La Balle de la Providence: Une TL Acadienne

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La Balle de la Providence: Une TL Acadienne

Message par phil03 le Sam 10 Fév - 3:41

Voici un autre de mes TL's d'abord publié en anglais sur AH.com, du Languedoc de la dernière fois l'on passe à ma région d'origine Smile

La Balle de la Providence: Une TL Acadienne




Chapitre I: Les ''French Neutrals''

Jamais l'humanité n'avait vu une série de conflits se comparant à ceux qui, durant les deux premier tiers du 18e siècle, opposèrent la France et la Grande-Bretagne. Quatre continents et trois océans, en plus de multiples mers et îles, furent les théâtres d'un duel titanesque entre Versailles et Whitehall. Nombreuses furent les nations, peuples et communautés qui furent impliqué contre leur grès dans ces conflits. Parmi ces dernières se trouvait une communauté de paysans franco-catholiques habitant la côte atlantique de ce qui deviendra éventuellement le Canada (1). Plusieurs termes furent utilisé pour les désigner: les Micmacs les surnommèrent les Alquatiqs (les peuples des campements) les Britanniques les affublèrent plutôt du titre de ''French Neutrals'', les français neutres, mais nous préférons le nom qu'ils se donnèrent eux même: les Acadiens.

Durant son premier siècle, l'histoire des Acadiens fut assez banale. Fondé par Samuel de Champlain en 1604, l'Acadie ne fut que l'une des nombreuses colonies européennes qui émergèrent dans l'hémisphère ouest durant la Renaissance, ces habitants tentant de trouver dans le Nouveau monde la prospérité qui leur avaient échappé dans l'ancien. Certains trouvèrent la richesse grâce au commerce des fourrures avec les Micmacs mais la plupart durent se contente de terres plus ou moins plus large que celles qu'avaient cultivé leur ancêtres. Pendant plus d'un ils vécurent ainsi, leur nombre grandissant alors qu'ils commerçaient, cultivaient et défrichaient des terres toujours plus nombreuses. Les raids et contre raids lancés par leur gouverneurs et leurs adversaires ne les affectant que marginalement.

Tout cela changea en 1713. Avec le traité d'Utrecht et la fin de la Guerre de Succession Espagnole l'Acadie fut cédé à la Grande-Bretagne. Cette acquisition territoriale confronta le Colonial Office Britannique à un dilemme: elle lui fournissait une base idéale pour une éventuelle attaque contre la Vallée du Saint-Laurent mais elle faisait également de Londres la première puissance européenne à avoir à géré une population coloniale étrangère mais européenne, une situation inédite qui n'était pas sans difficulté. De plus, Londres était grandement consciente de la nécessité de se concilier les Acadiens si l'on voulait préserver la solvabilité de la colonie. Un compromis fut donc trouvé: les Acadiens conserveraient leur langue et religion et serait dispensé du devoir d'aider les Britanniques contre la France dans tout future conflit mais seraient autrement semblable à tout autre sujets britanniques.  

L'Acadie suite au Traité d'Utrecht, certains des forts ne furent construit que plus tard.

Pendant trente ans la situation en Acadie fut régie par ce statu quo, la mort du roi soleil ayant entraîné une sorte de détente entre Londres et Versailles. La paix régnait. Cette heureuse situation n'était toutefois pas destiné à perdurer: alors que l'écart de population entre la Nouvelle-France et les Treize colonies allait croissait et que les relations entre les deux superpuissances devenait de plus en plus tendu le Ministère Français de la Marine (2) décida que la France devait jouer toute les cartes à sa disposition si elle voulait espérer survivre en Amérique du Nord. Durant les dernières décennies la France était parvenue à conserver une présence en Acadie à travers les clercs catholique qu'elle y envoyait, quoi qu'elle leur conseillait habituellement de rester neutre, au moins en apparence, pour éviter d'être expulsé par les Britanniques. Tout cela changea avec le début de la Guerre de Succession d'Autriche: suivant les instructions de Versailles le clergé catholique de la région se mit à appeler les Micmacs et les Acadiens à la révolte.

À leur tête se trouvait le père Jean-Louis LeLoutre, un missionnaire envoyé pour poursuivre la conversion des métis, qui commandait en personne les forces pro-France durant la première ronde de ce long combat qui allait ravager la région durant le long conflit qui allait ravager la région durant une décennie.

Jean-Louis LeLoutre


À la tête de 250 miliciens acadiens et 150 soldats de la marine LeLoutre prit et mis à sac le port de Canso avant de se tourner vers le centre de l'administration britannique de la région: Port Royal. Malheureusement pour LeLoutre, ses deux tentatives d'assaut contre la ville se soldèrent par des échecs, le style de combats des acadiens et des Micmacs n'étant pas adapté à la guerre de sièges. Les mauvaises nouvelles s'accumulèrent pour la France et ses partisans en 1745 et 1746 alors qu'une expédition venue de la Nouvelle-Angleterre parvint à prendre la forteresse de Louisbourg et une expédition de renforts en provenance de Brest, commandés par le Duc d'Anville, souffrit de fortes pertes en mer, scellant la fin des espoirs français de reprise de Port Royal. Malgré tout, la résistance française dans la région n'était pas, loin de la, éteinte. LeLoutre et ses partisans recrutèrent vers le nord-ouest, plus profondément au sein des territoires Micmac's, ou les Britanniques s’avérèrent incapable de les poursuivre. De leur nouvelles bases les miliciens acadiens et les Micmac's se remirent à lancer des raids contre les garnisons britanniques, notablement contre Grand-Pré en 1747, ou 250 acadiens et Micmac's défaire 500 soldat régulier britannique grâce à l'effet de surprise et aux conditions météorologiques (3).

La Bataille de Grand-Pré

La fin de la Guerre de Succession d'Autriche sembla marquer l'échec de la tentative française de reconquête de l'Acadie, le Traité d'Aix-La Chapelle restorant le Statu Quo Ante Bellum dans la région. Les forces sous le commandement de LeLoutre semblait destiné à se dissoudre à brave échéance. La guerre fut toutefois rallumé par le durcissement de la politique de l'administration britannique envers les Acadiens et les Micmac's, plusieurs officiers britannique considérant que les événements des dernières années avaient consitué un bris du compromis adopté suite au Traité d'Utrecht par les Acadiens et la Rébellion Jacobite de 1745 ayant attisé les sentiments anti-catholique au sein de la population britannique. Ces partisans de la ligne dure trouvèrent un chef en la personne de Charles Lawrence, lieutenant au sein du 45e régime d'infanterie britannique, qui était arrivé à Canso en 1747. Ambitieux et brillant, Lawrence devint major en 1749 et semblait destiné à accéder aux plus haut rang des forces armées et de l'administration britannique de la région. Ses talents n'étaient égalé que par sa haine pour la population franco-catholique de la colonie. Sous son influence Charles Cornwallis, gouverneur de la Nouvelle-Écosse (4), lança un effort concerté pour attirer des colons anglo-protestants dans la région pour la première fois. En 1749 3 000 hommes, femmes et enfants arrivèrent de Grande-Bretagne et fondèrent les villes d'Halifax et de Dartmouth, incitant peur et colère au sein des populations acadiennes et micmac's. Informé de ses développements LeLoutre revint en Acadie, instruit par ses précédentes défaites et en accord avec le gouvernement français il avait renoncé à subtiliser l'Acadie aux Britanniques et avaient plutôt comme ambition de leur subtiliser les Acadiens! Par le relais de clercs catholiques parvenant de France et d'autre sympathisant il se mit à organiser l'exode des populations acadiennes vers les îles Cap Breton et Saint-Jean (5), afin de renforcer ses deux colonies françaises. Entre un tier et un quart des Acadiens se laissèrent convaincre et se mirent en route. La réaction britannique fut rapide et ferment: interdictions fut donné aux Acadiens d'amener argent, bétails et autre biens avec eux et un mandat d'arrêt émis contre ''Moise'' (7). Le conflit armé que l'histoire nommera Guerre du Père LeLoutre avait commencé.

(1) Cette TL étant, par nature, régionale j'espère pouvoir démontrer que l'effet papillons restera suffisamment restreint à l'extérieur de la région pendant suffisamment longtemps pour permettre à une version du Canada d'émerger ITTL.
(2) Responsable des colonies sous l'ancien régime.
(3) Le mois de février au Canada n'a jamais été très propice au style de guerre en vigueur en Europe au 18e siècle.
(4) Fameux OTL pour avoir commandé les troupes britanniques défaite au siège de Yorktown durant la Guerre d’Indépendance Américaine.
(5) L'Île du Prince Édouard
(6) Nom de code des Britanniques pour LeLoutre


Dernière édition par phil03 le Sam 10 Fév - 12:49, édité 2 fois

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Re: La Balle de la Providence: Une TL Acadienne

Message par Anaxagore le Sam 10 Fév - 10:02

On fait tous des erreurs en écrivant, mais certaines phrases sont incompréhensibles. " Pendant trente ans la situation en Acadie fut régie par ce statu quo, la mort du roi soleil ayant entre Londres et Versailles."

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Re: La Balle de la Providence: Une TL Acadienne

Message par phil03 le Sam 10 Fév - 12:39

Anaxagore a écrit:On fait tous des erreurs en écrivant, mais certaines phrases sont incompréhensibles. " Pendant trente ans la situation en Acadie fut régie par ce statu quo, la mort du roi soleil ayant entre Londres et Versailles."

J'ai corrigé l'erreur, ainsi que plusieurs autres.

Dans ce cas-ci je blame l'autotraduction: elle rend trop facile de simplement survoler des bouts de phrases parfois Sad Je ferrait donc plus attention à l'avenir.

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Re: La Balle de la Providence: Une TL Acadienne

Message par Emile Ollivier le Dim 11 Fév - 18:33

Louis XV a donc quand même une sacrée responsabilité dans le destin tragique des Acadiens IRL. Il les pousse à la révolte avant de les abandonner en faisant en sorte de n'avoir bataillé que pour le Roi de Prusse... Vivement la suite sinon Wink
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Re: La Balle de la Providence: Une TL Acadienne

Message par phil03 le Dim 11 Fév - 22:05

Emile Ollivier a écrit:Louis XV a donc quand même une sacrée responsabilité dans le destin tragique des Acadiens IRL. Il les pousse à la révolte avant de les abandonner en faisant en sorte de n'avoir bataillé que pour le Roi de Prusse... Vivement la suite sinon Wink

Effectivement, disons que Louis XV n'est pas très populaire chez les Canadiens-français Wink . Le fait qu'il ait choisi les îles aux épices plutôt que la Nouvelle-France quand la Grande-Bretagne se montra prêt à rendre à la France certaine possessions coloniales au Traité de Paris de 1763 n'a également pas aidé à ce chapitre.

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Re: La Balle de la Providence: Une TL Acadienne

Message par Thomas le Dim 11 Fév - 22:54

Intéressant.
"Subscribed" comme on dirait sous d'autre latitudes.

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Re: La Balle de la Providence: Une TL Acadienne

Message par Emile Ollivier le Lun 12 Fév - 7:41

Je savais pour l'impopularité de Louis XV et le lâchage du Canada (et de la Louisiane) mais je ne le pensais pas capable de manigancer un soulèvement Franco-Micmac...
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Re: La Balle de la Providence: Une TL Acadienne

Message par phil03 le Mar 13 Fév - 0:32

Chapitre II: La Mort d’un Major




Le Leader Acadien, Joseph ''Beausoleil'' Broussard, bras droit de LeLoutre.

Alors que LeLoutre était occupé à préparer son exode, à armer et à entrainer les nouveaux membres de sa milice et à gagner à sa cause le reste de la population acadienne les premières opérations du nouveau conflit furent lancé. Durant les années 1749, 1750, 1751 une série de puissant raids frappèrent les garnisons et colonies britanniques de la région : Dartmouth, Halifax, l’ile Sainte-Croix et Canso furent toutes atteintes et l’effort de colonisation britannique momentanément stoppé. Les autorités coloniales furent tout d’abord  frappé de stupeur: les Micmacs avaient été considérés comme confinés aux forêts de du nord-ouest de la Nouvelle-Écosse et la résistance à la mainmise britannique sur la région comme destiné à s’éteindre à brève échéance et voilà que les ‘’Red Coats’’ se trouvait confronté à une série de raids sans précédents, tant en termes de cibles touchés que de dommages causés, malgré l’absence de forces françaises régulières du conflit.

Ce dramatique retournement de situation fut due en grande partie à l’étoile montante de la résistance acadienne : Joseph ‘’Beausoleil’’ Broussard. Fils de Jean-François Broussard, un riche paysan et fondateur du village de Chipoudy, Beausoleil Broussard venait sommet de l’échelle sociale de la société acadienne de son temps, les fonctionnaires la gouvernant étant Britanniques et son clergé Français. Un autre individu ce serait contenté d’une existence paisible et relativement confortable mais Beausoleil Broussard montra rapidement les signes d’une personnalité agité, aboutissant en prison en 1724 et 1726 pour son rôle dans le déclenchement d’une bagarre public et pour avoir engendré un enfant illégitime et refuser de soutenir financièrement la mère par la suite, respectivement. Broussard offrit donc ses services à LeLoutre dès le retour du prêtre dans la région. Intelligent et efficace, Broussard gagna rapidement la confiance du missionnaire et fut envoyé en mission auprès des Micmacs, afin de servir en quelque sorte d’officier de liaison auprès de ces derniers. Chez les Micmacs il se distingua par sa capacité à leur faire parvenir d’étonnantes quantités d’équipements et de ravitaillement et en les initiant aux rudiments des doctrines militaires en vogue chez les européens pouvant être utile dans ce coin du Nouveau monde, tout en notant les tactiques amérindiennes pouvant être imité avec efficacité par les miliciens acadiens. Si la stratégie de raids déstabilisateur, qu’avait élaboré et que prônait Broussard, aurait continué à être appliqué il est loin d’être inconcevable que l’administration britannique de la région s’en serait trouvé suffisamment déstabilisé, et son prestige suffisamment atteint, pour convaincre le gros des Acadiens de se joindre à l’exode et permettre à ce dernier d’être mené à bien.

Un Guerrier Micmac

LeLoutre, toutefois, se montra incapable de résister aux sirènes de son vieux rêve et résolu de profiter  des débuts prometteurs du conflit pour tenter une dernière fois d’arracher l’Acadie au Royaume-Uni. En 1749 contingent fort de 300 miliciens acadiens et guerriers Micmacs, pour la plus grande part vétérans des raids réussi des dernières campagnes, et marcha contre Grand-Pré, principal centre de peuplement acadien, avec pour projet d’en faire la base autour de laquelle serait organisé la reconquête de l’Acadie. Malheureusement pour LeLoutre et ses hommes, les Britanniques, désormais en état d’alerte, ne pouvait manquer de détecter les mouvements d’une force aussi importante : un puissant détachement d’infanterie régulière les attendait donc et les repoussa avec des pertes significatives. La cause personnifiée par LeLoutre ne se remit jamais complètement de sa défaite devant Grand-Pré et le potentiel offensif de la résistance acadienne et des Micmacs en sortit sensiblement émoussé, malgré la poursuite de raids dévastateurs durant les deux années suivantes. De plus, la période allant de 1749 à 1751 vit également les Britanniques construire de nombreux forts à travers la région, ce qui leur donnait la capacité de réagir rapidement à toute offensive acadiano-Micmac, rendait difficile l’exécution de raids rapides de ces derniers et consolidait la mainmise des Britanniques sur l’Acadie.

L’échec devant Grand-Pré n’avait toutefois pas suffi  à mettre fin à la menace que représentait LeLoutre et ses hommes, comme les britanniques le découvrirent rapidement. Tout comme les Acadiens et les Micmacs avaient espéré changer la situation stratégique d’un seul coup d’audace les Britanniques conçurent le projet de mettre fin au conflit grâce à une offensive contre les bases d’opérations de LeLoutre : le village de Beaubassin et les fortifications française de Fort Beauséjour, toute deux situé sur la rive ouest de l’Isthme de Chignecto. Le 3 septembre 1750, 700 réguliers britanniques et Rangers de la Nouvelle-Angleterre commandé par Charles Lawrence, débarquèrent sur les rives de l’isthme de Chicgnecto, ou 300 miliciens acadiens commandés par LeLoutre en personne les attendaient de pied ferme. Les forces britanniques parvinrent à repousser les Acadiens mais ces derniers se retirèrent en bon ordre, incendiant Beaubassin et se réfugiant au sein du Fort Beauséjour. Protégé par les fortifications de style Vauban formant les défenses du fort,  LeLoutre et ses hommes continuèrent d’être une épine dans le pied pour la Nouvelle Écosse britannique durant les années suivantes, leurs raids continuant, avec moins d’intensité et de succès en 1751, 1752 et 1753, fixant sur l’isthme de Chinecto des ressources dont les Britanniques auraient bien voulu disposer ailleurs. En échange de ses résultats les Britanniques avaient perdus 100 hommes, dont Charles Lawrence, atteint d’une balle perdue à l’abdomen (1). La mort du commandant de l’expédition provoqua même un court mouvement de panique au sein des troupes britannique avant que leur commandant en second, le ranger des frontières John Gorham, parvint  à reprendre le contrôle de ses hommes et de poursuivre l’offensive (2). Incapable de prendre Fort Beauséjour, les britanniques utilisèrent le reste de l’année 1751 pour bâtir un fort bien à eux sur l’autre rive de l’isthme de Chignectoo, Fort Lawrence (3), et y placèrent une bonne garnison.  La Bataille de l’Isthme de Chignecto c’était donc révélé une victoire à la Pyrrhus pour les Britanniques, qui avaient perdu à la fois une portion significative des meilleures troupes à leur disposition et leur chance de mettre LeLoutre hors d’état de nuire.

Les années 1752 et 1753 furent donc le théâtre d’une impasse stratégique : les garnisons des forts Beauséjour et Lawrence s’observant en chien de fayence de part et d’autre de l’isthme et se lançant dans diverses escarmouches inconclusives. Au moment où la saison de campagne de 1754 s’amorça la Guerre du Père Leloutre elle-même était terminé et l’Acadie n’allait bientôt plus être que l’un des nombreux théâtres de la Guerre de Sept Ans.

Forces Britanniques supervisant la construction de Fort Lawrence

Nous ne pouvons toutefois clore notre cette discussion sur la Guerre du Père LeLoutre sans mentionner le grand débat historiographique, qui anima durant des décennies, et continue d’animer, les campus et départements d’histoire du Canada quant à la nature des conséquences du soudain décès de Charles Lawrence.  Certains considèrent la mort du major comme l’un des grands tournants de l’Histoire Canadienne. Mettant l’accent sur les écrits personnels de Lawrence, ou il préconisait ouvertement un nettoyage ethnique dont les Acadiens auraient été victimes, et son ascension rapide au sein de l’appareil politico-militaire britannique de la région ces historiens considèrent qu’un Lawrence ayant survécu aurait facilement put éventuellement devenir Gouverneur Général de la Nouvelle-Écosse à la fin du mandat de Cornwallis et faire prévaloir ses vues. Sa mort aurait, au contraire, pratiquement décapité la faction jusqu’auboutiste de l’administration britannique de la Nouvelle Écosse et permit l’existence de l’équilibre culturel et linguistique qui caractérise le Canada d’aujourd’hui. Une telle lecture des évènements à naturellement mené à la mythologisassions de la Bataille de l’Isthme de Chicgnecto, certains clercs acadiens de la première moitié du 20e siècle allant jusqu’à affirmer que la providence divine elle-même avait protégé le peuple Acadien en guidant la balle qui couta la vie à Lawrence (4). D’autres historiens considèrent toutefois que les inévitables hésitations de ses subordonnées et les toute aussi inévitables réticences de Londres auraient fini par empêcher Lawrence de réaliser les mesures qu’il préconisait à l’égard des Acadiens. L’histoire ayant été ce qu’elle fut aucune certitude n’est possible à cet égard (5).

(1) Le POD. En OTL Lawrence survécut à la bataille sans aucune blessure et devint Gouverneur Général de la Nouvelle-Écosse peu après.
(2) Les pertes des Britanniques sont sensiblement plus élevées qu’OTL en raison de ce mouvement de panique.
(3) En OTL le fort fut baptisé par un Lawrence voulant servir son égo, ITTL ce fut pour honorer sa mémoire.
(4) D’où le titre de la TL
(5) En OTL Lawrence parvint à ses fins, enclenchant le nettoyage ethnique connut simplement comme La Déportation (majuscules volontaire) en 1755. Plusieurs de ses exprimèrent effectivement leur opposition d’une façon ou d’une autre mais finirent par obéir aux ordres. Londres, pour sa part, n’était vraisemblablement pas particulièrement en faveur de cette politique, comme en témoigne le fait que la Nouvelle-France ne subit pas un sort semblable et par la révocation de l’ordre de déportation dès la fin du conflit, en 1763. L’autonomie accrue habituellement détenu par les gouverneurs britanniques en temps de guerre l’empêcha toutefois de stopper Lawrence. Certains Acadiens parvinrent à s’enfuir et à se cacher auprès de leurs alliés Micmacs tandis que d’autre revinrent dans la région une fois l’acte de déportation révoqué mais la population acadienne de la fin des années 1760 n’atteignaient malgré tout que le quart de celle d’avant 1755. Malgré tout, l’Acadie parvint à perduré et même, jusqu’à un certain point, prospéré. Les acadiens du Canada compte aujourd’hui plus de 500 000 personnes dans leur rangs et disposent de multiples droits linguistiques et politiques. ITTL ils disposent de quatre fois plus de matériel humain pour continuer à bâtir leur communauté et son influence politique.

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