Québec et après....

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Québec et après....

Message par Berold le Ven 7 Sep - 23:48

L’Amérique du Nord. S’il est des batailles qui semblent secondaires, aucune n’est anodine. Si de tout acte découle une conséquence, alors….

La Guerre Franco-Indienne :

En 1750, en Amérique du Nord le long de la Côte Est vivent 2 millions d’Anglais. Les Français peuplent des territoires immenses, à l’intérieur des terres, protégés par des forts épars. Les combats de frontières sont incessants depuis 1755. Ils deviennent une véritable guerre dans la Vallée de l’Ohio. Les Français alliés à un maximum de tribus Amérindiennes mènent une guérilla continue contre les Britanniques. En 1755, le général Louis-Joseph Montcalm assène une remarquable défaite aux Anglais du Fort William Henry.

La bataille du Fort Carillon, qui suit, révèle toute son intelligence.

En Juin 1759, avec des renforts venus de métropole le général Anglais Wolf décide d’attaquer la ville de Québec : le cœur de la puissance ennemie. Il remonte ainsi le fleuve Saint-Laurent avec une puissante flotte navale de 49 navires, 13 500 marins, 7000 soldats d’infanterie, 1940 canons et 1200 Indiens. Les troupes Anglaises débarquent à proximité de la ville Française : les 400 Anglais de William Howe repoussent les 200 Français en poste sur les rives du Saint-Laurent vers les hauteurs des “Plaines d’Abraham“, à l’Ouest de Québec. Wolf est rusé : il feinte alors une attaque massive de 4000 hommes à l’Est de la ville prêt de la cascade “les Chutes de Montmorency“, et de celle du “Voile de la Mariée“. Les milices Franco-canadiennes sous les ordres du général de Bougainville s’y précipitent pour faire face à l’invasion Anglaise de James Murray qui est soutenue par le navire “Centurion“. Durant la bataille les Britanniques perdent 400 soldats et les milices Canadiennes 60 hommes. L’Est de la ville est sauf et reste aux mains des Français.

Le général Français Montcalm ne garde dans Québec que les troupes régulières de métropole prêtes à intervenir. Il voit alors poindre dans “les Plaines d’Abraham“ tout le gros des forces Anglaises. Celles-ci attaquent en ligne et se lancent à l’assaut de la maigre palissade de bois qui protège la cité.

Montcalm aligne face aux Anglais toutes les forces dont il dispose et repousse l’attaque de Wolf. La fusillade est intense, et les Français savent qu’ils ne pourront pas résister longtemps. Louis-Joseph de Montcalm réquisitionne alors, contre l’avis du gouverneur de la ville, les canons qui derrière la palissade de bois défendent la cité. L’artillerie est emmenée dans la plaine, cachée derrière la ligne de feu qui ajuste les Anglais.

Sur les ordres de Montcalm, à un moment donné, les troupes Françaises se replient vers la cité. Les Anglais croyant en la victoire se lancent sous la conduite du général Wolf à la poursuite des “fuyards“ qui passent derrière leurs canons.

Les Français dévoilent ainsi leur subterfuge : l’artillerie fait feu de tout bois et la grenaille déchiquète les troupes ennemies à bout portant. Wolf et 3000 Britanniques trouvent la mort durant l’assaut. Revenues de l’Est de la Ville une partie des milices Canadiennes sous les ordres de Jean-Daniel Dumas prennent les Anglais à revers dans la Côte Sainte-Geneviève. Les Britanniques perdent alors toute cohésion et fuient vers les rives du Saint-Laurent en abandonnant armes, baguages et canons. L’embarquement des Britanniques se fait dans un chaos indescriptible : harcelés par les milices québécoises les “Habits Rouges“ tombent sans vie, les uns après les autres, dans les eaux du fleuve.

Montcalm, sachant qu’il n’aura pas de deuxième chance, fait donner depuis les hauteurs ses canons sur la flotte d’invasion. Celle-ci sur le point d’appareiller perd une quinzaine de navire qui sombrent dans les profondeurs de grand fleuve. Le cartographe James Cook est englouti avec 3400  marins. S’en est fini des rêves de conquête Anglaise, des ambitions bellicistes et conquérantes de l’Angleterre revancharde vis-à-vis de la France.

Dans le mois qui suit Louis-Joseph Montcalm en profite pour reprendre l’offensive. Il mobilise les milices Canadiennes et les tribus Amérindiennes alliées, et décide de porter la guerre en territoire ennemi. Ce que les Indiens appelleront par la suite “La Grande Chasse“ conduit au sac de Boston. 13 500 Français : dont 2 000 Indiens, 140 Acadiens, 3 500 Canadiens, 200 Cavaliers et 500 Canons, sous la conduite de François-Gaston de Levis ravagent la Nouvelle Angleterre.

Une petite flotte navale conduite par la Pérouse bombarde New-York, et débarque un bataillon de marins armés qui s’emparent du port. L’émoi est total. La population civile doit fuir vers le Sud pour échapper aux tueries. L’entrée en guerre de l’Espagne aux côtés de la France n’arrange en rien les affaires Anglaises. Les Britanniques se doivent alors d’envoyer un maximum de renforts pour se maintenir sur la côte. Un raid combiné Franco-Hispanique sur Charleston amène finalement à la signature d’un traité de paix en 1765 à Paris :

- La Floride Orientale revient à l’Espagne victorieuse.

- Les Antilles sont conservées à la France qui annexe les îles anglaises conquises par l’amiral de la Pérouse.

- Ce qui portait les noms de Maine, New-Hampshire, Vermont, New-York et Pennsylvanie est intégré au Canada sous le nom de Nouvelle-Angoumoisie ou Nouvel Angoumois.
 
- Le Manitoba devient une province québécoise tout comme l’Ontario et toute la Baie d’Hudson.

- L’Acadie et Fort Levis (Fort Albany) sont rendus à la Couronne Fleur de Lysée. Ils sont regroupés avec la Province de Terre-Neuve.

- Les Territoires du Michigan, de l’Ohio, et de l’Illinois forment la Province des Grands Lacs, autrement appelée Province Sainte-Marie.

- Ceux du Missouri, de l’Iowa et de l’Arkansas créent la Province de Kaskaskia qui ouvre sur les grands espaces de l’Ouest.

- Le Kentucky et le Tennessee sont regroupés au sein de la Province Centrale de la Haute-Louisiane.

- L’Oregon et la Région des Rocheuses (Etat de Washington) sont nommés province Royale-Pacifique.

- La Louisiane, le Mississippi  et l’Alabama forment la province Louisiane.

- L’ensemble des territoires américains forme la Nouvelle-France.

- L’Inde, pour sa partie Est, reste française.

- La Californie et les Territoires de l’Ouest (Texas compris) resteront Espagnols sous l’appellation de Vice-royauté du Pacifique et de Nouvelle-Espagne. Cette région qui va s’enrichir par la découverte de l’Or et un affut important de population venue de toute l’Europe.

- L’immigration Hollandaise se porte sur l’Afrique du Sud et l’Australie Occidentale, et l’Allemande sur l’Amérique du Sud : Bolivie, Paraguay, l’Argentine et le Brésil.

- La Nouvelle Angleterre exsangue ne trouve son salut que dans l’exploitation forestière des Appalaches et par sa zone de pêche donnant sur l’Atlantique dont elle fait son symbole. Cependant, plusieurs exploitations de planteurs de coton voient le jour à l’instar des grands domaines français de la Province Louisianaise.

- L’immigration Anglaise se reporte sur l’Inde Occidentale et la lointaine Colombie Britannique qui ouvre aux Anglo-saxons les portes d’une Amérique profonde qui comprend l’Idaho, le Montana et le Wyoming. Les Espagnols ouvrent aussi le nord du Mexique hostile et désertique au peuplement européen. De nombreux Gallois, Écossais, Anglais, Allemands et Français protestants si établissent avec l’espoir d’une vie meilleure. Celle-ci est rythmée par les confrontations avec les Apaches et autres tribus indiennes qui refusent leurs implantations.

- De leur côté les Russes forment un Canada Slave avec l’Alaska et les Territoires du Nord-Ouest américain.

Dans les années qui suivent, L’amiral de Bougainville découvre la Nouvelle-Armorique (Nouvelle Zélande), la Nouvelle-Normandie (Nouvelle Calédonie) et prend possession de la Nouvelle-Bretagne (Nouvelle-Guinée Orientale) au nom de la Couronne. L’amiral prend possession de l’archipel des Malouines et jette ainsi les bases de l’exploration des Terres Australes. L’amiral de la Pérouse explore le Pacifique et prend possession des Iles Salomon. Tous ces territoires sont officiellement intégrés à l’Empire Français par l’amiral d’Entrecasteaux qui y établi des colonies, pénitentiaires pour certaines : Les bagnards libérés sont encouragés à rester sur place pour exploiter ces terres australes.  Fort du développement de la Louisiane via la Nouvelle-Orléans et de Saint-Louis près des grands lacs, il n’y a pas de Révolution Française en 1789. Cela est dû à une immigration bourgeoise poussée par la perspective d’une vie meilleure dans les colonies américaines. Elle est rejointe par une masse salariale populaire.

Celle-ci est attirée par la perspective d’une vie tout aussi rude mais loin d’une monarchie absconse et d’une noblesse absolusionniste. Par leur reconnaissance de l’autorité du Roi Louis XVI dans les provinces françaises, les tribus amérindiennes éparses restent libres et de nombreux traités d’alliance les lient à la Couronne. Leurs guerriers forment des troupes auxiliaires bienvenues pour les régiments réguliers de métropoles qui opèrent aux Amériques. Il se développe ainsi dans ces territoires apaisés un gros commerce d’exportation de fourrures, de légumes nouveaux, de fruits exotiques, de tabac, etc….  Un enrichissement dont bénéficient des ports tels que Bordeaux, La Rochelle, Nantes, Saint-Malo et Brest d’une part, la Nouvelle-Orléans dans le Golfe du Mexique et la Nouvelle-Angoulême sur la côte atlantique Nord-américaine qui est la porte d’entrée des immigrants sur le continent où « tout devient possible pour qui s’en donne la peine ».

La Nouvelle-Orléans devient le Centre Culturel et artistique d’un monde nouveau où l’émulation des artistes est constante. Loin du Vieux Monde et de ses contraintes de style, l’Amérique Française devient le Symbole de la Liberté d’esprit et intellectuelle, où l’autorité des rois est si peu pesante que la vie s’y écoule doucement, surtout dans le Sud des planteurs de coton qui trouvent leurs débouchés en Europe.  

En 1808, suite à l’assassinat du Sultan réformateur Selim III par les Janissaires conservateurs, les puissances européennes décident d’intervenir en Orient. Selim III avait ouvert des pourparlers avec les autrichiens et les russes afin de sortir son empire de la guerre. A sa mort, sous prétexte de soutenir les serbes révoltés et de protéger les Chrétiens d’Orient : Autrichiens et français mettent leurs forces en commun pour occire l’Empire Ottoman. L’amiral d’Eoux en charge de l’escadre française taille alors pour la France en Égypte, ainsi qu’au Moyen-Orient, un large territoire comparable aux anciens État-Latins d’Orient.
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Re: Québec et après....

Message par le roi louis le Sam 8 Sep - 12:34

Si tu veux une victoire à Quebec des français face aux anglais, il faut une défaite des prussiens face aux autrichiens. La Guerre de sept ans un jeu de bascule mondiale entre les différents théâtres d'opération. Le théâtre nord américain n'est que très secondaire pour Versailles alors qu'il est central pour Londres.
Admettons qu'il y ait une victoire défensive des français à Quebec. La campagne victorieuse qui suit en Nouvelle Angleterre n'a rien de sûr. Les anglais ont eux aussi une série de fort qui couvrent l'arrière pays . Les problèmes d’intendance qui ont pourri la vie aux généraux britanniques, Montclam va lui aussi de voir y faire face. Enfin les milices restent des milices! Leur usage de façon défensive est acté, mais les expéditions lointaines soulèvent tout un tas de problème. Les britanniques ont eu énormément de problème à mobilisé les milices des treize colonies. Pour rappel un certain Georges Washington fait ses premières armes en tant q'officier de la troupe. Certes la Nouvelle-France est dirigé d'une façon beaucoup plus autoritaire que les colonies britanniques mais je doute que la milice québécoise accepte de si lointaine expédition.

Par contre je trouve que c'est sur le intérieur que tu n'as pas assez exploité cette défaite britannique. Le gouvernement de Pitt n'est pas stable et risque d'être emporté. A voir qui lui succède mais à cette époque des négociations pour une paix de compromis vont bon train de part et d'autre de la Manche. Pitt hors jeu ces négociations ont la possibilité d'aboutir.

Mais pour moi le soucis principal de cette histoire alternative c'est que la France a décidé de se consacrer à la guerre en Europe, c'est à dire à d'Allemagne. Le problème c'est qu'en face il y a un génie militaire doublé d'un énorme chattard, Frédéric II. Si tu veux que l’Amérique française survive, il faut que Frédéric soit vaincu afin que toute la puissance française puisse se tourner vers Albion.

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Re: Québec et après....

Message par Berold le Sam 8 Sep - 12:47

Effectivement c'est à prendre en considération.... Tout comme le fait que l'Angleterre reste maitresse des Mers et que les Français ne peuvent envoyer autant de renforts qu'ils le voudraient en Nouvelle-France pour reprendre l'initiative.
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