Dimension Uchronie 1 – Collectif

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Message par Thomas le Sam 1 Juin - 14:06

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Dimension Uchronie 1 – Collectif 51-yhHQ89uL
Résumé :
« Et Si ? Et si la Révolution française l’avait emportée ? Et si la République, une et indivisible avait colporté ses idées d’égalité par-delà ses frontières ? Droit à la propriété, fin de l’esclavage, égalité homme-femme. En 1889, pour fêter les cent ans de la République française, une gigantesque Marianne, dessinée par Auguste Bartholdi et construite par Gustave Eiffel, sera inaugurée sur les Champs Elysées (anciennement Champs de Mars) face au Palais du Peuple. Le tout en présence de la présidente Louverture, du Président du conseil Jean Jaurès, du général Dreyfus, commandant en chef de l’Armée Française et du dramaturge Victor Hugo qui fera un compte-rendu exhaustif et lyrique de la cérémonie pour le compte du journal Le peuple libre, appartenant à Georges Clémenceau. »

Fiche technique :
Auteur : Textes réunis par Bertrand Campeis
Éditeur : Rivière Blanche
Pagination : 360 pages
Prix : 26 €

Pour cette chronique, je vais procéder un peu comme pour ma chronique de « Love, Death and Robots » vous donner le titre et l’auteur de chaque texte complété d’un petit avis en essayant bien évidemment de spoiler le moins possible. Ensuite je donnerais un avis global sur l’anthologie. Gardez en tête que j’aime généralement les uchronies historiques plausibles/crédibles (plutôt que les uchronies de fantaisie), plutôt orientés géopolitique et militaire comme thème principal.

Nouvelle Sparte — Émilie Chevalier Moreux
Premier texte de livre, c’est aussi celui qui m’a le moins plu. On se situe dans un futur lointain ou Sparte à essaimer à travers l’espace et dont les deux diarches en viennent à s’affronter. J’ai trouvé ce texte peu à mon goût et uchroniquement peu crédible.

Pour l’honneur de Rome — Jean-Claude Renault
Uchronie à base de voyage et paradoxe temporel dans laquelle les Romains tentent de se défaire du joug de leurs maitres (je ne vous dirais pas qui ils sont). Même si je ne suis pas fan des uchronies à base de voyages temporelles, ce texte est bien ficelé du début à la fin. La fin justement est franchement bonne.

Nova Lua — Clémence Godefroy
Cette uchronie se passe dans une colonie portugaise d’Afrique dans un monde ou le christianisme est éteint (ou presque). En Europe ce sont les dieux-rois qui règnent. L’histoire est vécue à travers le courrier écrit par Sœur Guifei, une christaoiste. Je pense que vous aurez deviné à son nom qu’elle est chinoise et oui vous avez bien lu : dans cet univers, les survivants du christianisme naissant ont fui de plus en plus à l’est alors qu’ils étaient traqués. Cela a donné une nouvelle religion. Je ne vous en dirais pas plus sur le texte en lui-même mis à part qu’il est question d’esclavage. En tout cas il est bien écrit, entrainant, le sujet traité fait partie de ceux qui me touchent. J’ai clairement envie d’une suite ou d’en voir un peu plus de cet univers à travers d’autres nouvelles.

Gengis — Florie Vignon
Malgré ce titre il n’est presque pas question de la Mongolie. Cette uchronie semble se dérouler à la fin 18ème, début 19ème dans une France et une Europe économiquement dominées par la Chine et le Japon avec une ambiance qui flirt avec le steampunk. On suit la jeune comtesse Clothilde qui gère les affaires familiales pendant l’absence de son père et qui doit faire face à un meurtre dans l’une des usines familiales. L’enquête de Clothilde la mène sur la piste d’un groupuscule rebelle, lui-même inspiré par des travaux d’intellectuelles qui questionnent un « what-if ? » Il y a donc de l’uchronie dans l’uchronie. Ce texte est bien plus axé sur l’aspect policier qu’historique, mais demeure très agréable à lire.

Le Nom de la Rose — Sébastien Capelle
1452, suite à la guerre de Cent Ans la France a été annexée par l’Angleterre. Henri V règne de puis le Louvre sur son immense royaume. Alors qu’il n’est plus très en forme, ces successeurs désignés, potentiels ou prétendus s’apprêtent à se disputer sa succession. Cette uchronie, même si elle traite d’une période historique qui m’intéresse encore peu pour le moment est très bien écrite. Malgré l’époque traitée, l’auteur évite le style et les effets pompeux et va toujours à l’essentiel. L’ambiance marche vraiment très bien. Les manigances et intrique se dénouent de manière assez surprenante et remarquable dans les dernières pages.

La Marche d’Almería — Fabien Clavel
Dans une Europe moyenne-âgeuse dévastée par le « mal de Grenade », Du Sable — flanqué d’une prostituée et d’un gamin à qui il manque une main — est envoyé par le Roi Pierre IX reconquérir la Marche d’Almería. Problème : elle se situe dans les « pestilences » et les Ottomans semblent s’y intéresser aussi. Il faut dire que plus personne n’a mis les pieds en Espagne depuis des lustres et que la maladie tout comme la population ont dues s’y éteindre. J’ai bien aimé ce texte, son ambiance à la Mad-max du moyen âge, son personnage principal qui pourrait faire penser à un certain Han Solo et enfin, sa chute.

L’Expédition perdue — Thomas Millet
L’expédition dont il s’agit est celle de Magellan. Alors qu’elle ne revient pas, c’est l’obscurantisme religieux qui fait son retour puisqu’au final la terre n’est visiblement pas ronde et que tous les scientifique et explorateur nuisent à la vraie foi. Sauf que perdue ne veux pas dire coulée. En réalité l’équipage à dérivé encore et encore et a rencontré d’autres peuples, notamment asiatique qui, comprenant la supériorité technique des Européens, se prépare au pire. On suit deux histoires, celle de Salman, un navigateur asiatique dans l’archipel des Philippines et celle d’Estéban dans une Espagne ou l’inquisition fait à nouveau rage. En récit agréable, mais pas exceptionnel à mes yeux, avec une fin un peu trop « grosse » par rapport à la plausibilité du reste de l’intrigue.

Le Festival des Dragons de Tenochtitlan — Tesha Garisaki
L’autrice nous livre ici un court texte situé dans son univers littéraire des « Chroniques de Mannaz » (Blâmez mon Serviteur, Le Jour de Chance de Brian). Il s’agit d’un monde d’uchronie de fantaisie dans lequel des failles thaumaturgiques se sont ouvert au 15ème siècle. Notamment juste à temps pour empêcher les Européens de conquérir l’Amérique. Ce texte est donc très léger en terme d’uchronie (au sens du background et des éléments uchroniques) et plus orienté « Young Adult Fantasy » (pas de sexe, violence…), ce qui n’est donc – à priori — pas du tout pour moi. Sauf que tout fonctionne bien dans ce texte, l’univers est solide et efficace dans son genre, l’intrigue est rondement menée de bout en bout. Bref, j’ai passé un bon moment malgré le fait que je ne suis pas du tout le type de lecteur visé.

Code Noir — Pierre Léauté
Derrière ce titre qui fait « film de série B » se cache l’un des textes les plus glaçants du recueil. L’auteur commence par une courte introduction chronologique qui nous explique comment Napoléon à ramener la peste bubonique de sa conquête de la Palestine, obligeant la France à compenser les pertes par le rétablissement de l’esclavage. L’histoire se déroule ensuite dans une France des années 1960 assez différente de la nôtre. Les USA ont mis en place un gouvernement composé d’ancien pétainiste au moment de la libération, et l’esclavage n’est toujours pas aboli en France. Cette dernière ainsi que les USA sont embourbés dans une guerre totale contre le Vietminh. Ce texte est narré depuis trois points de vue : celui d’une « servile », celui d’une révolutionnaire anti esclavagiste et celui d’une Rockstar appelé sous les drapeaux. Cette France esclavagiste m’a glacé le sang, déjà que notre passé de puissance coloniale n’est pas glorieux, mais ça… le récit en lui-même est plaisant et a même réussi à accoucher d’une version que j’apprécie de la Rockstar en question (que je ne supportais pas dans notre monde). J’ai trouvé la fin un peu grosse. Dans le sens où il me parait peu probable que le révolutionnaire et la Rockstar terminent comme cela. On pourrait être tatillon et se demander comment une ligne temporelle dans laquelle la France a rétabli l’esclavage reste aussi étonnamment proche de la nôtre. Mais ce texte m’a en tout cas vraiment plu.

La Cantatrice — Marie Czarnecki
Cette uchronie se déroule dans « l’Enclave », bastion humain dans un monde ravagé par une terrible maladie appelée la spore et dont les victimes sont appelées « Vampire » histoire de bien faire peur à tout le monde. Nous suivons Philippe Destoc qui enquête sur la mort d’une jeune et très douée cantatrice. Sauf que c’est une « vampire ». Comment a-t-elle pu se fondre dans la population ? Est-ce qu’il y en a d’autres ? L’histoire et l’univers sont intéressants, mais on est largement plus dans un univers de fantasy que dans une uchronie, le POD étant donc l’épidémie de spore au début du 20ème siècle.

Un dernier thé en Antarctique — Emmanuel Chastellière
Un texte sombre et déprimant dans un monde frappé par un fléau appelé « l’Abandon » qui pousse les Britanniques (et probablement d’autres peuples) à s’exiler sur l’océan puis en Antarctique. Donc le POD c’est ce fameux « Abandon » dont on ne sait rien. Catastrophe naturelle ? Épidémie ? Évènement cosmique ? Bref, ce texte n’a que peu d’intérêt sur le plan uchronique.

Léopard cha-cha — Sara Doke
Uchronie la plus courte du livre (3 pages) au titre qui déroute. L’autrice raconte via une lettre le combat uchronique pour l’indépendance du Congo Belge alors que ce déroule l’exposition universelle de Bruxelles en 1958. Ce texte très court ne peut pas développer grand-chose, toutefois comme « Code Noir » la thématique est engagée et j’aurais bien aimé en lire/savoir plus.

Projections — Louis Gastebois
On a ici à faire à une uchronie traitant de cinéma. Comment la mort d’un réalisateur très connu de ma génération mène le cinéma hollywoodien à ne plus être capable d’innover ? En quelques décennies cela mène à la mort du cinéma et l’avènement des séries TV et chaines câblées dès 1990. Le POD et ces conséquences sur l’industrie cinématographique américaine sont plutôt crédibles. Toutefois on peut aussi se demander si la dégringolade d’Hollywood ne provoquerait pas l’émergence d’une grosse industrie du cinéma dans d’autres pays. Un texte sympa, bien qu’il ne soit pas du tout le genre d’uchronie que j’affectionne.

Celle qui glisse sur les ondes — Zoé Dangles
Cette uchronie se déroule dans la République du Kampujadesa dont la capitale est Angkor. Vous comprenez donc que l’on se situe dans un pays qui est une survivance de l’Empire Khmer. L’époque semble être la nôtre. Les thèmes abordés sont : la question des réfugiés (notamment les Rohingyas), la maltraitance des minorités ethniques/religieuses, la stigmatisation des LGBT+… Bref c’est politiquement engagé. On suit la tentative désespérée d’une jeune femme, Samnang, pour retrouver son épouse qui vient d’être déportée. Un texte engagé donc, bien écrit dont les dernières lignes présagent une fin malheureuse. Mon seul souci avec ce texte est la partie uchronique, on n’a aucune idée du pourquoi de la survivance de l’Empire Khmer, de sa transformation en République, du pourquoi les minorités et opposants sont devenus indésirable ou même l’espace géographique occupé par le Kampujadesa. C’est en surfant sur le blog de l’autrice que j’ai découvert que le Kampujadesa regroupe le territoire de l’ancienne Indochine française et de la Thaïlande. Du coup j’aimerais que la partie uchronique, géopolitique, géographique soit développée dans d’autres textes.

Alerte Rouge — Jerry Oltion
Seul texte étranger du livre, Alerte rouge nous place dans une guerre froide uchronique qui renvoie à la crise des missiles cubains. Sauf qu’ici l’Amérique n’a pas été conquise par les Européens. Ces derniers n’ont pour pied à terre que la modeste île de « Manhattan ». Nous suivons donc des pilotes amérindiens alors qu’une crise s’annonce, car les visages pâles préparent des choses pas très nettes sur leur île. L’histoire est suivie d’une interview de l’auteur qui nous permet de comprendre qu’on ne se situe pas dans les années 70/80, mais plutôt au 19ème siècle. Les noms de certains personnages ou supposés noms de code des pilotes m’avaient déjà mis la puce à l’oreille. L’auteur justifie que l’échec de la colonisation de l’Amérique par les Européens aurait conduit à une course aux armements ultra accélérée. Ainsi nous avons l’équivalent de chasseurs F-15 et de missiles guidés dès le 19ème siècle. Cette révélation dans l’interview casse toute la crédibilité uchronique alors même que le texte en lui-même est franchement sympa.

Avis global
Vu mes goûts en matière d’uchronie je ne suis clairement pas le public cible de cet ouvrage. Je l’ai tout de même globalement apprécié, et certains textes m’ont été très agréables. Je note la grande place laissée aux autrices (7/15) et aussi à des personnages principaux féminins (4), la variété des histoires et leur côté parfois engagé.
Du côté du moins bon, beaucoup de textes uchroniquement peu ou pas plausible, ou relevant plus de la fantasy, mais aussi des textes dont l’uchronie n’est pas justifiée ou n’est peut-être qu’un prétexte pour figurer dans l’ouvrage. La format court est aussi un handicap, car il empêche d’explorer certains univers qui le méritent. Enfin, les « possibles » évoqués par la quatrième de couverture n’ont rien à voir avec le contenu du livre.
Je pense que cet ouvrage est particulièrement adapté pour faire découvrir l’uchronie à un public jeune ou peu calé en histoire. Les amateurs d’uchronies plus solides et les passionnés d’histoire risquent de rester sur leur faim. Pour ma part j’attends le deuxième volume.

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Message par Emile Ollivier le Dim 2 Juin - 16:53

Merci Thomas. N'empêche que c'est hallucinant le 4ème de couverture qui n'a rien à voir avec le récit :p
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Message par Anaxagore le Dim 2 Juin - 17:37

Merci Thomas.

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Message par Thomas le Dim 2 Juin - 20:31

De rien messieurs.

N'empêche que c'est hallucinant le 4ème de couverture qui n'a rien à voir avec le récit
J'ai trouvé ça très étrange, mais bon, ça reste un bouquin divertissant et qui plaira beaucoup à ceux qui ont des gouts différents des miens.

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Message par Emile Ollivier le Dim 2 Juin - 20:47

J'aurai aimé un duel Anubis c. Robespierre quand même !
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