2001 & 2010 : L’odyssée de l’espace — Arthur C. Clarke

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Message par Thomas le Mar 24 Sep - 18:41

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Chronique complète ici.

Résumés :

2001 : « Le vaisseau Explorateur 1 est en route vers Saturne. À son bord, deux astronautes et le plus puissant ordinateur jamais conçu, CARL 9000. Cinq ans plus tôt, un étrange monolithe noir a été découvert sur la Lune. La première preuve d’une existence extraterrestre. Et bien longtemps avant, à l’aube de l’humanité, un objet similaire s’était posé sur terre et avait parlé aux premiers hommes.
Un nouveau signe de cette présence a été détecté aux abords de Saturne. Que sont ces mystérieuses sentinelles ? Quel message doivent-elles délivrer ?
Nous sommes en 2001. L’humanité a rendez-vous avec la porte des étoiles, aux confins du cosmos… »

2010 : « 2001 : L’odyssée de l’espace — roman et film —, ce fut l’épique exploration spatiale qui passionna le monde et provoqua un jaillissement de questions : comment Dave Bowman s’est-il transformé en Enfant des Étoiles ? Pourquoi Hal, l’ordinateur plein de science et de sagesse, a-t-il assassiné l’équipage du Discovery ?
2010 : odyssée deux, c’est une nouvelle aventure, celle des hommes qui, neuf ans après, vont se lancer dans l’espace, bien décidé à rapporter à la Terre les réponses attendues. L’équipage composé de Russes et d’Américains s’embarquera à bord du vaisseau Alexeï Leonov, sous le commandement de la capitaine Tatiana Orlov. Quand la navette s’arrache du terrain de Cap Canaveral, commence une mission qui peut décider du sort de l’humanité… »

Vous êtes probablement nombreux à avoir — comme moi — découvert « 2001 : L’odyssée de l’espace » par le film de Stanley Kubrick. Le film n’est pourtant pas une adaptation du livre. 2001 c’est plutôt un projet « transmedia » avant l’heure. Un projet, une histoire, deux médias avec leur particularité. À l’arrivée des histoires qui divergent légèrement. Mais bon revenons à ces deux livres… en fait il y a d’autres suites, mais elles sont connues pour être beaucoup moins bien. Conseil d’ami : limitez-vous aux deux premiers tomes.

Bien qu’on parle d’odyssée de l’espace, le début de 2001 se situe plus de 3,2 millions d’années avant notre ère, donc à peu près la jonction « Australopithèque – Homo habilis ». Nous suivons donc la vie difficile et implacable d’hommes-singes via le personnage de Guetteur de lune. Sauf que durant une nuit, il y a des lumières étranges dans le ciel et le lendemain matin, un Monolithe noir qui semble artificiel et absolument parfait est apparu à proximité de la caverne. On va alors découvrir qu’il s’agit d’une intelligence envoyée pour tester le potentiel de nos ancêtres. On ignore la nature, la provenance et le but du Monolithe.

Et là : grosse ellipse, on se retrouve à la fin du 20ème siècle dans un monde où l’URSS existe toujours. Il faut dire que dans un livre écrit en 1962, il était improbable d’anticiper la chute de l’URSS. Nous suivons alors le Docteur Heywood Floyd, gros bonnet du Conseil national de l’Astronautique, qui se rend en urgence sur la Lune qui abrite des bases de différentes nations. On suit tout son trajet vers la Lune où il y a alors un blackout des communications en provenance de la base lunaire américaine. On prétexte une épidémie, mais les Soviétiques ne sont pas dupes. Il se passe quelque chose à Clavius. En fait, un champ magnétique très puissant a été détecté et des fouilles ont été engagées, mettant au jour un Monolithe… les scènes qui s’en suivent sont déjà franchement classe et instille déjà une bonne petite dose de Sens of Wonder.

Ensuite on nous projette en 2001 (la majeure partie du livre, d’où le titre) à bord du vaisseau spatial Explorateur I qui fait route vers Saturne pour en étudier l’environnement. Trois membres d’équipage (des scientifiques) sont en hibernation, tandis que deux astronautes (les « pilotes »), Frank Poole et Dave Bowman, assurent la bonne marche de l’astronef, assistée par HAL 9000 l’IA de bord (CARL 9000 dans les premières éditions). Sauf qu’à l’approche de Saturne, HAL va commencer à se comporter bizarrement…

Arrivé près de Saturne, Explorateur I détecte quelque chose d’étrange sur un des satellites de la planète : Japet.

Je ne vous livrerais rien de plus sur l’histoire du tome 1. Sachez en tout cas que c’est fluide, prenant, plutôt intense et court. Il y du Sens of Wonder, pas le plus grand, mais balèze tout de même. Le tout en moins de 200 pages. Des questions intéressantes sont posées, des thématiques assez folles pour l’époque sont explorées (la dernière partie du livre s’appelle « Par-delà la porte des étoiles »). Je trouve bluffant qu’un livre écris en 1962 vois aussi grand, aussi loin et aussi juste.

Dirigeons-nous maintenant vers 2010. Mais avant, faisons un détour vers le film « 2001 : L’odyssée de l’espace » de Kubrick. Car ce film a fortement influencé le « 2010 » de Clarke (et les rééditions de 2001). Des noms changent ainsi que des lieux. Le vaisseau devient le Discovery, le Monolythe n’est plus sur Japet (satellite de Saturne), mais en orbite autour Io (satellite de Jupiter). Il y a d’autres petits détails du film qui impactent cette suite. Pour ma part je n’avais pas vu le film depuis plus de 20 ans quand j’ai enchainé ces deux livres, du coup ces discontinuités font un peu déstabiliser.

2010 donc, démarre en 2010… incroyables non ? Les Américains préparent Discovery 2 pour aller enquêter en orbite autour de Jupiter et découvrir ce qui s’est passé 9 ans plus tôt. Malheureusement le vaisseau ne sera pas prêt avant plusieurs années. Les Soviétiques, eux, sont sur le point de lancer le Leonov, mais ils ne disposent ni de toutes les données nécessaires ni de l’expertise technique pour réparer HAL. C’est un peu une course au « mystère spatial » entre les grandes nations. Un compromis est trouvé lorsqu’on s’aperçoit que l’orbite de Discovery 1 autour d’Io est moins stable que prévu : trois astronautes américains accompagneront les cosmonautes soviétiques (suite écrite en 1982 donc toujours avant la chute du Pacte de Varsovie) afin de sauver le vaisseau avant qu’il ne s’écrase sur le satellite jovien, puis de comprendre ce qui est arrivé à Bowman et HAL et découvrir ce que cache le Monolithe. Parmi les personnages on recroise Heywood Floyd, on découvre le créateur de HAL et nous avons donc des personnages soviétiques qui malgré l’époque d’écriture du livre ne sont pas des clichés de « popov ». Il y a d’ailleurs un peu plus de travail sur les personnages et leurs relations. C’est toujours ça de pris, même si ce n’est pas le plus important dans ce livre.

Lors du voyage on a le droit à un chapitre que j’ai adoré bien qu’il soit très court. Chapitre au cours duquel l’équipage du Leonov voit un vaisseau chinois connaitre une fin tragique (mais dans des circonstances impliquant un sacré Sens of Wonder) sur Europa.

Une fois arrivée à proximité de Discovery, on assiste à la remise en route du vaisseau et le réveil de HAL, puis sa « psychothérapie » (rien que ça !!!). Les causes réelles de son comportement étrange sont dévoilées et elles changent pas mal de choses tout en renforçant (temporairement) le mystère quant à ce qui s’est passé à la fin de 2001. Ensuite… et bien je ne vais pas dire grand-chose pour ne pas spolier. Mais l’auteur nous livre plein de réponses, avec un Sens of Wonder franchement monumental (très largement supérieur à celui de 2001 et à pas mal de livres de SF) tout en laissant encore un peu de mystère sur ce qui/que/quoi se cache derrière les Monolithes.

Paradoxalement, notre monde est bien en retard dans le domaine du voyage spatial par rapport à l’univers de « l’odyssée » et en même temps l’auteur anticipe déjà certaines technologies de notre époque. On trouve par exemple un équivalent de nos tablettes tactiles. En tout cas en lisant ce livre dans les années 2010, je trouve que l’univers sonne juste et reste très cohérent. Il peut aussi se voir comme un univers chronique a posteriori. Sachez aussi qu’Arthur C. Clarke est un scientifique de renom qui est notamment à l’origine du concept du satellite géostationnaire. Il est aussi considéré comme une référence de la Hard-SF, mais n’ayant pas (pour le moment) lu d’autres de ses livres je ne peux pas comparer. En tous cas ici l’aspect technique est à la fois très digeste, très accessible et cohérent.

Si l’on fait fi des petites discontinuités provoquées par le film 2001 entre les deux livres, ce mélange d’accessibilité et de Sens of Wonder fait à mes yeux que ces deux livres sont des incontournables de la SF. Ils sont aussi une très bonne introduction à ce genre et une introduction toute en douceur à la Hard-SF.

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