Fate / Dragonborn

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Message par Anaxagore le Sam 30 Mar - 22:55


Prologue 1

Le monde change, il a toujours changé.Parfois aussi, le monde s'effondre.
Mon nom est Artoria Pendragon. Mon père est Uther Pendragon roi de Logre et Haut-Roi de Bretagne. Ma mère s'appelle Yrgern et a rang de Duchesse de Cornouailles.

Mon histoire s'inscrit dans le cours des événements qui secouèrent l’île de Bretagne quelque quarante ans avant ma naissance. En proie à des crises intérieures, des soulèvements et des invasions, l'Empire Romain se désagrégeait lentement. Les deux légions stationnées sur la lointaine île de Bretagne était plus que jamais nécessaire ailleurs. Elles furent retirées.
De ce fait, les Bretons se retrouvèrent soudainement indépendants. Toutefois, sans les Romains, la Bretagne ne pouvait plus se défendre. Au nord, au-delà du mur d'Hadrien, vivait les Pictes, des sauvages jamais civilisés. A l'ouest, au-delà d'un bras de mer, la verte Irlande abritait les querelleurs Irlandais. Ils nous envahirent.

En 449, après J.C., le roi Vortigern fit appel à trois tribus germaniques en guise de mercenaires : les Angles, les Jutes, et les Saxons. Ils s'installèrent dans le sud-est de l'île. Toujours en plus grand nombre, leurs grandes barques débarquaient leurs frères venus s'installer parmi nous. Bientôt, ils comportèrent en véritable maîtres de la région.

Vortigern refusait d'écouter ceux qui le poussaient à se débarrasser des Saxons. En fait, tout son intérêt se focalisait sur la construction d'un grand château en Cambrie. Seulement, sans explication, il ne cessait de s'effondrer. Un druide proposa de sacrifier un enfant né sans père. Celui qui fut choisit s'appelait Merlin.

Merlin ne fut toutefois pas tué car il prophétisa que le château ne cesserait de crouler tant que le dragon rouge et le dragon blanc se battraient sous les fondations du Castel.

L'allusion fut limpide pour tous ceux qui l'entendirent ce jour là. En effet, l'étendard de Bretagne était de sinople avec un dragon de gueule, tandis que celui des Saxons était d'azur avec un dragon d'argent. Le château symbolisait le royaume tout entier, mis en péril par ce conflit.

Vortigern fut renversé par un Romain appelé Ambrosius Aurelianus. Il prit le titre de Pendragron, c'est-à-dire "Grand (maître des bannières de) Dragon(s)". Car le roi commandait aux ost de chevaliers qui allaient au combat sous les bannières marquées du dragon. Le roi Ambrosius réussit tant bien que mal à contenir les Saxons, empêchant qu'ils ne conquièrent l'ouest de l'île. Il édifia notamment la digue Aurelianus , à l'est de Salisbury, comme ouvrage défensif.

A sa mort, en 480, il fut remplacé par mon père Uther Pendragon. Ce dernier fut le premier à adopter le titre de "Grand Dragon" comme un nom propre.
Uther poursuivit l'oeuvre d'Ambrosius, malheureusement avec moins de succès. Entre-temps, Merlin était devenu un grand magicien très connu, et mon père vint lui demander conseil. L'Enchanteur répondit alors à peu près ceci : Le Pendragon est le Haut-Roi de Bretagne parce qu'il a passé l'épreuve de l’Épée dans la Pierre. Ayant tiré, d'une main, Caliburn de son fourreau rocheux, Uther a prouvé que le dragon Maglocunnus, protecteur des Bretons, voyait en lui un homme digne de commander les armées.
Malgré cela, Uther restait un homme ordinaire, bien incapable de tirer toute la puissance de Caliburn. Toutefois, il existait une lignée très aimée du dragon, celle de duchesse Ygern. Si Uther lui faisait un enfant, ce dernier naîtrait investi de la puissance de Maglocunnus. Humain par le corps, son âme et son cœur seraient ceux d'un dragon. L'enfant serait donc assuré de pouvoir manier l’épée de la Victoire Promise à sa pleine puissance.

Pendant l'absence du duc de Cornouailles, Merlin donna l'apparence de ce dit seigneur à mon père. Ce dernier rejoignit ensuite Ygern dans la couche maritale.

Je fus ainsi conçue.


Naturellement, la réalité des événements ne put être cachée. Le duc de Cornouailles ne tarda guère à découvrir que celui qui avait ainsi usurpé sa place jusque dans la matrice de son épouse n'était autre que le Haut-Roi. Il livra bataille sur le champ de Terrabil et y fut vaincu. Assiégé, il périt peu après.
Alors, le roi Uther prit Ygern pour épouse.
Je naquis peu après, en 488. Cependant, j'étais femme et Uther me rejeta, ne voulant rien avoir à faire avec ce qu'il considérait comme un échec de sa lignée. Merlin m'emporta et me confia à un vieux chevalier du nom d'Ector, lui demanda de m'élever dans le métier des armes.
Quant à Uther, il entreprit de se donner un héritier plus à son goût.

Je grandis à Bristol, dans l'ignorance de mon lignage. La maison du chevalier Ector n'était rien de plus qu'une grosse ferme et la vie n'avait rien de luxueuse. Enfant, je manquais de mourir. La fièvre me fit faire le premier de mes rêves prémonitoires : j'y vis un lion qui arpentait la plaine de Salisbury.
Plus tard, mes armées arboreront des bannières d'Azur marquées d'un lion d'argent. Comme je me remettais de ma maladie, Keu - le fils d'Ector- m'offrit un jouet qu'il avait fabriqué en souvenir de ce rêve. Un petit lion de bois très laid et peu ressemblant...

En 495, j'avais sept ans. On annonça la mort d'Uther Pendragon. Il venait de remporter la bataille de Saint-Albans contre les Saxons, en dépit de la faiblesse de ses armées et de sa maladie. Toutefois, après le combat, un saxon déguisé en médecin l'empoisonna.
Le royaume se retrouva plongé dans l'anarchie. Personne n'arrivait à tirer Caliburn de la pierre et on croyait qu'Uther n'avait pas d'enfant, aussi le trône resta vide.
Les nobles s’entre-tuèrent, laissant les Saxons libres d'étendre leur emprise sur la Bretagne.

Finalement, en 503, un grand tournoi fut organisé entre tous les seigneurs de Bretagne - et même au-delà- pour trouver un roi. Tous les chevaliers pouvaient participer, et sire Keu se rendit à cette fête d'arme. Comme j'étais son écuyer, je l'y accompagnais.
Le destin s'en mêla. Mon frère devait faire face à son premier adversaire et j'avais oublié sa lame. Alors que je revenais vers sa tente en coupant à travers champs, je vis une magnifique épée. Elle était fichée dans une grande pierre rectangulaire, sur une estrade. Sa garde était d'or, avec des émaux bleus, comme sur sa poignée et son pommeau. Seule une partie de la lame sortait de son socle et des lettres magnifiques d’une écriture étrange semblaient m'appeler.
"Celui qui, d'une main, pourra arracher cette épée à la pierre, sera roi sacré d'Angleterre".
Je me retournais vers celui qui venait de parler. Enveloppé dans une cape blanche qui masquait le haut de son visage, il était assis au pied de l'estrade. J'étais à ce point magnétisé par l'arme que je ne l'avais point vu.
" Artoria, si tu prends cette épée, jamais plus tu ne seras heureuse. Tu seras seule et tu connaîtras une fin amère".
Il ne s'agissais pas d'un inconnu... Merlin venait souvent chez Ector, pour m'apprendre à manier l'épée. Je nouais mes cheveux en une natte que j'enroulais sur l'arrière de mon crâne puis enlevais Caliburn à la pierre.
" Q"importe, si le peuple est en paix", je répondis.
J'avais souvent vu cette épée en rêve.... Je savais qu'il n'y avait pas d'autre choix possible pour moi.

Merlin me raconta mon histoire puis me jeta un sortilège qui empêchait que je sois reconnue comme une femme. En sa compagnie, je regagnais le terrain de joute, Caliburn en main. Là, je fus présentée aux seigneurs présent comme " Arthur Pendragon, fils et héritier du roi Uther". Je n'avais que quinze ans... et on rit de moi.
Au final, je repartis avec Merlin et sire Keu. La première Table Ronde n'avait que trois membres mais nos exploits furent nombreux.

Sept années s'écoulèrent. Sept longues années de luttes continuelles, de quêtes et de grandes aventures. Depuis que j'avais ôtée l'épée de la pierre, j'avais gagnée de grands pouvoirs. D'abord, j'avais cessé de vieillir, ensuite je pouvais infuser l'épée d'e la puissante énergie magique libérée par mon cœur de dragon. La Table Ronde était à présent un grand ordre chevaleresque et on se disputait une place à mes côtés. Quand à moi, je commandais des armées. J'avais scellé ma féminité sous l'acier de mon armure. Certains eurent des soupçons. Toutefois, en ces temps de guerre, le peuple voulait être protégé et les chevaliers cherchaient un seigneur lige digne de les diriger. Je combattais en première ligne et je défaisais les ennemis. J'étais considérée comme juste et désintéressée. Sur le champ de bataille, mes décisions étaient correctes. En 510, je fus sacrée roi de Logre à Londinium. Toutefois, cette même année, de nombreux seigneurs de Bretagne se coalisèrent contre moi. Je les battis deux fois, à Carlion et Bedegraine. Puis, en 513, je les défis définitivement à la deuxième bataille de Terrabil.

Finalement, en 516, à la tête de tous les Bretons, j'affrontais les Saxons à la bataille de Badon. Pendant trois jours, nous combattîmes, encerclés de toutes parts dans un camp sommaire. Ce fus une grande victoire, les envahisseurs furent chassés de Bretagne et le pays connut la paix pour la première fois depuis le départ des Romains.

Après la victoire, j'instaurais le serment chevaleresque. Je rédigeais des lois, chassais les brigands et punis les mauvais seigneurs. Le royaume était en paix et prospère. Pourtant...

Lorsque j'entrais dans la salle de la Table Ronde où les chevaliers vantaient leurs exploits, tous se taisaient. J'avais été acceptée pendant la guerre parce que les seigneurs voulaient être à mes côtés dans la victoire. Surtout, ils voulaient être assez près de moi pour s'emparer de Caliburn, car ils voulaient profiter de mon échec et mon trépas qu'ils pensaient inéluctables. Certains m'appelaient "l'enfant-roi" derrière mon dos. Plus je gagnais de batailles, plus on me jalousais. Parce que j'étais un bon roi, on me craignait. Parce que j'étais juste, on me détestais.
En cela, je me conformais au serment que j'avais prêtée à moi même en dégainant l’Épée de la Sélection. Je devais être un roi parfait, car on ne pouvait protéger les humains en étant gouverné par les émotions humaines. Je ne pris jamais une décision sous l'emprise de la colère. gardant une parfaite balance dans les affaires de l'état, je ne commis aucune erreur.
Malgré que je n'ai jamais perdu une bataille,dirigé le royaume sans désordre et punis les criminels, j'entendis un de mes chevaliers murmurer : "Le roi Arthur ne comprend pas les émotions humaines".

Plus je m'efforçais d'être un roi parfait et plus on questionnait mes décisions. Ils me pensaient sans sentiment. Cela conduisit de nombreux chevaliers de grande réputation à quitter Camelot. J'acceptais cela comme une nécessité du gouvernement, m'isolant davantage de mes preux. Je n'allais pas changer parce que je me sentais trahie, abandonnée ou solitaire. J'avais repoussée la jeune fille Artoria et son désir d'être heureuse le jour où j'avais tirée Caliburn de la pierre. Il n'y avait rien de juste ou de mauvais dans ce genre d'événements triviaux.

Merlin me convainquit de me marier pour donner un aspect plus normal à ma cour de Camelot. J'épousais Guenivere. J'eu de la chance qu'elle partage mon rêve de paix en Bretagne et qu'elle sacrifie son propre bonheur en acceptant ce mariage blanc. Car bien sûr, je ne lui cachait pas mon secret... cela aurait été impossible.

Pendant la guerre contre les Saxons, sire Lancelot du Lac, un gentilhomme de France, rejoignit la Table Ronde. Il prit bientôt la première place. Le plus beau des chevaliers, le meilleur épéiste, les quêtes les plus épiques, le plus courtois d'entre nous, et, en plus, il était le fils adoptif de la Dame du Lac.
Guenivere s'éprit de lui et... je laissais faire.
Cependant, Lancelot découvrit que je connaissais leur liaison et que je taisais ce qu'il considérait comme une tromperie. Il vint alors à moi comme un grand pêcheur. Pour moi, il n'y avait aucune faute. Je le laissais partir sans le punir, le laissant le cœur à vif d'une blessure qui le tarauderait pendant des années, rongeant sa raison. Je semais ainsi les graines de la destruction de Camelot, même s'il faudrait encore longtemps avant que les fruits amers de ce jour ne soient récoltés au milieu des ruines de l'oeuvre de ma vie.

Le premier signe de la fin de l'Âge d'Or de Camelot fut le bris de Caliburn. L’Épée de la Victoire Promise fut rompue au cours d'un combat insignifiant, même pas disputé et indigne de figurer parmi mes grandes batailles. Je traversais une des épreuves les plus dures de ma vie.
Pour la première fois, je perdis tout courage. sans l'épée, je n'étais plus roi...
Je m'enfermais dans mes appartements, n'en sortant plus. Seul sire Keu voulut me réconforter. Comme pendant mon engeance, il sculpta un oiseau dans le bois et me l'offrit.
Finalement, la Dame du Lac me vint en aide. Elle m'offrit une épée appelée Excalibur, ou Nouvelle Caliburn. Une lame qui fut bientôt surnommée l’Épée d'Or de la Victoire. Cette arme était puissante, je la considérais comme un grand cadeau. Ce qui irrita Merlin. Le vrai cadeau, m'expliqua-t-il n'était pas Excalibur, mais Avalon son fourreau. Grâce à lui, j'étais à l'abris des plus puissantes magies et mes blessures guerrisaient presque dans l'instant.

Malgré cela, Excalibur n'eut jamais la place de Caliburn dans mon cœur. J'avais désirée l’Épée de la Victoire Promise, je lui avais sacrifié le bonheur et la vie ordinaire d'Artoria.
Merlin me convainquit ensuite qu'il me fallait avoir un fils, comme cet enfant devait être né de Guinevere, il me donna une potion qui me transforma temporairement en homme.
Malheureusement, ce fut mis à profits par une de mes ennemies.
Morgane la fée, ma demi-soeur, et fille d'Ygern engendré par le duc de Cornouaille, me détestait. Elle utilisa sa magie pour prendre l'apparence de Guinevere et ce fut avec elle que je conçu "l'héritier". Morgane créa un homoculus issu de moi et ayant hérité de mes capacités. Elle le porta en son sein et l'enfanta, le nommant Mordred.

A nouveau, les années passèrent.
Mordred avait grandi. Ignorant qui il était, je l'admis à la Table Ronde. Élevé dans l'ignorance de notre parenté, il se révéla un chevalier dévoué bien que brutal. Toutefois, lorsque sa mère lui révéla qu'il était un homoculus façonné à ma semblance, il voulut que je le reconnaisse comme mon fils. Je fis une immense erreur... J'étais loin de le détester, toutefois, il manquait de maturité pour hériter du trône. De plus... la manière dont il était né ... la trahison... le viol de ma personne. Je refusais, transformant son amour en haine.

Le monde changeait. La magie refluait, transformant petit à petit la Bretagne en un lieu triste et gris où les gens comme moi n'avions plus notre place. Je lançais mes chevaliers à la recherche du Graal. Pensant qu'il pouvait restaurer l'énergie magique nécessaire à l'ouverture des portes vers les mondes féeriques source de notre puissance. Nombre de mes meilleurs preux partirent... et certains ne connurent qu'une tombe anonyme, au loin.

Finalement, le premier signe de la chute de Camelot fut la révélation de la relation entre Guinevere et Lancelot. Cela fit un tel scandale que je fus obliger de régir comme le ferait un mari trompé. Je chassais sire Lancelot de la cour et enfermais la reine dans un couvent. Malheureusement, Lancelot fut désespéré et voulut enlever la reine. Dans sa folle tentative, il tua deux chevaliers qui étaient de la famille de Sire Gawain - mon neveu- et blessa grièvement ce dernier. Il fallut que le pape intervienne et fasse prêter serment à Sire Gawain de ne pas chercher à se venger pour que l'on évite une guerre civile. Quant à Lancelot, il vécut comme un animal, les remords l'avaient rendu fou...

Après cela, la Table Ronde commença son agonie. La bonne humeur des premiers temps avait fait place à des rancœurs, des jalousies. Les réunions n'étaient plus que d'interminables récriminations des uns contre les autres, et des règlements de compte dont je devenais l'arbitre... car chacun me demandait de prendre partie.

J'accueillis une demande d'aide du pape avec soulagement. Depuis 496, le dernier empereur romain avait été déposé par le roi Odoacre des Ostrogoths. Son successeur, Théodoric appartenait à l'hérésie arianiste. Il ne manquait aucune occasion de nuire au pape.
Je pris la tête d'une armée. Cependant, la veille du départ, on me vola Avalon, le fourreau d'Excalibur...

Le guerre se passa bien pour nous. Au cours de la bataille des Flandres, nous affrontâmes des géants et les défîmes. Notre route nous conduisis jusqu'à Rome. L'armée de Théodoric, faite de mercenaire, fut facilement vaincue. Le pape nous implora d'épargner la vile, j'y agréais. Il me fit alors couronner empereur d'Occident !

Toutefois, j'appris de terribles nouvelles. Mettant à profit mon absence, Mordred s'était proclamé roi. Je revins en hâte.
J'arrivais en Bretagne en 535, avec une armée affaiblie par la campagne qui m'avait conduit à Rome. En face, Mordred avait réunis tout ceux qui avaient quitté mon service au cours des années... par haine, jalousie ou tout simplement parce qu'ils me pensaient sans-sentiment.

Je ne reçu qu'un seul renfort, celui de sire Lancelot. Il n'avait pas recouvré la raison. Cependant, il voyait dans la guerre une occasion de se racheter à ses propres yeux. Malheureusement, sire Gawain s'y opposa si violemment que je n'eut d'autre choix que de refuser l'aide de Sire Lancelot du Lac. Si j'avais accepté, Sire Gawain et de nombreux autres seraient partis.

Je demeure persuadée que si Lancelot avait combattu avec nous, la victoire aurait été nôtre.

Dès le matin, je constatais deux manquement dans mon armée. Merlin et Sire Keu avaient disparu. Je pense qu'ils savaient qu'il s'agissait de ma dernière bataille et qu'ils ne voulurent pas y assister.

L'affrontement de Camlann dura tout le jour. Les plus grands chevaliers s'y rencontrèrent et y moururent. Sire Gawain périt sous la lame de Mordred, qui rouvrit la vieille blessure que lui avait infligé Lancelot. Ce dernier finit par se jeter dans cette bataille qu'on lui avait interdite, massacrant des dizaines et des dizaines de preux avant de succomber sous le nombre. Trop tard, pour que son intervention change quoi que ce fut...

Finalement, le soir arriva.
La colline de Camlann était rouge. Rouge de sang, rouge du soleil couchant. Un spectacle que j'avais vu si souvent... les armes plantées dans le sol... les cadavres... tout était rouge.
Seule, j'arpentais ce champ de carnage. A part les gémissement des mourants, je n'entendais que le vent. Puis... des sons d'épées... un grand cri et un défit. Mordred m'appelait. Il se tenait au-dessus du cadavre d'un de mes chevaliers à l'agonie. Mordred était exalté... et désespéré... lui aussi venait de perdre toute son armée. Il me défia, me demandant si je le haïssais puis se jeta sur moi. Clarent, son épée, m'arracha Excalibur des mains. La lame retomba au loin et je brandis ma lance, Rhongomyniad. " je ne t'ai jamais détesté pas un seul instant" lui répondis-je. La Lance de la Fin des Temps le transperça de part en part. Il cria "Arthur !!!" mais eut le réflexe de riposter.

Transpercée de part en part, incapable de seulement tenir debout, j'atteignis la fin de ma vie sur la colline de Camlann. Excalibur était au sol, à quelques pas, pourtant je ne pouvais faire aucun effort pour la reprendre.
Au contraire, je me mis à pleurer...
Pendant des années, j'avais vécu sans montrer d'émotion. Mais le royaume avait péri, mes chevaliers étaient morts, je n'avais plus rien à défendre.
J'implorais le ciel couvert de nuages rougeoyants et le soleil sanglant. Si seulement, je pouvais avoir une seconde chance... Si j'avais trouvé le saint Graal, rien de tout cela ne serait arrivé.
Je n'attendais pas vraiment de réponse, toutefois une forme dorée, comme une fleur de lumière, apparut au dessus du champ de bataille.

" Arthur Pendragon, acceptes-tu d'être appelée pour combattre au nom du Saint Graal ? "

Je n'avais d'autre choix que de mourir vaincue... ou d'accepter. Mon hésitation ne dura que quelques secondes.

" Combattre pour le Saint Graal ?"

" Le Graal est la vie et la source des miracles. Si tu acceptes d'être invoquée par le Graal, tu recevras une nouvelle vie. Et si tu sauves le monde de Nirn du fléau qui le menace, ton vœu de recevoir une seconde chance sera validé. Pour la réussite de ta quête, le Saint Graal te donnera les connaissances nécessaires à ta nouvelle vie en même temps qu'un nouveau corps. Cependant, ce dernier sera celui que tu avais à l'âge de quinze ans, sans l'expérience du combat que tu as acquise depuis. Il y a des limites aux pouvoirs du Graal."

" Pourquoi... moi ?"

"Parce que tu es le Roi des Chevaliers. Dans tous les mondes il y a des légendes sur des Rois-Sauveurs, porteurs de l’Épée Sacrée. Le Roi-Sauveur est celui que les hommes appellent à leur secours lorsque le monde est menacé. De plus, tu as le sang d'un dragon. Tu découvriras que sur Nirn, il y a aussi une épée de la Victoire Promise désignant les rois et que seul un Sang de Dragon peut vaincre ce qui menace Nirn".

"J'accepte"

Que pouvais-je faire d'autre ?
Une grande lumière blanche m'entoura soudain.


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Message par Anaxagore le Sam 30 Mar - 23:49

--Vifazur, 17e jour, 4E 201---

NIRN

Lorasha Abal appartenait à une longue lignée d'invocatrice aldmer. Son peuple originaire de l'Archipel de l'Autome, dans le dominion Aldmeri dominait le continent depuis la fin de la Grande Guerre trente ans plus tôt. L'Empire de Cyrodil, affaiblis, agonisant, en proie aux révoltes, ne dominait plus la partie centrale et Nord-ouest de l'ancien Empire de Tamriel, disparu deux cent ans plus tôt, à la fin de l’Ère Troisième. Comme toutes les Aldmer, Lorasha était très grande, mince. Sa peau semblable à de l'or, ses oreilles pointue la désignait comme une elfe. Toutefois, en dépit d'une élégance certaine, son long menton et son visage anguleux la rendaient étrange.
Lorasha portait une longue robe noire et simple arpentant son domaine, une grotte sommairement aménagée. Une rampe de bois permettait d'accéder à l'entrée, quelques tables, caisses, étagères et tonneaux formaient tout l'ameublement. Ils servaient essentiellement à stocker de la nourriture. Néanmoins, une bonne moitié de la caverne avait un plancher et la Haute Elfe s'en servait pour pratiquer ses invocations. Un livre à reliure de cuir entre ses mains, Lorasha Abal récitait une invocation devant un pentacle tracé avec des sels du néant purifié. En son centre se trouvait une orbe rougeoyante  : une pierre sigillaire, acquise dans les royaumes d'Oblivion.  

Pour Lorasha c'était le grand jour. Après des années de travail, elle venait d'achever tous les préparatifs pour invoquer un daedra, un démon des plans d'Oblivion et le maintenir de matière permanente sur le plan matériel primaire. Une grande lumière blanche se concentra au-dessus de la pierre sigillaire tandis qu'un vent violent et froid se mit à tourner dans la caverne.
Lorsque l'éclat éblouissant se résorba, Lorasha Abal se retrouva face à une... adolescente nue. La peau d'une blancheur ivoirine, les membres fins et graciles, la poitrine petite et haute qui se soulevaient sous l'effet de la respiration. Le visage aux traits fins ne montrait aucune émotion, les yeux d'émeraude parcouraient les lieux sans vraiment lâcher l'invocatrice. Les cheveux de la couleur des blés mûrs retombaient un peu plus bas que ses épaules, mais une mèche rebelle pointait comme une antenne. La présence d'une aussi jolie jeune fille dans son pentacle avait laissé la mage sans voix. Toutefois, l'étrange invitée se tourna finalement vers Lorasha.
- Je vous le demande, qui êtes-vous, où sommes-nous ? Comment suis-je arrivée ici ?
- " Tu n'es pas un daedra ?"
Le ton de la voix était impérieux, habitué au commandement, guère agréable.  L'adolescente fronça les sourcils, brièvement étonnée. La femme qui lui faisait face parlait dans une langue que je ne pouvais pas connaître, le... cyrodilique ? Comment pouvait-elle comprendre ces mots et même connaître le nom de cette langue ?
Cependant, le premier choc passé, l'Aldmer reprenait contenance.
- Parle ! Qui es-tu ?
- Je suis Artoria Pendragon.
La femme à la peau dorée et aux oreilles pointue secoua la tête, incrédule.
- Tu es brétonne ?
A nouveau Artoria s'étonna de savoir que les Brétons étaient les habitants de Hauteroche, une contrée à l'ouest du continent de Tamriel. On considérait les Brétons comme doués pour la magie, vivant dans de multiples petits royaumes vaguement unis par un Haut-roi. Avec ses cités fortifiés, ses multiples ordres de chevalerie et ces mages, les lieux ressemblaient à la Bretagne. Artoria choisit d'acquiescer.
- Oui, je suis brétonne...  comme suis-je arrivée ici ? Où suis-je ?
La haute-elfe haussa les épaules, irritée. En fait, la réponse d'Artoria ne faisait aucun sens. Le pentacle permettait d'invoquer les êtres des royaumes extérieurs, pas de simples mortels. Instinctivement, Lorasha sentait que cette "Artoria" ne pouvait être une adolescente ordinaire.  la peur luttait contre la perplexité dans son esprit.
- Tu es mage, invocatrice ?
- Non, je suis écuyer. Je n'ai rien fait qui... Puis-je savoir où je suis ?
En dépit du contrôle qu'elel avait sur elle-même, Artoria se mit à frissonner et se frictionna machinalement les bras, couverts de chair de poule. La température était très basse dans cette grotte sans source de chaleur.
La femme poussa un vague grognement avant de s'éloigner jusqu'à un coffre qu'elle ouvrit.
- Tu es en Bordeciel, dans la châtellerie de La Brèche, à l'ouest d'un village appelé La pierre de Shor.
Lorasha se retourna et me jeta une robe semblable à la sienne, mais marron, ainsi qu'une paire de bottes, puis retourna à sa table de travail.
- Je ne sais pas ce qui a mal tourné dans ce rituel. J'étais sensé invoquer un daedra... et je me retrouve avec une jeune fille nue. Une mauvaise blague de Shéogorath ?
Tandis qu'Artoria se revêtait de la robe de tissu grossier et élimée, elle réfléchissait. Shéogorath... à peine ce nom lui eut traversé l'esprit qu'un murmure lui répondait qu'il s'agissait du prince daedrique de la folie. Ce daedra était connu pour ses mauvaises plaisanteries envers les mortels.
Cette fois-ci, le Roi des Chevaliers comprit ce qui se passait, le Graal lui parlait ! Bibliothèque de savoir infini, le divin récipient l'informait de ce qui lui serait nécessaire pour survivre dans le monde de Nirn.
Alors qu'Artoria regardait à nouveau la pauvre grotte humide et froide, les tables qui servaient aux repas et pour le laboratoire, les quelques livres et coffres, les tonneaux et les caisses remplis de légumes,elle se rendit compte que l'invocatrice qui l'avait appelée en ce lieu vivait de manière misérable.
- Pourquoi vivez-vous dans un tel lieu ?
- Les Nordiques haïssent la magie. Je ne pourrais pas pratiquer dans une ville ou un village. Pire, j'étudie l'invocation des Daedras, vous ne savez pas que c'est interdit depuis la crise d'Oblivion ? Les Vigiles de Stendarr parcourent les campagnes à la recherche des adorateurs des Daedras, pour les tuer.
- Si, bien sûr...
Et c'était vrai. Une fois encore le Graal avait tout expliqué au roi de Bretagne. Un peu plus de deux cent ans plus tôt, la Troisième Ere avait pris fin lors de l'assassinat de l'empereur Uriel VII Septim et ses fils  par l'Aube Mythique. Une secte daedrique. Avec la mort de tous descendants du trône de l'Empire de Tamriel, les mystérieux Feux de Dragon s'étaient éteint dans le Temple de l'Unique et les Daedras avaient déferlé sur Nirn. Les dieux envoyèrent le Héros de Kvatch qui réussit à retrouver l'Amulette des Rois et à la rendre à Martin, l'héritier caché du Trône. Alors que Martin allait rallumer les Feux du Dragon, le prince daedra Mehrunes Dagon l'arrêta. Pour pouvoir l'arrêter, Martin brisa l'Amulette des Rois et se transforma en avatar du dieu dragon Akatosh. Ce combat tourna en faveur du dieu et le démon fut banni. Ce fut la fin de la Troisième Ère.
Pendant que le Graal racontait tout ça à Artoria, l'invocatrice était revenue au cercle magique.  Elle incanta un sortilège. Il y eut une grande lumière blanche et...
- Non, ce n'est pas vrai, pas deux fois !

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Message par Anaxagore le Dim 31 Mar - 19:54

Prologue 2

---31 janvier 2004 ---

 La chambre avec ses papiers peints,  ses meubles volumineux en bois sombre et vernis paraissait victorienne. Pourtant, la ville de Fuyuki se situait loin de l'Angleterre. Dans la vieille cité de Miyama on rencontrait cependant un grand nombre de maisons occidentales.  Le lit, énorme, se couvrait d'un épais édredon recouvert d'une taie claire décorée de fleurs. Juste à côté,  tictaquait un réveil à remontoir qui datait d'un autre âge. L'engin infernal se mit soudain en marche,  provoquant un violent soubresaut dans le lit proche, alors que l'occupant se retrouvait éjecté du monde des rêves avec la délicatesse d'un trente-cinq tonnes emboutissant la devanture d'une épicerie après avoir raté un virage.
Une voix ensommeillée - mais néanmoins furieuse - s'éleva du cocon de couverture.
- Cinq minutes !
Le tyran mécanique n'en continuait pas moins à sonner le réveil et un bras furieux lança un oreiller qui fit tomber la pendule... sans qu'elle cesse pour autant de narguer sa propriétaire.
Définitivement furieuse, cette dernière se leva pour ramasser le monstre de rouages et l'éteindre.
Vêtue d'un pyjama rouge clair orné de têtes de chats, l'adolescente de dix-sept ans ressemblait à un zombie... d'accord un très joli zombie... mais ramené à la vie par un nécromancien du dimanche moyennement doué.  La peau pâle, les cheveux longs et noir... actuellement emmêlés, elle couvrait le monde d'un regard bovin et  commença lentement à pencher sur le côté. Se reprenant, la jeune fille bailla et se mit debout avant de se diriger très mollement vers la porte... heurter le mur... le regarder fixement pendant trente secondes et changer de direction vers la vraie porte !

La magie existe. La preuve,  une demi-heure après ce réveil laborieux, l'adolescente venait enfin d'accéder au statut d'être vivant grâce une opération miraculeuse consistant... à prendre une longue douche. Ses cheveux se trouvaient à présent soigneusement coiffé en deux couettes et elle portait l'uniforme du lycée Homurahara sous un pardessus rouge.
Se dirigeant vers son école, la jeune fille fronça les sourcils. Les rues lui semblaient inhabituellement désertes.  D'habitude, à cette heure, les étudiants devaient se presser en nombre, sans compter les employés de bureaux qui avaient pratiquement les mêmes horaires.
- Hey Tohsaka, tu arrives incroyablement tôt.
La dénommée Tohsaka se composa immédiatement un sourire chaleureux et se tourna vers une adolescente de son âge portant la tenue du club de tir à l'arc. Elle se tenait à proximité d'un distributeur automatique, au milieu du campus du lycée.
- Bonjour, il fait froid, hein ?
- Bonjour, Mitzuzeri. Dis-moi, tu saurais quelle heure il est ?
Mitzuzeri secoua la tête, surprise de la question.
- Il est un peu avant sept heures. Tu es venue tôt par erreur ?
- Il semblerait que toutes les pendules de ma maison avancent d'une heure. Ainsi que mon réveille-matin.
Tout avait commencé lorsqu'elle avait ouvert la boite contenant l'héritage de son paire, pour l'essentiel des instructions et... un médaillon en forme de cœur, un énorme rubis dans lesquels sa famille de magi avait infusé de l'énergie magique depuis des générations. Se pourrait-il que son père lui ait préparé une épreuve ?
Tandis que Rin Tohsaka restait debout, centrée sur le problème qu'elle cherchait à résoudre, Mitzuzeri passa derrière elle.
- Réveille- toi, ma fille !

Le reste de la journée de Rin Tohsaka se passa comme à l'ordinaire. Aussi, oublia-t-elle que le sortilège laissé par son père avait avancé toutes les pendules d'une heure dans sa maison.

Sur Terre, la magie existe.  Depuis le Haut Moyen-âge,  ses pratiquants (les magi) cachent leurs dons et vivent mélangé à la population ordinaire. Loin de ce que l'on pourrait croire, la magie ne permet pas de réaliser de véritables miracles, de plus l'énergie magique disparait progressivement du monde. Les  gens doués pour l'utiliser s'étiolant en même temps qu'elle,  de nombreuses lignées puissantes se sont déjà éteintes.
Tout homme possédant des circuits magiques peut transformer son énergie magique propre (l'od) ou l'énergie magique extérieure (le mana) en prana, l'énergie magique utilisable pour jeter un sortilège. Il est donc un magus. Toutefois, les grandes lignées de mages ont l'avantage de posséder une Crête Magique. Il s'agit d'une sorte de tatouage, normalement invisible, qui s'illumine lorsque son porteur l'active. La Crête Magique peut être vue comme une sorte de générateur de sortilèges qui permet d'utiliser les rituels les plus longs pratiquement instantanément. Dans une famille de magi, chaque génération s'efforce d'améliorer sa Crête Magique avant que l'ainé la reçoive.
En tant que groupes, les magi partagent tous - ou presque- une même obsession, les Racines. Les Racines de la magie sont son origine. Autrefois, des créatures surnaturelles (les bêtes fantasmatiques) vivaient avec l'humanité. Toutefois, l'espèce humaine perdit progressivement foi dans les elfes, les fées et les dragons. Ceux-ci émigrèrent vers  l' "autre face du monde" et avec eux la magie disparue progressivement. La seule manière de restaurer l'âge de la magie serait d'atteindre les Racines dans l'autre face du monde.

Rin appartenait à la grande lignée des Tohsaka, dont elle était le dernier membre.  Il y a deux cent cinquante ans de cela, les Tosaka, les Einzbern, les Makiri, trois très grandes dynasties, œuvrèrent ensemble pour créer un rituel permettant d'atteindre les Racines. Inspirés par la légende arthurienne, ils appelèrent le résultat "Saint Graal". Car, bien que créé par des hommes, il offrait un accès à des miracles et à l'immortalité. Seulement, pour l'activer, il lui fallait une source de prana très pure. De plus, le Graal n'étant pas un objet physique, seuls des entités spirituelles pouvaient s'en saisir.
Les trois familles résolurent se problème en permettant au Graal d'invoquer sept héros des temps anciens. La foi que les hommes leur vouaient faisaient d'eux de parfaite batteries pour leur Graal. Ces héros pouvaient également tenir la coupe sacrée et donc l'activer. Sauf qu'il fallait sacrifier six de ces héros pour fournir assez d'énergie pour réaliser deux vœux.
Lors du premier rituel du Graal, les magi n'arrivèrent pas à s'entendre entre eux ou avec les héros car chacun désirait se voir accorder un vœu.  Il en résulta un massacre sans qu'il n'en émerge aucun vainqueur.
Soixante ans plus tard, lorsque le Graal s'éveilla pour la seconde fois, le rituel prit un tour qu'il garda depuis, l'affrontement de sept magi (les Master) par l'intermédiaire de héros invoqués (les Servants).  Cette guerre du Saint Graal se reproduisit ainsi trois fois répandant la violence et la folie, ravageant Fuyuki.
Toutefois, le Graal ne fonctionnait plus normalement depuis longtemps. Il avait été conçu pour  absorber l'énergie des héros sacrifiés, et se décharger de celle-ci en réalisant deux vœux (un pour le Servant survivant, un pour le Master). Seulement, aucun vainqueur n'avait émergé des quatre premiers rituels.
Alors que le Graal avait jusque là répété un cycle de soixante ans de silence, entre deux guerres, il se réveilla en 2004, juste dix ans après la quatrième guerre du Graal. En fait, le Graal de Fuyuki se trouvait surchargé par quatre fois la quantité d'énergie qu'il devait normalement  contenir. Incapable de la gérer plus longtemps, la coupe sacrée déclencha la cinquième guerre du graal avec cinquante ans d'avance.
S'il s'agissait de la seule anomalie dans le commencement de la Cinquième Guerre  du Graal, cela aurait déjà été inquiétant. Toutefois, il y avait pire encore. Au cours du troisième affrontement, les Einzbern - lassés de leurs échecs successifs à obtenir la coupe- avaient décidé d'altérer le rituel. Jusque là, il permettait uniquement d'appeler de vrais héros. Ils le modifièrent pour invoquer Angra Mainyu (Tout le Mal du Monde)... un puissant démon... ou supposé tel. Car, il fut en fait rapidement vaincu. Cependant, la présence de l'énergie maléfique de ce servant corrompit le Graal, qui en vint à prendre les milliards de malédictions qui formaient la substance d'Angra Mainyu comme le vœu qu'il devait réaliser.
Au début de la Cinquième Guerre du Graal, Fuyuki était donc menacé par un Graal en surcharge et corrompu, prêt à interpréter tout vœu qu'on lui ferait de manière à répandre un océan de malédictions et de maléfices sur l'humanité.

--- 1er février 2004---

Totalement inconsciente de s'activer à allumer la mèche d'une bombe assez puissante pour faire sauter la planète entière, Rin Tohsaka - Master de la cinquième guerre du Graal - était occupée à tracer le cercle d'invocation qui lui permettrait d'appeler son Servant.  
Normalement, il fallait un catalyseur. C'est à dire un objet ayant un fort lien avec le héros que l'on voulait invoquer. Toutefois, celui que Rin devait hériter de son père (la mue du premier serpent, capable de servir à la convocation du roi Gilgamesh d'Uruk) avait été détruit. Heureusement, cela n'interdisait pas le rituel. Le Trône des Héros leur... lieu de résidence dans l'après-vie était aussi une entité intelligente. Sans catalyseur, elle (puisque "le" Trône parlait d'une voix féminine) choisissait le Servant le plus apte à s'entendre avec le Master qui l'invoquait.

Rin, vibrante d'énergie, contrôla son pouls. Il lui fallait se calmer. Un nombre effarant de choses intervenait dans la réussite du rituel. L'état d'esprit, les pensées, la prononciation exact de l'incantation, l'heure de la journée... L'adolescente tourna le regard vers une petite pendule posée sur la table de son atelier. Une heure du matin ! Parfait.  Demain c'était la pleine lune, l'astre nocturne serait au maximum de sa puissance.  Tout se présentait parfaitement au mieux.
Rin ouvrit la main pour compter les pierres précieuses, certaines de ses gemmes les plus puissantes. Les Tohsaka pratiquaient la magie des joyaux, enfermant leur énergie magique dans des gemmes d'une grande pureté pour relâcher instantanément des sortilèges de niveaux A +.  Deux petites émeraudes, deux saphirs, un rubis , plus que suffisant !
Elle leva la main au-dessus du pentacle :
- Par les éléments : argent et fer. Les fondations : pierre et archiduc des pactes. Et, pour mon grand maître Shvinorg.
Les pierres précieuses dans sa main devinrent liquides, tombant goutes à gouttes sur le pentacle, coulant sur les figures complexes qui s'illuminèrent soudain d'une clarté bleu-blanc.
- Ferme les quatre portes. Viens depuis la couronne et suis le chemin fourchu qui conduit au royaume.
Le cercle vira au vert tandis que les gemmes liquides continuaient à s'écouler du poing de la magus vers les symboles.
- Remplis. Remplis. Remplis. Remplis. Remplis. Répète cinq fois, et à chaque fois qu'un est remplis, détruits-le.
Le pentacle vira à l'orange et se dédoubla. Tandis que le cercle purement physique restait au sol, une version immatérielle commença à s'élever.
- Écoute mes mots. Ma volonté crée ton corps, et ton épée crée ma destinée. Si tu entends l'appel du Graal et obéis à ma volonté,  alors réponds-moi. Je jure que je serais tout le bien en ce monde. Et que je détruirais tout le mal en ce monde.
Un vent venu d'un autre monde s'éleva autour de la jeune magus, tandis que des étincelles apparaissaient dans la pièce.
- Les sept cieux sont enveloppés dans ces mots de pouvoir. Pas le cercle de lien, viens à moi gardien de la balance !
Il y eut un violent bruit d'explosion et l'air se souleva chargé de fumée et de papiers en suspensions. Lorsque la commotion se fut un peu apaisée... Rin Tohsaka avait disparue.

Essayons de comprendre ce qui venait de mal tourner. Un cercle d'invocation est... disons une porte que franchit un Servant pour se matérialiser. Une porte est à double sens. Si quelqu'un peut entrer, cela veut dire que quelqu'un peut sortir. Bien sûr, le Graal n'a normalement pas assez d'énergie pour téléporter physiquement un individu ailleurs, sans compter qu'il existe de nombreuses protections pour éviter que l'invocation tourne mal.
Le mot clef dans tout ce que je viens de dire est "normalement";
Le Graal surchargé et corrompu de Fuyuki ne fonctionnait plus comme il le devait.
De plus, lorsque Rin ouvrit la boite contenant les instructions de son père pour le rituel d'invocation, elle eut deux mauvaises surprises. La première était que le catalyseur était brisé... et, Rin l'avait oublié, un sortilège venait d'avancer toutes les pendules d'une heure dans sa maison.
Ce qui veut dire que le rituel n'avait pas été exécuté correctement et que la porte d'invocation ne pouvait être stable.
Même si tout cela suffisait amplement à provoquer un résultat non désiré et potentiellement affreux, la raison principale de la disparition de Rin ne se trouvait pas en ce monde.
La porte d'entrée ouverte, le sortilège déformé par cette cascade de circonstances se chercha une porte de sortie afin d'établir un passage de transfert.
Or, un autre Graal venait de chercher Artoria Pendragon sur Terre et de l'emmener à Nirn en piratant un cercle conçu pour matérialiser une entité d'un autre monde. Contrairement à ce que la sagesse populaire enseigne, la foudre a plus de chance de tomber deux fois au même endroit, qu'en deux points distincts... parce que le premier éclair a créé un canal ionisé qui est successible d'être suivi par l'électricité. Pour la magie, c'est pareil.  Lorsque Lorasha Abal activa son sortilège, elle découvrit pour la seconde fois une adolescente nue dans son cercle d'invocation.
- Non, ce n'est pas vrai, pas deux fois !

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Message par Anaxagore le Dim 31 Mar - 20:26

Mention légal : je ne possède pas les droits légaux des jeux de la licence Fate, pas plus que ceux tirés de la License The Elder Scroll.
Il s'agit d'une fiction qui m'est venue à l'esprit en essayant de recréer Artoria Pendragon sur le moteur de jeu de Tes IV : Skyrim.

Et puis envoyer la femme au cœur de dragon prendre la place du Dragonborn de Skyrim fait sens, non ?

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Message par Anaxagore le Mar 2 Avr - 14:08

---Vifazur, 17e jour, 4E 201---

Lorasha Abal et Artoria regardèrent la jeune fille qui venait de se matérialiser. En retour, cette dernière balaya la salle du regard puis...
- IAAAAAAAAAAA !!!
Le cri perçant déchira les oreilles des deux femmes qui firent machinalement un pas en arrière. Rin Toshaka venait de réaliser qu'elle ne portait pas de vêtements  et se recroquevillait à présent, les mains cachant les endroits stratégiques.
Puis, elle releva le front, coulant un regard furibond en direction de l'Aldmer et du Roi des Chevaliers, bien que les magnifiques yeux aigues-marines de la japonaise soient  noyés de larmes.
-  POURQUOI ?!
Qu'est-ce qui avait mal tourné ? Comment pouvait-elle se retrouver.... où d'ailleurs ? Alors que son esprit cherchait la réponse, l'évidence la frappa avec la force d'un bulldozer. Hier, son réveil l'avait réveillé une heure trop tôt... elle l'avait complètement oublié. En tant que génie de la magie, Rin ne pouvait ignorer qu'un rituel réalisé au mauvais moment se trouvait placé sous des influences astrologiques et angéologiques différentes de celles prévues par son fonctionnement normal.
-  Enfer ! Damnation !  Je suis stupide !
L'envie de passer sa frustration sur le premier objet innocent venu ne trouva aucun exécutoire vu l'état de dénuement dans lequel elle se trouvait. Tokiomi, son père lui avait sans doute concocté ce petit piège avant sa mort. Il n'avait jamais toléré la moindre faiblesse chez elle.
- Je me suis encore plantée, se plaignit-elle en maltraitant ses cheveux dans sa frustration. " Pourquoi m'avoir préparé cette épreuve, père ?"
En l'occurrence, Tokiomi n'avait probablement pas imaginé les conséquences de son sortilège...   Ordinairement, Rin se serait juste retrouvé avec un Servant mal invoqué. La jeune magus cessa de grogner pour se retourner vers les deux femmes :
- Où je suis ?
- Dans une grotte à l'ouest de la Pierre de Shor.
- La Pierre de...
- Près de Faillaise, dans la châtellerie de la Brèche.
- ...
- En Bordeciel.
- ...
- Bordeciel est un pays au nord du continent de Tamriel.... sur le monde de Nirn.
Rin se demanda un instant si on se moquait d'elle. Cependant, la femme qui lui parlait mesurait près de deux mètres de haut, maigre comme un piquet, sa peau dorée et ses oreilles pointues, la structure du visage. Clairement, il ne s'agissait pas d'une humaine. Alors pourquoi parlait-elle japonais. Non... elle ne parlait pas cette langue. Rin réalisa que, depuis son arrivée, c'est elle qui parlait une autre langue.
-  Vous n'êtes pas de Nirn. Donc, j'ai réussi à invoquer un être des Royaumes Extérieurs, vous êtes un daedra de Sanghin ?
Surprise, Rin s'aperçu que quelque chose en elle "traduisait" les propos de l'invocatrice. Les daedras (Littéralement " Ceux qui ne sont pas nos Ancêtres") étaient des sortes de démons venus des plans d'Oblivion et Sanghin était... le prince de la débauche et du vice.  La sorcière qui l'avait malencontreusement invoquée la prenait pour un succube !
Focalisée sur Lorasha Abal, avait complètement négligée la petite femme plus ordinaire, à ses côtés. Ce fut elle qui intervient.
- Vous faites fausse route, Aldmer.  Tout comme moi, elle est humaine.
Lorasha se retourna.
- C'est impossible, ce cercle est prévu pour convoquer des êtres des Royaumes Extérieurs !
- Et pourtant je suis bien humaine.
Se tournant vers la Japonaise, la jeune fille blonde s'inclina avec grâce.
- Permettez que je me présente. Mon nom est Artoria Pendragon, je suis chevalier. Mon arrivée vous a précédé de peu. Comme vous je suis venue par ce cercle. Puis-je vous demander votre nom ?
Rin se sentit involontairement sourire, conquise par la beauté calme de cette femme aux cheveux comme de l'or, à la peau d'ivoire et aux surprenants yeux d'émeraudes.
- Je m'appelle Rin Toshaka je suis...
"Akaviroise" lui suggéra une voix intérieure, alors que les marques de commandement sur sa main se mettaient à la brûler comme s'ils venaient d'être appliqués au fer rouge. Les marques de commandement étaient l'origine de l'autorité d'un Master de la Guerre du Saint Graal, leur lien avec la coupe magique. Ce n'était que lorsque l'on recevait le tatouage rouge que l'on savait avoir été choisi comme un Master. Composé de trois signes, chacun pouvait se transformer en ordre absolu pour un servant. Toutefois, ils étaient à usage uniques. Le dernier disparu, le Master perdait tout droit de participer à la guerre. Alors que la connaissance d'un continent loin à l'est de Tamriel se déversait dans son esprit, Rin déglutit. La réaction des marques de commandement, les connaissances qu'elle recevait...  Tout cela ne pouvait qu'être l'œuvre du Saint Graal !  Elle se secoua.
- Je viens d'Akavir, du royaume de Tsaesci.
L'Aldmer... une de ces hautes-elfes natifs de l'archipel d'Alinor, au sud du continent de Tamriel, afficha une expression déçue.  Visiblement invoqué des humains, même de contrée lointaine et pratiquement mythique, ne l'intéressait pas. Voyant que Rin tremblait de froid, Lorasha lui jeta une robe noire semblable à celle qu'elle portait.  
- Prenez des vivres et des armes.  Partez d'ici, vous gênez mes recherches.


Les deux jeunes femmes sortirent de la grotte pour trouver un paysage magnifique. Elles se tenaient sur un affleurement rocheux où passait un sentier qui en rejoignait un autre plus important, orienté est-ouest. Artoria vit un cerf disparaître entre les  bouleaux aux feuilles jaunis et les pins de la forêt. Des montagnes de tout côté, sous un ciel bleu traversé de nuages, le soleil hivernal brillait faiblement et le vent froid faisait les brindilles.
Rin, qui s'était tourné vers l'est, poussa un cri de stupeur. Si elle doutait encore de se trouver sur un autre monde, le soupçon ne survécu pas à la vision deS luneS de Nirn. Bien que le jour soit levé, on pouvait voir Masser,  en phase gibbeuse ascendante - monstre rouge d'au moins six fois la taille de la Lune - et Secunda, réduite à un mince croissant.
- Venez Rin, il nous faut atteindre une agglomération. Nous n'avons pas beaucoup de vivres. La faim est le premier ennemi.
Alors qu'elles descendaient la pente vers l'est, au milieu des broussailles et des fougères, Rin regarda les fleurs bleues que butinaient des papillons jaunes.  La vie manquait d'imagination ou bien les plantes venaient-elle de la terre ? En tout cas, rien ne la choquait dans ce qu'elle voyait.
- Vous ne venez pas de Hauteroche, n'est-ce pas ?
Artoria secoua la tête en entendant la question de Rin.
- Non, je pense que nous venons du même monde.
Elles parlèrent pendant une dizaine de minutes, tout en cheminant. Les connaissances géographiques et historiques d'Artoria étaient limitées. Toutefois, Rin finit par acquiescer.
- La Bretagne que vous venez de mentionner c'est l'actuelle Angleterre. Artoria Pendragon... seriez-vous apparentée au roi Arthur ?
Regardant le blond chevalier qui marchait à ses côtés, Rin vit une légère crispation de ses lèvres.
- Vous avez entendu parler d'Arthur ?
- Oui, bien sûr. La Table Ronde, les chevaliers, le Graal, c'est un des plus grand héros de l'histoire. Quinze siècles après sa mort, prenez n'importe qui dans une rue et demandez lui qui est le roi Arthur, on vous répondra la même chose. Sa légende est encore source d'inspiration et de courage.
- Un roi incapable de comprendre son peuple, au point qu'il se révolte contre lui n'en mérite pas tant.
La véhémence d'Artoria surprit Rin. La colère du chevalier et son amertume lui fit batte des paupières. Alors qu'elle se demandait encore quoi répondre,  la blonde jeune femme eut un geste de la main.
- Vous n'y êtes pour rien, Rin. Il y a juste que vous parlez de choses que vous ne connaissez pas.
- Le roi Arthur était un mauvais roi ?
- Pour vous, un bon roi détruit son royaume ?  Guenivere ne serait pas allé chercher du réconfort dans les bras de Lancelot si le roi lui avait montré l'attention qu'elle méritait. Ce n'était pas non plus un bon père.  Il a poussé son fils au désespoir. Quant à ses quêtes glorieuses, elles ont coûté la vie à de nombreux chevaliers braves et dévoué et pour quoi ? Nous n'avons jamais trouvé le Graal.
Les deux femmes poursuivirent leur route jusqu'à une mare, faisant fuir le cervidé qu'Artoria avait vu un peu plus tôt. La bête disparut en bramant. Tandis que le chevalier inspectait l'étendue d'eau à la recherche d'un gué, peu désireuse de mettre les pieds dans l'eau recouverte de brumes stagnante. Rin se frictionna les bras en claquant des dents. Il faisait vraiment froid et la Japonaise se plaignit de ne porter qu'une robe grossière... et pas de sous-vêtements. Après une bonne demi-heure à avancer parmi les fougères et buissons, Artoria s'immobilisa en entendant  le hurlement d'un loup.  Aucune armure et pour toutes armes, une dague de fer et une cognée de bûcheron, le roi des chevaliers se mit en garde. On dit que les loups n'attaquent pas l'homme... celui-ci se ramassa en grognant et bondit. Rin poussait un petit cri de surprise et voulut jeter un sort. Toutefois, tout se termina en instant.  Artoria avait bougé avec prestesse, devançant le loup qui se catapultait vers elle.
La hache frappa derrière le cou. L'animal poussa un cri plaintif, plaqué au sol par la force du coup. Le bruit d'os brisé  ne laissait aucun doute, Artoria lui avait proprement sectionné la colonne vertébrale.
- Impressionnant.
- Vous trouvez, c'est juste un loup affamé.  Pas un adversaire digne d'un chevalier.
La fierté d'Artoria en disait long sur ce qu'elle pensait de ses compétences martiales.
Au bas de la colline, les filles découvrirent une route pavée, à peu près sur un axe nord sud. Trois masures de bois au toit de chaume se trouvaient de part et d'autre de l'ancienne voie.  Quelques personnes vêtues de vêtements usés s'attroupaient autour d'un feu de camp, ils avaient l'air humain. Sur Terre, on les aurait qualifiés comme de "type européen".  Il y avait deux gardes qui arpentaient la section de la voie empierrée qui servait de rue. Ils portaient des armures matelassées, avec des renforts de mailles, le tout recouvert d'un plaid violet qu'ils s'enroulent autour du torse. Leur visage restait invisible derrière leur heaume conique marqué de trous pour les yeux. Au bras, un bouclier peint en violet ornés de deux épées croisées, l'emblème de la châtellerie de la Brèche. L'un avait une épée au côté et l'autre une hache, toute deux de mauvaise facture.  Quant aux arcs passés en sautoir, il s'agissait d'armes de chasse plus indiqué pour le tir sur le petit gibier que sur les brigands.
Après des années sur le champ de bataille, le Roi des Chevaliers pouvait se vanter de pouvoir juger en un instant de la valeur d'un combattant. Ces gardes valaient à peine mieux qu'une milice de paysans armés de fourches.
L'une des baraques, à gauche de la route se trouvait signalée par une enseigne représentant une enclume et des outils de forgeron. Artoria monta quelques marches pour parler au vieil homme barbu aux longs cheveux gris qui actionnait le soufflet de forge.  Ce dernier se retourna sur l'arrivante pour la regarder de bas en haut.
- J'espère que vous n'êtes pas venu pour travailler à la mine.  - Quel est le problème avec la mine ? - Elle grouille d'araignée, voilà le problème. Grogmar et moi avons bien failli y passer ! Artoria fronça légèrement les sourcils.
- Et les gardes ne veulent pas vous aider.
Il ne s'agissait pas d'une question et le forgeron le comprit bien. - Ils ont dis quelque chose comme : " Il faut surveiller l'arrivée éventuelle de soldats ennemis". A quoi ça sert si la mine ne produit plus, les idiots. J'ai peur que les araignées finissent par sortir de la mine pour trouver à manger.  - Si vous voulez, je peux m'occuper de ces araignées ! - Je vais vous dire, si vous tenez parole, je vous donnerais tout ce que je peux grappiller ici ou là. - Parlez-moi des araignées, décrivez-les moi. - Ce sont des givrepeires, des araignées de Bordeciel qui ont un venin glacées. Elles ont à peu près cette taille là. Le forgeron écarta les bras  presque au maximum. - Je crois qu'il y en a quatre ou cinq.
Artoria acquiesça - Je reviens. - Faites attention dans la mine, je ne veux pas être tenu pour responsable de votre mort. Rin se pressa pour rattraper sa nouvelle amie qui marchait vers l'entrée de la mine de Ventrerouge.
- Je n'en reviens pas de la facilité avec vous acceptez les requêtes de parfaits inconnus.
- Un chevalier de la Table Ronde, ne refuse jamais d'aider des gens en danger. Les araignées les empêchent de travailler et de nourrir leurs familles. Et si elles sortent...
La jeune fille blonde laissa le reste de la sentence en suspens. Il n'y avait aucun besoin d'insister. Après avoir expliqué au garde qui surveillait la mine que le forgeron l'avait engagé pour tuer les araignées, Artoria se retourna vers Rin.
- Restez ici, j'en aurais vite fini.
- Je viens.
Les deux jeunes femmes s'affrontèrent du regard. Bien qu'Artoria ne la connaisse que depuis quelques heures, cela lui avait suffit pour comprendre qu'obstiné ne pouvait suffire à qualifier Rin.
- Soit, restez derrière moi. Vous me couvrirez.
L'intérieur était un puits creusé dans la roche et tendu de passerelles de bois grinçant. D'énormes toiles d'araignées retenaient des cocons où l'on discernait d'énormes rats prisonniers. Comme les deux jeunes filles avançaient sur un pont suspendu au-dessus du vide, des bruits affreux de pattes firent frissonner Rin, qui n'en menait pas large. Puis elles sortirent de la brume rouge qui emplissait la vaste caverne artificielle : immondes avec leurs corps rouge et noir, leurs crocs dégoulinants de venin, leurs yeux en grappes et leurs  multiples  pattes. Rin ouvrit le feu : "Gandr". Un projectile noir jaillit de sa main, puis un autre. Trois fois en tout. Les abjectes araignées s'arrêtèrent. Un trio venait de tomber, toutes celles qui se trouvaient en haut de la mine.
- Tu joues à la morte ? Gentille araignée.
Artoria se jeta en avant toujours armée d'une cognée de bûcheron. Une araignée frappée, cessa de bouger. Elle continua en avant, descendant en courant le plan incliné jusqu' au fond de la mine.  Deux autres araignées se trouvaient au fond et elle les élimina si rapidement, qu'aucune n'eut seulement le temps de l'attaquer. Elles revinrent voir le forgeron qui les considéra avec de grands yeux, après tout les jeunes femmes n'avaient été absente que quelques minutes. " Vous les avez tuées toutes ?! Mais c'est incroyable. Enfin, on va pouvoir remettre La Pierre de Shor sur les Cartes."
La récompense représentait sans doute une fortune, cinq cent pièces d'or frappé côté pile d'un dragon et côté face du portrait de l'empereur "Titus Médée II". Le forgeron rajouta une robe verte et une chemise blanche pour Artoria ainsi qu'une potion de soins.
La plus grande partie de la récompense servit cependant à acheter une armure de fer au jeune chevalier, un bouclier circulaire et un fauchon, les épées étant trop chère.
Les négociations pour les prix furent cependant interrompues par un gargouillement affamé qui attira à Artoria les regards de Rin et du forgeron. En effet, bien que le roi de Bretagne fasse mine de ne rien voir, la légère teinte rose de ses pommettes jurait avec son innocence affichée.
- Je crois que nous devrions trouver quelque chose à manger, insinua Rin avec un sourire tors.
Artoria réussit à garder contenance, répondant d'une voix ferme, toutefois la perspective illumina son regard :
- En effet, aucune armée ne combat le ventre vide.
- Si cela ne vous dérange pas de partager le repas des mineurs, ils en seront ravis, affirma le forgeron.

 Le forgeron leur conseilla de se rendre à Faillaise au Sud si elles voulaient des provisions pour la route. Mais surtout, il leur faudrait éviter le vieux fort impérial sur la route. Des brigands l'occupaient et ils étaient assez nombreux et bien armés pour que le jarl hésite à les attaquer.  Après avoir quitté la Pierre de Shor, les jeunes filles contournèrent largement le fort de Tiremuraille sans se faire voir de ses habitants. En fin d'après midi, la  route escalada une pente raide passant entre deux plateaux de pierre. Une tour de guet en bois s'élevait au tournant de la voie empierrée et deux autres l'encadraient, dressées sur les dites formations rocheuses. L'endroit était patrouillé par les gardes de la Brèche, probablement pour empêcher les brigands de fort Tiremuraille de s'approcher de la ville de Faillaise. Cette dernière leur apparue au sommet du raidillon. Les habitants de la Pierre de Shor en parlaient comme de la capitale de la Châtellerie. Toutefois, ses murailles basses et écrêtées par le temps n'entouraient qu'un périmètre réduit. Artoria secoua la tête agacée. Le rempart n'avait même pas de tour et seul le corps de  garde au-dessus de la porte se garnissait d'archères.  En trois jours, constamment attaquée par les saxons, elle avait mieux fortifiée La Colline de Badon.
L'un des gardes de l'entrée voulut leur faire payer une "taxe de séjours". Toutefois, Artoria avait la compétence "charisme" (rang B). Il lui suffit de l'interpeler pour qu'il reconnaisse avoir cherché à l'escroquer.. Le second garde déverrouilla la porte et s'adressa aux jeunes filles avec ironie : " Bienvenue à Faillaise, fief de la guilde des voleurs. Enfin, ça, c'est ce qu'ils voudraient vous faire croire. Mais ils ne sont que de la vermine qui grouille à la Souricière. "  La ville de Faillaise a sans doute été belle... autrefois. Une cité du négoce et du commerce. Entièrement édifiée autour de canaux emplis d'une eau sale, la ville a lentement pourrie, attaquée par l'humidité. Les habitants leur apparurent comme furtifs et à l'écoute des conversations, elles n'entendirent que des récriminations, des histoires d'argent perdu, de dettes.  Entrée dans une échoppe au nom amusant de "La crevette sauteuse", Artoria discuta avec le tenancier des lieux tout en achetant nourriture et vêtements. Lorsqu'elle lui demanda ce qui n'allait pas en ville, le vieil homme s'agita :
" Qu'est-ce qui ne va pas à Faillaise ? Il faudrait plutôt demander ce qui va ! Toute la ville est corrompue !" Rin s'avança : " Vous pourriez demander l'aide des autorités. " - Vous n'avez rien écouté de ce que j'ai dit ? Toute la ville est corrompue, même les gardes. Non, la seule façon de s'en sortir ici c'est de faire profil bas et de donner de l'argent aux bonnes personnes. Suivez mon conseil, cette nuit dormez dans l'auberge  "Le dard de l'abeille", ni " la cruche percée", ni "Le dortoir" ne sont faits pour deux jeunes filles comme vous. Rester à l'intérieur une fois la nuit tombée. Et quittez la ville demain, avant que quelqu'un de mal intentionné ne s'intéresse à vous. "Le Dard de l'abeille" l'auberge indiquée par le négociant était claire et propre, avec un barde jouant au milieu de la grande salle. Les tenanciers étaient un couple d'Argoniens.
Artoria réussit à masquer sa surprise en découvrant les deux reptiles intelligents. Ils lui paraissaient incroyablement étranges. La connexion avec le Graal se révéla une nouvelle fois utile lorsque la coupe sacrée lui résuma l'histoire et la physiologie de ce peuple. Les Argoniens faisaient partis des peuples les plus anciens de Tamriel. Toutefois, la colonisation du continent par les Elfes et les Humains les avaient refoulés dans les Marais Noirs. Une région au sud-est de Cyrodil.
Le mâle leur apporta des boissons qu'il distillait lui-même et un plat de bœuf salé. Salé... parce que cela donnait soif et que les distillations de l'Argonien n'étaient pas précisément bon marché. Le sport local semblait décidément être l'escroquerie...

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Message par Anaxagore le Sam 6 Avr - 14:20

---Vifazur, 18e jour, 4E 201---

Dans l'auberge du "Dard de l'abeille", Artoria fut la première à se réveiller. Elle partageait le lit avec Rin Tohsaka. La jeune femme dormait encore profondément, son visage tourné vers le sien, et le chevalier blond eut un sourire furtif. Les traits reposés, sa nouvelle partenaire ressemblait à un ange... quel contraste avec la langue aiguisée qu'elle avait montré au cours de la journée.
Veillant à ne pas déranger sa nouvelle amie, le Roi des Chevaliers se lava à la bassine d'eau, puis commença à se coiffer. La natte qu'elle enroulait autour de sa tête nécessitait un long travail. Après s'être brossée les cheveux, elle sépara les fils d'or en trois, rejetant une partie sur ses deux épaules. Ensuite, Artoria attacha ce qui retombait encore dans son cou et s'en servit pour former un chignon. Ensuite, elle fit deux tresses qu'elle maintint autour du chignon avec des épingles avant de les nouer ensemble grâce à un ruban acheté la veille.
Le bruit dans l'auberge, où même ses pas sur le plancher grinçant n'avaient toujours pas réveillé Rin. Amusée par la lourdeur de son sommeil, mais aussi un peu agacée, Artoria vint secouer la magus.
Il y eut un grognement suivis de quelques mots inintelligibles.
Artoria soupira et l'appela tout en continuant à lui toucher l'épaule.
- Cinq minutes...
- Non, Rin, nous devons partir au plus vite. Habillez-vous et levez-vous. Nous ne sommes pas en sécurité ici.
Ces quelques mots firent réagir la Japonaise qui se mit enfin séant dans le lit. Toutefois, le regard vitreux avec lequel elle balaya le pauvre mobilier de la pièce pouvait difficilement être qualifié d'alerte.
- Je descends nous commander un petit déjeuner, habillez-vous et lavez-vous. N'ouvrez à personnes.

Lorsque Rin mis enfin les pieds dans la salle principale de l'auberge, le Roi des Chevaliers lui coula un regard indisposé, notant au passage qu'elle aussi s'était aussi mise en veine de coiffure, puisque deux couettes encadraient à présent son visage.
- Rin, vous voilà enfin.
La magus rougit, serrant les poings d'indignation.
- Je n'ai pas l'habitude de me laver dans une bassine. Les Japonais se baignent.
Visiblement, Rin venait de se lever du mauvais pied. Elle regarda les deux écuelles. Celle vide d'Artoria, et la sienne encore pleine.
- Je ne mange pas le matin, Artoria.
La femme chevalier la considéra avec cette expression à la fois stoïque et bienveillante qui semblait comme soudée à son visage.
- Rin, le premier repas de la journée est le plus important. Nous allons devoir marcher et sans doute nous battre, nous ne pouvons le faire le ventre vide. Le courage d'un combattant se trouve dans son estomac.
La voix douce et calme d'Artoria n'admettait tout simplement aucune réplique. De mauvais gré, Rin se laissa tomber sur la chaise face à son amie et commença à manger la soupe paysanne, mélange de divers légumes flottant dans un bouillon maigre. Le Roi des Chevaliers hocha la tête et se pencha en avant.
- Dites-moi, Rin, vous connaissez ce tubercule jaune ? Je n'en ai jamais mangé.
La japonaise s'immobilisa un instant.
- C'est des pommes de terre.
- Des pommes de... terre...
La jeune femme fonça les sourcils, essayant d'imaginer des pommiers souterrains. Rin sourit.
- C'est un légume originaire d'Amérique du Sud... il n'est arrivé en Angleterre qu'après la découverte de...
Elle s'arrêta soudain, se rappelant les deux lunes dans le ciel de Nirn.
- ... mais nous ne sommes pas sur Terre. Je ne comprends rien. Ce monde est si semblable au nôtre pourtant. Et pourtant si différent...
Elle se tourna vers la tenancière argonniènne. Elle avait vraiment une tête de lézard, une peau couverte d'écaille vertes et sous sa jupe une queue faisait des mouvements médullaires lorsqu'elle marchait. Il y avait aussi les elfes, les orques... et les givrepeires.
- Vous vous rappelez les papillons jaunes qui nous avons vu butiner les fleurs des champs. Vous en avez déjà vu de semblable ?
Artoria ne répondit rien se contentant d'écouter, d'ailleurs Rin n'attendais pas de réplique. La jeune japonaise se frotta le menton d'un air pensif.
- Je crois qu'il s'agit de monarques, des papillons d'Amérique du nord.
- Où voulez-vous en venir, Rin ?
- Nulle part, en fait. Je trouve juste que trop de choses me semblent familières autour de nous. Alors que nous sommes dans un monde étranger. J'ai l'impression d'une anomalie. Sinon, vous avez un plan d'action ?
Le Roi des Chevaliers acquiesça avec sa dignité habituelle.
- Nous allons chasser des bandits.
- Pardon... je croyais que nous devions éviter les risques inutiles.
- Certes, mais nous avons besoin de la prime pour compléter notre équipement et louer les services d'une charrette qui nous conduira à une ville plus hospitalière. L'alternative est de marcher des centaines de kilomètres en pleine guerre civile, avec des bandits qui coupent les routes et des bêtes sauvages qui attaquent l'homme.
- Je vois, dis comme ça...

Les deux jeunes femmes sortirent par la porte sud-est de Faillaise. Pendant qu'elles longeaient la muraille, Artoria expliqua que la propriétaire du "Dard de l'abeille" lui avait remis un tract signé par Anuriel, le chambellan du jarl Laila Juste-Loi. Il s'agissait d'une demande destinée à " tous les hommes et les femmes de Faillaisaise, habile au métier des armes" mettant à prix la tête d'Hareld, du chef des bandits qui se terrent dans leur repaire du "Creux du Casque Brisé". Ces derniers attaquant, pillant et tuant les innocents voyageurs qui font route entre Faillaise et la frontière de Morrowind.
Rin jeta un regard surpris au Roi de Bretagne.
- C'est la première fois que vous vous montrez autant de véhémence, vous semblez détester les brigands. Enfin, c'est logique. Des charognards qui attaquent en nombre des gens peu armés et non entraînés au combat, pour les voler. On ne fait pas moins chevaleresque.
Artoria hocha la tête.
- Il y a beaucoup de cela. Mais aussi, en Bretagne les routes sont considérées comme appartenant au roi. Ceux qui y circulent sont donc ses hôtes. L'hospitalité étant sacrée, s'en prendre aux voyageurs revient à humilier le souverain de Bretagne.
Les yeux de Rin s'étrécirent, un de ses sourires démoniaques et peu rassurant fleurit sur ses lèvres.
- Je croyais que vous n'aimiez pas le roi Arthur.
Artoria soupira.
- Rin, nous voyageons ensemble. En tant que chevalier, mon devoir est de venir en aide à une damoiselle en détresse. Toutefois, rien de tout cela ne vous donne le droit de me poser des questions personnelles.
La magus écarquilla les yeux surprise par la répartie du chevalier.
- Je m'excuse... je n'avais pas l'intention de vous manquer de respect.
- Tant que vous vous en souvenez. À mon tour de vous poser une question. Pourquoi voulez-vous participer à la Guerre du Saint Graal ? Quel vœu vous importe tant que vous risquiez votre vie pour lui.
- Hein ? Non...
Rin se gratta la joue, soudain gênée.
- Je n'ai pas de souhait... je voulais juste montrer que je suis le meilleur des magi.
Artoria s'arrêta et se retourna pour dévisager son amie. Ses traits semblaient de marbre.
- Damoiselle Tohsaka, je pensais que vous étiez une jeune femme intelligente. Il me peine de constater ma méprise. La guerre n'est pas un jeu. Mon pays souffre depuis bien avant ma naissance. J'ai abandonné les joies de mon sexe pour me vêtir de fer et combattre par l'épée. Tenez pour assuré que le conflit transforme les gens en assassins ou en cadavre. Vous le comprendrez la première fois que vous vous tiendrez au milieu de vos amis et de vos ennemis, à jamais figé par l'étreinte de la mort.
Rin accusa lourdement les reproches d'Artoria. L'amertume dans la voix du chevalier l'empêcha de se sentir offusqué. Elle parlait évidemment par expérience.
La jeune japonaise revécut ce matin gris devant les grilles de la résidence Tohsaka. Son père qui lui remettait un livre de magie avant de s'éloigner. Elle était restée à fixer le dos de Tokiomi jusqu'à ce qu'il disparaisse. Elle n'avait que huit ans, alors. Pourtant, au fond d'elle, Rin avait senti qu'il ne reviendrait pas.
Tokiomi Tohsaka mourut au cours de la quatrième Guerre du Saint Graal. Pire, Aoi Tohsaka, sa mère, avait été agressée et étranglée... Elle survécut - quelques années - mais l'interruption de l'oxygénation du cerveau la laissa tétraplégique et privée de sa mémoire à court terme.
La guerre l'avait laissé orpheline, et ruiné sa famille qui perdit par la suite la plupart de ses propriétés à cause de la mauvaise gestion de son gardien.
Comment pouvait-elle rétorquer quoi que ce soit au chevalier qui veillait sur elle ? Tout ce qu'elle avait dit, Rin le savait... La magus avait juste choisi de l'ignorer.
La suite du voyage fut presque sans histoire. Un duo de bandit chercha à les rançonner... ils n'y survécurent pas. Leur équipement ne payait guère de mine. Toutefois, Artoria prit pour elle une épée d'acier, donnant son fauchon à Rin.

Le repaire de bandit connu sous le nom de Creux du Casque Brisé se trouvait à mi-chemin entre la ville de Faillaise et la frontière de Morrowind, le royaume des Elfes Noirs, à l'est de Bordeciel.
Il s'agissait d'une caverne naturelle en haut d'une colline. Une porte grossière empêchait le vent glacial qui tombait des monts Velothi de s'engouffrer dans le couloir naturel qui conduisait à la caverne principale. Cette dernière offrait un luxe spartiate. Autour d'un simple feu de camp, deux hors-la-loi dormaient dans des sacs de couchage en fourrure. Les fruits de leurs rapines : vieux meubles, tonneaux, caisses, armes rouillées s'entassaient au hasard.
Hareld, le chef des brigands, dormait sur une corniche au-dessus de ses comparses. La tête au pied du coffre - piégé- où il entassait son maigre butin. Les trois hommes dormaient du sommeil du juste (ou presque). Après tout deux des leurs gardaient l'entrée. Et qui entrerait volontairement les chercher ?
- Au nom du jarl Laila Juste-Loi, je vous somme de vous rendre et de m'accompagner à Faillaise où vous serez déferrés devant la justice de la châtellerie !
Les trois brigands s'ébrouèrent avant de regarder, stupéfaits, les deux individus qui venaient de faire irruption dans leur domaine.
- Ne gardez pas votre langue comme morte dans votre bouche. Si vous ne me signifiez pas votre soumission, j'exercerais mon droit de justice en ce lieu.
Remis de sa surprise, Hareld désigna les deux intruses.
- Capturez-moi ces idiots, on va s'amuser.
Les deux brigands s'emparèrent des armes grossières qui reposaient à leur côté et se ruèrent en avant. Rin Tohsaka leva un bras : "Gandr". Trois projectiles d'énergie noire filèrent de sa main, frappant le bandit de gauche qui périt presque instantanément. Son camarade, un Elfe des Bois barbu asséna un coup de sa masse d'arme à Artoria, mais celle-ci para sans difficulté. Profitant que son ennemi s'était découvert, elle plongea son épée d'acier dans sa hanche. Le Bosmer hurla de douleur et de terreur, tombant à genoux. Il voulut parler, relevant des yeux suppliants vers son vainqueur. Toutefois, il se heurta à un regard sans pitié. La lame du chevalier l'envoya bouler au sol, où il se retrouva prostré au milieu d'une flaque de sang s'élargissant.
Hareld, un colosse en armure de fer rouillée, à la barbe hirsute et coiffé d'un casque à corne, ressemblait au parangon du brigand grossier et brutal. Il ne faisait aucun doute qu'il devait sa position au fait qu'il avait la plus grosse... épée (j'ai dit épée !). Cet espadon d'acier était un instrument grossier et lourd, pourtant il la maniait comme un jouet d'enfant.
- Raclure de sorcière, positionna-t-il en direction de Tohsaka, un vrai Nordique ne craint pas tes tours vient me voir fillette, que je te montre ce qu'est un homme, un vrai.
- Un vrai homme ? J'ignorais jusque là qu'un assassin de femmes et d'enfants appartienne à cette catégorie.
- Peuh, vient m'affronter gamin, et je te montrerais !
- Si c'est un défi, je l'accepte. Je suis Artoria Pendragon, chevalier de la Table Ronde. Et je suis une femme ! Rin, c'est un duel, n'intervenez pas !
Hareld se rua en avant avec un gros rire.
L'espadon frappa avec violence, faisant résonner le bouclier d'Artoria. L'adolescente chancela sous le choc et recula de deux pas pour ne pas trébucher. Les échanges suivants ne firent que qu'accentuer la différence de puissance entre les deux combattants. Certes, le Roi des Chevaliers pouvait amplifier sa force en puisant dans son cœur de dragon. Toutefois, son corps n'avait...qu'une journée. Il ne s'agissait pas de celui - rompu au combat - du légendaire roi Arthur. Juste celui de l'écuyer de sire Kay, avant qu'elle ne trouve l'Épée dans la Pierre.
Artoria multiplia les attaques sous divers angles, reculant, bouclier levé, entre chaque assaut. Elle commençait à haleter. Son égide ressemblait à présent à une ruine alors que son bras gauche l'élançait.
En face, Hareld avait reçu plusieurs coups et du sang s'écoulait sur sa jambe gauche. Toutefois, il attaqua sans paraître incommodé. L'énorme espadon frappa derechef...
Il y eut un fracas tandis que sa protection se désintégrait en morceaux de fer tordu et bois brisé.
- Tu sais fillette, si tu le demandes gentiment on pourrait régler ça dans ma couche !
Artoria essuya le sang qui ruisselait de son arcade sourcilière fendue et empoigna son épée à deux mains.
- Je refuse !
- Pas grave, ta copine payera pour vous deux.
Il se rua en avant et lança en avant sa lame... Qui siffla dans le vide. Hareld ouvrit de grands yeux. L'adolescente s'était évaporée. Il hurla de douleur alors que la lame du chevalier le transperçait au défaut de l'armure. Il se pencha, crachant du sang. Artoria le considérait d'un regard froid comme la glace.
- Co... Comment ?
- La jeune femme ne répondit pas, posant la main sur le pommeau de son arme, elle poussa, enfonçant la lame dans le cœur du bandit.
En perdant son bouclier, le Roi des Chevaliers avait gagné en vitesse et en rapidité. Le reste reposait sur une simple illusion d'optique et une confiance infaillible dans son instinct de combat. Lorsque Hareld avait abattu sur elle son énorme lame, cette dernière lui masqua la vue l'espace d'un instant. Artoria profita de ce très bref instant pour se jeter de côté.

Les deux femmes fouillèrent la grotte principale, puis le charnier où les corps des victimes des hors-la-loi s'entassaient. Elles ne trouvèrent que quelques armes et pièces d'armures, de la nourriture, un peu d'argent. À part un livre de magie que s'appropria Rin, rien n'avait de valeur.

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Message par Anaxagore le Dim 7 Avr - 15:20

---Vifazur, 19e jour, 4E 201---

La charrette brinquebalait, secouant les deux jeunes femmes assises face-à-face sur les banquettes de bois inconfortable. Rin lisait le livre de magie trouvé au "Creux du casque brisé", mais avait visiblement de la peine à se concentrer au milieu des secousses.
Quant à Artoria, elle regardait le paysage. Le voyage avait été long, plus de vingt heures en fait, en comptant l'arrêt à l'auberge de Helgen pour la nuit.
La route longeait la Rivière Blanche et sur haute colline se dressait Blancherive, l'objectif de leur éreintant périple.
D'après le cocher, Blancherive fut érigée par les Compagnons d'Ysgramor - le héros fondateur de Bordeciel. Jorvask la salle de l'hydromel des Compagnons serait le plus ancien bâtiment de la cité. Il y aurait aussi une querelle entre deux familles, les Grisetoisons et les Guerriers-nés. Pour le reste, il leur avait conseillé de s'adresser au chambellan ou à l'auberge de "La jument Pavoisée".

Tournant sur la droite, le charriot s'immobilisa devant les écuries au bas de la colline. Artoria sauta à terre et offrit son bras à Rin.
- Je vous en prie, damoiselle, laissez-moi vous aider.
Après un bref moment de surprise, la jeune magus sourit.
- Je comprends enfin ce que c'est d'avoir un chevalier-servant !
Remontant la voie empierrée qui conduisait aux portes, le Roi des Chevaliers jeta un coup d'œil aux marchands installés à l'entrée, autour de deux tentes de peau. Il s'agissait de Khajits, d'étranges félins bipèdes qui intriguaient particulièrement Artoria... Toutefois son regard s'étrécis en regardant les dégâts infligés aux remparts. Les murs qui entouraient la cité proprement dite semblaient surtout avoir souffert du gel et du manque d'entretien.
Cependant, la tour qui flanquait la barbacane devait avoir été détruite par des machines de guerre, de même que le mur ouest de celle-ci.
- Ce pays est complètement non préparé à la guerre, siffla-t-elle entre ses dents.
Après avoir franchis un pont-levis et de lourdes portes, elles entrèrent enfin dans Blancherive. Les gardes postées dans le corps de garde ressemblaient de manière frappante à ceux de Faillaise, seul la couleur de leur plaid, vert, et le cheval sur leur bouclier permettait de les différencier.
Quand à la ville, elle s'élevait à flanc de collines, les rues étaient en pentes et reliées par des escaliers.
Suivant Artoria, Rin posa une question qui lui brûlait les lèvres depuis un moment.
Loin d'être stupide, la magus avait parfaitement compris qu'elle ne pourrait revenir sur Terre que renvoyé par le Graal et que ce dernier n'y consentirait qu'une fois éliminé le danger qui menaçait le monde de Nirn. Toutefois, elle commençait à avoir un doute sur l'identité du chevalier qui l'accompagnait.
- Pourquoi recherchez-vous une épée magique qui désignerait un roi ?
Artoria resta silencieuse un moment, et Rin voulut insister, mais le roi de Bretagne la devança.
- Le Graal en a parlé, donc cela doit être important.
Rin arriva presque hors d'haleine au sommet du dernier escalier. Au-delà d'un pont de pierre sous une tonnelle, enjambant un réservoir d'eau, se dressait un haut château de bois qui lui rappelait un peu des photos d'église scandinaves.
Alors voilà à quoi ressemblait Fortdragon? Pendant le voyage, le cocher avait raconté qu'il devait son nom au dragon Numinex que le héros Olaf le Borge avait emprisonné en ces lieux.
Elles franchirent la haute porte pour se retrouver dans une vaste salle du trône aux allures de cathédrale ou de coque de bateau retourné. Les hauts piliers de bois et les arches soutenant le plafond s'ornaient d'entrelacs décoratifs. Un tapis somptueux mais usé couvrait le sol.
Après avoir gravis quelques marches, elles firent face à une fosse à feu où brûlaient d'énormes bûches. De part et d'autres, deux longues tables de banquets se faisaient face, couvertes de vaisselles d'argent.
Le trône s'élevait là, sous un crâne de dragon. Le jarl Balgruuf discutait avec une elfe noire en armure de cuir, à ses côtés, il se tenait entre deux gardes. Debout au pied de l'estrade se tenait un Impérial entre deux âges, ses cheveux châtains ne formant qu'une couronne.
Artoria s'approcha de lui, et s'inclina, une main sur le cœur.
- Je suis Artoria Pendragon, un chevalier en quête. Ais-je l'honneur de m'adresser à Proventus Avenicci, chambellan du jarl.
L'homme eut un sourire involontaire, charmé par les manières de la jeune femme.
- Je suis Proventus, soyez la bienvenue à Fortdragon. En quoi puis-je vous aider ?
- Le cocher qui nous conduisait à Blancherive nous a dit que vosu connaissiez les légendes de Bordeciel.
- Je connais surtout l'histoire de la ville.
- Auriez-vous entendu parler d'une épée rayonnante qui ne pourrait être saisie que par un roi légitime ?
Proventus Avenicci battit des paupières, perplexe.
- En Bordeciel, il n'y a que deux groupes de personnes qui s'intéressent vraiment à des histoires de ce genre. Les premiers sont les mages de Fortdhiver. On ne les voit guère hors de leur académie. De plus, seuls les membres peuvent consulter leur bibliothèque. Vous aurez probablement plus de chance avec les bardes. Ils chantent les légendes de Bordeciel. Allez à la "Jument Pavoisée" place du marché, un barde du nom de Mikael y joue tous les jours. Il pourra peut-être vous renseigner.
Artoria remercia poliment et quitta la salle du trône, traînant une Rin maussade à l'idée de redescendre tout ces escaliers si pénibles à monter.





Le barde de la "Jument pavoisée" jouait du tambourin dans la grande salle de l'auberge. Cette dernière était vaste et éclairée surtout par le feu qui montait de la fosse au milieu de la pièce. Sans cheminée, la fumée stagnait dans la pièce. Le public se résumait à deux nordiques (un homme et une femme) en armures d'acier. La première, la moitié du visage peint en bleu, portait un espadon dans le dos et le second, coiffé d'un casque à corne, s'appuyait sur une énorme hache de bataille. Artoria vint saluer Mikael après qu'il ait achevé de jouer du tambourin. Il écouta attentivement avant d'avouer son ignorance : " Vous savez, j'ai étudié les légendes de Bordeciel et la musique auprès des bardes de solitude mais j'ai fini par partir à cause d'une collègue... enfin de son mari. Bref, je n'ai jamais terminé mes études. Vous devriez vous rendre à Solitude, le collège des bardes à une vaste bibliothèque. Giraud, l'un des professeurs, est un érudit spécialisé dans les légendes. Quant au directeur, Viarmo, il connait très bien l'Edda, le recueil de l'histoire vivante de Bordeciel, constitué par les légendes des Nordiques.

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Message par Anaxagore le Mer 10 Avr - 16:58



---Vifazur, 20e jour, 4E 201---

Rin Toshaka se traina difficilement au bas des marches qui conduisaient à la chambre qu'elle avait occupée. L'odeur qui montait des cuisines mit son estomac à la torture. À une table, Artoria Pendragon constituait une sorte de contradiction. Assis très droite dans sa chaise, la femme chevalier affichait un air royal. Pourtant, elle puisait dans les plats qu'on lui apportait avec précision et rapidité, une écuelle après l'autre. Au point que les autres clients la dévisageaient se demandant sans doute où elle pouvait stocker tout ça.
Comme Saadia, la serveuse repassait devant elle, le Roi des Chevaliers, l'arrêta.
- Auriez-vous l'obligeance de me resservir ?
La jeune rougegarde écarquilla les yeux.
- Encore, mais... d'accord !
Comme Rin saluait son amie et prenait place avant commander à son tour, Saadia retourna en cuisine. L'état de leur finance allait sans doute souffrir, toutefois on ne pouvait l'éviter. Hier, les deux jeunes femmes avaient reçu une prime de cent septims pour avoir éliminer les bandits de la tour de Valtheim.
Ces derniers rançonnaient les voyageurs sur la route est et nuisaient beaucoup au commerce. Les brigands, mal armés, moururent rapidement sous les coups d'épées et les sortilèges. Une fois le combat achevé, Artoria s'appropria l'armure et le bouclier de leur chef, tandis que Rin remplit sa besace de livres trouvés dans leur repaire. Toutefois, même en rajoutant les quelques objets de valeur vendus au marché, leur pécule ne durerait guère, au vu de l'appétit du chevalier.
La porte d'entrée s'ouvrir pour laisser entrer une marchande. Occupée à manger, Rin n'y prêta guère attention. Toutefois, au bout d'un moment, elle s'aperçu qu'Artoria écoutait cette dernière qui discutait avec Hulda, la propriétaire :
- ... j'ai de mauvaises nouvelles. Je suis contrainte d'augmenter le prix de mes marchandises.
Hulda soupira.
- Laissez-moi deviner, c'est la faute des Sombrages ?
La marchande acquiesça.
- Ils attaquent les fermes, les pillent et les brûlent. Si cela continue, je vais me mettre moi aussi à vendre des armes.
Le visage d'Artoria ressemblait à un masque de verre, n'exprimant rien. Toutefois, Rin comprenait qu'aussi impressionnante soit la maîtrise de soi de son amie, elle ne cachait aussi bien que la colère. Elle avait vu la même chose à Faillaise, lorsqu'un vieux Nordique ivre s'en était violement pris au chevalier la traitant d'étrangère qui espionnait pour les Impériaux. Cependant, au bout de quelques injures, il avait fini par se lamenter sur sa fille, une guérisseuse tué par les Impériaux avec tous les blessés qu'elle soignait. Sa nouvelle amie avait écouté sans mot dire, comme en pénitence.
- Je crois qu'il n'ya a pas de guerre sans crimes de guerre, dit doucement Rin.
Artoria acquiesça gravement, puis se tourna vers sa partenaire.
- Vous avez raison, bien sûr. Néanmoins, en l'occurrence, il ne s'agit pas un crime... on a là une stratégie. Saccager les fermes isolées pour semer la terreur et affamer l'ennemi relève d'une méthode de conduite de la guerre. Au-delà de l'efficacité du procédé, l'action reste déshonorante. Il y a pire cependant...
- Pire ?
- Tuer, massacrer, des ennemis héréditaires, cela s'est toujours fait. Toutefois, Bordeciel se voit déchirer par une guerre civile. Ulfric Sombrage attaque d'autres Nordiques.
Rin fronça les sourcils, sans comprendre et Artoria précisa sa pensée :
- Seul un tyran recourt au massacre de ses sujets pour gagner en puissance.

Le jour baissait lentement sur l'horizon, ses rayons rasant éclairaient un paysage à couper le souffle. La Mer des Fantômes miroitait tel un lac d'or en fusion et ses icebergs ressemblaient à des tours de rubis. Entre les marais du Hjaal à l'est et les contreforts des montagnes de Druadach, une arche naturelle enjambait la rivière Karth.
Il y a bien des millénaires de cela, un promontoire, large et plat, devait se dresser face aux flots puissants de ce cours d'eau. L'érosion fit son œuvre, créant un passage dans la falaise. Le fleuve s'y engouffra.
Et puis...
- Prodigieux ! Je ne regrette pas d'avoir fait tout ce chemin.
Artoria sourit de l'enthousiasme de Rin.
Sur le plateau supérieur de l'arche, une ville avait été édifiée. Solitude, la capitale de Bordeciel. Le site spectaculaire permettait de dominer la mer. Surtout, on ne pouvait y accéder que par l'ouest. Ce la n'empêchait pas que des murailles aient été élevé presque tout au long de la ville, ne laissant que l'est sans défense. Le rempart bénéficiait du renfort de nombreuses tours mais aussi- plus étrangement- d'un énorme moulin à vent.
Le Roi des Chevaliers approuva mentalement, enfin une véritable place-forte !
Le cocher se retourna légèrement vers eux.
- Aussi loin que je me souvienne, cette ville a toujours été la capitale de Bordeciel. Les haut-rois ont d'abord été les jarls de Solitude. Quoi d'autre ? On trouve l'académie des bardes et les bureaux de la Compagnie de l'Empire Oriental, dans le port, au pied de l'arche. Ah, et si vous voulez dormir en ville, je vous conseille l'Auberge du "Ragnard pervers". Elle se trouve juste après la grande porte.
Arrivée à une tour de garde solitaire, le cocher tira sur les rênes du cheval de trait. Artoria sauta à terre et se saisit des sacs que lui lança Rin, avant d'aider cette dernière à mettre pied à terre.
Ensemble, elles montèrent le raidillon qui conduisait à la ligne de rempart extérieure barrant la péninsule.
Un garde, vêtu de la même armure qui semblait utilisée partout en Bordeciel, mais drapé d'un plaid rouge et portant un bouclier orné d'une tête de loup, les interpela à la porte :
- Bienvenue à Solitude. Si vous voulez rejoindre la légion, adressez-vous à Rikke à Mornefort.
- Mornefort, s'étonna Rin.
- C'est le château qui renforce la muraille intérieur. Le légat Rikke s'occupe du recrutement des volontaires désireux de rejoindre la Légion IV.
Le garde de Solitude se retourna vers la seconde ligne de murs, renforcée par des tours et des échauguettes, en retrait de celle où il se trouvait posté. Du doigt, il montra un haut donjon où claquait l'étendard impérial.
- Merci.
Comme elles allaient rentrer, le garde lança ironiquement :
- Si vous vous pressez, vous pourrez faire un dernier coucou à Roggvir.
- Qui est Roggvir ?
- Le pauvre gars qui va se faire décapiter.
Comme les deux jeunes femmes ne semblaient toujours pas comprendre, le garde soupira.
- Vous savez que Bordeciel est en pleine guerre civile ? Cette dernière a commencé lorsque le haut-roi Torygg a été assassiné par Ulfric Sombrage, jarl de Vendeaume. Et bien, Ulfric a réussis à s'enfuir parce qu'un garde lui a ouvert une porte. Le garde en question s'appelait Roggvir.
À l'intérieur de la ville, la population s'attroupait pour regarder l'exécution et Artoria s'empressa d'entraîner Rin à l'intérieur de l'auberge du "Ragnard pervers" et lui éviter d'assister à ce spectacle navrant.
Attablés autour du repas du soir, Artoria et Rin virent la porte s'ouvrir pour laisser entrer la foule bruyante de la place. Bien entendu, ils discutaient de l'exécution. Il n'y avait nul besoin de tendre l'oreille pour saisir des fragments de conversation, les débats se faisaient en criant. Si certains se plaignaient du manque de "spectacle", d'autres se lancèrent dans des discussions politiques pour savoir si la mort du roi Torygg était un meurtre. Ou l'aboutissement d'un duel honorable, comme le prétendait Roggvir, l'homme qui venait d'être exécuté.
Artoria se tourna vers le propriétaire de l'auberge.
- Qu'est-ce qu'un Cri ? J'entends depuis mon arrivée que le jarl Ulfric a tué le haut-roi avec un Cri. C'est un pouvoir ?
Le corpulent tenancier impérial posa des choppes sur la table de leur voisin et s'essuya les mains sur son tablier.
- Voilà, autrefois des dragons volaient dans les cieux de Bordeciel. Ils s'affrontaient en utilisant la Voix, des mots de pouvoir en langue draconnique. Puis, la déesse Kynareth donna au mortel la capacité de crier comme des dragons. Les humains se révoltèrent et tuèrent les dragons. Enfin ça, c'est ce que racontent les légendes. Que ça soit vrai ou pas, les cris existent bel et bien. Il y a même des sages, les Grises-barbes qui les étudient. En tout cas, Ulfric est capable de tuer en utilisant ses cordes vocales.
- Merci.
Artoria se rembrunit. À ses côtés Rin leva un sourcil étonné.
- Vous semblez prendre ça particulièrement à cœur.
- Rin, je suis un chevalier. J'ai fait serment de défendre la veuve et l'orphelin, ainsi que tous ceux qui ont subis une injustice. Le jarl Elisif vient de perdre son mari, tué sous ses yeux, sous son propre toit. Un duel ? Un duel présuppose que les deux partis se battent à arme égale. Le jarl Ulfric a clairement recouru à un pouvoir mythique contre lequel le roi Torygg ne pouvait se défendre. Il n'y a pas eu duel, même pas un meurtre... il s'agissait clairement d'une exécution. La conduite du jarl Ulfric a été déshonorante et cruelle.
La fille de Tokiomi Tohsaka se rappela de la folie de sa mère après qu'elle ait vécu quelque chose de semblable. Une vieille colère se réveilla.
- Moi aussi, je suis furieuse. Je comprends ce que doit vivre le jarl Elisif.

---Vifazur, 21e jour, 4E 201---

Peu après le lever du jour, les deux jeunes femmes quittèrent l'auberge pour remonter la rue principale. La ville de Solitude, avec ses belles maisons de pierre de taille, ses rues soigneusement pavées, surclassait de loin, la crasseuse Faillaise et la populeuse Blancherive. Les passants leur indiquèrent le collège des bardes.
Il s'agissait d'un grand bâtiment à un étage avec sa propre cour. Contre les remparts, on voyait même un petit théâtre à ciel ouvert qui devait servir aux représentations des musiciens.
La porte n'étant pas fermée, Artoria la poussa.
Un aldmer coiffé en arrière, avec une longue barbe nouée leur souhaita la bienvenue, se présentant comme Viarmo, le directeur du collège.
Artoria s'inclina avec grâce, nomma Rin avant de donner son propre nom. La jeune femme expliqua ensuite la nature de sa quête. Il existerait une épée magique qui désignerait un roi-sauveur et il lui fallait la trouver.
Le haut-elfe acquiesça.
- Je comprends bien. Giraud, notre historien, devrait pouvoir vous aider. Toutefois, il se trouve que nous avons nous aussi besoin d'un service de quelqu'un d'aussi aventureux que vous. - Je vous écoute, messire Viarmo. - Elisif, notre jarl, a interdit la crémation du roi Olaf. Il s'agit d'une commémoration importante pour la cité et nombre de commerçants de la cité profitent de ces festivités pour faire une bonne partie de leur chiffre d'affaire annuel. Sans compter que les gens ont besoin qu'on leur remonte le moral avec la guerre et l'assassinat du roi.
Artoria eut un léger froncement de sourcil.
- Qu'est-ce que la crémation du roi Olaf ? Pourquoi le jarl l'a-t-elle interdite ? - Pour répondre à votre première question, dame Artoria, il faut que j'évoque pour vous le souvenir d'un roi de l'ancien temps qui aurait soumis tout Bordeciel. Toutefois, Solitude tint bon contre lui et lui infligea une défaite. Voilà, en tout cas ce que raconte la tradition orale. Malheureusement, il n'en reste plus aucune trace écrite. Le sonnet du roi Olaf a disparu, il y a fort longtemps. Pour ce qui est l'interdiction de cette fête, vous savez peut-être que le roi Torygg a été assassiné par Ulfric Sombrage ? Artoria eut un sourire triste.
- Avec l'exécution d'hier, nous avons eu tout le loisir d'en entendre parler, messire Viarmo. - Et bien, le jarl Elisif est sa veuve et elle ne trouve pas que célébrer la mort d'un roi pendant sa viduité soit... très correct.
- Et que voulez-vous que je fasse ? -On raconte que le roi Olaf fit brûler tous les exemplaires du sonnet. C'est pour cela qu'il a disparu de l'Edda poétique, l'histoire vivante de Bordeciel, qui regroupe toutes les légendes de cette contrée. Toutefois, en fouillant dans de vieilles archives, Giraud a découvert que le roi Olaf fit emprisonner dans sa tombe l'auteur du sonnet, avec ses écris. Or, Giraud est également persuadé que le "Répit des morts" est la tombe de ce monarque. Dame Artoria, je souhaiterais que vous alliez dans ce tombeau et que vous nous rameniez l'exemplaire du sonnet. Nous pourrons alors convaincre Elisif que la crémation est une célébration de Solitude et non un encouragement au régicide.
Le "Répit des morts" se trouvait au sud-ouest de Morthal, la capitale de la châtellerie de Hjaalmarch. Les villes de Bordeciel ne cessaient de décevoir Artoria, mis à part Solitude. La vision du village fait de maisons de rondins aux toits de chaume, entouré de marais pourrissant fit rouler des yeux ronds à Rin. " Une ville ? Ils appellent ce trou à rat une ville ? Non... mais je suis en train d'insulter les trous à rats... quel rat sain d'esprit viendrait habiter ici ?"
Malheureusement, le service provincial de charrette ne menait pas plus loin. Il fallut marcher, et la région montagneuse au sud se couvrait de forêts de conifères enneigés. Rin et Artoria avaient eu froid jusque là, mais rien qui ne se compare à ce qu'elles vécurent au milieu de bourrasque de vent, glacial, charriant des flocons de neige.
En plus, des loups arctiques à la fourrure blanche et des givrepeires hantaient les forêts.
Après plusieurs heures de marche, Rin haletait. Heureusement, la neige s'arrêta de tomber. Elles arrivèrent en vue des ruines de Busard. D'après ce qu'en avait dit Viarmo, la petite cité avait été détruite par les Daedras, des démons originaires d'Oblivion qui attaquèrent Nirn à la fin de l'ère précédente.
Un peu avant les portes ruinées de la cité abandonnée, elles prirent une route de montagne, simple sentier non empierré qui se dirigeait vers le sud, avant de virer plein ouest passé un éperon rocheux. Là, le chemin redescendait, bordant le cours d'une rivière.
Elles atteignirent alors ce qui devait être leur dernier arrêt avant la tombe d'Olaf le Borgne, un petit village appelé le Bosquet de Dunstad.
Une simple rue en terre battue en constituait le seul axe. Des deux côtés, il y avait quelques pauvres masures avec des toits de chaume. Certains d'entre elles abritaient des commerces, dont un apothicaire et une auberge. Un autel de Stendarr se dressait à l'angle. Le seul bâtiment un peu impressionnant se résumait à un simple fort carré, de petite taille, abritant la garnison locale.
Toujours en tête, Artoria commença à monter le sentier qui conduisait au répit des morts quant son instinct la prévint que quelque chose n'allait pas. Des cris et des appels retentirent venus du sommet de la colline. Les yeux plissés, le Roi des Chevaliers leva une main faisant signe à Rin de s'arrêter. Elle dégaina alors qu'un chien mort-vivant dévaler la pente vers elles.
Toshaka réagit en premier, utilisant un sort de foudre appris dans un livre trouvé chez les brigands. La gerbe d'éclair frappa le mastiff à moitié décomposé. Artoria le frappa dans le mouvement, traçant une large ligne qui fendit la peau, exposant une chair desséchée d'où le sang était absent. Le monstre roula au bas de la pente et se releva, secouant la tête.
Le chevalier se détourna pourtant de ce premier adversaire. Au milieu des buissons, au sommet de la butte venait d'apparaître un deuxième chien mort-vivant... en compagnie de ses maîtres. Ces derniers portaient des casques gjermundbu rouillés, des cuirasses archaïques ainsi que des boucliers et des haches barbelées. Leur peau grise et desséchée, recouvrant un corps décharné, ainsi que leurs yeux brûlant d'une lumière surnaturelle prouvait qu'il ne s'agissait pas d'humains.
D'autres guerriers momifiés se rapprochaient, certains avaient des arcs, d'autres tenaient des mastiffs en laisse.
- Rin, courrez !
La Japonaise ne se le fit pas dire deux fois. Elle chanta une courte incantation :
- Ein Kurzes ein Langes
Aussitôt, elle accéléra à une vitesse normalement impossible pour un être humain. Courageuse, mais pas folle au point d'affronter un nombre inconnu de monstres, Artoria utilisa le prana burst pour doper sa vitesse. Elle s'arrêta cependant à plusieurs reprises pour échanger quelques horions avec les adversaires les plus avancés. À chaque fois, les archers la prirent pour cible et les chiens de guerre la coursèrent. Miraculeusement, le Roi de Bretagne ne reçut que de légères blessures.
Finalement, les gardes de Hjaaalmarch, en plaid vert pâle et portant des boucliers ornés d'une triskèle, sortirent du bosquet de Dunstad. Leurs tireurs ciblèrent les mort-vivants et leurs décochèrent une volée de traits. Il eut un flottement parmi les poursuivants des deux femmes. Assez de temps pour que les défenseurs forment un mur de bouclier que les momies attaquèrent
La ligne formée par les gardes se désintégra presque Immédiatement. L'engagement dégénéra en une mêlée sauvage.
Momies et gardes s'entretuaient frénétiquement. On se donnait des coups de hache, d'épées ou de masse d'arme tout autour d'Artoria. Le combat était si fluide qu'on ne pouvait échanger plus de quelques coups avec un adversaire avant qu'un mouvement de foule ne vous mette en face d'un autre ennemi. La scène lui parut transformée en kaléidoscope de la violence. Les hommes aux boucliers bosselés, aux armures couvertes de sang, s'agrippaient aux mort-vivants, tous criaient, de colère, de haine et de douleur. On piétinait au milieu des cadavres et des mourants qui sanglotaient.
Petit à petit, le nombre de combattants diminua et Artoria se trouva face à une momie affublée d'un casque à corne. Le monstre brandissait une masse d'arme en un métal noir... à moins qu'elle ne soit en pierre. L'arme se couvrait de riches ornements et reflétait probablement un rang important. Frappant celle-ci contre son bouclier, il cria un défi :
- Aav Dilon !
La masse de métal noire décrivit une courbe et Artoria, bloqua une première fois, contre-attaqua dans un jaillissement d'étincelles, avant que le monstre ne lui donne un coup de bouclier. La jeune femme chancela et esquiva un coup qui siffla dans l'air. Après deux autres brefs échanges, le Roi des Chevaliers haletait... Le mort-vivant jouissait d'une force stupéfiante et ne fatiguait point. Une sueur mêlée de sang lui coulait dans les yeux, l'obligeant à battre fréquemment des paupières.
- Vic !
Un choc surnaturel sortit de la bouche du mort-vivant et frappa Artoria. Un Cri comprit le roi de Bretagne. Son arme lui fut arrachée des mains. Un réflexe évita la mort au chevalier, la jetant hors de la trajectoire de la masse. Malheureusement, elle trébucha sur un cadavre. Un garde s'interposa, lui permettant de ramasser un espadon et de se redresser.
Artoria se jeta alors en avant et frappa, enfonçant profondément la lame dans l'épaule du monstre qui s'effondra sur un genou. L'épée à deux mains relevée, elle l'abattit sur le crâne. Le mort-vivant tomba au sol.
Autour d'elle, les combats s'achevaient et... les momies fuyaient, poursuivies par une partie des défenseurs, tandis que les archers terminaient de vider leurs carquois. Cela avait été bref... mais intense. Elle ramassa un bouclier et la masse d'arme noire.
- Vous allez bien ?
Artoria fit face à un garde au visage inquiet. Elle sourit en voyant que Rin l'accompagnait.
- Juste quelques égratignures... Que sont ces choses ?
- Des draugr. Autrefois, la coutume en Bordeciel voulait que les seigneurs soient enterrés avec leurs serviteurs. Nul ne sait plus vraiment pourquoi, mais les morts n'ont pas trouvé le repos. Autrefois, sans doute, les populations locales leur faisaient des offrandes... Elles le font même encore parfois. Sinon, il arrive aux draugr de sortir pour attaquer les fermes et les villages. Ils volent de la nourriture, du charbon, des torches et des bûches pour éclairer et chauffer leurs tombes, des vêtements, et des livres.

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Message par Thomas le Mer 10 Avr - 21:51

Tu sais que tu poste tellement vite que j'ai toujours pas eu le temps lire ton premier chapitre?

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Message par Anaxagore le Jeu 11 Avr - 10:06

Ils ne vont pas disparaître !

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Message par Anaxagore le Dim 14 Avr - 17:30

---Vifazur, 21e jour, 4E 201---

Rin jeta un regard un peu incrédule en direction du tombeau. Les deux femmes venaient de gravir un long escalier pour aboutir à une large esplanade en pierre sur deux niveaux. Le plus bas, jalonné d'arches de pierre accueillait une table de sacrifice. De part et d'autre de cette dernière, deux volées de marche permettaient d'accéder à la partie haute de la dalle de pierre.
Elles conduisaient au Répit des Morts proprement dit, un tumulus adossé à la colline. Sous une sculpture de style primitif, ressemblant à une tête de dragon, s'ouvrait une porte de pierre entre deux braseros. - Bon sang, regardez ces ruines, c'est remarquable.
Artoria Pendragon répondit d'un simple hochement de tête. Visiblement, l'enthousiasme de Rin ne s'étendait pas au Roi des Chevaliers.
Bouclier au bras gauche, tenant la masse d'arme noire dans la main droite, Artoria poussa la porte qui tourna sans effort sur ses gonds.
Un escalier descendait dans les profondeurs. La maçonnerie grossière, non jointoyée, était soutenue par des piliers et des arcboutants en bois liés entre eux par des liens de cuir. De loin en loin, des torches accrochées aux murs éclairaient le passage. On pouvait voir une pièce, plus loin.
Le chevalier prit la tête, tous ses sens aux aguets. Son instinct lui murmurait qu'un danger les attendait au bas des marches.
Artoria fronça les sourcils, tournant rapidement la tête pour évaluer les menaces éventuelles. La salle avec ses multiples alvéoles, certaines occupées par des momies, d'autres par des squelettes, servait de tombeau. Au centre, une table de pierre accueillait quelques urnes funéraires et.... un étrange objet en forme de griffes à trois doigts avec des ongles en rubis.
Toutefois....
Face à l'entrée, une herse fermait un couloir de l'autre côté de la table de pierre. Entre les deux se tenait un homme translucide et aux contours flous. Sans un mot, sans produire un son, le fantôme traversa la herse continua dans le passage puis tourna à gauche et disparut.
Rin avait regardé la scène sans rien dire et s'avança vers la table de pierre, suivie par Artoria. La magus s'immobilisa devant la griffe qu'elle examina attentivement.
- Hum... le reposoir n'est pas un simple socle, il s'agit d'une plaque à pression. Retirer la griffe de son emplacement déclenchera quelque chose.
- Il y a une porte.
Artoria montra un passage obscur en partie barré par des éboulis. Tohsaka poussa le battant pour découvrir une petite pièce avec encore plus de jarres funéraires. Visiblement, on ne pouvait avancer plus loin par là. Elles revinrent dans la salle principale.
- Bon... la griffe doit peut-être être retirée pour lever la herse.
Rin semblait assez morose de faire cette observation.
- Toutefois, cela peut aussi déclencher un piège.
Artoria approuva.
- Je vais le faire, je suis plus résistante que vous.
- Comme vous voulez.
Le bras gauche tendu, son autre main posée dans la saignée du coude, Rin Tohsaka se prépara à affronter l'imprévisible.
Artoria prit la griffe et recula vivement. Il y eut un déclic, puis un bruit de chaîne tandis que la herse remontait. Un effet positif... Néanmoins, les grognements qui s'élevaient des alcôves l'étaient moins. En effet, plusieurs draugrs venaient de s'éveiller, les yeux brûlant d'un feu bleu, les antiques mort-vivants se redressaient.
Rin cria : " gandr" et un projectile noir quitta sa main, frappant une des momies qui venait de s'asseoir sur sa couche de pierre. Sans regarder le résultat de l'attaque, Artoria fondit en avant, la masse d'ébonite fracassa le crâne d'un premier draug avant de se ruer sur un second qui commençait à bander un arc.
Le temps de revenir au milieu de la pièce, la Japonaise avait éliminé un de ses propres adversaires. Elle se cachait derrière un pilier, jurant à voix basse tandis que le dernier monstre la cherchait, flèche encochée. Lui aussi rencontra la masse d'arme noire et mourut... cette fois définitivement.
- Euh... merci... enfin, je m'en serais sortie toute seule, mais il est bon de voir que vous prenez à cœur ma défense.
- Oui.
- Que fais-t-on, maintenant ?
- On suit le fantôme.
Rin battit des paupières.
- Pourquoi ?
- Il connait les lieux, nous non.
Sans attendre de réponse Artoria avança dans le couloir et recula vivement en entendant un déclic. Quatre lances de métal sortirent de logement dans le boyau, empalant l'air à l'endroit qu'occupait le chevalier, un instant plus tôt.

Le répit des morts se révéla comme un labyrinthe d'étroits tunnels, chichement éclairés. Les pièges, les araignées et les rats géants suffisaient à les transformer en coupe-gorge. Toutefois, les draugr se révélaient encore plus dangereux et pugnaces.
Ils s'éveillaient de leur sommeil millénaire à leur approche, quittant leurs tombes pour brandir d'horribles armes bardées d'ergots. Artoria les considéra avec mépris : " Voilà des armes mal équilibrées et susceptibles de rester coincées dans un bouclier ou une armure. Leurs forgerons étaient-ils stupides ?"
Jusque là, le chevalier avait réglé tous les problèmes sans plus d'un léger soutien de la part de Rin. Toutefois, elles arrivèrent dans une vaste salle sur deux niveaux et la mage eut l'occasion de briller. Grâce au gandr, elle abattit les archers disposés dans les galeries supérieures, alors que le roi de Bretagne éliminait les draugr qui combattaient dans l'arène envahie d'eau que formait le bas de la salle.
Il fallut ensuite traverser un pont balayé périodiquement par des haches suspendues. Les réflexes et la rapidité du chevalier lui permirent d'atteindre un anneau qui, tiré, suspendit le mécanisme infernal.
Le fantôme continuait à les guider. À sa suite, ils atteignirent une porte défendue par un champ d'énergie lumineux. Néanmoins, le mort sans repos obliqua pour descendre un escalier latéral.
Ils affrontèrent d'autres draugr, des pièges avant d'arriver à une oubliette. Le fantôme les y attendait assis sur un tas de décombre. Une momie recroquevillée, à ses pieds, tenait un livre. Curieuse, Artoria s'en empara. Le papier avait souffert de siècles d'exposition à l'humidité mais quelques lignes restaient lisibles.
- Olaf notre tourmenteur, ô borgne renégat, démon sanguinaire et tueur de dragon, cita-t-elle.
Rin s'approcha.
- Montrez voir.
La magus fronça les sourcils.
- Je crois que c'est ce que nous cherchions, le "Sonnet d'Olaf". Donc...
Ses yeux tombèrent sur le cadavre et le fantôme toujours assis à quelques pas. Artoria termina à sa place.
- Alors, il s'agit de Svaknir, le barde. Exactement comme les anciennes chroniques le racontent, Olaf l'a enfermé dans sa tombe... pour qu'il y meure dans la solitude, les ténèbres et la faim.
Sans doute Svaknir avait compris ses paroles car il disparut. À un instant, il se trouvait là et soudain il n'y était plus.
- Artoria, vous croyez qu'il a trouvé le repos ?
- Non, ramener le Sonnet à la lumière n'y suffira pas.
- Que voulez-vous dire ?
- Les morts sans repos veulent la vengeance !
Les deux jeunes femmes retraversèrent une partie des catacombes, repoussèrent une attaque de draugr avant de se retrouver devant la porte protégée par une barrière magique. Le fantôme de Svaknir les y attendait. Il leva une main au-dessus de l'épaule, concentrant du prana dans un orbe lumineux qui se mit à grossir, puis le lança sur l'accès. Le champ de force se désintégra et les battants s'ouvrirent en grands.
Derrière, le long couloir s'ornait de fresques. Rin les regarda avec intérêts, mais le Graal ne poussait pas l'obligeance jusqu'à traduire les inscriptions rédigées dans des langues disparues. Au bout du passage, une porte circulaire, formée de plusieurs anneaux gravés de symboles et au centre, un médaillon avec trois trous. Comme le fantôme traversa l'obstacle, les deux jeunes femmes restèrent seules de ce côté.
Une main sur la hanche, un doigt levé, Rin se tourna vers la femme-chevalier.
- Je crois qu'il s'agit d'une serrure à combinaisons. Les anneaux sont mobiles, il suffit de les faire tourner pour aligner les figures. Mais au centre... il faut une clef !
- Est-ce que cela pourrait vous être utile, Rin ?
Artoria venait de sortir la griffe de rubis de sa sacoche. Les yeux de la Magus s'étrécirent comme elle inspectait l'artefact sous toutes ces coutures. Et sur la paume se trouvait trois symboles.
- Ce peut-il que cela soit aussi simple ? À moins que.... bien sûr... Artoria, je croyais que les pièges que nous avons rencontrés servaient à empêcher des pillards d'entrer dans le tombeau. Sauf qu'il suffisait à quelqu'un venu de l'extérieur d'enlever la griffe de son support pour ouvrir la herse d'entrée.
Le premier anneau montrant la figure d'un loup, comme sur la clef, Rin n'y toucha pas. Elle fit cependant tourner le second pour qu'il montre un aigle, et le troisième - à nouveau, un loup. Puis la magus se servit de la griffe pour faire tourner le médaillon central. Aussitôt il y eut une suite de choc, comme si des verrous rentraient dans le mur, puis les anneaux tournèrent d'eux-mêmes pour composer de nouvelles figures. Lentement, soulevant de la poussière, la porte rentra dans le sol, dégageant une nouvelle section du couloir.
- Oui, c'est ça... les pièges, les portes à énigmes ne sont pas là pour empêcher des humains d'entrer, mais pour retenir les draugr, pour qu'ils ne quittent pas la tombe.

Svaknir les conduisit à une vaste salle dont les limites se perdaient dans les ténèbres. En deux parties, elle se voyait séparée par quelques marches formant un palier supérieur où l'on voyait un large catafalque de pierre, ainsi qu'une partie intermédiaire avec plusieurs trônes accueillant des draugr. Le bas de la chambre centrale de la tombe était une sorte d'arène entourée par deux cercles de fauteuils de pierres, occupés par des momies... dont certaines n'avaient pas supporté le passage des siècles.
- Je n'aime pas beaucoup ça.
Rin jetait des regards inquiets sur les morts, s'attendant à les voir se lever d'un instant à l'autre.
- Olaf, réveille-toi, l'heure de ma revanche est arrivée.
Surprise, Artoria se retourna vers Svaknir. Pour la première fois, le fantôme venait de parler, brandissant une épée spectrale vers le catafalque. Et il y eut une réponse, mais pas sous la forme de mots.
La tombe fut secouée comme par un bref séisme. Un grondement se fit entendre. Les torches vacillèrent, tandis que de la poussière tombait du plafond. Le sol se souleva et Rin s'accrocha à la femme-chevalier pour ne pas tomber.
Pire, dans les yeux des morts, un feu bleu s'alluma.

Pour Rin Tohsaka, les minutes suivantes ressemblèrent à un cauchemar. Des draugr se jetaient sur elle où tiraient des flèches dans sa direction. La magus ripostait avec ses sorts, jurant de ne pas avoir avec elle ses joyaux magiques. Mais même si Rin parvint à détruire plusieurs ennemis, le souffle de la mort l'effleura plus de fois qu'elle le pouvait compter. Heureusement, les momies de guerriers nordiques attaquaient surtout le fantôme de Svaknir, et le barde ne semblait guère les craindre, les tuant l'une après l'autre.
De plus, Artoria courrait, bondissait, parait et frappait. Sa masse d'arme noire semait la mort, foudroyant un ennemi ici. Avant que la jeune femme ne reparte pour en tuer un autre, là. Avec sa puissance, il ne lui était rarement nécessaire de donner plus d'un coup pour terrasser un draugr.
- Rin !
Le chevalier la jeta de côté. Stupéfaite, la magus la vit arrêter une hache brandie par un mort-vivant en armure corrodée, vociférant dans un antique dialecte. Le visage de marbre, incroyablement belle, pure image de la vaillance, Artoria ripostait déjà. La masse d'arme frappa le monstre sur le côté de la tête. Son heaume se brisa et le draugr fut soulevé du sol. Il heurta violement le mur avant de retomber comme un sac de linge sale.
Stupéfaite, le cœur battant à tout rompre, Rin n'arrivait pas à détacher les yeux du profil délicat de son amie.
"Qu'est-ce qu'elle est belle... " pensa Rin, le souffle coupé "On dirait l'ange de la mort".
Certes, Rin n'ignorait pas que ce qu'était le syndrome du pont suspendu. Une émotion forte, comme la peur de la mort, pouvait induire une forte attirance... pour un membre du sexe opposé. Sauf que... Artoria appartenait au même genre qu'elle.
Aussi perturbant que puisse être la révélation d'une bisexualité latente, la situation ne s'y prêtait guère. Artoria vacilla, reculant d'un pas, une flèche saillait de son épaule.
La vue du sang, tira Rin de sa transe. Furieuse elle découvrit un draugr en haillons qui armait une autre flèche.
- Gandr !
Un projectile de ténèbres sortait de sa main après l'autre. Là-bas, littéralement bombardé, le mort-vivant se désintégra en fragments d'os et de chair momifiée.
Artoria arracha la tige empennée et jeta le projectile au sol. Ses facultés d'auto-guérison refermaient déjà la plaie.
À côté d'elles, Svaknir posa un pied sur la poitrine d'un draug tombé à genoux, pour en retirer sa lame profondément enfoncée. Le silence retomba sur une scène de carnage, plusieurs dizaines de mort-vivants gisaient autour d'eux.

Le barde brandit derechef sa lame en direction du sarcophage du tyran.
- Olaf, viens te battre !
De nouveau, la tombe fut secouée par un impressionnant grondement colérique. Les quatre mort-vivants assis sur les trônes au pied du cercueil de pierre se relevèrent.
Ce fut vite terminé. Certes, les nouveaux venus se battaient mieux que les simples guerriers qu'ils avaient affronté jusque là. Puissants seigneurs à la cour du roi Olaf ou officiers de son armée, sans doute faisaient-ils partis de l'élite de son royaume. Cependant, à quatre ils ne pouvaient guère espérer résister longtemps.
- Olaf, lâche, prépare-toi à subir ma vengeance.
Il n'y eut pas seulement un grondement en réponse à cette nouvelle provocation de Svaknir. La dalle de pierre fermant la tombe du tyran fut violement éjectée tandis que des membres parcheminés cherchaient un appui pour se hisser hors du cercueil.
Le roi Olaf ressemblait aux autres draugrs. Toutefois il portait une magnifique armure de plates nordiques, ses épaules se drapaient dans une cape de fourrure qui retombait jusqu'à ses chevilles. Barbu et borgne, son front s'ornait d'une couronne de dents de dragons.
Furieux, il se tourna vers le barde.
- Insolent, meurt ! Coassa-t-il de la même voix gutturale propre à tous les draugr.
Simultanément, plusieurs tourbillons d'énergie violette se formèrent autour du sinistre roi des morts. Chacun relâcha un squelette sans armure, mais brandissant une arme à deux mains ou un arc.
Alors que Svaknir se jetait en avant, Olaf se mit à crier dans la langue draconnique.
- KRII !
Frappé par une tornade d'énergie rouge, surgie de la bouche du tyran, le fantôme tituba. Il réussit cependant à parer l'attaque du monstre ricanant. Aussitôt les deux vieux ennemis se mirent à échanger des horions à coups redoublés. Des siècles de haine se déchargeaient ainsi dans les gerbes d'étincelles nées de la rencontre des lames.
Seulement, Rin ne pouvait se contenter de regarder. Elle utilisait "gandr" et les attaques électriques apprises dans un livre de magie locale pour tenir à distance les squelettes. Artoria, qui avait bondit aux côtés de Svaknir, contribuait aussi à protéger ce dernier des esclaves du roi des morts.
Lorsque le dernier d'entre eux se fut brisé sous la violence des attaques, le Roi des Chevaliers bondit en avant sa masse frappa sous le bras que le tyran avait levé pour arrêter l'épée du fantôme, et lui fracassa la hanche. Le monstre tomba à genoux.
- Ce n'est pas possible... je suis Olaf le borgne... le roi de Bordeciel... j'ai vaincu le grand dragon Numinex... je... je... je ne peux pas être vaincu ! Pas par le fantôme d'un homme que j'ai vaincu... pas par des gamines !
- Roi Olaf, ou prétendu tel, un monarque doit toujours protéger son peuple et son royaume. Soit il meurt pour eux, soit il meurt par eux.... Être roi, c'est abandonner l'orgueil personnel au profit de l'orgueil du royaume. Vous ne l'avez pas compris. Depuis des milliers d'années, à Solitude, on brûle l'effigie d'un faux roi s'étant montré trop vantard. Adieu Olaf, voilà l'histoire que les bardes chantent sur vous !
Svaknir avait écouté la répartie d'Artoria jusqu'à la fin. Puis il frappa Olaf à la tête. Le mort-vivant s'effondra dans un fracas de métal. Le fantôme fit quelques pas. Son épée avait disparut et un luth se trouvait à présent entre ses mains. Il se mit à jouer, bien qu'aucun son ne se fasse entendre. Une lumière dorée tomba, enveloppant le fantôme qui disparut lentement.
Artoria acquiesça avec dignité, fixant tour à tour l'endroit où s'était tenu Svaknir et la dépouille d'Olaf.
- Un grand tort a été réparé. Nous pouvons partir d'ici fière de ce que nous avons accompli.
Rin se sentait emplit d'une étrange joie, elle savait que ce n'était pas vraiment la sienne. D'une manière où d'une autre, cette émotion lui avait été communiquée par le fantôme enfin libéré ou peut-être par la lumière dorée qui l'avait emporté... peut-être un signe des dieux accueillant parmi eux celui qui avait si longtemps aspiré à la paix.
Tendant l'oreille, la magus écouta. Un son étrange résonnait... un chœur de voix masculines ! Surprise, elle s'approcha du mur en arc de cercle derrière le cercueil de pierre. On y lisait une étrange inscription cunéiforme. Certaines lettres brasillaient d'énergie !
À son tour, intriguée, Artoria s'approcha... et le chœur monta crescendo, puissant, hypnotique ! Soudain, des rubans de lumière éthérée s'arrachèrent à l'antique texte et enveloppèrent le roi de Bretagne. Environnée d'une aura bleu-orangée, elle sentit son cœur de dragon pulser avec puissance, tandis que l'énergie voyageait dans son sang.
- Artoria !
Le cri de Rin la fit se retourner.
- Je vais bien.
- Que s'est-il passé ?
La femme-chevalier se concentra sur son cœur sentant... sentant les contours de quelque chose... mais quoi... comme un mot que l'a sur le bout de la langue mais qui lui échappait.
- Je ne sais pas. J'ai absorbé quelque chose. J'ignore, cependant, ce que c'est.

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Le champ de bataille ne fait que révéler à l'homme sa folie et son désespoir, et la victoire n'est jamais que l'illusion des philosophes et des sots. William Faulkner
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