Uchronies romaines.

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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Mar 6 Mar - 14:41

Et si le modèle de la phalange de Pyrrhus avait été adopté en Grèce ?


Vous vous en souvenez peut-être, j'avais mentionné que Pyrrhus d’Épire avait réformé la phalange macédonienne. Rappelons très succintement l'histoire de la phalange.

A l'époque archaïque et classique le combattant grec est le hoplite. Ce dernier s'abrite derrière un grand bouclier de bronze (appelé hoplon) il porte des cnémides qui protègent ses chevilles et un casque de bronze sur la tête. Sa poitrine est plus légèrement protégée par une armure de tissu, la linothorax. Il combat avec une lance, bouclier contre bouclier avec ses voisins... en phalange.

Philippe II de Macédoine invente la phalange macédonienne. Paradoxalement, c'est le manque d'argent qui est à l'origine de la création de cette armée sans grand bouclier de bronze, ni lourde armure. Philippe II choisit de l'équiper d'une longue lance - la Sarisse- qui mesure déjà 6 mètres au moment de son introduction. Plus manœuvrable, ayant plus de portée que l'hoplite classique, la phalange le supplante.

A l'époque des diadoques, les conflits entre phalanges de sarissophores conduisent à l’allongement des piques (au-delà de 7,6m) comme à l'alourdissement des armures. La phalange, déjà vulnérable lorsque attaquée de flanc ou à revers, devient tellement lourde et peu manœuvrante qu'elle est incapable de combattre contre les légionnaires.

Cependant, Pyrrhus avait imaginé un autre modèle de phalange. Pendant sa guerre contre Rome, le roi d’Épire avait alterné des formations de phalange avec celles de peltaste (lanceurs de javelots) et de leurs équivalents italiens (comme les fantassins samnites).

Or, à partir du IIIème siècle, apparaissent des formations de peltaste lourd abandonnant le petit bouclier (pelta) qui leur donnait leur nom pour le  thuréos imité du bouclier celte. Les Thuréophores évoluent à partir du deuxième siècle pour donner les Thorakitès ( ou porteur d'armures) ces derniers sont protégés par des cottes de maille (imités des modèles galates) ou des linothorax. Chez les Séleucides, ils remplacent progressivement les phalanges où ils sont employés dans des stratégies et des formations qui imitent celles des légionnaires romains.


Si la phalange de Pyrrhus n'avait pas disparue avec son créateur, au troisième siècle, elle aurait probablement évoluée cent ans plus tard jusqu'à alterner des phalanges de sarissophores (avec pique de 6m et des armures légères) avec des Thuréophores.... exactement la formation ( triarrii alternés avec des principes) des Romains à la bataille de Zama. Formation qui s'est révélé très efficace contre l'infanterie de Hannibal... qui utilisait une répartition sur trois lignes copiée sur celle des Romains.

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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Ven 9 Mar - 10:55

L'armée grecque à l'époque romaine




  Les armées des différents états de Grèce se ressemblent beaucoup. On peut les diviser en deux catégories, celles qui ont assez d'argent pour entretenir des phalanges copiées sur le modèle macédonien et celles qui - par manque d'argent ou parfois par choix - optent pour une armée de peltaste lourd.


La phalange macédonienne




La phalange est une unité de piquiers équipés d'une sarisse de 5 à 7 mètres. L'arme se tient à une main (ce qui nécessite beaucoup de force et d'entrainement pour l'utiliser correctement). Les phalangistes ont aussi une épée courte et un bouclier rond en bronze. la première lui permet de combattre au corps à corps, le second d'arrêter les coups. Ils portent une armure assez lourde avec un casque semblable à un bonnet phrygien et doté de protèges-joues. Contrairement aux phalangistes d'Alexandre le Grand, ceux de Philippe V ont des cnémides... qui les ralentissent beaucoup.

Les phalanges sont des unités de choc qui avancent en cinq rangées munies de piques, particulièrement intimidantes. Malheureusement ces formations sont lourdes, peu maniables, vulnérables face aux archers et aux autres armes lourdes. De plus, une phalange peut facilement être brisée par une attaque de flanc ou à revers.

A l'origine leur armement et la longueur de leur lance étaient minutieusement calculée pour rendre la phalange dévastatrice contre tout type d'ennemi. Il existait par exemple une grande différence d'armement entre le pézhétairoi au premier rang de la phalange qui avait une linothorax et des cnémides, et celui du dernier rang qui ne portait qu'une tunique, un bouclis léger (aspis ou pelta) ainsi qu'un casque léger de type pilos (typiquement macédonien)

Diodore de Sicile a écrit:
Le roi donna à ses troupes une meilleure organisation, perfectionna les armements et occupa les soldats à des exercices continuels pour les habituer à la guerre. Il imagina de donner plus d'épaisseur aux rangs et fut l'inventeur de la phalange macédonienne

Les phalanges sont également protégées contre les armes de jet par l'utilisation particulière de la sarisse

Polybe a écrit:
Les hommes alignés au-delà du cinquième rang ne peuvent pas utiliser leurs sarisses pour porter des coups à l'ennemi. C'est pourquoi, au lieu de les abaisser à l'horizontale, ils les tiennent la pointe en l'air, mais en les inclinant vers les épaules des soldats qu'ils ont devant eux, afin de protéger toute la troupe contre les traits arrivant au-dessus d'elle, car toutes ces hampes dressées les unes à côté des autres arrêtent les projectiles.

Cependant, à l'époque des diadoques la phalange fut "optimisée" pour combattre d'autres phalanges... la rendant pratiquement inutilisable contre d'autres types d'ennemis. Sous Philippe V, elles se sont énormément alourdies, au point de ne plus pouvoir avancer qu'au pas ! A la bataille de Cynocéphales, le roi de Macédoine a aussi utilisé des troupes insuffisamment entraîné. Or, la phalange a besoin d'une cohésion parfaite pour se protéger des attaques de flanc.

Il est évident qu'une formation aussi lourde que la phalange tardive ne peut qu'être engagé en plaine pour être parfaitement efficace.

Polybe a écrit:
À la guerre, le moment et le lieu où l'action s'engagera ne peuvent être déterminés à l'avance, alors que, pour lui permettre de donner toute sa mesure, il faut à la phalange son moment et son terrain… uni et nu, un terrain que ne coupe aucun obstacle tel que fossés, ravins, vallonnements, talus ou cours d'eau car n'importe lesquels de ces accidents suffit pour paralyser ou disloquer une troupe ainsi formée.

Ce lourd armement gêne également la phalange au niveau du déplacement stratégique et pour sa mise en place. Chaque pézhétairoi a besoin d'un porteur  ( au moins pour son bouclier et son armure) sous peine de s'épuiser rapidement. Il doit aussi prendre le temps de revêtir son armure avant de combattre... et il ne s'agit pas là d'un défaut mineur. A la bataille de Cynocéphales, les historiens modernes expliquent souvent l'arrivée progressive des phalanges sur le champ de bataille par le fait que certaines n'étaient pas encore équipées au début de l'affrontement. n'oublions pas que Cynocéphales n'est pas une bataille planifiée, mais une action de rencontre qui résulte d'une escarmouche qui dégénère.

L'élite de la phalange macédonnienne était appelée Hypaspistes au temps d'Alexandre le Grand ( c'est à dire "Porte-bouclier"... en fait leur titre complet est ὑπασπισταὶ τῶν ἑταίρων / hupaspistaì tỗn hetaírôn ou " Porte-bouclier du roi"). Ils sont remplacés plus tard par les agèma(gardes royaux) reconnaissables à leurs boucliers en forme de croissant de lune (pelté) deux à trois mille d'entre eux étaient présent à Cynocéphales.

Même si la phalange est la "reine des batailles" pour les Grecs tardifs, il ne s'agit pas de la seule unité.


Unités auxiliaires


Le toxotès (l'archer)


L'archer, un guerrier relativement rare en Grèce antique.. Son arc est souvent un modèle droit recourbé seulement aux extrémités, et bandé à l'envers. Il peut tirer jusqu'à 200m avec efficacité. L'arc est évidemment beaucoup plus cher que les javelots ou les frondes. Compte tenu aussi du fait que les flèches de l'époque pénétraient mal les armures et les boucliers, ces deux raisons expliquent que l'archer était peu courant dans les armées grecques. On en trouve cependant assez fréquemment sur les trières, et plusieurs archers son explicitement mentionnés sur la stèle obituaire du musée du Louvre, relative à l'expédition athénienne d'Egypte en 454.
Armure : souvent aucune. Mais certains peuvent avoir utilisé la linothorax (armure de tissu rembourrée).
Les Grecs, ont souvent eu recours à des mercenaires ou des esclaves spécialisés dans cette forme de combat : les scythes. Peuple de cavaliers nomades habitant les steppes de l'Ukraine et de la Crimée actuelle (et jusqu'en Mongolie), les scythes ont fait grande impression aux Grecs durant la fin de l'époque archaïque et le début de l'époque classique car les peintures sur vases montrent fréquemment des combattants portant le costume scythe et un arc ainsi qu'une petite hache. L'arc scythe est un arc composite à double courbure. Les Athéniens semblent tout particulièrement en avoir fait usage, et on sait qu'ils faisaient office en tant qu'esclaves d'agents de police à Athènes, sous la direction d'un superviseur grec. Il y aussi des archers originaires de Grèce même, ceux de de Crête sont renommés.

Le sphendonêtès (ou frondeur)


La Grèce est faite de montagnes, trouver des pierres pour s'entraîner à la fronde va donc de soi. Les frondeurs utilisent une arme qui est autant une arme de chasse que de guerre, et ils sont souvent les plus pauvres combattants de la cité. Ils n'achètent pas d'armes mais utilisent un instrument du quotidien pour faire la guerre, et dans le pire des cas, trouvent leurs munitions sur le terrain. Les Grecs ne sont pas seuls combattants de la Méditerranée à utiliser des frondes, loin s'en faut, c'est un trait répandu à travers tout le bassin. Cependant, viser avec efficacité est délicat, et les frondeurs les plus renommés pour leur précision et la longue portée sont les frondeurs de Rhodes. Xénophon décrit l'action de ceux-ci à de nombreuses reprises et précise qu'ils tirent plus loin que les archers perses.
https://books.google.fr/books?id=dqM6DwAAQBAJ&pg=PT605&lpg=PT605&dq=X%C3%A9nophon+frondeur&source=bl&ots=kxZvprfqrl&sig=In1_bK03-PDuC9j1UPVmyr_JCS8&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjjr8_H497ZAhUJWhQKHdPiBukQ6AEIOTAD#v=onepage&q=X%C3%A9nophon%20frondeur&f=false
Les frondeurs peuvent être équipés dès le Vème s. de balles en plomb, plus lourdes et souvent marquées du nom du magistrat qui les a fait fondre (on connaît bien celles utilisées par Philippe à Olynthe pour cette raison). Elles sont aussi fréquemment ornées de messages ironiques à l'intention de la cible. Les balles de fronde furent l'objet de la plus ancienne recherche ballistique (1) de l'histoire. A l'époque romaine, elle avait acquis sa forme définitive que l'on connait sous son appellation romaine de glandula. Bi-ogivale, elles étaient conçues comme les balles modernes pour accentuer la force de pénétration.

Un moule de balles de fronde.

Les frondeurs ont pour principal rôle tactique de harasser les combattants adverses, lourds ou légers, avec un nuage de pierres ou de frondes. Ils sont toutefois vulnérable face aux archers ou aux autres frondeurs, compte tenu du fait qu'ils n'ont aucune protection corporelle.


Le peltaste


Originellement, les Grecs avaient une unité de lanceur de javelot appelée akontiste. Ce dernier n'emportait avec lui que des javelots. Toutefois, à l'époque archaïque, les grecs entrèrent en Thrace (au nord de la mer Égée) où ils s'opposèrent à une efficace infanterie autochtone : les Peltastes. Comme le veux usage grec, ils portent le nom du bouclier qu'ils utilisent, ici un modèle copié des Thrace, le pelté ). Cette redoutable infanterie légère a durablement impressionné les Grecs qui eurent bien souvent le dessous. Armé de plusieurs javelots, d'un bouclier en osier et souvent d'une épée, c'est un guerrier versatile dont la tactique est celle du harcèlement. Il est souvent représenté avec un bonnet de feutre et un manteau aux motifs bariolés.
Progressivement les grecs copièrent les Thraces. Aussi, au Vème et VIème s. on rencontre indistinctement les mots de peltastes et d'akontistes pour parler du même soldat.
En effet, il semble que les Thraces aient d'abord été employés comme mercenaires puis leurs méthodes et équipements furent copiés (2) et équipèrent sans doute de plus les akontistes grecs. Au IVème s. les corps de peltastes deviennent une infanterie à part entière, utilisée avec efficacité par Iphicrate dans les années 390.
Alexandre le Grand employa une ethnie des montagnes de l'actuelle Serbie, les Agrianes. Ils ne portaient ni armures, ni boucliers (et donc étaient très proche des akontistes). Leur grêle de traits fixent l'ennemi et les rendent irremplaçables. Ils sont toujours employés par les Macédoniens à l'époque de la Troisième Guerre Macédonnienne.  


Peltaste lourd


Dans le monde grec, le lanceur de javelot n'est pas une unité destiné au corps-à-corps, comme le velites romain, il s'agit d'une troupe d'escarmouche, d'embuscade et de poursuite. Seulement, ces unités pouvaient se retrouver pris dans cette forme de combat aussi l'usage vint de leur donner un bouclier plus lourd le thuréos pour qu'ils puissent se défendre.
Toutefois, au cours de l'épopée d'Alexandre, ils rencontrèrent d'autres peuples qui donnaient des armures et des casques à leurs lanceurs de javelots comme les Galates ou les Juifs.
D'abord employés comme mercenaires, en particulier par les Sélucides, ils donnèrent naissance à des unités grecs comme les Thuréophores θυρεοφόρος / thuréophoros (« porteur de thuréos »).
L'âge d'or des Turéophores est la première partie du IIIème siècle. Ayant abandonné l'infanterie hoplitique traditionnelle, la ligue achéenne et la ligue béotienne constituent des armées de Turéophores; A cette époque, c'est simple, les grands états grecs ont des phalanges sur le modèle macédonnien, les plus pauvres des Turéophores. Seulement, à la fin du siècle, pratiquement toutes les cités adoptent la phalange... à l’exception de Megapolis qui crée au contraire une unité de super-Turéophores, les Chalkaspides (ou "bouclier de bronze").
Chez les Sélucides, le souverain Antiochos III se retrouve à affronter des peuples hostiles de lanceurs de javelots... ses phalanges ne sont pas adaptés à combattre dans les montagnes où ils vivent. Il recourt donc à des mercenaires galates (celtes de Turquie actuelles). Les Sélucides doivent également affronter les Juifs qui recourent à des unités de lanceur de javelots aptes au combat au contact. Cela conduit ce royaume diadoque à se doter d'une importante infanterie de Thorakitès, c'est à dire des "porteurs d'armures" ultime évolution du peltaste lourd portant linothorax ou cotte de mailles. Au contact des Romains, les Sélucides développeront encore davantage ce modèle de troupes, copiant les formations et les tactiques de leurs ennemis.

Cavalerie

Hippei


La meilleure cavalerie grecque est celle de la ligue de Thessalie, les Hippei. Elle était si redoutable que même les Lacédémoniens refusaient de l'affronter en plaine. Dans l'armée, elle est généralement déployée à gauche de la phalange (la place la plus prestigieuse). Groupée en losange, sa charge est capable d'enfoncer la phalange.  

cavalerie balkanique


Mercenaires thraces et péoniens, ils portent le pelté et des petits casques de bronze pour toute armure. Troupe d'escarmouche, ils harcèlent l'ennemis à coup de javelots, et ont une machaira (ancêtre du sabre de cavalerie) pour l'autodéfense. ils sont très utiles pour massacrer des troupes en déroute.

cavalerie grecque


transposition à cheval de la phalange hoplitique, ces cavaliers combattent en carré et chargent à la la lance. Ils sont le plus souvent utilisés pour la reconnaissance et la poursuite. Ils portent des casques de bronze et des linothorax.

Prodomoï


Littéralement, le nom de cette unité veut dire " en avant sur la route". Ce sont des éclaireurs sans armure, ils avancent devant l'armée en déplacement. Dans la bataille, leur rôle est la poursuite d'unités en déroute mais aussi la couverture. Sur le champ de bataille, on les déploie de manière à engager les phalanges de flanc, leurs longues sarisses les rendent très efficaces dans les charge.

Hétairoi


Leur nom veut dire "compagnon" c'est la cavalerie d'élite macédonienne. Il s'agit de nobles qui sont souvent de proches amis du roi. Ils font parti de ses conseillers, exercent le rôle de garde du corps dans la bataille, festoient avec lui. Un peu comme les chevaliers de la table ronde, leur position dépend de leurs exploits individuels. Par exemple, pour pouvoir manger couché près du roi et non assis sur un banc avec les novices, un Compagnon doit avoir tué un sanglier à la lance. Ils sont entraînés depuis leur plus jeune âge et sont capables de charger à la lance (ce qui est loin d'être évident avant l'invention de l'étrier). Leur équipement comprend un casque de bronze de type béotien une cuirasse de bonze ou une linothorax, et des cnémides. Il n'a pas de bouclier car il tient les rênes dans sa main gauche. Il a une longue lance de cavalerie appelée  dory.

Eléphants de guerre


Les plus puissants états grecs important à grand frais des éléphants. cependant si la Macédoine et les Lagide d'Egypte utilisent surtout des éléphants africains (similaires à eux qu'utilisaient les Puniques), les séleucides recourent à des éléphants d'Inde
ces derniers sont plus grands et portent une tour qui accueille des archers. certains sont couverts d'armures.

(1) J'ai quelque part une évaluation des capacités vulnérantes d'une balle de fronde... elle sont comparables à celles d'une balle de  pistolet 9 mm! ( 130 mètres par seconde et une énergie cinétique de 42 kilogrammes). Il n'y a donc rien d’étonnant à ce qu'un tel projectile brise un bouclier de bronze, face éclater un crâne au travers d'un casque ou brise la poitrine d'une personne en cuirasse. La portée est estimée à 400 pas ! Bien entendu, ces chiffres doivent être considérés comme des maximums possibles. Ils dépendent beaucoup de l'habileté du frondeur.

 (2) On admet généralement que l'adoption du pelté par les lanceurs de javelots grecs fut une innovation apportée par le général Iphicrate https://fr.wikipedia.org/wiki/Iphicrate . Iphicrate est également à l'origine de l'abandon de la cotte de maille de bronze au profit de la linothorax chez les hoplites avec pour but d'alléger les soldats pour les rendre plus mobiles.


Dernière édition par Anaxagore le Ven 30 Mar - 15:20, édité 2 fois

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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Sam 10 Mar - 13:23

Le retour d'Hannibal Barca


OTL

Après le traité de paix de -201, qui met fin à la Deuxième Guerre Punique, Hannibal rentre à Carthage où il entame une carrière politique dans la faction démocratique et populaire du sénat, opposée à l'oligarchie marchande toujours dirigée par Hannon le Grand.
Il se lance dans un projet d'urbanisme destiné aux classes populaire qui conduit à la construction d’îlots d'immeubles très semblables à ceux que l'on trouve à Rome. Toutefois, Suffète depuis -196, Hannibal propose que le tribut aux Romains soit versé directement par le trésor et non financé par des taxes extraordinaires... qui profitent aussi aux oligarques.
Hannon le Grand choisit alors d'accuser hannibal de trahison pour ne pas avoir vaincu Rome... et comme la contradiction ne le frappe absolument pas, fait appel à Rome pour neutraliser son vieil ennemi. La rivale n'est que trop heureuse d'abonder en son sens, demandant à ce que le général leur soit livré.

Hannibal s'exile donc et va encore connaître maintes aventures. Arrivé à Tyr, il est bientôt invité par Antiochos III de Sélucie (ennemi des Romains) qui lui fait un accueil digne d'un chef d'état. Ostensiblement, alors qu'il prépare une expédition en Grèce continental (véritable protectorat romain) il demande conseil à Hannibal. Heureusement pour les Romains, tout cela n'est qu'une manière de défier Rome en faisant ostensiblement bon accueil à ses ennemis... Antiochos n'a en fait aucune intention de suivre les conseils donné par Hannibal. No
Ce dernier va pourtant lui déconseiller d'entrer en guerre car il considère que l'armée de Sélucie n'est pas de taille (il aurait probablement proposé des réformes si on l'avait laissé faire), ensuite il demande au roi d'affecter plus d'effectifs au débarquement en Grèce... Antiochios, qui a négligé tout ces avertissements, est défait.

En 190 avant J.C. Hannibal dirige la flotte de Tyr et affronte Rome sur mer... sauf qu'il n'a jamais été à l'aise dans ce genre d'affrontement, et qu'il est battu à Eurymedon ( Hannibal n'a jamais perdu que deux batailles, Zama et Eurymedon).

Hannibal est à nouveau contraint à la fuite...  on ne sait pas vraiment où il se rendit ensuite. Certains disent la Crète, d'autres disent l'Arménie. La fondation de la capitale de ce pays, Artaxata, l'actuelle (Artachat) lui est d'ailleurs attribué.
Toujours est-il qu'il réapparaît à la cour du roi de Bythinie qui compte sur ses conseils pour affronter Pergame, état allié de Rome.

Il bat sur mer le roi Eumène II de Pergame, lançant pendant la bataille  des jarres qui se brisent sur le pont des galères... libérant des serpents !

Général, mais aussi architecte, il profite de son séjours pour mener à bien son troisième projet, la fondation de la ville de Prusias (du nom du roi de Bythinie, Prusias 1er, l'actuelle Bursa en Turquie). Or, fonder une ville (enfin deux si on compte Artaxata) fait d'Hannibal l'équivalent d'un roi. Or, une prophétie qui fait beaucoup de bruit à l'époque court chez les grecs : un souverain oriental ferait payer aux Romains la sujétion qu'ils font subir aux Grecs et aux Macédoniens. Hannibal est un oriental puisque Carthaginois et donc d'origine phénicienne, beaucoup de Grecs le considèrent comme leur "messie".
Rome ne reste évidemment pas insensible à ce mouvement "messianique" qui érige leur pire ennemi vivant en sauveur des Grecs ! Ils imposent au roi Prusias 1er de livrer son hôte. ce qu'il est obligé de faire.
Hannibal tente une nouvelle fois de prendre la fuite... il avait fait creuser plusieurs passages secrets sous sa demeure..; mais les trouve gardés contre lui par les hommes de Prusias.  Plutôt que de tomber vivant entre les mains de ses ennemis, il choisit de se donner la mort, il absorbe le poison contenu dans une de ses bagues. On est en -183, - 182 ou -181 (on n'est pas très sûr) Hannibal avait 63 ou 64 ans... ironiquement s'il est mort en -183, il a rejoint Baal en même temps que Scipion gagnait les cavernes de Pluton.

Les deux vieux ennemis avaient beaucoup en commun, brillants généraux, ils eurent après la Deuxième Guerre Punique une carrière politique qui les mena à la plus haute magistrature...carrières brisées par la jalousie, partis en exil, ils mourront sans revoir leur ville natale.
Les derniers mots de Scipion l'Africain furent "Ingrate patrie, tu n'auras pas mes os".

On pourrait placer ces mêmes paroles dans la bouche de Hannibal, vu qu'il fut (pense-t-on) enterré à Libyssa (l'actuelle Gelbe, Turquie). Le tombeau de marbre blanc que l'on montre au visiteur, fut érigé par l'empereur romain Septime Sévère, né en Libye.

Hannibal le Retour Time Line (HRTL)

Je vais vous proposer dans les prochains jours une uchronie basée sur une idée simple. Et si Antiochios V avait écouté Hannibal et l'avait placé à la tête de ses armées ?

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Re: Uchronies romaines.

Message par Emile Ollivier le Dim 11 Mar - 9:31

Bonjour Anaxagore,

Mes excuses pour n'avoir repris que maintenant la lecture de ce sujet. Je dois simplement dire que c'est tout simplement une analyse d'un très grand niveau et au fond, je préfère la lire maintenant à tête reposée qu'un soir à moitié endormi :p

Merci !
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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Dim 11 Mar - 20:14

Je t'en prie.

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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Lun 12 Mar - 12:51

POD de la HRTL


En - 195, Hannibal se réfugie à Tyr, la cité d'origine des Phéniciens. Il y reçoit une véritable ambassade du roi Antiochos III, souverain séleucide notoirement hostile aux Romains. Hannibal suit les envoyés et rencontre Antiochos III à Éphèse où! il se prépare à la guerre contre Pergame, un allié de Rome.

A la même période,le consul Titus Qinctius Flaminius a proclamé avoir libéré les Grecs de la mainmise macédonienne... Cependant, des légionnaires demeurent en garnison à Chalcis et Demetrias, ce qui engendre la naissance d'un fort sentiment anti-Romain. De plus, Rome commence à se préparer à un conflit inévitable avec les Séleucides. Ils ont empêché les cités d'Echinus et Pharsale de rejoindre la ligue Etolienne, alors qu'elles en étaient membre avant la deuxième guerre macédonienne.

Dans ce contexte, lorsque souverain séleucide fait passer en revue ses troupes par le vainqueur de Canne et lui si son armée serait honorable aux yeux de la république romaine, il veut bien sur savoir s'il peut gagner. La réponse d'Hannibal : " Oui, suffisante pour les Romains, aussi cupides puissent-ils être". Hannibal propose à Antiochos III d'attaquer en Italie, et donc d'armer une flotte. Mais les conseillers du roi s'opposent à cette idée, rappelant l'issue de la Deuxième Guerre Punique.
Antiochos III en reste à son plan d'origine, attaquer Pergame avec le gros de son armée et envoyer une force moins importante débarquer en Grèce continentale.

Face à la montée des dangers, Rome décide en premier lieux d'attaquer Sparte notoirement anti-romaine. l'antique Lacédémon est facilement vaincu. Seulement, Nabis - le tyran spartiate - reste au pouvoir.

Le souverain séleucide, très impressionné par le talent de tacticien d'Hannibal et ses critiques, confie le corps expéditionnaire au général punique et accepte d'augmenter les effectifs (originellement de 10 000 hommes) à 16 000 hommes. C'est le POD (tout ce qui précède est OTL). Hannibal s'occupe immédiatement à ré-entraîner les troupes mises à sa disposition et à recruter davantage de cavalerie (essentiellement des archers montés Scythes), il obtient aussi 15 éléphants cataphractaires (en armure) venus d'Inde. Hannibal  a beaucoup réfléchi aux raisons de sa défaite à Zama et pense avoir retenu la leçon.

En - 192, Nabis demande l'aide de la ligue étolienne contre Rome. ceux-ci lui envoient 100 cavaliers qui... l'assassinent. Ce qui provoque l'entrée en guerre de la ligue achéenne contre la ligue étolienne. Rome étant alliée aux Achéens entre en guerre à son tour avec ses autres alliés grecs (Pergame et Rhodes). La ligue étolienne demande l'intervention des séleucides.Conformément au plan arrêté par Antiochos III, Hannibal débarque à Démétrias.
Hannibal assiège et prend Démétrias, puis Chalcis (villes pourtant neutres). Les Romains mettent du temps à réagir et leurs alliés macédoniens ne semblent pas désireux de mourir pour eux. L'opposition se résume essentiellement à des attaques de la ligue achéenne.

Finalement en - 191, une armée de 20 000 hommes débarque en Illyrie sous le commandement de Manius Acilius Gabro. Avec l'aide des Macédoniens, le général romain remporte une suite de succès. Hannibal rejoint l'Etolie et s'établit au nord d'Héracléia sur la rive de la mer Egée.

Bataille d'Héracléia


Dispositif d'Hannibal


16 000 hommes

Aile gauche

Cavalerie de harcélement : cappadociens (lanceurs de javelots) archers scythes et chars de guerre.
Ils bordent la rive que suivent les Romains et ont pour charge de retarder l'avance des légions.

Centre

Infanterie et éléphants : précédés par les quinze éléphants d'Hannibal, les Séleucides ont adoptés un dispositif imaginé par le général punique pour détruire les légions. Inspiré à la fois du dispositif de Scipion l'Africain à Zama et de la phalange oblique, adapté à la phalange agema des séleucides.

La première ligne est formée de peltastes portant des linothorax, ils servent d'une formation légère de harcélement qui dont engager l'ennemi à distance et reculer derrière la ligne principale.

Derrière vient la ligne principale avec le dispositif imaginé par le rusé général :
- à l'extrême gauche un dispositif lourd de phalanges agema, lent mais très puissant qui joue le rôle d'une phalange oblique) https://fr.wikipedia.org/wiki/Phalange_(Antiquit%C3%A9)#/media/File:Phalange_oblique.gif
- le reste de la ligne alterne phalange agema et Thuerophoroi (peltaste lourds), ce mélange de troupes lourdes et plus flexibles devrait être capable de fixer le gros de l'infanterie romaine, tandis que l'élite réunie à gauche de la ligne brise le front.

La troisième ligne est formée de frondeurs

Aile droite

L'aile droite est forme de cavalerie lourde (Xylophoroi, hippei et hippomachos) ainsi que des rakunezahoi (lanceurs de javelots montés), elle est dissimulée dans les bois épais qui couvrent les collines et devraient être invisible pour les Romains qui suivent le rivage.

Les Romains


20 000 hommes commandés par Manius Acilius Gabro

Le dispositif des Romains est classique, ils sont cependant décalés sur la gauche (du point de vue des Séleucides) puisque le rivage décrit une courbe.

Sur les ailes :

Equites, cavalerie numide, cavalerie grecque

Au centre  :

première ligne : formation d'escarmouche peltaste grecque et vélites romains

Deuxième ligne : Cohores sociorum (copie italique de la légion romaine, utilisée par les alliés italiens de Rome), principes, hastatii

Troisième ligne : Triarii et Pedites extraordinarii (unité romaine formée de lanceurs de javelots en armure avec un grand bouclier, apte au combat au contact)

Quatrième ligne : frondeur des Baléares, archers crétois

Déroulement de la bataille :

(simulée avec Europa Barbarorum II)

Comme prévu par Hannibal, les Romains se concentrent sur l'aile gauche et le centre dès leur arrivée sur le champ de bataille, n'ayant pas aperçu l'aile droite bien cachée.

Hannibal envoie en avant les cavaliers scythes qui forment des cercles cantabriques devant l'avance des Romains. Il fait également charger les éléphants, et mettre en marche l'infanterie, tandis que les frondeurs commencent à décocher une pluie de projectiles sur leurs adversaires.
Un peu après - le temps de juger de l'effet de ses premiers ordres - Hannibal ordonne à son aile droite (non engagée par l'ennemi) de contourner, pour attaquer de flanc.

Les Romains engagent à distance les scythes, mais surtout se concentrent sur la ligne d'éléphants qui fonce vers eux ! Une nuée de pilum s'abat sur les pauvres bêtes.. plusieurs s'effondrent, les autres partent en déroute.

Les vélites romains s'avancent à portée de l'infanterie séleucide et commencent à lancer des javelots... mais sont chargés par des Hippes de l’aile droite. La cavalerie romaine de l'aile gauche aperçois enfin leurs ennemis et charge à son tour. La moitié des unités d'escarmouche romaine se trouvant prise au milieu des deux charges de cavalerie et se débande !

Lex éléphants paniqués étaient presque sortis du champ de bataille mais reviennent vers l'aile gauche et rattrapent les chars de guerre qui viennent juste d'être engagé... ceux-ci partent à leur tour en déroute tournoyant sur le champ de bataille ! Changeant à nouveau de direction, les éléphants chargent les frondeurs à l'arrière de la ligne principale. Etant desserrés, ils ne subissent que peu de dégâts.

Au centre, les deux infanteries entrent au contact. Les Romains - nettement plus nombreux - buttent sur l'ennemi et une mêlée féroce s'en suit.

Les éléphants, continuant leur trajectoire démente, reviennent sur les premières lignes cette fois sur l'aile droite où ils traversent la cavalerie romaine, et la mettent en déroute !

Pendant ce temps, le combat au centre tourne en faveur des Séleucides. Comme prévu par Hannibal, la phalange oblique tourne les Romain. Hastatii et Principes jettent leurs boucliers pour s'enfuir, poursuivis par les Thureophores grecs - sans armures- qui courent plus vite qu'eux. Triarri et Pedites sont engagés et réussissent à enrayer l'effondrement du front.. malheureusement la cavalerie séleucide a vaincu et s'abat sur les archers et les fondeurs à l'arrière et sur le flanc des Triarii qui se retrouvent encerclés. Certains irréductibles résistent un long moment, mais la bataille est perdue.

Bilan :


La bataille est un épouvantable désastre pour les Romains. Seul 3000 soldats (surtout de la cavalerie) ont réussi à s'enfuir, 8000 ont été tués et 9000 capturés ! Les Sélucides ont eu moins de 4000 morts.


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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Mer 14 Mar - 11:38

Conséquences


A Rome


L'onde de choc de la défaite d'Héracléia peut difficilement être décrite en quelques mots. Dès l'annonce, les sénateurs se crient dessus s'accusant mutuellement. Deux factions émergent : ceux qui veulent envoyer en Grèce la plus grande armée possible, commandée par Scipion l'Africain et la majorité, formée par ceux qui détestent Scipion.

Finalement, ces derniers l'emportent. Se souvenant de la Deuxième Guerre Punique, le sénat choisit une stratégie indirecte affaiblir Hannibal sans le combattre. D'abord en envoyant davantage de navires dans la mer Égée, de manière à couper les liens entre la Grèce et l'Anatolie, empêcher le ravitaillement et la venue de renforts. Ensuite, envoyer dès que possible des renforts au roi Eumède II de Pergame qui fait face au gros de l'armée Séleucide qui l'assiège dans sa capitale.

Chez les Grecs


La ligue étolienne, les Thraces, Athamanian, et les autres alliés des Séleucides


La victoire d'Hannibal donne lieu à des démonstrations d'enthousiasme. En premier lieu, les Grecs contre-attaquent pour reprendre les villes membre de la ligue étolienne conquises par les Romains dans l'est. Les Etoliens s'opposent aux troupes réduites dont dispose Marcus Baebius Tamphilus et aux alliés illyriens de Rome.

La Macédoine, la ligue achéenne, l’Illyrie


La Macédoine et l'Illyrie partagent un même manque d'ardeur à combattre dans cette guerre, même si leurs raisons sont différentes; Le roi de Macédoine Phillipe V a perdu deux guerres contre les Romains ce qui a fait de lui un "allié" de Rome. Il se retournerait volontiers contre elle... mais son fils Demetrios est retenu en otage.
Quant aux illyriens, ils ont bien compris que Rome se servait d'eux quitte à les abandonner lorsqu'ils n'étaient pas utiles.
Les seuls à être vraiment actifs sont les achéens. Toutefois, leurs ambassadeurs à Rome vitupèrent contre les généraux de la république qui les traitent comme de simples auxiliaires. Ils entendent être traités en alliés à part entière... et se concentrent donc sur leurs propres objectifs, à savoir la prise d'Elise et Messéne (cités pourtant neutre) dans l'oust de l’Achaïe.

Les neutres : Athènes, la Béotie, l’Épire etc...

Leur position est très difficile. En fait, les deux camps les attaquent. Cependant, comme ils ne forment pas une seule faction, mais plein de petites, l'égoïsme domine. Chacun se préoccupant de lui-même. Des envoyés d'Hannibal les démarchent sans guère de succès.

Hannibal

Antiochos III a envoyé au général punique une lettre de félicitation en lui enjoignant de continuer à enflammer la révolte des grecs contre les Romains cependant... au niveau diplomatique, une nouvelle fois Hannibal rencontre l'insuccès. les Alliés de Rome et les neutres ne bougent pas ! Hannibal a l'insidieuse impression de renouveler la campagne d'Italie de la Deuxième Guerre Punique.

En Anatolie


Antiochos III roi des Séleucides


Antiochos et son fils Seleucos assiègent Pergame sans guère de succès. La ville est ravitaillée par mer.

Pergame et Rhodes


Le roi Eumèdes II de Pergame réussit à défendre sa ville grâce à l'aide de Rhodes qui le ravitaille et lui fournit des troupes.

La fin de l'année - 192


Pour les deux camps l'enjeu principal est la mer Égée. Son contrôle permettrait à Antiochos de ravitailler et d'envoyer des renforts à Hannibal. Quand aux Romains, ils en ont besoin pour soutenir Pergame, toujours assiégée par les Séleucides.

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Message par Anaxagore le Ven 16 Mar - 12:17

Année 191


Siège d'Epidammus

Après la trêve hivernale, Hannibal fait face à la stratégie de temporisation des Romains. Ceux-ci s'enferment dans les villes et les forts, mais razzient loin à l'intérieur du territoire de la ligue étolienne.
Il choisit de frapper en Illyrie mettant le siège devant Epidammus.
Les ingénieurs grecs utilisent des catapultes et percent les murailles de la capitale de l'Illyrie en deux points. La garnison illyro-romaine défend de son mieux les brèches, mais Hannibal utilise frondeurs, archers, lanceur de javelots pour frapper les défenseurs, tout en les attaquant de front grâce aux phalanges.
Après un rude combat les Romains et leurs alliés sont rejetés et abandonnent les murailles
Les combats continuent dans les rues un long moment.  

Conséquence :
L’Illyrie choisit de traiter et demande une paix séparée à Hannibal.  

Achaie


Pendant ce temps, la ligue achéenne a remporté les deux villes qu'elle convoitait. Elis a choisie de traiter, mais Messéne a été prise d'assaut. A Rome, un senatus-consulte est rendu, obligeant les officiers romains à traiter les alliés grecs plus poliement, comme ils le feraient d'Alliés à part entière et non comme de simples auxiliaires. Le but est de mettre fin à la brouille avec les Achéens... mais aussi la Macédoine.

Macédoine


Si Philippe V continue à écrire des lettres rassurantes au sénat romain, ses interventions sont particulièrement frileuses. Tout au plus, sa cavalerie intervient en Etolie pour razzier les campagnes. Il a massé des troupes face à la Thrace mais n'attaque pas.  

Pergame

Le siège de la cité continue sans qu’elle ne montre de faiblesse.

Bataille du cap Korykos


La front principal de la guerre antiochique et la mère Égée. Une succession d'escarmouches ont lieu durant le printemps et l’été 191, tournant à l'avantage de la flotte combinée de Rome, Pergame et Rhodes.
Finalement, l'armada romaine et celle des Séleucides se rencontrent à l’automne, dans le bras de mer entre Chios et Érythrée.  
L'affrontement  tourne logiquement en faveur des Alliés, qui ont plus de navires et d'un tonnage supérieur, armés par des équipages plus expérimentés par rapport à ceux alignés par les Séleucides (dont la marine est relativement nouvelle).

Conséquences :

La victoire du cap Korykos est accueillie par une vague de soulagement à Rome. Après la succession de défaites rencontrées jusque là, c'est un véritable espoir. Il est décidé d'envoyer une forte armée pour lever le siège de Pergame, sous le commandement de Scipion l'Africain et de son frère Lucius Cornelius Scipio.

Débarquement des frères Scipion


L'armée romaine débarque dans l'Hellespont pour prendre le contrôle du détroit des Dardanelles et couper le royaume Séleucide de la Thrace. Toutefois, la flotte rhodienne qui avait opéré séparément est détruite au large de Samos suite à une trahison.

Conséquences :

Antiochos III lève le siège de Pergame. Peu désireux d'être pris entre le marteau et l'enclume, le roi séleucide retraite en direction d’Éphèse.

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Message par Collectionneur le Dim 18 Mar - 4:47

Rome étant engagé ici dans une guerre navale plus intense qu'OTL peut tenté des raids directement en Afrique du Nord pour fait diversion ?
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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Dim 18 Mar - 10:16

Non, la guerre navale n'est pas plus intense qu'OTL, il n'y a pas eu un mouvement de navires (pour l'instant) qui ne soit pas OTL.

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Re: Uchronies romaines.

Message par Collectionneur le Dim 18 Mar - 16:40

Vu les débarquements en mer Egée, je pensais que oui.
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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Lun 19 Mar - 0:37

Je n'ai même pas inventé la participation de Scipion l'Africain qui est OTL.

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Message par Anaxagore le Lun 19 Mar - 16:01

Note : quelques mises à jour sur le POD de la HRTL.

Année 190


Face à la menace que les Romains font peser sur l'Anatolie, Antiochos III décide de rappeler Hannibal. Le général punique laisse l'essentiel de son infanterie en garnison à Chalcis et Demetrias, mais embarque les unités les plus expérimentés et l'essentiel de sa cavalerie. pendant que roi Séleucide réunis des troupes venues de tout son empire, Hannibal est chargé de lever une flotte pour combattre les Romains (1)

La mission d'Hannibal est de briser le blocus d’Éphèse par les forces romaines commandées par l'amiral Lucius Aemillius Regillus et libérer ce qui reste de la flotte de Polyxenidas, le vaincu de la bataille du cap Korykos.

Seulement, la flotte de Tyr ne comprend pas de navires plus gros que des demi-pentères. A la tête de cette armada, le général carthaginois rencontre les navires de guerre Rhodien (d'un tonnage supérieur, avec des équipages plus expérimentés) au large de la rivière Eurymedon. Hannibal est vaincu par l'amiral Eudamos et doit fuir.

Averti de la défaite d'Hannibal, Polyxenidas tente une sortie. Regillus part à sa poursuite et le rattrape au large de la côte ionienne, à Myonessus. Les forces de Polyxenidias s'élèvent à 90 navires. Il fait face à 65 navires romains et 20 navires rhodiens.


Appien a écrit:Peu longtemps après Polyxenidas et les Romains eurent un engagement naval près de Myonessus, dans lequel l'ancien avait quatre-vingt-dix bateaux parés et Regillus, l'amiral romain, quatre-vingt-trois, dont vingt-cinq étaient de Rhodes. Le dernier a été étendu par leur commandant, Eudorus, sur l'aile gauche. Voyant Polyxenidas sur l'autre aile prolongeant sa ligne beaucoup plus loin que celle des Romains et craignant être entouré, il a navigué rapidement aux alentours avec ses bateaux rapides et ses rameurs éprouvé et porté ses bateaux incendiaires contre Polyxenidas d'abord, dispersant des flammes dans toutes les directions . Les bateaux de ce dernier n'ont pas osé rencontrer leurs assaillants à cause du feu, mais, naviguant en rond, ont essayé de rester à l'écart, embarquant beaucoup d'eau et exposant leurs flancs aux rostres. Finalement, un bateau rhodien a frappé un Sidonnien et le coup fut si sévère que l'ancre de ce dernier a été déplacé et coincé dans la coque de l'assaillant, les attachant ensemble. Les deux bateaux étant immobilisés , les deux équipages s'affrontèrent comme s'ils étaient à terre. Tant d'autres se sont pressés à l'aide de chacun, l'affrontement  des deux côtés est devenu plein d'entrain et les bateaux romains ont passé à travers la ligne de bataille antiochienne, qui a été exposée de cette façon et a entouré l'ennemi avant qu'ils ne le sachent(. Quand ils l'ont découvert il y eut une fuite et une poursuite. Vingt-neuf des bateaux d'Antioche ont été perdus, dont treize a été capturé avec leurs équipages. Les Romains ont perdu seulement deux navires. Polyxenidas a capturé le bateau de Rhode et l'a apporté à Éphèse.


Tandis que les Séleucides accumulent les défaites sur mer, la situation en Anatolie devient très grave vu que les frères Scipion ont fait jonction avec le roi Eumède II de Pergame. 

En Grèce 


Pendant ce temps, de nouvelles légions, commandées par T. Q. Flaminius ont débarqué en Grèce. Son armée assiège et prend Héraclée Trachinienne. Rome fait ensuite des offres de paix à la ligue étolienne, mais l'assemblée de la ligue les refuse. Cela conduit les Romains à mette le siège devant Naupacte (l’actuelle Lépante).
Pendant ce temps, les Macédoniens bougent enfin, ils envahissent l'Athamanie et la ligue étolienne, annexant toutes leurs conquêtes au fur et à mesure... (à la grande colère des Romains !). avant de mette le siège à Demetrias. 

Siège de Demetrias


(Simulé avec Europa Barbarorum II)

 Philippe V de Macédoine, à la tête d'une armée de vingt mille hommes, découvre les étendards des Séleucides (5000 défenseurs) sur les remparts mais n'en décide pas moins de donner l'assaut.

N'ayant que des Oxybeles (balistes légères) pour toute machine de trait, Philippe fait construire des échelles, des béliers et tours d'assauts. Il concentre sa faible artillerie sur les tours défendant une des portes puis attaque en deux points avec ses t beffrois roulants, et en troisième avec les échelles. l'assaut se fait sous une pluie meurtrière de balles de fronde, flèches et javelots. 

Les vantaux, frappés par le bélier, s'ouvrent et la cavalerie se rue pour faire face à la garnison, groupée bouclier contre bouclier, de manière à fermer le passage. Deux têtes de ponts se forment sur les remparts, siège d'un affrontement violent.
L'infanterie macédonienne, et ses célèbres phalanges, entrent dans la ville pour faire face à une opposition décidée de peltaste grecs, de thureophores (porteurs de thureos, peltastes lourds) et de guerriers galates, au milieu des tirs des frondeurs sur les chemins de ronde. Leur avance s'arrête et les phalangistes encombrés par leurs lourdes sarisses se retrouvent encerclés..; perdent pied et s'effondrent...

La défaite  des Macédoniens aux portes entraîne une panique sur les remparts. Les têtes de ponts sont abandonnés par les soldats de Philippe V. cependant, le roi de Macédoine croit encore à la victoire, il lui reste des réserves dans son camp ( deux mille mercenaires galates) et ses troupes qui ont fuit la ville commencent à se regrouper.

Quelle n'est pas sa surprise de voir la garnison faire une sortie pour attaquer ses positions ! Après une brève résistance, les Galates paniquent à leur tour et prennent la fuite !

Bilan :

8000 morts et 8000 prisonniers pour les Macédoniens. Les défenseurs ont eu moins de 2000 morts. La défaite des Macédoniens est complète et humiliante, d'autant plus que leur camp a été pillé et que leur roi n'a dû sa survie qu'à un cheval rapide.  

(1) Choix logique, c'est  Hannibal qui a réorganisé la flotte à la veille de la guerre montant ses forces à trois heptères, quatre hexères, trente pentères ou tétrères ainsi que dix trières et 200 navires légers (appelés lemboi). hélas... une bonne partie a été coulée ou capturée par les Romains.


Dernière édition par Anaxagore le Lun 26 Mar - 15:25, édité 1 fois

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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Mar 20 Mar - 14:36

Conséquences de la Bataille de Démétrias


La défaite des Macédoniens à Démétrias a des conséquences proprement cataclysmique pour la dynastie antigonide. Philippe V doit revenir à Pella avec les débris de son armée pour faire face à une situation d'urgence. La population du pays, largement endettée du fait des deux précédentes guerres fait face à une oligarchie pro-romaine. Alors que les premiers demandent la paix, les seconds veulent continuer la guerre.
En dépit des réformes de l'armée et de l'état entreprises par Philippe V depuis - 197, le royaume n'a pas recouvré la bonne santé qu'il avait au début du règne du roi. 

Lorsque la nouvelle de la défaite de son allié atteint Flaminius - toujours en train d'assiéger Naupacte- il décide d'abandonner l'investissement de la ville... au grand soulagement de la ligue étolienne qui semblait au bord de la défaite. Mais il n'a guère le choix, il faut sauver le royaume de Macédoine qui semble au bord de l'insurrection (1). 

L'arrivée des légions romaines en Macédoine ramène le calme et renforce le parti pro-romain. Philippe V malade (2) abdique en faveur de son cousin Antigone (3), apparenté à Démétrios kalos ( qui fut roi de Cyrène, et était à la fois de lignée des rois antigonides de Macédoine, et de Ptolémée 1er d'Egypte). Il pense ainsi éviter une guerre civile. 

Flaminius acte, au nom du sénat romain, de la passation de pouvoir au profit du nouveau roi Antigone III. Afin de soulager le peuple de Macédoine, Rome annule le tribut que le royaume devait verser en réparation de la Deuxième Guerre Macédonienne. Démétrios, le fils de Philippe V, ainsi que tous autres otages sont également libérés. Pour finir, le sénat reconnait l'annexion des villes de Maronée et Ainos (en Thrace) qui avaient été prises aux Séleucides. 

Le séjours du prince Démétrios à Pella est bref. Le nouveau roi Antigone III - peu désireux de voir le parti pro-romain être renforcé par un prétendant légitime au trône - le renvoit à Rome en tant qu'ambassadeur. Le monarque -conseillé par son prédécesseur -  entame ensuite une série de réformes :

- augmentation des revenus fiscaux venus des taxes foncières et douanières
- développement des mines pour accroître le monnayage
- Autorisation pour certaines villes macédoniennes ou grecques sous contrôle macédonienne de frapper leur propre monnaie
- loi sur le mariage obligatoire ( avec obligation d'avoir des enfants) et  immigration forcés d'une partie de la population de la Thrace conquise pour enrayer le déclin démographique de la Macédoine.
- déportation de population depuis les cités côtières vers l'intérieur des terres.

 (1) Ironiquement, Flaminius lève aussi le siège de Naupacte à cause des Macédoniens, OTL. Mais là c'est parce que Philippe V annexe à tour de bras villes et territoires, irritant la ligue achéenne (traditionnellement anti-macédonienne) qui menace de changer de camp ! Philippe V semble vraiment doué pour déclencher des mouvements d'opposition et l'inimité des Romains... 
(2) C'est historique 
(3) A la fin de sa vie, Philippe V avait souhaité donner son trône à Antigone, pensant (avec justesse) que si son fils (aîné selon les historiens romains) Démétrios venait au pouvoir cela reviendrait à donner la Macédoine aux Romains et que si son fils Persée ( un bâtard... d'après les Romains) recevait le trône, cela déclencherait la guerre avec les Romains. Au final, il fit assassiner Démétrios, ce fut Persée qui obtient le trône... devenant le dernier roi de Macédoine.

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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Lun 26 Mar - 13:32

Bataille de Magnésie (Hannibal le retour TL)


L'armée gréco-romaine réunie par les frères Scipion et le roi de Pergame Eumedes II marche sur Éphèse où se trouve le roi Antiochos III, cependant celui-ci les attends à Magnésie (1). 70 000 séleucides vont faire face à une armée alliée de 33 000 hommes.

Ordre de bataille


Aile gauche séleucide


Général : Hannibal Barca

Cette aile comprends  une infanterie de recrutement variée, très hétéroclite, mélange de lanciers akkadiens, guerriers babyloniens, archers perses avec des descendants de colons grecs (thureophoroi et hoplites). Elle ne vaut pas grand chose, quoi qu'elle est nombreuse.... Mais la cavalerie est formée de vétérans (une partie à suivi Hannibal en Grèce) : archers scythes ;  cavaliers lourds grecs ; ainsi que deux unités spéciales des chars de guerre et des monteurs de dromadaires arabes. Hannibal a clairement séparé l'infanterie (sur sa droite, formée sur trois lignes) et la cavalerie. Les scythes forment la première arc en main, prêt à démontrer leur force en tant qu'unité de harcèlement. L'infanterie lourde est derrière eux, en réserve.


Contre aile droite de Pergame


Général : Eumède II

Cette aile comprend une solide phalange, autours desquels sont réunis d'autres unités classiques(comme des thureophoroi ou des frondeurs), ainsi que mercenaires crétois (archers et peltastes), mercenaires celtes, une petite cavalerie.

Centre sélucide


Général : Antiochos III

Antiochos a réunis toute ses phalanges au centre avec quelques unités de soutiens (comme des peltastes et des frondeurs), mais surtout des éléphants de guerre qui sont dispersés entre les formations de phalanges, de manière à se soutenir mutuellement. Le roi séleucide commande personnellement la cavalerie lourde en réserve.

Contre centre greco-romain


Général :  L.C. Scipio

Le corps central est un mélange d'unités venues de tous les alliés grecs mineurs (Achéens, Rhodiens) et italiques amalgamés à des légions romaines qui forment la moitié du corps de bataille. Il n'y a pratiquement que de l'infanterie. 

Aile droite séleucide


Général : prince Selucos

Le mélange de troupe est similaire à celui de l'aile gauche sauf qu'il n'y a ni char de guerre, ni cavalerie de dromadaire. L'infanterie comprend d'avantage d'unités lourdes, mais les soldats montés sont d'un moindre niveau ayant été recrutés pour les besoins de la bataille.

Contre aile gauche romaine


Général : Scipion l'Africain

Cette aile est formée d'unités purement romaine (à exception des cavaliers numides et des archers crétois), il s'agit du corps de bataille le plus solide à présent à magnésie. Des légionnaires vétérans, solidement entraînés, très bien armés, avec une grande cohésion. La cavalerie est limitée en nombre, mais comprends des équites romains et des unités de harceleurs montés envoyé par le roi de Numidie Massinissa.


Plan de bataille des Sélucides


Le plan de bataille officiel


Antiochos III parie sur la puissance de ses phalanges. Il veut percer le dispositif romain au centre, poursuivre et écraser les troupes en face, prendre le camp ennemi (comme à Raphia) puis revenir aider ses ailes qui n'ont que pour charge de contenir les gréco-romains.

Le plan de bataille d'Hannibal 


Il est difficile de dire au roi qui vous paye qu'il est stupide... En tout cas, Hannibal ne va pas se contenter de contenir, c'est un général de cavalerie, il prévoit de tailler en pièces l'armée de Pergame par des manœuvres rapides avant de se rabattre sur le corps central afin de le défaire. 

Déroulement de la bataille


L'affrontement est immédiatement violent et très meurtrier. Les deux armées se heurtent de front sur un vaste périmètre. Dès le départ, Scipion l'Africain prend l'ascendant sur Sélucos. Au centre, phalanges séleucides et gréco-romains se combattent d'abord par l'échange de javelots projetés par les vélites et les peltastes avant de se confronter de manière frontale et des plus brutalement. Les frondeurs et les  archers du consul Lucius Cornelius Scipio se concentrent sur les éléphants. Transformés en pelotes d'épingles, certaines bêtes s'effondrent, d'autres deviennent folles et passeront le reste de la bataille à attaquer indifféremment toutes les formations qui auront la malchance de les croiser. 

De son côté, Hannibal n'a pas encore engagé son infanterie, il se contente de lancer les Scythes à l'attaque. Les escadrons d'archers montés tourbillonnent, formant des cercles cantabriques devant l'infanterie de Pergame qui s'épuise à les poursuivre. Soudain, surgissant de la poussière, la cavalerie lourde et les chars s'abattent sur les hommes d'Eumèdes II. Il frappent de flanc et s'enfoncent facilement dans les rangs des soldats dispersés et épuisés par la poursuite. Les pertes sont immédiatement désastreuses... certains combattants jettent leur boucliers et s'enfuient, poursuivis et sabrés sans merci ou fauchés par les lames qui garnissent les roues des chars de guerre. 

La perte d'une grande partie de l'infanterie de Pergame permet à Hannibal de dominer les combats, il lance enfin ses propres fantassins qui surclassent par un contre trois ce qui reste des forces d'Eumedes II. La cavalerie du Carthaginois contourne les unités sauvagement imbriquées et charge les frondeurs et les archers en seconde ligne. Le roi de Pergame n'a d'autre choix que de prendre la fuite, même si son corps de phalange combattra presque jusqu'à la fin de la bataille. Manque de chance pour le roi Eumedes sa course lui fait heurter à une phalange séleucide du corps central... il meurt dans l'affrontement.

Pendant ce temps...

Evidemment, au centre et sur l'aile droite, les combats se sont poursuivis. Scipion l'Africain a remporté l'affrontement contre Sélucos dont les unités s'égayent en une fuite éperdue. Au centre, au prix de très lourdes pertes, Antiochos III a pris l'avantage. Certaines unités greco-romaines sont en déroute et le roi séleucide se lance à leur poursuite. Toutefois, le consul Scipion rallie ses forces tant bien que mal..(2) au moment où son frère aîné se retourne contre le corps central séleucide. Des phalanges épuisées d'avoir du courir après les Romains sont rattrapées par les hommes de l'Africain. Le sort de la bataille semble tourner en faveur de la république romaine quand... la cavalerie d'Hannibal surgit ! 
Les combats - toujours féroces- dureront encore plusieurs heures. Le consul Scipion trouvera courageusement la mort en combattant au milieu de soldats grecs, comme un simple fantassin. Son frère aîné chargera à la tête de ses gardes du corps pour le dégager comme il l'avait fait avec leur père pendant la Deuxième Guerre Punique... cette fois, cependant, les cavaliers de son vieil ennemi ne lui laisseront aucune chance ! 

Bilan de la bataille


Les Greco-Romains ont perdu... mais de peu. En fait, les Séleucides ont remporté une victoire à la Pyrrhus. Les pertes des alliés s'élèvent à 10 000 prisonniers et 8000 morts. Quant à Antiochios III, il a laissé sur le terrain près de 30 000 morts ! Sans Hannibal, il aurait été défait ! 
Cela dit, si la bataille est une victoire de justesse, du stricte point de vue militaire... les conséquences politiques sont sans commune mesure. Après tout, le roi Eumedes II est mort ainsi que le consul Scipion et son frère aîné, le vainqueur de Zama. Un véritable séisme va parcourir la Méditerranée, ébranlant Rome et soulevant une vague d’enthousiasme chez ses ennemis.


(1) Le même champ de bataille qu'OTL, vu que ni les objectifs, ni la géographie ne changent. Les deux batailles sont quand même différentes. Les effectifs romains sont inférieurs à l'OTL du fait que les Macédoniens n'ont pas envoyé de contingent, alors que les Séleucides ont des effectifs légèrement supérieurs et plus professionnels, en particulier la cavalerie d'Hannibal. De plus, OTL, le célèbre général n'avait pas participé à la bataille.
(2) Preuve de la qualité d'Europa Barbarorum comme instrument de simulation, on arrive au centre à une situation très proche du déroulement OTL de la bataille.

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Message par Anaxagore le Mar 27 Mar - 14:24

Conséquences de la bataille de Magnésie


Pergame


Le roi Eumède II est remplacé par son jeune frère Attale II, ce dernier commence immédiatement à se chercher de nouveaux alliés, en particulier en faisant des ouvertures diplomatiques en direction de la Cappadoce, royaume vassal des Séleucides, mais notoirement peu accommodant ( bien que le roi Ariathe IV est épousé une fille d'Antiochos III, il a aussi acheté des prisonniers romains pour les libérer afin de démontrer son amitié pour Rome). Cependant, le roi de Bythinie Prusias 1er est hostile à Pergame. Heureusement, il reste près de 10 000 soldats Romains et autre alliés dans le royaume. 

Bythinie


Au nord de Pergame se trouve le royaume de Bythinie, jusque là neutre... Seulement, le roi Prusias 1er a des raisons de détester Pergame qui est intervenu contre lui au cours de sa guerre contre Byzance (en -220). Jusque là, il avait refréné sa soif de vengeance à cause de l'alliance romaine de son rival. Seulement, la défaite de Magnésie a sérieusement affaiblie la république... Prusias 1er s'allie avec le royaume séleucide et entame immédiatement une campagne militaire contre Pergame. Il espère triompher rapidement et mettre Rome devant le fait accomplis, seulement, le jeune roi Attale II réagit vivement et le conflit tourne en défaveur de la Bythinie.

Crête 


La crête est une collection de cités-états de faible puissance militaire, navale et pas particulièrement riche. Toutefois, bien qu'elle loue des mercenaires aux Romains, elle est en fait très hostile à Rome. De plus, les Crétois ont une grande admiration pour Hannibal (1). La Crête ouvre donc des négociations avec la Séleucie d'une part et Rhode de l'autre, prélude à un ralliement à Antiochos III.

Rhode


Bien que Rhode ne renie pas son alliance avec Rome, elle envoie une ambassade à Prusias 1er (qui était son allié pendant la guerre contre Byzance) et noue des liens avec certaines cité crétoises. La ville cherche une issue diplomatique au conflit. 

Rome


Avec la mort du consul Scipion et de son frère aîné, Scipion l'Africain, un véritable cataclysme semble s'être abattu sur la Curie romaine. Comme beaucoup de troupes sont engagées dans la pacification de l'Espagne, aucun renfort n'est immédiatement disponible. Retirer des effectifs de l'Espagne ou lever de nouvelles légions va prendre du temps.

Royaume Lagide


Ptolémée V, roi d'Egypte se remet d'une défaite cinglante contre Antiochos III (en -195). Il a toutes les raisons de craindre une victoire de ce dernier contre Rome. De plus, il a des vues sur les territoires perdus , comme sur la Thrace qui était encore une possession lagide il y a peu. Chypre toujours entre ses mains, se trouve idéalement placée pour attaquer le long des côtes d'Asie mineure. Il commence immédiatement à recruter pour renforcer son armée et sa flotte.

Macédoine


Antigone III a assez de problèmes chez lui et la situation menace d'empirer. Il convainc Flaminius - devenu à la mort des deux Scipion - le chef de l'armée romaine face à Antiochos qu'il faut chercher une issue diplomatique.

Ligue étolienne


La victoire de Magnésie provoque un mouvement d'enthousiasme. Il faut dire que la ligue a bien souffert des combats qui se sont déroulés sur son territoire ces dernières années et elle atteint les limites de sa résistance. 

Ligue achéenne


Bien qu'alliés aux Romains, les Achéens ne les portent pas dans leur cœur, ils n'ont agis que par opportunisme. Pour l'instant, ils ont neutralisé Sparte, conquis Elis et Messéne. Ils ont intérêt à se retiré du conflit avant qu'il ne tourne en leur défaveur. 

Les Séleucides


Les vainqueurs de Magnésie font face à un problème délicat. Ils sont incapables d'exploiter leur victoire du fait de leurs lourdes pertes. Antiochos III s'efforce de reconstituer sa flotte pour porter un coup décisif sur mer, mais le port d’Éphèse n'a pas été un choix heureux pour y installer sa flotte. Il n'a pas été désensablé depuis belle lurette ce qui gêne le déploiement d'une armada nombreuse. Antiochos décide d'envoyer les renforts - avec Hannibal à leur tête- directement en Bithynie, le nouvel allié et de porter l'assaut depuis le port de Nicomédie.
  

(1) C'est OTL, en tout cas Hannibal est supposé avoir passé une partie de ses années d'exil en Crête.

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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Ven 30 Mar - 12:53

Il va me falloir un peu de temps pour écrire la suite... celui d'abord de lire l'Hannibal de Cornelius Nepos.

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Message par Anaxagore le Dim 1 Avr - 13:13

Année 189



Bataille navale de Lesbos


C'est au nord de l'île de Lesbos que la flotte Séleucido-bythinienne sous les ordres d'Hannibal rencontre l'armada de Pergame commandée par le roi Attale II. Cependant, le général punique ne commence pas immédiatement les hostilités, le jeune roi a la surprise de voir une barque faire voile vers ses navires emportant son bord un Grec du nom de Silenos (1). Ce dernier porte le caducée d'Hermes (2).
Pensant à des négociations de paix, le roi de Pergame l'accueille à bord. Il reçoit une lettre de la main de Silenos. cependant, cette dernière ne contient que des réflexions moqueuses qui laissent Attale II surpris. Pourquoi une trêve pour si peu de chose, ce n'est pas comme si l'opinion d'Hannibal sur les Romains et leurs alliés avait quelque chose de nouveau et nécessitait le besoin d'être une nouvelle fois communiquée.
Le jeune roi ignore qu'il vient en fait de tomber dans un piège du rusé carthaginois.
Face à une flotte plus expérimentée que la sienne, composée de navires plus gros, les Séleucides et leurs alliés Bythiniens sont désavantagés. Aussi, le plan de bataille d'Hannibal consiste à chercher en priorité à tuer le jeune roi de Pergame, de manière à provoquer la déroute de l'ennemi. La petite expédition de Silenos n'a servi d'autres buts que de désigner la nef amirale.

Voilà donc toute l'armada du célèbre carthaginois qui se jette donc à l'assaut, tous les navires n'ayant d'autres but que de s'approcher du navire royal qui se trouve bientôt pris à parti par les archers et les balistes de près de dix vaisseaux. Attale II n'a d'autre choix que de fuir et de chercher refuge sur la côte d'Asie où son armée avait établie ses retranchements.

Mais voilà qu'Hannibal presse ses ennemis et leur envoie des jarres de terre spécialement préparée avant la bataille. Les marins de Pergame commencèrent d'abord à rire en se voyant attaqués par de si étranges projectiles qui se brisaient au premier choc. Toutefois, leurs rires s'étranglent lorsqu'ils constatent que des serpents grouillent à présent sur leurs navires... terrifiés et ne sachant pas comment se défendre, le reste de la flotte mit le cap sur la terre et les marins quittèrent les navires pour éviter les morsures. 

C'est ainsi que le général Hannibal Barca infligea à peu de frais une défaite navale à la puissante flotte de Pergame. 

Entrée en guerre de l'Egypte ptolémaïque 


Le royaume lagide envoie une déclaration de guerre à Antiochos III. Ce dernier - inquiet- quitte Éphèse pour Apamée, à la tête d'une armée de 30 000 hommes, en laissant 10 000 pour défendre l'Asie mineure. Toutefois, les Lagides agissent avec une pusillanimité certaines. Leurs premières actions de guerre se limitent à des attaques su des forteresses frontalières. 
Il faut dire que l'Egypte est en proie à des troubles intérieurs depuis des dizaines d'années (3) et que ces derniers obligent les souverains grecs à garder des effectifs importants dans les grandes villes pour éviter une véritable révolte. Il y a a même une véritable guerre contre des "pharaons" autoproclamés qui tiennent la Thébaïque De plus, la cour des rois lagides est un nid de serpents où eunuques parfumés et courtisans vaniteux s'affrontent verbalement... quand les dagues ou le poison ne sont pas utilisés. Or, la déclaration de guerre est soutenue par une faction pro-romaine qui a pour l'heure le soutien des ministres royaux - les vrais maîtres de l'Egypte, le roi n'est que leur jouet - que sont Agatocle, Sosibos et Tlepomene. 

Le vrai danger représenté par l'Egypte Ptolémaïque n'est pas sur terre, mais sur mer. En effet, une flotte a appareillé d'Alexandrie pour mettre le cap vers Chypre, une autre possession lagide. Depuis les ports de l'île de cuivre, les navires ptolémaïques lancent des raids sur toutes les côtes contrôlées par les Séleucides. 

Négociation avec la Crête 


En dépit de la victoire de Lesbos, la situation navale des Séleucides devientcritique. Hannibal prend contact avec la Crête qui a démontré des dispositions amicales... et surtout anti-romaines. Ces derniers acceptent d’être en guerre mais... demandent à être rétribués. Bien que la somme soit élevée, Antiochos III accepte de payer. Toutefois, en pratique, comment faire parvenir les cent talents d'argent demandé ? Alors même que les Lagides arrêtent tous les navires. A nouveau, le rusé Hannibal a une idée. D'abord, il fait partir un navire lourdement chargé d'amphores... ces dernières étant remplis de poids plomb recouverts par une faible couche de pièces d'argent. Comme l'embarquement n'a guère était discret, les Lagides s'en empareront. Toutefois, un autre vaisseau plus discret transportera pendant ce temps une statue de Zeus en bronze destiné au sanctuaire du mont Ida (4).
Lui aussi intercepté, le navire ne sera cependant pas détourné de sa route vu le peu de valeur de sa cargaison, et surtout par peur d'un sacrilège. Sauf que la statue avait entièrement été fondue en argent et seulement recouverte après coup d'une couche de bronze.   

(1) Silenos, secrétaire d'Hannibal et Sosile de Sparte - son pédagogue - sont les deux sources d'où nous viennent les informations prétendument authentiques et impartiales sur lesquels se basent les historiens antiques pour faire un panégyrique du célèbre général. 
(2) Avec le rameau d'olivier, ce sont les deux ancêtres du drapeau blanc connus dans tout le bassin Méditerranéen. 
(3) Troubles fomentés par les prêtres égyptiens.
(4) Zeus est sensé avoir été caché dans cette grotte durant son enfance pour fuir son père cannibale.

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Message par Anaxagore le Lun 2 Avr - 19:18

Année 188


Siège de Péluse


L'armée séleucide, dirigée par Antiochos III, atteint le delta du Nil avant d'entreprendre le siège de Péluse. La défense de la ville est conduite en dépit du bon sens, par exemple il n'y a pas assez de vivres. Quant aux soldats, ils sont peu motivés. On doit préciser que les ministres du roi ont rassemblé un mélange de mercenaires d'origines diverses et de levées égyptiennes à peu près aussi désireuses de mourir pour Ptolémée V que de combattre pour le dieu Apophis (1) lui-même ! 
Autant dire que l'on a qu'une caricature de résistance et que la cité tombe bien vite.  

L'ambassade de Gnaus Manlius Vulso


Le consul de Rome G Manlius touche Péruse peu après sa prise, il vient sonder Antiochos III sur les conditions d'une paix entre la république romaine et le royaume séleucide.

Pourquoi la paix maintenant ?:


Jusque là, ni les défaites de ses légions, ni celles de ses alliés, n'avaient troublé le sénat, toujours persuadé de pouvoir remporter le conflit les armes à la main. Pourtant, l'entrée d'Antiochos en Egypte menace directement la République. 
La raison est interne à Rome.
Dans l'Urbs ,comme les Romains surnomment leur ville natale, la paix sociale est maintenue en grande partie par la distribution gratuite (ou à très bas prix) de blé aux citoyens les plus pauvres. C'est ce que l'on appelle le "pain civique". 
Or, le premier producteur de blé du bassin Méditerranéen est l'Egypte... une simple baisse des fournitures envoyées par le royaume lagide (ne parlons même pas d'une coupure complète) pourrait provoquer une grave crise sociale à Rome ! 
On comprend que les Romains soient soudain prêts à négocier ! 
 


Ce premier contact diplomatique conduit à une trêve dans le déroulement du conflit, le temps d'organiser une rencontre diplomatique à Apamée de Phrygie, sur le haut Ménandre.  

La paix d'Apamée


Dix diplomates grecs sous l'autorité de Zeuxis (2) représentent les séleucides et leurs alliés (ligue étolienne, royaume d'Athamanie, Crête, royaume de Bythinie). Ils font face à dix diplomates romains qui accompagnent le consul G Manlius Vulso. Ils sont chargé de défendre les intérêts de la république ainsi que ceux ceux de la ligue achéenne et des royaumes d'Illyrie, de Rhode, Pergame, ainsi que l'Egypte ptolémaïque).

Les débats dureront près de quatre mois.

Les conditions du traité de paix :


République romaine :


Le texte final évite de parler de "défaite" romaine. D'ailleurs, Rome ne perdra aucun territoire, ne livrera pas d'otage, ni ne payera de tribut. Tout juste acceptera-t-elle de rendre les navires de guerre séleucide capturés et les prisonniers... sans rançon.
La plus importante concession de la paix d'Apamée est que Rome évacue toutes les garnisons qu'elle a en Grêce (mais pas en Illyrie... qui est une nation barbare). 

Royaume de Macédoine :


Les conditions de paix sont également très favorables à la Macédoine... mais pour des raisons pratiques, Antiochos III ayant toutes les raisons de garder une Macédoine forte entre lui et les Romains. Aussi, le roi Antigone III est juste sommé de rendre les villes conquises en Thrace. Les prisonniers des deux camps sont rendus sans rançon. 

Royaume Lagide


Antiochos n'annexera pas l'Egypte, même pas Chypre qui sera cependant détachée de l'Egypte proprement dite pour devenir un royaume semi-indépendant dirigé par un prince lagide. Toutefois, Ptolémée V sera déposé et remplacé par Ptolémée VI (3) qui est un neveu d'Antiochos. Car si les dynasties séleucides et ptolémaïques se sont souvent combattues, elles ont aussi souvent été unies par le mariage. Le but étant bien entendu de placer un souverain dévoué à la cause d'Antiochos III à Alexandrie (4).  

Pergame


Le roi Attale II n'aura pas la chance de recevoir des conditions de paix aussi accommodantes. Le territoire de son royaume se retrouvera rdiminué de moitié et sa flotte réduite à seulement dix-navires de guerres. Certains des vaisseaux seront cédés à la Bythinie, d'autres à la Séleucie. En outre, il devra payer sous dix ans un tribut de 300 talents d'or. Les conditions politiques du traité de paix transformeront Pergame en pantin du royaume sélucide (celui-ci devant renoncer à son alliance avec Rome et perdant le droit de déclarer la guerre à quelque pays que ce soit sans l'accord de ce dernier).

Rhode


Autre grand perdant de la guerre antiochique, le royaume de Rhode doit céder ses possessions sur la côte d'Asie Mineur, ne gardant que l'île de Rhode proprement dite. Sa flotte de guerre sera réduite à vingt navires, les autres seront cédés au royaume séleucide.  Eux aussi devront payer un tribut à verser en dix ans. Ce dernier s'élèvera à 200 talents d'or. Les conditions politiques seront identiques à Pergame, transformant Rhode en état vassal.

Ligue achéenne


Bien que faisant - théoriquement- parti des vaincus de la guerre antiochique, les achéens n'auront ni tribut à payer, ni villes à céder. De plus, ils garderont leurs conquêtes (Sparte, Elis, Messène). La "générosité" des Séleucides sera exploitée par la propagande du roi, affirmant que celui-ci a fait la guerre pour libérer les Grecs et non pour les punir. Les vrais raisons sont toutes autres. La ligue achéenne - ennemi héréditaire de la Macédoine - est un contrepoids utile face à cette dernière, tout comme elle constitue un tampon entre Rome et le royaume séleucide. 

Les autres gains des vainqueurs :


Royaume Séleucide


En Grèce même, les Séleucides gardent la ville de Démetrias et toute l'Eubée.


Conclusion


La guerre antiochique de la HRTL se termine sur une victoire difficile des Séleucides. Toutefois, Antiochios III a atteint son but,rénover son royaume. 

La guerre n'aura pas des conséquences aussi positives pour tous les vainqueurs. Ravagés par la guerre, la ligue étolienne et le royaume d'Athamanie vont entrer en un rapide déclin économique. Ce dernier profitera surtout à la Macédoine qui - grâce à ses réformes - retrouvera une bonne santé en moins d'une génération. 

Vu que Rome ne s'investira pas en Grèce, elle aura davantage de légions à envoyer en Espagne.la chute de Numance pourrait survenir cinquante ans plus tôt. Il est également probable que la république portera bien avant le dernier coup à Carthage. Toutefois, dans cette time-line, la cité punique pourrait ne pas être rasée (voir " Et Caton ? ", plus bas).

Vers - 170/165 la Grèce sera probablement mûre pour une autre guerre, entre la ligue achéenne et la Macédoine, avec les états neutres comme la ligue béotienne, Athènes etc... pris au milieu.
Comme à cette époque, les Ptolémée seront à nouveau sur le sentier de la guerre face aux Séleucides, on a tous les ingrédients pour une nouvelle confrontation majeure où Rome ne restera pas neutre. Mais c'est une autre histoire (5).


Et Hannibal ?


Il est probable que le grand général ne sera plus longtemps le bienvenu en Séleucie. Officiellement, bien sûr, le roi lui sera très reconnaissant mais... Antiochos III digérera très mal d'avoir gagné grâce à un étranger (OTL, c'est probablement la raison même qui a valu à Hannibal d'être mis à l'écart).

Hannibal sera probablement engagé par Prusias 1er pour élever la ville de Prusias. Ensuite, il devrait être assassiné par les Romains qui le trouveront trop dangereux pour être laissé en vie. 


Et Caton ?


OTL, Caton l'Ancien participe à la bataille des Thermopyles https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_des_Thermopyles_(191_av._J.-C.) il devrait donc se retrouver à la bataille d'Heraclée de la HRTL. Soit il y meurt, soit il survit en fuite ou prisonnier... quoi qu'il en soit, dans le contexte de la HRTL son mépris des " Grecs parfumés" n'a aucune chance de faire florès. La carrière politique de Caton basée sur les "valeurs romaines antiques" n'aboutira donc pas à la destruction de Carthage. Ce qui ne lui évitera cependant pas la conquête. 



(1) Ennemi de Râ, le "Satan" de la religion égyptienne. 
(2) Bras droit du roi Antiochos, dirige également ses phalanges. 
(3) Il s'agit d'un autre Ptolémée VI que celui OTL.
(4) Calcul qui, hélas pour les Séleucides, sera déjoué quelques années plus tard par les poignards de courtisans d'une des multiples factions se déchirant à la cour d'Alexandrie. Le roi Ptolémée V - revenu de son exil à Rome - sera rapidement remis sur son trône ce qui fera dire que la république romaine avait aiguisé les poignards des assassins. 
(5) En y réfléchissant, il est possible que cela aboutisse à un partage de la Méditerranée, à l'est les Séleucide ( Grèce, Asie, Egypte, Cyrénaïque), à l'ouest Rome (Italie, Gaule, Espagne, Afrique du nord de l’Atlantique à la Libye).  Ce partage pourrait rester stable plusieurs siècles.. ou être éphémère, selon les données politique, économique, militaire...

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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Mar 10 Avr - 12:49

Pouvait-on éviter la Guerre Sociale ?


Vous allez me dire que nous faisons un saut temporel important ( un siècle), mais c'est justifié. Après la guerre antiochique, Rome est devenue la maîtresse de la Méditerranée. Elle n'a plus aucun ennemi réellement capable de lui faire bobo. On pourrait toujours trouvé des uchronies possibles. Cependant, serait-elles réalistes ? Ou serait-elle plus qu'un changement de quelques noms ou de quelques dates ? 

Après les guerres antiochiques, les pires ennemis de Rome traversent son forum tous les jours et siègent souvent au sénat. 

La situation


Je l'ai déjà expliqué supra, donc je vais résumer très rapidement. 
Rome s'est créé un imperium sur l'Italie. C'est à dire une zone où elle commande, mais une zone où elle a des obligations. C'est les deux sens du verbe impero es ere. A l'origine, les Romains avaient imposés aux peuples d'Italie une obligation à combattre pour eux, jointe à une condition de réciprocité. 
Seulement, les Romains devinrent arrogant...
Devenue maîtresse de la Méditerranée, l'Urbs traité ses Alliés comme de simples mercenaires. Ils mourraient pour étendre la puissance romaine... mais ils n'étaient pas citoyens, n'avaient pas les mêmes droits, les mêmes avantages sociaux. Pourtant, cela faisait longtemps que plus de non-romains mourraient à chaque bataille que de citoyens. Le sang des Alliés... les Socii coulaient pour Rome sans aucune reconnaissance de cette dernière.

Le Sénat met le feu aux poudres


Jusque là, les Alliés avaient accepté la situation... pas avec joie... mais ils avaient toujours soutenu Rome (en tout cas pour la majorité d'entre eux). En - 122, puis en -126 le sénat romain publie des sénatus-consulte qui mettent fin au statut de citoyen passif (moyen pour un immigré allié d’acquérir certains droits romains simplement en venant habiter à Rome) puis au droit d'immigration. Les campagnes électorales de cette époque n'auraient pas dépaysées Marine Le Pen. On y voit des candidats ouvertement raciste qui font appel à la peur pour rallier les votant (ils vous voleront vos maisons, vos emplois etc...  ce genre de ficelles était probablement déjà ancienne... à l'époque... alors maintenant imaginez).
La ville de Frégelles qui avait connue une émeute suite à ces lois est pillée par les cohortes romaines chargée de la défendre. Les légionnaires se conduisent comme dans une ville conquise, violant et tuant ! 

Bon... je repose la question

Pouvait-on empêcher les Guerres Sociales ?


Ah oui, très facilement. Il aurait fallu que les Romains n'élisent pas des cons.
Quand on vote (maintenant ou il y a deux mille ans) et qu'on met dans l'urne le nom d'un raciste populiste qui vous flatte et vous explique que c'est les autres là, les [ ] (mettez ce que vous voulez dans le blanc) qui sont la cause du fait que tu as pas un bon boulot, que ta masure tombe en ruine et que tu ne gagne pas au jeu... et que toi tu jubiles et que tu votes pour lui. C'est que t'es con ! 
Un si un peuple de con élit des cons, faut pas s'étonner qu'à un moment donné ça tourne mal... il y a deux mille ans ou maintenant.

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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Mer 11 Avr - 12:25

Fins Alternatives de la Guerre Sociale


OTL, la guerre sociale s'est achevée par  la romanisation de tous les alliés italiens qui reçoivent le titre de citoyen. Cela aurait pu se terminer autrement, parce qu'il est faux de croire que la guerre a été déclenchée pour obtenir ce résultat. La réalité est plus complexe.

Certains peuples italiens, en particulier les Samnites ne veulent pas de la citoyenneté romaine, ils veulent créer l'unité italienne... une véritable fédération des Italiens et non une subordination à Rome. Pour cela, ils se sont dotés d'une capitale fédérale (Corfinium, rebaptisée Italica) et des institutions (... copiée sur celle de Rome), une monnaie ( basée sur des équivalences avec les unités romaines) et même un étendard (montrant un taureau). 
Si on ne peux contester le sérieux de cette revendication... elle est sapée à la base par l'incapacité des peuples d'Italie pour se comprendre hors du modèle romain. Même leurs chefs ont des noms romains et communiquent entre eux en Latin. 

OTL, le sénat a rapidement jugulée la Guerre Sociale en ouvrant la citoyenneté romaine aux habitants des cités restées fidèles à Rome, puis à ceux qui quittaient le camp de la "fédération italique"... et finalement même aux irréductibles (à part les chefs qui furent soient bannis hors d'Italie, soit exécuté). 

Une victoire de la fédération italique ?


Tout d'abord, il ne faut jamais oublier qu'à la guerre rien n'est jamais sûr. Un camp ayant une victoire assurée... cela n'existe pas. Bien que ça me mette un peu en rogne de l'admettre, Rome a toujours gagné pour un ensemble de raison que j'ai évoqué à de nombreuses reprises ( croissances démographique forte, pugnacité, excellentes troupes) mais surtout parce que la république romaine  s'est rarement trompée en prenant des décisions. le sénat et les généraux romains ont pratiquement toujours compris la situation et pris des décisions rapides, en accord avec le bon sens en fonction de la situation. 

Pendant la Guerre Sociale, les Romains n'ont eu aucun avantage démographique, ni militaire. Les effectifs étaient identiques ( 100 000 hommes dans chaque camp) et il n'y avait plus grande différence entre légion romaine... et son équivalent alliée. D'ailleurs, la première année de guerre les Italiques avaient pris le dessus sur les Romains. 

Paradoxalement, si les Romains avaient dominé la première année, ils auraient probablement perdu la guerre. C'est les difficultés du conflit qui obligent les Romains à passer la lex Julia qui étend la citoyenneté aux alliés fidèles. Cela empêcha la révolte de s'étendre et conduisit à l’adoption de la lex Plautia Papiria en - 89. Celle-ci étend le dispositif précédent à tous les hommes libres habitant au sud du Pô à condition qu'ils viennent se faire recenser à Rome avant deux mois. Et... des milliers de soldats ennemis désertèrent pour se faire recenser. Ce qui était le but de la manœuvre ! 

Tout ça c'est OTL.

Mais que ce serait-il passé si les Romains n'avaient pas effectué ce volte-face soudain ? 
La réponse est évidente, la révolte se serait étendue et peut-être même que les désertions se seraient multipliés dans les rangs des Alliés encore fidèles. 

Quel avenir pour la fédération italique ?


Imaginons que la Guerre Sociale se termine sur la victoire de la fédération... Happy End ? Pas sûr... loin de là... ce que l'OTL a montré c'est que la fédération était vide politiquement parlant avec seulement de vagues idées générales (d'inspiration romaines !) en commun. Je pense que la fédération italique aurait été ingouvernable. Il n'y a pas de vraie partie, juste des coteries ethniques ( les Marses avec les Marses, les Samnites avec les Samnites). Ils se seraient retrouvé avec un empire "italique" étendue à toute la Méditerranée mais sans vision sur sa gestion, son devenir ou même simplement l'autorité pour cela. 
Après on peu imaginer divers futurs:
1°) La sécession : Rome vaincue, les généraux et les armées romaines présentes en Espagne, Grèce,  Afrique pourraient tout simplement se déclarer indépendante.
2°) La reconquête : Certains généraux romains ayant refusé de reconnaître la fédération italique pourraient vouloir revenir en Italie avec leurs armées pour restaurer Rome.
3°) Les révoltes : les territoires conquis par Rome et passé sous le contrôle de la fédération pourraient se soulever.
4°) Guerres et invasions : les nations encore indépendante ( comme le royaume séleucide ) pourraient vouloir en profiter pour se venger ou s'étendre en profitant de la disparition du sénat. Quand aux "barbares" Germains, Ibères Gaulois et autres... ils pourraient aussi en profiter pour s'emparer/libérer des territoires ex-romains.

En fait, ces hypothèses ne sont pas contradictoires et pourraient se dérouler simultanément ou successivement tout autour de la Méditerranée et déboucher sur un chaos sanglant qui durerait des siècles... comme après la mort d'Alexandre.


Une victoire romaine sans lex Plautia Papiria ?



Et si les Romains réussissaient à étouffer la guerre sociale sans avoir besoin d'étendre la citoyenneté à tous les hommes libres d'Italie ? 
Il s'agit probablement du cas le plus improbable évoqué ici. 
Je ne vais pas m'amuser à imaginer une histoire tordue et peu crédible... disons que le résultat est là et demandons-nous quel seront les conséquences. 
Tout d'abord, il me semble évident que le conflit serait plus long avec davantage de morts, de destructions... Sans le coup de baguette magique de la Lex Plautia Papiria il sera impossible d'économiser de longues campagnes meurtrières. Cela dit, cette guerre Sociale "version longue" absorbera aussi les deux guerres civiles OTL qui en sont les continuations dans notre ligne temporelle. 

Quel monde romain émergera du chaos ?

Effondrement du monde romain (Mad Max version péplum)


Ne négligeons pas que la "victoire" puisse tout simplement être un anéantissement mutuel de la république romaine et de la fédération italique, au besoin aidé par une invasion gauloise, un mouvement de libération grec et des révoltes en pagailles. 

Fin de la république


Le vainqueur final, maître de Rome, héritera d'un sénat en lambeau, d'institution en ruines, de familles patriciennes et d'equites qui ont payé le prix du sang. Dans ce contexte plus personne n'aura les moyens de s'opposer à lui...  Dictateur à vie, roi... quel que soit le titre choisi, un nouveau système émergera des ruines. Parce que ... après ce qui s'est passé même un retour à la royauté n'a plus rien d'impossible.

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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Lun 16 Avr - 13:28

Marius et Sylla


 VS 
CAIUS MARIUS                               LUCIUS CORNELIUS SULLA

Avec la rivalité de Caius Marius - du parti populares- et Sylla  -son ennemi juré du parti Optimates- commence une succession de guerres civiles qui dureront jusqu'à Auguste. 
J'ai déjà longuement parlé d'eux dans la première partie et raconté dans le détail les événements OTL.

Petit rappel des événements :

Marius est un général victorieux (en particulier contre les Germains) à l'origine de la plus importante réforme de l'armée romaine, la transformant en un instrument militaire encore admiré de nos jours. Toutefois, n'étant pas originaire de Rome, il a cherché l’apaisement avec les alliés en révolte au cours de la guerre sociale. En soi, ce n'était pas une faute... malheureusement, il n'a pas rencontré beaucoup de succès, ce qui a beaucoup nuit à sa popularité.

Sylla est un autre général romain. Plus jeune et avec les dents aussi longues que son aîné. Ses réussites militaires au cours de la guerre sociale lui ont permis de briguer les plus hautes charges... face à un Marius jaloux qui accapare le consulat (preuve s'il en est que la république romaine ne fonctionne déjà plus comme elle le devrait).

Uchronie 1 : une victoire de Marius


Le conflit entre Marius et Sylla commence quand Marius refuse à Sylla le commandement de l'armée destinée à combattre Mithridate roi du Pont. Sylla accepte ou plutôt feint d'accepter un compromis... puis file rejoindre ses légions déjà rassemblés et convainc les soldats de marcher sur Rome en leur faisant miroiter le butin dont ils allaient être privés. 
OTL, les choses manquent de tourner mal pour Sylla tout simplement parce que bon nombre d'officiers quittent ses troupes, refusant de marcher contre Rome.

Il existe aussi plusieurs moments où les événements auraient pu prendre un cours différents. D'abord, tout simplement, Marius aurait pu rester méfiant après la destitution de Sylla et lui interdire de s'approcher de l'armée qui aurait dû commander.

Ensuite, lorsque Sylla se dirige sur Rome, Marius a manqué de réactivité, permettant à son rival de prendre le contrôle de plusieurs points stratégiques (donc certaines portes de la ville) alors que des négociations ont lieu. 

On peut faire intervenir un POD plus tard. OTL, ayant gagné à Rome, Sylla se contente de bannir Marius (très âgé pour l'époque, souffrant d'un fort embonpoint et malade). C'est la fin de la -très brève- première guerre civile.

Toutefois, Sylla commet l'erreur de croire sa situation parfaitement sécurisée. Il quitte Rome avec son armée pour combattre Mythridate, qu'il vaincra. 

Sauf que Marius revient et reprend le pouvoir à Rome. Cette fois, Rome est assiégée et prise par une armée de vétérans italiques de la Guerre Sociale, les combats sont meurtriers et les exactions après la chute de la ville sont telles que Marius est obligé d'engager des mercenaires gaulois pur protéger la population.

Il convient de s'arrêter un instant sur cet événement OTL.
On dit souvent qu'avant le roi Wisigoth Alaric, Rome n'a jamais été prise par ses ennemis. Faux ! 
La ville tombe aux mains des armées italiques en 86 avant J.C. ... le fait que ces soldats aient été faits "citoyens romains" deux ans plus tôt permet aux historiens romains de travestir les choses ( "Non, vous voyez c'était un conflit entre Romains donc ce n'était pas vraiment des ennemis de Rome"). 

OTL, Marius meurt treize jours après que ses forces aient prises Rome. Son lieutenant Lucius Cornelius Cinna se proclame consul (il accapare la fonction) et place Marius le jeune ( le fils de caius Marius) comme co-consul. Il s'agit en fait d'une dictature. 

En 83 avant J.C Sylla revient. OTL, il n'a guère de peine à vaincre ses ennemis. Les Populares manquent de bons généraux et n'arrivent pas à lever des troupes. Tandis que les Optimates ne manquent ni de l'un ni de l'autre, Pompée levant même à ses frais trois légions de vétérans !

Rallier les Italiques ?


Cinna s'est servi de la rancune des vaincus de la Guerre Sociale pour prendre Rome. Toutefois, il a fait volte-face dès la victoire obtenue car c'est un Romain qui veut la domination de Rome. Finalement, par sa cruauté et ses proscriptions ( il a inventé le système consistant à publier des listes "d'ennemis de Rome" que tout le monde peut tuer en échange d'une récompense) il s'aliène tous ses soutiens. Cinna finit par être massacré par ses propres soldats. 
Si Cinna avait réussis à obtenir l'aide des Italiques, les choses auraient été différentes. Il aurait bénéficié de troupes nombreuses et formées de vétérans capables de retourner le conflit.
Lucius Cornelius Cinna aurait cependant dû promettre d'importants changements dans la république romaine, comme par exemple mettre fin au vote par centurie qui favorisait les patriciens et les chevaliers. Un vote par tribu comme l'avait proposé Quintus Pompillius Rufus (un tribun de la plèbe assassiné peu avant). Un vote par tribu aurait favorisé le nombre (donc les plébéiens et les Italiques) sur la classe sociale. 

Le système électoral de la république romaine:


La république romaine est une république aristocratique. On vote par "centuries". Les centuries électorales sont des divisions de la société romaine en fonction de la part d’impôt censitaire payé par le citoyen. La première centurie vote avant la deuxième qui vote avant la troisième etc... Pour les élections consulaires, on fait voter les centuries jusqu'à ce que deux candidats se soient clairement départagés... ce qui veux dire que les centuries les plus basses ne sont parfois même pas appelées à voter !
Cependant, à Rome on n'élit pas seulement les consuls. Il existe un autre système basé sur les tribus électorales. Ces "tribus" sont tout simplement des circonscriptions électorales correspondant à des quartiers de Rome. 


La "république romaine" qui aurait émergé de la guerre aurait été une Fédération Italique avec Rome pour capitale.

Uchronie 2 : Sylla élimine Marius


OTL, après avoir pris Rome en - 87, Sylla se laisse convaincre de ne pas poursuivre Marius. Cependant, Marius revient d'exil et reprend Rome... on a bien là une occasion manquée. 
Cela dit, Lucius Cornelius Cinna avait déjà levé des troupes italiques avant même le retour de Marius. Cependant, les Populares manquant de bon généraux et de légitimité, sans Marius, il est loin d'être certain que Rome tombe. 
Sans la dictature marianiste ( -86 à - 82) et son cortège de morts, il n'y aurait pas eu besoin d'une reprise en main brutale de Sylla. Car, on peut dire ce que l'on veut de l'homme et de sa cruauté, mais Sylla à renoncé à son titre de dictateur à vie pour redevenir une simple personne privée une fois que son oeuvre de restauration de la république a été assez avancée. 

Finalement, en dépit de similarités superficielles, comme leur cruauté et leurs méthodes expéditives, Marius et Sylla étaient de complets opposés :

Marius était un populiste ( dans ce que ce terme peut avoir de plus péjoratif) assoiffé de pouvoir, capable de tordre la loi de mille manière différente sans jamais y manquer ouvertement pour asseoir son pouvoir. Car, Marius voulait paraître légitime dans sa fonction de chef de la république.

Sylla était un dictateur qui imposait sa volonté sans souffrir d'opposition, se complaisant dans la brutalité, toutefois son but a toujours dépassé sa personne et il avait toujours à cœur ce qu'il percevait (à tort ou à raison) comme l'intérêt de la république romaine. Pour Sylla seule la réalité du pouvoir importait. Lorsque le sénat à refusé de le faire consul, il s'est proclamé dictateur puis a ouvert le premier ban de ses célèbres proscriptions en inscrivant les noms des sénateurs qui lui avaient refusé le consulat !

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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Mar 17 Avr - 12:49

Les Gaulois


Nous allons bientôt aborder un des morceaux de bravoure des Uchronies romaines, j'ai nommé la Guerre des Gaules. Elle présente tout ce qui peut intéresser un uchroniste. Un conflit d'anthologie. Le choc de deux mondes. Un affrontement gigantesque avec des batailles où les effectifs des deux camps dépassent les 300 000 hommes. De plus (on y reviendra) ce n'est pas un conflit joué d'avance. Bien sûr, les Romains avaient plus de chance de gagner que les Gaulois, mais le conflit aurait pu aboutir de manière très différente y compris à un désastre militaire de l’ampleur de Tautoburg en Germanie, où les légions de varus furent taillées en pièces. 

Démystifions la Guerre des Gaules



Il n'existe pas de meilleur exemple d'oeuvre de propagande que la Guerre des Gaules. Il s'agit d'une oeuvre écrite à la troisième personne du singulier mais par César, pour César.
Cet ouvrage présente un problème délicat. Tout d'abord, on ne peut n'y l'accepter, ni le rejeter en bloc. Pendant des siècles, ce livre a été la bible du stratège. Il est l'un des rares ouvrages de l'antiquité à n'avoir jamais cessé d'être copié au cours du Moyen-âge. Ainsi, le dispositif de siège de Château Gaillard, par Philippe Auguste ressemble à s'y méprendre à celui d’Alésia... parce que le roi s'en est inspiré. Cependant, cela ne veut pas dire que le récit de la G. des G. est toujours exact... c'est une oeuvre de propagande. Le but de la Guerre des Gaules est de légitimer l'invasion de la Gaule et la faire passer pour une oeuvre civilisatrice. Pour cela César ment sur la situation interne de la Gaule.

Quant on voit la controverse sur la localisation de Gergovie, on a là un bon exemple. Historiens et spécialistes du latin s'opposent sur le site. Les premiers s'appuient sur le travail des archéologues qui on retrouvé les traces de construction romaine, des traits de catapultes en fer. Les seconds font remarquer que le site du plateau de Gergovie ne correspond pas à sa description dans la Guerre des Gaules. Et effectivement, César décrit un site "fort de tous côtés" or le plateau reconnu officiellement comme celui de Gergovie est ouvert à l'ouest.

En première lecture, on a donc une opposition inconciliable. Cependant, il ne faut pas oublier la suite du texte. César va perdre le siège de Gergovie. Et les passages qui suivront vont montrer César camoufler sa défaite. D'abord, il oublie complètement d'estimer les pertes ennemies (ce qui pousse les historiens à penser qu'elles furent faibles)... puis celle de la cavalerie Eduenne alliée ( probablement plus de 1000 hommes) quant à ses propres morts, César donne les chiffres de 700 légionnaires et 46 centurions (probablement des chiffres minorés). Pour finir, César part vers le Nord pour "renforcer Labienus"... non il ne retraite pas, il renforce.
Bref, César a tout a fait intérêt à décrire une place "forte de tout côté " plutôt que de dire qu'il n'a pas attaqué là où il y avait un point faible.

Notez bien que je ne prétends pas avoir raison, mais on ne peut pas écrire une uchronie sans prendre une position quand à la véracité de la Guerre des Gaules. Et ma position, je le redis, est qu'il s'agit d'une oeuvre de propagande. Chaque mot chaque passage a été écris pour donner le beau rôle à César. Chaque fois que cela sera nécessaire, j'utiliserais le meilleur instrument à ma disposition (et qui meuble l'espace entre mes deux oreilles) de manière à reconstituer la situation telle qu'elle a réellement dû se présenter aux yeux des contemporains.  
 

Premier point : La Gaule n'existe pas


Vous utilisez le terme "Gaule" et pourtant il n'y a jamais eu de pays s'appelant la Gaule, ni de peuple s'appelant les Gaulois avant la conquête romaine. 
Avant César, il existe un vaste ensemble de peuples que l'on appelle les Celtes. Ils sont un cas unique dans l'histoire des civilisations. Car les Celtes ne constituent pas une ethnie, ils ne sont pas non plus unis par la religion, ils n'ont pas d'écriture commune, ni de langue. Les Celtes se rencontrent de l'Irlande ( et même en Amérique ! si, si !) jusqu'en Turquie et peut-être même... jusqu'en Chine.
C'est César qui crée la Gaule dans ses frontières "historiques". A l'origine le terme Galus (Gaulois) est le synonyme, en latin, du grec Celtoi qui est le mot qui a donné "Celte" en français. Tous les Celtes sont des Gaulois et vice-et-versa.
Lorsque Jules César traverse le Rhin pour se lancer à la conquête de la rive est, il comprend rapidement que c'est un ouvrage impossible. Il retraverse donc rapidement et... joue de la sémantique. A l'ouest du Rhin c'est les Gaulois et à l'est c'est leur cousins donc pas vraiment des Gaulois... or ,en latin, "cousin" cela se dit germanicus (non, vos cousins germains ne sont pas Allemands !). Pareil, après avoir franchi la Manche dans les deux sens, César va  une nouvelle fois innover dans la linguistique en nommant les Celtes qui vivaient là-bas "Bretons" ce qui est une déformation d'un terme celte, pritwain (hommes peints). Très ironiquement, après que Claude ait conquis le sud des îles britanniques, les Celtes romanisés seront appelés "Bretons" et les tribus du nord non conquises "Pictes" or... ce mot n'est qu'une nouvelle tentative pour prononcer le terme celte pour "homme peint".
Mais, en fait, pourquoi César a-t-il fait ces séparations ?

Pas besoin d'une grande culture pour comprendre. Il suffit d'avoir lu Asterix : " Tu diras à César que toute la Gaule est conquise. Il te répondra "Toute ?" et tu diras "Toute !"

C'est juste un coup de Com', César voulait pouvoir dire qu'il avait vaincu les Gaulois. Dans l'imaginaire Romain, depuis l'épisode semi-mythologique de la prise de Rome par les Gaulois, ils sont le prototype de l'ennemi mortel, le cauchemar incarné. César voulait arriver à Rome auréolé par la conquête, la pacification et la fin de la plus grande menace à avoir peser sur Rome.



Deuxième point : César pastiche Posidonios 



Posidonios, philosophe stoïcien, rédigea une Histoire https://fr.wikipedia.org/wiki/Posidonios qui s'attache à la Gaule. Or, son récit date de 50 ans au moment de la Guerre des Gaules.Pourquoi César aurait antidaté la situation politique ? Parce que Jules César veut cacher quelque chose à ses contemporains. Posidonios a décris une Gaule en proie à des conflits sans fin où les tribus se razzient les unes les autres. Seulement, à l'époque de César et contrairement à ce qu'il écris dans la Guerre des Gaules c'est du passé. 
Les Gaulois ont formé plusieurs confédérations (1) qui sont en lutte pour l'hégémonie. L'unification de la Gaule pourrait survenir d'ici à une ou deux génération. Mais César a tout intérêt à le cacher parce qu'il veut se mettre en avant comme un civilisateur venu pour amener la paix romaine.

Troisième Point : Les Gaulois ne sont pas des barbares.


Les Gaulois ont inventé la cotte de maille, la roue à rayon, le tonneau, le placage à la feuille d'or, les émaux. En matière d'agriculture et de travail de la forge, ils sont très en avance sur les Romains. D'ailleurs, si le gladius romain est une épée courte et que les celtes utilisent des lames longues, c'est tout simplement que les premiers seraient incapables de créer une lame de cette taille qui ne se plierait pas au premier coup. 
Les Gaulois sont des marchands qui importent du vin de Grèce et exportent de l'étain, des produits manufacturés et agricoles. Ils utilisent un réseau de route très étendus. 
Leurs navires de haute-mer sont les premiers a avoir eu plusieurs mats (ce qui leur permet de virer lof) des voiles de cuir (indéchirable) et des chaînes d'ancre. 
La Gaule est très riche de ses mines, de son agriculture, de ses orfèvres, de ses forges, de ses salines à exploitées à très grandes échelles, de ses teinturiers et ses tisserands. 
Les Gaulois communiquent par écris en utilisant un alphabet grec adapté à leur langue (certaines tribus utilisent l'alphabet du latin)
En retard sur les Romains et les grecs du point de l'architecture et du travail de la pierre, ils apprennent. Les fouilles de l'ancienne capitale éduenne de Bibracte a permis de découvrir des maisons et des villae "gallo-romaines"... datant d'une cinquantaine d'années avant l’invasion romaine.  On a aussi trouver en Gaule des temples de pierre... ce qui contredit César qui ne parle que de sanctuaire naturel. 
Les connaissances mathématiques et philosophiques des druides sont impressionnantes et louées par Pythagore qui fut leur élève.   
Je vous parlerais plus longuement des connaissances militaires des Gaulois. Mais retenez une chose, ils ne jetaient pas sur leurs adversaires en une masse hurlante. 
Les "barbares" forment des républiques dirigées par un consul élu appelés "Vergobrets" (2) avec un sénat, des lois, des règlements, une diplomatie. D'ailleurs, l'image du Gaulois qui règle tout en tapant avec sa grosse épée est complètement étrangère aux Romains de l'époque. Vous lisez Cicéron, il vous décris des Gaulois toujours en train de se disputer certes... mais en parlant, en parlant, en argumentant. Pour Cicéron (qui était avocat) les Gaulois étaient les meilleurs avocats du monde. Toujours en train de se couper les chevaux en quatre et de ressortir l’alinéa le mieux caché de la réglementation...  
Pour terminer, les Gaulois avec des tresses et des moustaches en croc ?

Oubliez ceci :



Les Gaulois portaient les cheveux courts et se rasaient ! 


Statère (monnaie gauloise) parisii, le personnage est rasé et ses cheveux descendent au bas de la nuque. 

D'où viens la légende des Gaulois au cheveux longs ? D'une mauvaise lecture de la guerre des Gaules. Lorsque César crée les divisions administratives de la Gaule, Il en appelle une partie "La Gaule Chevelue". Mais ce nom ne fait pas référence aux habitants , mais au pays lui-même. Cette partie de la Gaule est couverte de forêts. 

Voilà une tentative de reconstitution réaliste



Quatrième point : Le druidisme n'est pas une superstition bizarre


La religion des anciens celtes est une véritable énigme. Tout ce que l'on sait nous vient des légendes et des récits bardiques que les moines irlandais ont copié au moyen-âge. César fait des druides des sortes de prêtres. pendant des siècles on a accepté ce postulat sans le remettre en question, faute de source contradictoire. Toutefois, les dernières décennies ont permis de remettre en question ce classement. Tout d'abord, il y a a obligatoirement chez les Celtes des prêtres à l'extérieur du druidisme. Ce dernier est apparu dans les îles britanniques et ne s'était guère diffusé au-delà de la Gaule. Il est pratiquement inconnu en Germanie. Cependant, les Germains ont des lieux de cultes et une religion organisée.
 Ensuite, le rôle des druides est vaste il englobe le conseil aux chefs, le droit, la poésie (les bardes sont des druides), la médecine, la science, la philosophie. Leur nom vient étymologiquement de dru-Wides (très voyant) qui signifie probablement "sage" ou " qui connait beaucoup". Ils semblent aussi s'occuper de religion puisque les druides guttuater (le mot est passé en français dans l'adjectif 'guttural" ) sont des "invocateurs", ils récitent des rituels et des invocations aux dieux lors de cérémonies. 
Le peu que nous sachions de leur organisation suggère que nous avons là un groupe qui englobe en fait tous ceux qui ont des connaissances et non un groupe unique qui exercerait simultanément toutes ces fonctions. certaisn druides seraient des médecins, d'autres des prêtres, et non tous seraient médecins et prêtres, et conseillers et.. tout le reste.
César le savait probablement, mais encore une fois il avait tout intérêt à réduire le druidisme à une vague superstition. 


(1) La confédération armoricaine et la confédération belge sont présentes sur les deux rives de la Manche, n'oublions pas que la "Gaule" a été créée par César sans tenir compte des réalités politiques et ethniques. Les Atrébates - par exemple- sont présent sur les deux rives de la Manche.
(2) César parle de vergobretus,  C Guyonvarc'h (un spécialiste des langues celtes) y voit le mot Uergobreto c'est à dire "Porteur-de-colère" terme qui exprime la fonction royale de chef de guerre.

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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Mar 17 Avr - 18:31

Organisation militaire et politique des Gaulois


Il s'agit d'un vaste sujet... très vaste sujet. Je ne vais que l'effleurer tout simplement qu'avec ce que je sais je pourrais écrire un livre, et avec ce que j'ignore en rédiger trente. 

Considérez ce passage comme une sorte dé préambule, j’aborderais plus en détail les différentes entités politiques lorsqu'une occasion appropriée se présentera.

La Provence romaine


Au moment de l'invasion romaine, le sud de la Gaule forme déjà la Provincia romana, celle-ci a été annexée dès -120 par la légion romaine. Cependant, on ne peux pas parler vraiment d'Invasion. La ville grecque de Fos/ Massilia est un allié de Rome depuis l'origine ayant aidé Rome lors de l'invasion gauloise semi-mythologique du Vème siècle, puis contre Carthage. Lorsque les Celtes commencent à arriver massivement au sud de la Gaule. Se mêlant aux populations locales non-celtes, ils forment une puissante confédération locale, les Salyens qui menace Massilia. Les grecs affrontent à plusieurs reprises les Celtes et perdent. Massilia n'est pas encore réelement menacée contrairement à ses colonies Nike (nice), Antipolis (Antibes), Olbyda (Hyère). 
Ce contact entre Celtes et Grecs n'est pas uniquement l'occasion de combat, et les Celtes apprennent à frapper la monnaie (ils recouraient jusque là au troc), ils font aussi des progrès en matière d’architecture et de céramique.
En - 181, puis en - 154, la légion romaine intervient en Provence pour protéger l'alliée massilien.  Il s'agit dans les deux cas de coups de mains parfaitement désintéressés et très efficaces, un remerciement pour des siècles d'amitiés.

Lorsque les Romains reviennent en - 125, une gigantesque coalition menace directement Massilia, les Salyens,  les Allobroges, les  Voconces et les Ligures sont bien déterminés à prendre La cité grecque. 
Les Romains fondent Aix-en-Provence (Aquae Sextiae) comme une garnison permanente pour protéger leur allié. Le site doit son nom (Les Eaux de Sextius) à son fondateur le général romain Sextius Calvinius et à aux circonstances d'une bataille. Assoiffés les légionnaires avançaient dans la chaleur de l'été étouffant à la recherche d'un point d'eau. Ils découvrent La rivière Torse... en même temps qu’une armée ennemie sur place. Sextius motiva ses troupes par un discours que l'on pourrait résumer par "Vous voulez boire ? Il faudra d'abord chasser l'ennemi". Et les légionnaires réussirent.. pour découvrir que les cadavres et le sang rendait l'eau imbuvable... encore plus épuisés et assoiffés par le combat les légionnaires durent patienter des heures durant que le courant retrouve sa pureté originel. 

Les Confédérations Gauloises


La liste des Confédérations gauloises est longue, chacune est formée de plusieurs tribus. Seulement les appellations et les tribus ne sont pas connues avec certitude. Gardez à l'esprit que les noms sont ceux trouvés dans la Guerre des Gaules, mais que les limites géographiques et les peuples englobés sont purement spéculatifs.

- Les Allobroges
- Les Aquitains 
- Les peuples d'Armoriques
- Les Arvernes
- Les Aulerques
- Les Belges
- Les Biturgiques
- Les Britons
- Les Carnutes
- Les Cavares
- Les Eduéns
- Les Francs
- Les Salyens
- Les Sénons
- Les Séquanes
- Les Vénasques
- Les Volques


 Les Confédérations sont de tailles variables. Par exemple, la Confédération Carnutes regroupe  les Carnutes et les Durocasses, tandis que les Britons regroupent sept tribus. Vous noterez que je note les Francs comme Gaulois, alors qu'ils sont souvent considérés comme Germains. Ils seront d'ailleurs conquis par César mais retrouveront rapidement leur indépendance car ils sont à l'est du Rhin. D'où leur nom, d'ailleurs, Franc vient de frei (Libres) bien qu'il pourrait aussi venir de freikton (javeline). Pareil, les Britons sont sur les deux rives de la Manche (on trouve des Pictons dans le Poitou, mais aussi dans les îles britanniques). Certaines tribus sont nommées dans plusieurs confédérations. C'est en particulier le cas des Cavares qui donnent leur nom à la Confédération des Cavares, mais qui sont aussi comptés au nombre des tributs de la confédération Vénasque. Il y a trois possibilités: une erreur , un changement de confédération (la tribut passant de l'une à l'autre), ou peut-être qu'il était possible d'appartenir à plusieurs confédérations. 

Organisation militaire




Lorsque l'on imagine une bataille entre Gaulois, voilà ce que l'on a en tête. C'est faux !!!


Grâce à la topologie il a été possible de retrouver un grand nombre de termes militaires. par exemple, la ville de Périgeux porte un nom gaulois, Pétrocores (les quatre troupes)

Nous pouvons ainsi reconstituer un véritable dictionnaire des unités et sous-unités d’une armée gauloise, ainsi que des titres portés par leurs chefs : slougo (la troupe), drungos (le bataillon), corianos (le général), uellaunos (le chef, le commandant), cinges (le guerrier) camulos (le champions, les batailles entre celtes commençaient toujours par l'affrontement de champions entre les deux armées).

L'existence de mots comme armées, bataillons et troupes laissent entendre l'existence d'uen véritable organisation. Par la Guerre des Gaules on sait que les "cités" (tribus ?)  fournirent à Vercingétorix des contingents combattant sous leurs propres enseignes et chefs. Que ces contingents marchent par "cité" en assurant la protection de leurs propres bagages. Sous l'impulsion de Vercingétorix, les Gaulois monteront aussi des fortifications d'étapes pour protéger leurs campements.

Carnyx et enseignes







Les carnyx et les enseignes surmontés de sangliers (emblèmes sacerdotale du druidisme) avaient une fonction sacrée. On sait que chaque tribu avaient les siens et que l'on prêtait serment sur eux. Lors de la bataille d’Alésia, César saisit 74 enseignes, un nombre supérieur à ceux des contingents, ce qui signifie que chacun d'entre eux en avaient plusieurs, ce qui démontre une organisation interne. 

Soit, il y a une organisation. Mais quelle est la composition de ces troupes ?

 - Les ambactes
La première unité militaire en terme de professionnalisme est formée par les ambactes. Il s'agit des gardes du corps des chefs gaulois (ambactos voulant littéralement dire "celui qui est autour") On ne sait que peu de choses sur eux. On sait qu'il s'agissait d'hommes libres ayant choisi de renoncer à l’indépendance juridique pour partager le destin d'un grand homme. Ce dernier les nourrit et sans doute leur donne une part du butin. Ils devaient probablement partager sa gloire. 
- Les soldures
Littéralement, ce sont ceux qui reçoivent une solde donc l'équivalent du moderne soldat. Un combattant professionnel et payé. 
Jules César a écrit:Adiatuanos, avec six cents hommes dévoués, de ceux que ces peuples appellent soldures. (2) Telle est la condition de ces hommes, qu'ils jouissent de tous les biens de la vie avec ceux auxquels ils se sont consacrés par un pacte d'amitié ; si leur chef périt de mort violente, ils partagent son sort et se tuent de leur propre main ; (3) et il n'est pas encore arrivé, de mémoire d'homme, qu'un de ceux qui s'étaient dévoués à un chef par un pacte semblable, ait refusé, celui-ci mort, de mourir aussitôt. 

Guerre des Gaules (III,22)

- Mercenaires
Les gaulois servent de mercenaires, nous les avons souvent vus participer aux conflits des autres nations dans les chapitres précédents et évidemment des mercenaires gaulois servaient d'autres gaulois.
Jules César a écrit:(5) Dans l'intervalle, Teutomatos, fils d'Ollovico, roi des Nitiobroges, dont le père avait reçu de notre sénat le titre d'ami, était venu le joindre avec un corps considérable de cavalerie levé dans son pays et dans l'Aquitaine.

Guerre des gaules (VII, 31)

Teutomatos est roi des Nitobroges (région d'Agen), les habitants de l'aquitaine ne relevant pas de lui, il s'agit donc bien de mercenaires.


- Hommes libres
Le gros des troupes sont formés d'hommes libres avec une formation militaire souvent limitées... voire de femmes, d'adolescents..; et de tout ce qui arrive à empoigner une arme si besoin est. Les chiffres gigantesques des armées gauloises ne s'explique pas autrement, mais césar se garde bien d'expliquer que l' "armée" de 100 000 d'Arioviste comprends tout son peuple (hommes, femmes et enfants compris).

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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Mar 17 Avr - 19:36

Avant de continuer à parler des Gaulois penchons-nous un peu sur les armées romaines qui vont leur tomber dessus.

Les légions de César


Jules César va combattre en Gaule avec - selon les périodes - de 6 à 12 légions. ce qui représente de 30 000 à 40 000 soldats "romains" ( en fait bon nombre sont levés en Gaule cisalpine et en Narbonaise et sont... des Celtes  !) Une des légions, "Alouette", est même créée par César à partir de Gaulois volontaires, issus des peuples conquis. 
A ces troupes "romaines" s'amalgament 4 à 10 000 auxiliaires, comme les cavaliers Germains.
César ne compte pas ( volontairement !) les effectifs des Gaulois alliés qui combattent pour lui mais ils doivent avoir des effectifs importants, des dizaines de milliers d'hommes. 

Voila le légionnaire romain de l'époque de César. 
Le casque de bronze copié sur les modèles étrusques commence cependant à disparaître à cette époque et on commence aussi à trouver des boucliers en forme de tuile dans certaines légions.


Illustration B


Pour mieux comprendre, l’évolution de  la légion, regardez la ligne du haut dans l’illustration B ci-dessus. Elle vous montre l'équipement des légionnaires et leur division en trois lignes clairement distinctes avant la réforme de Marius.

Illustration C


Ce système permettait de garder les troupes les plus expérimentées et/ou issus des familles les plus aisés à l'arrière. Mais elle avait des faiblesses; les premiers rangs avaient une capacité combative inférieure. Pour améliorer ces troupes il fallait accepter de les faire combattre et donc perdre des troupes. De plus, elles se chargeaient d'importants trains de bagages qui les rendaient vulnérables.

Après Marius , la légion est basée sur le modèle de la cohorte.

Illustration D


L'illustration D, montre la légion en ordre de marche. Les légionnaires sont à présent d'un type indifférencié comme on le voit sur la seconde ligne de l'illustration B. Le premier légionnaire, à droite du centurion est en ordre de marche. Il porte lui-même ses fournitures, ce qui évite de s'encombrer d'un train de bagage vulnérable. A droite un autre légionnaire en ordre de bataille. 

Illustration E


On peut voir sur l'illustration E le passage de la légion de l'ordre de marche à l'ordre de bataille. La grande force de l'armée romaine c'est que chaque homme occupe une position précise dans l'ordre de marche et sait exactement quoi faire dans chacune des situations possibles. Historiquement, les Romains n'ont pratiquement jamais été battus par des "barbares" comme les Gaulois ou les Germains autrement que dans des embuscades, ou du fait de problèmes ( terrain empêchant le déploiement, impossibilités de communiquer correctement) A moins d'un choc initial qui rompe la formation ou d'une différence numérique trop écrasante, les Romains sont pratiquement assurés de l'emporter à cause de leur entraînement à la manœuvre. 

Je vous invite à lire cet article wikipédia sur les tactiques de la légion romaine https://fr.wikipedia.org/wiki/Tactiques_de_l%27infanterie_romaine

César, dès le début de la guerre dispose de 6 légions, ce qui fait qu'il en aligne autant que Rome au début de la deuxième guerre punique. Avec 11 ou 12 à la fin, il aligne une armée impressionnante.

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