Histoire des Premiers Consuls français.

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Histoire des Premiers Consuls français.

Message par DemetriosPoliorcète le Ven 12 Oct - 12:33

Lucien Bonaparte 1802-1812





L'assassinat de Napoléon Bonaparte, le 10 avril 1802, moins d'un mois après la signature de la Paix d'Amiens. La stabilité qui semblait acquise est brutalement remise en cause. Les circonstances de la mort du premier consul, qui avait déjà échappé à un assassinat deux ans auparavant, restent floues. On a parlé de conspiration des notables aussi bien que de mari jaloux, mais c'est la piste royaliste qui reste privilégiée par l'historiographie.

Dans la confusion qui suit sa mort, quelques tentatives de coup de force royalistes ou néo-jacobines sont rapidement tuées dans l'oeuf. Parmi de nombreux candidats (Sieyès, Cambacérès, etc...) c'est finalement la figure du jeune frère de Bonaparte, Lucien, qui s'impose, forte de la popularité de son frère ainé et du rôle qu'il a joué dans le coup d'Etat. Il restera dix ans en place.

A l'intérieur, il consolide les acquis de la révolution et du gouvernement de son frère, poursuivant ses réformes de modernisation de l'Etat et de réconciliation nationale (après une période de répression qui suit la mort de Napoléon). Républicain de conviction, il accepte au compte-gouttes quelques concessions aux tenants du pouvoir législatif, sans que la nature profonde du régime ne soit remise en cause.

Sa politique extérieure est marquée par la prudence: sachant qu'il est dépourvu des talents militaires de son frère, il cherche à garantir la paix pour la France et ses Etats-clients (les Républiques Soeurs Batave et Cisalpine), quitte à faire de nombreuses concessions au Royaume-Uni, sur Malte notamment.
Pour briser l'unité des monarchies continentales et éviter la formation d'une nouvelle coalition, il esquisse un timide rapprochement avec la Russie du tsar Alexandre, dont la presse du régime vante les réformes et l'esprit libéral. La visite du tsar en France dans la dernière année du gouvernement de Lucien Bonaparte est un symbole de détente et de paix en Europe.

Sa politique coloniale est également marquée par une certaine prudence. La France reprends pied à Saint-Domingue après de difficiles négociations avec Toussaint Louverture (qui meurt quelques années plus tard; on a parlé d'assassinat...), et un programme de développement de la Louisiane française est lancée, avec notamment la fondation de Bonaparteville sur le Mississipi.
Il règle également la question de la dette de la France à la Régence d’Alger, dont le paiement est assorti d’un traité commercial. C’est le début de l’influence française en Afrique du Nord. Une ambassade permanente est également établie auprès de l’Iran Qadjar, où la France entend jouer le rôle d’arbitre entre la Russie et l’Angleterre.

Quand il quitte e pouvoir en 1812, Lucien Bonaparte laisse un régime que l'on pensait provisoire profondément consolidé.

Gilbert du Morier, Marquis de La Fayette 1812-1822




Revenu d’exil à la faveur de la paix, La Fayette est désigné Premier Consul après le départ de Lucien Bonaparte. Sa nomination marque un tournant : les notables issus de la Révolution, une fois leur pouvoir consolidé et la paix assurée, souhaitent la fin progressive du régime de salut public qu’est le Consulat et le passage à un régime parlementaire censitaire d’inspiration britannique.
En réaction, les tenants d’un éxécutif fort se rassemble derrière d’anciens héros de la guerre révolutionnaire, dans ce que l’on appelera le parti des « Bicornes ». L’espace politique se configure donc ainsi : à gauche, les Jacobins, ennemis du régime, puis les Libéraux, partisans d’un assouplissement vers le parlementarisme. Plus à droite, les Bicornes, attachés aux acquis de la Révolution mais partisans d’un pouvoir fort. A l’extrême-droite, les royalistes du Parti Catholique, puissants dans de nombreuses régions mais qui font l’unanimité contre eux au Corps Législatif comme au Sénat.
Tandis que les tensions politiques vont croissante en France, l’équilibre des puissances semble triompher avec ce que les historiens appeleront les « Quatre Europe » : la Grande-Bretagne libérale, la France Révolutionnaire « assagie », la Russie où triomphe le despotisme éclairé d’Alexandre, qui finit par abolir définitivement le servage et commence à s’étendre aux dépends de l’Empire Ottoman et, dans le reste de l’Europe, les monarchies conservatrices qui n’ont pas connues les transformations révolutionnaires, et où les idées libérales progressent très lentement. A Vienne en 1815, le Chancelier de l’Empereur François II du Saint Empire, Metternich, réunit la plupart des souverains allemands et Italiens ainsi que les rois d’Espagne et du Portugal pour signer un traiter d’assistance mutuelle, la « Sainte Alliance ». Dans le même temps, il réussit ce que tout le monde croyait impossible, une réformé des institutions du Saint-Empire, favorable à l’Autiche et permettant l’ingérence impériale pour contrer toute révolte contre un monarque légitime. Il modernise également la Diète [le Saint Empire de cette continuité est plus ou moins semblable à la Confédération Germanique de notre histoire].
En Louisiane, une grave crise secoue le pays : l’installation jugée illégale de nombreux Anglo-Saxons provoque une réaction violente chez les Français, d’où une guerre larvée entre milices des deux camps. Accusant, pour des raisons évidentes, le Premier Consul de sympathies américaines le conduisant à l’inaction, les « Patriotes de Louisiane » installent à la Nouvelle-Orléans une municipalité insurrectionnelle que le gouverneur nommé par Paris n’ose pas faire réprimer. S’ensuit l’octroi d’une large autonomie à la Louisiane, qui peut contrôler l’immigration (sauf celle des citoyens français) et entretenir sa propre force armée, la Milice de Louisiane. Une politique de contrôle stricte de la frontière se met en place. On octroie notamment aux diverses tribus indiennes des territoires situées sur la bordure du territoire afin d’empêcher le passage des pionniers américains. Néanmoins, l’immigration des anglophones continue dans la moitié nord de la province, d’autant plus que les fonctionnaires Louisiannais comme les chefs indiens s’avèrent très vite corruptibles… Quoi qu’il en soit, la Louisiane est désormais autonome.

Joachim Murat 1822-1832

En réaction à la période parlementariste de La Fayette, les Bicornes font parvenir au consulat l’un de leurs membres les plus en vue, Joachim Murat, fort de ses exploits militaires passés et surtout du soutien du clan Bonaparte (il est le beau-frère de Napoléon et Lucien) et de son solide appareil de propagande. Si la nomination de ce militaire extravagant est moquée par certain, il sait se rendre très populaire, en élargissant relativement l’assiette des votants et en rétablissant la pratique des plébiscites.
Sa nomination fait craindre le retour des guerres européennes. Néanmoins, lorsqu’en République Cisalpine, les Giacobini prennent le pouvoir et, espérant réaliser l’unité italienne, envahisse la Toscane, la « grande sœur » française refuse tout soutien et fait pression pour un retrait des troupes, suivi d’un congrès européen. Les gauches italiennes et françaises ne le pardonneront jamais au Premier Consul, « aspirant monarque » vendu aux rois étrangers. Dans les mois suivants, plusieurs insurrections libérales ont lieu en Europe, vite réprimées faute de soutien populaire. Les peuples retent en grande majorité fidèles à leurs rois, et il est clair que la République Française n’a plus l’aventurisme de ses débuts et ne soutiendrait les mouvements nationaux et libéraux qu’en paroles et en paroles seulement.
A l’extérieur, Murat renforce la présence française en Méditerranée en envoyant massivement armes et conseillers à la Régence d’Alger pour contrer la révolte de l’Emir Abd el-Kader et en soutenant la lutte des Grecs face aux Ottomans, tout en esquissant un rapprochement avec Mehmet Ali. La conférence de Nice de 1831 redessine les frontières du Moyen-Orient et des Balkans, affaiblissant grandement l’Empire Ottoman au grand dam des Britanniques, qui craignent pour leur Empire des Indes face aux ambitions des Français et des Russes. L’Empereur Habsbourg hérite d’un Royaume de Serbie tandis que la Russie annexe en pleine souveraineté la Moldavie, place un membre de la famille impériale sur le trône de Valachie et obtient une autonomie de la Bulgarie au sein de l’Empire Ottoman, avec un droit de regard qui se transforme vite en contrôle officieux. Dans les années suivantes, plusieurs traités reconnaissent à Mehmet Ali la souveraineté sur l’Egypte, le Soudan et une large partie de la Péninsule arabique, tandis que son fils Ibrahim obtient le gouvernement à vie de la Syrie.

La fin du mandat du Premier onsul termine pourtant tragiquement: ayant exprimé en privé l'idée de prolonger son mandat, il provoque une série d'émeutes à Paris lorsque cette idée fuite dans la presse. Une répression sanglante écrase le soulèvement, mais Murat doit laisser son poste au terme de son mandat devant l'opposition des deux chambres.[/b]


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Re: Histoire des Premiers Consuls français.

Message par Rayan du Griffoul le Sam 13 Oct - 0:38

Intéressant comme concept
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Re: Histoire des Premiers Consuls français.

Message par DemetriosPoliorcète le Dim 4 Nov - 10:48

François Guizot et la guerre franco-américaine 1832-1842



Après une période de plusieurs mois de vacance du pouvoir, c’est un homme que personne n’attendait qui parvient au pouvoir suprême : François Guizot, conservateur mais protestant, parvient à réaliser une coalition hétéroclite des conservatismes, recevant même l’appui d’une partie des représentants du Parti Catholique. Il a comme troisième consul Louis-Philippe d’Orléans, dans une optique de réconciliation.

Les années Guizot sont celles du développement économique de la France, notamment dans l’Est du pays : alors que le gouvernement précédent avait ouvert de nombreuses manufactures et aciéries d’Etat dans un but militaire, c’es désormais l’entreprenariat privé qui doit porter le pays. La Lorraine et la Rhénanie entrent de plein pied dans la révolution industrielle. En 1835 est créé le prestigieux Collège Rhénan de Paris, destiné aux jeunes venant de familles germanophones. Il ‘agit de créer une bourgeoisie rhénane fidèle à la France. Paris s’agrandit également de nombreux quartiers ouvriers. La réflexion sur le paupérisme stimule les débats politiques. C’est la période des premiers écrits du jeune trévois Charles Marx, qui ne va pas tarder à être expulsé de France pour ses prises de positions socialistes.
La politique protectionniste, jusqu’ici la norme, est assouplie. Le gouvernement français signe un traité de libre échange avec un ensemble de pays du Nord de l’Allemagne, provoquant la fureur de Vienne, où Metternich tente de créer un espace économique unifié à l’échelle du Saint Empire. La signature d’accords avec la Grande-Bretagne, suite à la visite exceptionnelle du Duc d’Orléans, laisse présager la baisse des tensions et le développement économique.

Néanmoins, c’est pour une guerre que le Consulat de François Guizot est, bien malgré lui, connu aujourd’hui : la guerre franco-américaine, ou guerre de Louisiane.
Suite à de fortes tensions en Amérique du Nord, qui culminent avec la proclamation d’une éphémère République des Grands Plaines par des colons anglophones, et des opérations de quasi nettoyage ethnique menées par la Milice de Louisiane, le gouvernement de Washington où dominent les faucons, persuadé qu’une intervention de la France métropolitaine entrainerait une guerre européenne, envoie en 1838 des troupes marcher sur la Nuvelle-Orléans, espérant obtenir la concession d’une large partie de la Louisiane, permettant de continuer l’extension vers l’Ouest, « destinée manifeste » des Etats-Unis.
Malgré le scepticisme initial de l’exécutif, la France part en guerre, poussée par les discours bellicistes à la fois des Jacobins et des « Bicornes », rejoints par les royalistes désireux de protéger les « frères catholiques » du Mississipi. La flotte française détruit rapidement les navires américains dans le Golfe du Mexique, et un corps expéditionnaire de 50 000  hommes est débarqué à la Nouvelle Orléans, puis inflige une sévère défaite à l’armée américaine, tandis que la Milice reprend l’offensive dans le Nord. La guerre aurait pu s’arrêter là , mais l’acharnement des deux côté conduit à sa prolongation pendant trois ans, tandis que les troupes françaises subissent de terribles pertes du fait des maladies.

Le débarquement français en Virginie et la prise de Richmonf finissent par pousser Washington à la négoiation et la signature d’un cessez-l-feu. En 1840 à La Havane se tient le fameux « Congrès des Amériques » censé régler les contentieux liés à la Louisiane mais aussi la question de l’autonomie des colonies espagnoles et portugaises où des affrontements entre indépendantistes et loyalistes. On consacre finalement l’autonomie des vice-royautés espagnoles et du Royaume du Brésil, tout en créant des Etats libres indiens sur les terres espagnoles mais mal contrôlées à l’Est de la Louisiane, dont la vaste Comancheria. D’autres tribus, comme les Cherokees, chassés de Caroline et soutien des Français pendant la guerre, obtiennent une autonomie au sein de la Louisiane. « La question d’Amérique est définitivement réglée » dire Alexis de Tocqueville, représentant de la République Française, à l’issue du Congrès. Hélas d’autres questions liées à la politique coloniale ne tarderont pas à apparaitre…
En Louisiane, on célèbre la victoire, véritable naissance de la nation. L’aile gauche des Patriotes de Louisiane impose le récit national d’une terre de Progrès et d’Egalité, dans laquelle Blancs, Indiens et Noirs, égaux en droit, luttent pour leur liberté entre l’anarchie et l’archaisme de la Nouvelle-Espagne  et la rapacité des Anglo-Saxons honnis. La constitution de 1842 consacre cette vision, tout en imposant, chose impensable en Europe, le suffrage universel pour l’élection des représentants. Le Parlement est nommé « Convention Louisianaise », référence directe à la révolution française.

Les années qui suivent voient un développement économique accéléré de la province, et une forte immigration irlandaise, facilitée par l’épisode du « Bataillon Saint Patrick » composé d’immigrés irlandais ayant changé de camp au cours de la guerre. Après la grande famine de 1846, l’immigration irlandaise va s’intensifier, donnant même naissance à des poches de survivance du gaélique en Amérique du Nord.


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Re: Histoire des Premiers Consuls français.

Message par Rayan du Griffoul le Dim 4 Nov - 16:45

Excuse moi pourrais tu afficher l'année de début et de fin de mandat ?
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Re: Histoire des Premiers Consuls français.

Message par DemetriosPoliorcète le Dim 4 Nov - 18:33

Bien sur je fais ça tout de suite.

D'ailleurs pour une raison que j'ignore les images ne s'affichent pas.
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Re: Histoire des Premiers Consuls français.

Message par le roi louis le Ven 9 Nov - 22:37

Bon sur ton pod on est avant le 20 mai 1802. C'est à dire avent la ré-instauration de l'esclavage par Napoléon. Le traité d'Amien est déjà signé. Donc les colonies françaises passées sous domination anglaise comme la Martinique seront rendu. C'est de là que vient pour Napoléon, la volonté de rétablir l'esclavage, c'est pour satisfaire les colons de Martinique révoltés et passé à l'anglais plutôt que d'accepter l'abolition.

Cette loi est elle maintenue? Et si oui l'expédition de Rochambeau (le fils du héros de la guerre d’indépendance américaine) sur Haïti se fera t elle? Car il ne faut pas oublier qu'Haïti c'est la perle des Antilles. L'argent que rapporte le négoce du sucre est énorme, la colonie est riche et prospère. Si la France ne restaure pas l'esclavage l'île va rester au moins pour un temps dans le giron français. Surtout les grand colons ne seront pas exproprier et la main mise économique restera liée à Paris. Pourquoi vouloir développer la Louisiane quand on possède une telle rente?
Si j'ai bien compris la France réussi à se mettre Toussaint L'ouverture dans la poche avant qu'il ne disparaisse de façon "étrange" j'en conclu que l'esclavage est bel est bien aboli. dans ce cas là il y aura des remous dans les autres îles à sucres françaises voir à la Réunion, ou la loi d'abolition n'avait jamais été appliquée. Connaissant l'anglais, il sera ravi "d''aider" d'éventuel rebelles "royalistes"

Autre point, une France abolitionniste voisine des étéas unis esclavagistes, il y aura des fuites et des réseau d'évasions qui vont se mettre en place. c'st étrange d'imaginer Underground Railroad presque un demi siècle plus tôt et à destination non du nord et du canada mais du sud ouest et de la Nouvelle-Orléans

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Re: Histoire des Premiers Consuls français.

Message par Emile Ollivier le Dim 11 Nov - 12:28

Bonjour Demetrios.

C'est un véritable plaisir que de lire ton récit. Je te souhaite une bonne continuation.
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