quintus. Ce militaire explique clairement la méthode des Thalmors. La clef est le temps ! Contrairement aux humains, les Aldmers ont une espérance de vie de plusieurs siècles. Ils peuvent très bien passer dix ou vingt ans à infiltrer un pays, découvrir quelles sont les factions qui le divisent et lesquels leur seront les plus utiles. Par exemple, le Thalmor a préparé pendant au moins trois décennies le ralliement de Val-Boisé. Ils ont identifié une faction prête à collaborer avec eux, l'on financé et nourri de renseignements jusqu'à ce qu'elle ait les moyens de renverser le gouvernement pro-impérial. Ils n'ont eu ensuite qu'à envahir le pays par surprise, vaincre les opposants bosmers désunis et mal préparés, puis à proclamer l'union entre le royaume d'Alinor et Val-Boisé.
- Divise pour régner, murmura Artoria.
À présent, Gawain était blanc :
- Vous avez une idée, damoiselle Tohsaka, de l'état d'avancement de leurs plans en Bordeciel ?
- Oui, en fait les Thalmors désirent que l'Empire se trouve englué dans une longue guerre civile en Bordeciel. Ils ne souhaitent pas plus une victoire d'Ulfric que du général Tullius. Autant dire que le tour pris par le conflit ne les satisfait pas, les Sombrages semblant sur le point de perdre. Puis, les dragons sont apparus...
Rin Tohsaka se tourna vers Artoria. Cette dernière acquiesça :
- Je suppose que c'est à mon tour de parler.
Elle prit d'abord une simple feuille de parchemin :
- Voici le rapport que Rulindil préparait pour Elenwen. En lisant ce texte, on peut très facilement en déduire que les Thalmors ne sont pas responsables du retour des dragons. Certes, ils ont tout lieu de se réjouir que ces vers ailés sèment le chaos dans tout le territoire, attaquent les Impériaux et les Sombrages, brûlent les fermes isolées voire s'en prennent même aux villes et aux villages. Toutefois, ils ont complètement été pris par surprise. Ils ne savent rien des motivations des dragons et s'interrogent anxieusement quant à leurs futures relations. Qu'ils semblent poursuivre les mêmes buts qu'eux à court terme ne veux rien dire à plus longs termes.
- Puis, ils ont entendu parler de cet Esbern, intervint Rin.
Artoria approuva du menton.
- Le réseau de renseignement du Thalmor est proprement stupéfiant, parce qu'ils l'ont retrouvé dans un des endroits les plus difficiles à pénétrer de tout Bordeciel : la Souricière. Qui est Esbern me demanderez-vous ?
La jeune femme blonde prit d'une main le rapport portant son nom :
- Il y a trente ans, Esbern était l'archiviste de l'ordre des Lames. Il a disparu avant le siège du Temple du Maître des Nuages par les Thalmors. Du fait de son âge avancé, il avait déjà plus de cinquante ans à l'époque, et de son manque de connaissance de l'action sur le terrain, les Thalmors l'ont d'abord jugé inoffensif. Ils ont changé d'opinion... et ceux qui l'ont laissé échapper ont été rappelés en Alinor pour répondre de cette erreur. À présent, il est l'homme le plus recherché de Bordeciel.
Sire Gawain fronça les sourcils :
- Je ne comprends pas pourquoi, mon roi.
Rin Tohsaka devança la réponse d'Artoria. Du doigt, elle se toucha la tempe :
- Enfin, chevalier, réfléchissez. Avant que les Lames ne deviennent les protecteurs de la dynastie Septim, ils étaient connus comme les gardes-dragons, les plus grands des chasseurs de dragons. Du fait de leur origine akaviroise, ils en savaient plus sur les cracheurs de feu que toute autre personne en Tamriel... En tant qu'archiviste des Lames, Esbern doit avoir hérité de tout ce savoir.
Artoria approuva :
- Exactement, Rin. Je pense toutefois que les Thalmors ne le veulent pas seulement pour faire usage de ses connaissances sur les dragons... ils le croient responsable de leur réapparition !
La magus fronça les sourcils :
- Cela ne cadre pas vraiment avec la description d'Etienne Rarnis d'un vieux fou inoffensif.
- Ce qui ne prouve rien dans un sens comme dans un autre, remarqua le Roi des Chevaliers.
Ils se tournèrent ensuite vers Gawain :
- Ah, temps pour moi d'intervenir ?
Le chevalier se racla la gorge :
- Le rapport consacré à Delphine est impressionnant. Avant la Grande Guerre, elle dirigeait les Lames qui opéraient en Alinor. Elle fut la seule à échapper à leur coup de filet, juste avant le début du conflit. Par la suite, elle fut l'auteur de nombreuses opérations sur les arrières de l'armée Aldmer. Après la signature du Traité de l'Or Blanc, elle fit partie des lames qui disparurent purement et simplement. Les Thalmors ont par la suite déterminé qu'elle se trouvait toujours en vie et continuait à les combattre en Bordeciel, mais elle leur échappa constamment. Voilà, il n'y a pas grand chose d'autre, à part de longues descriptions de ses agissements et de ses méthodes. Elle agit toujours en solitaire, sans contacter d'autres Lames et les Thalmors y voient la principale raison de sa survie.
Artoria resta silencieuse un long moment puis se leva.
- Nous devrions aller nous coucher. La journée de demain va être épuisante. Rin ?
- Oui ?
- Est-ce qu'il y a un moyen de copier rapidement ces trois livres ?
La magus gonfla la poitrine, tout en croisant les bras sous sa poitrine :
- Je suis un génie ! Bien sûr que je connais un moyen.
- Très bien, il me faut au moins deux copies de chaque livre, y compris le rapport de Rulindil.

---Sombreciel, 14 ème jour, 4E 201---

Une nouvelle fois, Artoria, Rin, Gawain et Lancelot se trouvaient à Rivebois. Laissant ses compagnons s'occuper des chevaux et du ravitaillement, le roi de Bretagne fit jouer un passage secret conduisant à la tanière de Delphine, creusée sous l'auberge du "Géant endormi".
La Lame l'accueillit d'un sourire, toujours vêtue de son armure de cuir :
- Ah, au moins vous avez pu quitter l'ambassade en vie. Qu'avez-vous trouvé ?
- Le Thalmor ne sait rien sur les attaques des dragons.
La femme la regarda avec incrédulité :
- Vraiment ? J'ai du mal à y croire.
Artoria avait anticipé sa réaction, cela ne l'empêcha pas de montrer un soupçon d'humeur :
- Pourquoi m'envoyer risquer ma vie dans le repaire de vos ennemis, si vous n'accordez aucune foi à ma parole ?
Delphine montra assez d'éducation pour paraître contrite :
- Vous avez raison... c'est juste que... " Elle se tut avant de reprendre " Si ce n'est pas eux, qui ?"
- Ils l'ignorent. Mais ils cherchent un certain Esbern.
Pour la première fois depuis qu'elle la connaissait, Artoria vit l'espionne vraiment surprise. Sa réaction fut ensuite de rire :
- Ce vieux fou ? Il est encore en vie ? !
Le Roi des Chevaliers songea que cet Esbern devait vraiment être quelqu'un de particulier vu l'unanimité avec laquelle on le traitait de "vieux fou".
- Vous le connaissez ?
- Bien sûr, c'était l'archiviste des Lames. Il était tout le temps en train de raconter des prophéties de malheur sur le retour des dragons... pas grand monde ne faisait attention à lui à l'époque. Il s'avére que j'avais tort et lui raison... C'est logique que les Thalmors veuillent son savoir sur les dragons.
- Justement, le Thalmor ne le recherche pas seulement pour l'interroger. Ils le soupçonnent d'être à l'origine du réveil des dragons.
L'amusement de Delphine était visible :
- Ironique n'est-ce pas ? Je vous ai envoyé à l'ambassade car je croyais que les Thalmors étaient responsables, et vous découvrez qu'ils accusent les Lames. Chaque camp croit que les pires malheurs arrivent par la faute de l'autre. Revenons à Esbern, savent-ils où le trouver ?
Artoria hocha la tête :
- Il serait à Faillaise.
- Dans ce cas, il doit se cacher à la Souricière.
- C'est effectivement le cas.
- Dans ce cas, vous devez partir immédiatement, Enfant de dragon, Esbern est peut-être notre meilleure chance de comprendre ce qui se passe et d'empêcher le pire d'advenir.
- Je suis d'accord. Je me suis arrêtée à Rivebois que pour vous faire mon rapport et récupérer le reste de mon équipement.
Delphine désigna un coffre :
- Comme promis, tout est intact.
- Merci.
- Oh, au fait... vous me trouvez suspicieuse, mais ce n'est rien par rapport à Esbern. Il n'accorde pas facilement sa confiance. Lorsque vous le rencontrerez, demandez lui où il se trouvait le 30 Soufflegivre, il comprendra que c'est moi qui vous envoie.
- Le 30 Soufflegivre, d'accord !

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