Uchronies romaines.

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Re: Uchronies romaines.

Message par phil03 le Mar 13 Fév - 15:12

En ce qui à trait à une victoire des Grecs j'aurait tendance à penser que le moment du POD reste la clé. Si l'ont parle d'une victoire grec tard dans la série de conflits d'OTL, disons sous Agatochles, effectivement la suite des événements envisagés plus haut est probable. Par contre, si l'on opte plutôt pour un POD plus reculé, sous le règne de Denis l'Ancien par exemple, il est possible que Syracuse ait le temps de forger un puissant état grec occidental et, avec un peut de prévoyance, empêché la formation d'une puissance réellement capable de la menacer sur son flanc nord.

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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Mar 13 Fév - 18:48

Denis l'Ancien a fait face à des soulèvements et des complots toutes sa vie. L'anecdote avec Damoclès démontre bien ce qu'il pensait du caractère éphémère de la vie.

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Re: Uchronies romaines.

Message par phil03 le Mar 13 Fév - 19:13

Anaxagore a écrit:Denis l'Ancien a fait face à des soulèvements et des complots toutes sa vie. L'anecdote avec Damoclès démontre bien ce qu'il pensait du caractère éphémère de la vie.

Il est malgré tout parvenu à mourir tyran de Syracuse et de cause naturelle (du moins pas d'un assasinat) en transmettant sa couronne à son fils. Mais bon, si Denis ne convient pas ont peut également imaginer Hiero ou l'un de ces successeurs parvenir à expulser les carthaginois et absorber la Grande-Grèce dans sa sphère d'influence ou, pourquoi pas, la démocratie syracusaine remporter éventuellement de semblable victoire. L'important c'est que ce processus ait lieu durant la période ou une polis grec pouvaient encore peser d'un grand poids dans la géopolitique méditerranéenne et pendant Rome n'en était encore qu'à ses tout débuts.

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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Mer 14 Fév - 13:56

Je veux bien. Toutefois, je doute de la capacité de Syracuse à s'étendre en Grèce même, voire à survivre sur le long terme coincé entre Carthage ET Rome.C'est un peu comme ne pas avoir le choix entre Charybde et Scylla...  mais avoir les deux en lot.

Puisque l'on parle de Denys l'Ancien, voilà deux anecdotes qui résument bien le personnage.

L'épée de Damoclès

Trouvant le prince Damoclès trop insouciant, Denys l'invita à diner à sa table... sous une épée suspendue à un fil si fin qu'il pouvait casser à n'importe quel moment.

l'oreille de Denys

Les latomies sont une mine de sel à proximité de Syracuse où le tyran enfermait ses ennemis. Platon fut son résident le plus célèbre.... ce dernier heureusement n'y resta pas longtemps. Il y a un effet d'échos intéressant qui a permis aux gardes à l'entrée de juguler plusieurs révoltes des infortunés captifs. En effet, les murmures y sont amplifiés par un phénomène naturel d'échos et peuvent être entendus à l'entrée. le phénomène est connu sous le nom d'oreille de Denys.

Les latomies jouent un rôle dans une autre anecdote qui me fait toujours rire. On raconte que Denys n'était pas seulement un tyran (au sens moderne) il était très infatué de sa personne, en particulier de ses talents de poète. Il créa donc un prix littéraire et invita tous les grands poètes de son époque. Ceux-ci attirés par les prix proposés vinrent en masse et Denys les accueillit à sa table... pour leur faire une démonstration de l'étendue (fort restreinte) de ses talents. Tous les invités se pâmèrent d'émois et de louanges... il est vrai après un regard aux gardes en armes du tyran. Tous sauf un qui exprima crûment ce qu'i pensait... et cela ne dû pas être excessivement diplomatique vu que le poète termina la soirée aux latomies. Au bout de quelques jours de cajoleries, les hôtes de Denys réussirent à apaiser quelque peu le tyran. Mais ce dernier gardait une dent contre son contradicteur. Aussi, à peine revenu dans sa salle à manger, il lui imposa d'écouter tout son répertoire (sans doute calamiteux) que l'infortuné écouta sans mot dire. Fatigué de ce silence, denys lui demanda son avis. Le poète se retourna alors sur un serviteur debout derrière lui : " Jetez-moi aux latomies" Laughing
L'épilogue est moins cruel, comprenant le ridicule de la situation, Denys laissa le poète tranquille et le renvoya chez lui après la fin du concours, plus richement encore récompensé que les autres participants.

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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Jeu 15 Fév - 22:22

La Première Guerre Punique



Le début de la guerre

Lorsque commence la Première Guerre Punique, Rome peut compter sur l'aide de nombreuses cités alliées et lever une armée gigantesque de 297 234 hommes ! Ce chiffre extrêmement précis nous vient du recensement de 264 av. J.C., l'année même du déclenchement de la guerre.

La premier mouvement des Romains est un débarquement à Messine, au nord-ouest de la Sicile. Après la capture de la ville Rome décide de se doter d'une marine. Alors même que les Romains n'ont jusque là jamais navigué, à partir d'une seule galère carthaginoise qu'une tempête a fait échouer sur une plage, les Romains se dotent rapidement de navires de guerre. Encore une fois, les capacités d'adaptation des Romains se révèlent stupéfiante. Seulement, entre fabriquer des navires et les conduire à la victoire la différence n'est pas mince. Les deux premières batailles navales sont des désastres navales où les Romains perdent à chaque fois dix navires. A tel point que le général Hannon dit (méprisant) : "sans notre permission les Romains ne peuvent même pas se laver les mains dans la mer" (d'après Dion Cassius... qui vivait des siècles après les faits.

Sur terre par contre, les Romains assiègent et défont les Syracusains, les obligeant à une trêve de quinze ans avec remise d'otage. Les Carthaginois s'adaptent très vite à la supériorité des Romains en champ de bataille. s'enfermant dans leurs cités, ils harcèlent leurs ennemis plutôt que de livrer bataille.

Tandis que les Romains adaptent leurs tactiques de combat d'infanterie à la surface des flots grâce au corbeau https://fr.wikipedia.org/wiki/Corbeau_(syst%C3%A8me_d%27abordage), les combats au centre de la Sicile tournent lentement à l'avantage des Romains, même si nombre de batailles sont remportés par l'habile Hamilcar Barca (père d'Hannibal).

L'expédition de Regulus

Les Romains ont conscience d'affronter des adversaires brillants et que la guerre risque de traîner en longueur. Aussi, ils décident d'attaquer ne Afrique même. les augures sont cependant défavorables, les poulets sacrés ont refusé de manger au moment de l'embarquement. Lorsque l'on rapporte le fait, Regulus est furieux : " Ils n'ont pas faim, qu'il boivent" et les faits jeter à la mer... ce qui est un outrage aux dieux !

La première année du conflit se passe bien . Après le ravage des cités puniques du cap Bon, Carthage demande les conditions de paix. Celles-ci sont si outré (elles transformeraient Carthage en état-client incapable de toute politique extérieure) que Carthage refuse et engage une armée de mercenaires grecs. Les Carthaginois remportent une victoire écrasante faisant de nombreux prisonniers dont Regulus lui-même.Pire la flotte romaine qui fuit avec les survivants est rattrapée et coulée. Ces deux défaites en conduisent à une troisième vu qu'Arigente est reprise par les Carthaginois.

Guerre de position

Pendant 11 ans, la guerre en Sicile va se poursuivre, lentement les Romains vont repousser les carthaginois jusqu'à Lylibée, âprement défendue. les Romains utilisent des armes de sièges, des tours roulantes, montent à l'assaut, bombardent. Rien n'y fait, la ville résiste à tout. l'une des raisons de cette résistance est une succession de tempête et de raids de navires carthaginois qui coulent une partie des navires amenant renforts, solde, et autre fourniture depuis Rome. Hamical Barca tente et réussit un débarquement près de Palerme, mais ne fait que construire une forteresse d'où il lance des raids. Cette longue guerre épuise complètement les deux adversaires sans qu'il émerge un vainqueur.

Victoire romaine

Les Romains sont obligés de lever des fonds auprès de leurs riches citoyens pour financer une nouvelle flotte de 200 quinquérèmes; La bataille des îles Aegates (aujourd'hui Lipari) est une victoire remportée par un vrai amiral, sans utiliser les corbeaux... les Romains sont à présent assez amarinés après 21 ans de guerre; Ils détruisent 120 navires puniques et capturent le ravitaillement pour Lylibée. Le sénat carthaginois demande les conditions de paix. Elles sont moins terribles que celles proposées par Regulus. Globalement elels se résument à rendre les prisonniers de guerre, accepter un tribut élevé et abandonner la Sicile, et les îles alentours. Il faudra cependant deux ans encore pour que la paix soit effectivement signée. Les troupes cathaginoises peuvent quitter l'île avec armes et bagages. Carthage peut garder sa flotte et reste indépendante.



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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Ven 16 Fév - 16:12

L'inventeur du corbeau meurt avant la Première Guerre Punique


Il est rare de faire intervenir un POD qui concerne un individu dont l'histoire n'ait pas retenu le nom. Cependant, si l'inventeur du corbeau est inconnu, sa machine de guerre a permis aux Romains de combattre pratiquement à égalité avec les Carthaginois. Autant dire que si le début de la Première Guerre Punique ne tourne pas au désastre complet pour la république romaine, c'est en grande partie grâce à lui.

Du côté des plus (pour Carthage) :
- Si les Romains sont dominés sur les flots, le ravitaillement des forces en Sicile deviendra problématique, comme l’envoi de renfort, il suffirait d'un ou deux désastre naval pour anéantir la flotte romaine, et toute possibilité d'envoyer des renforts conséquents en Sicile. Ce qui devrait condamner l'offensive romaine. Au final, les Romains seraient incapables de garder le contrôle de l'île.
- Regulus ne pourrait pas non plus débarquer en Afrique ou en serait rapidement empêché ( OTL, sa flotte est bien interceptée à l'aller mais le général romain remporte la bataille). Les conséquences positives seraient nombreuses pas de ravage du cap Bon, pas besoin non plus d'engager les mercenaires de Xanthippe pour vaincre Regulus, ce qui éviterait un gros trou dans la trésorerie de Carthage.

Du côté des moins (pour Carthage)
- Si les Carthaginois n'engagent pas Xanthippe, ils n'apprendrons pas de lui la manière d'utiliser correctement leurs éléphants.

Résolution de la TL

Une victoire carthaginoise dans ce cas de figure serait assez rapide ( moins de dix ans de guerre) mais remporté uniquement par la flotte. Elle serait incomplète. Le traité de paix serait probablement quelque chose comme un abandon de toutes les conquêtes romaines en Sicile, restitution des otages de Syracuse, restitution des prisonniers carthaginois sans rançons et un tribut de 2000 à 3000 talents d'or étagé sur plusieurs années. Il est très probable que les choses n'en restent pas là et que Rome attaque de nouveau quelques années plus tard. Peut-être en Sicile, mais peut-être aussi en Sardaigne/ Corse. Cette fois, les Romains seront un peu plus amarinés et le combat sur mer plus égal, même sans corbeau.

Et si Regulus avait perdu la bataille du cap Ecnome

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_du_Cap_Ecnome

Il existe peu de batailles "décisives" au cours de la Première Guerre Punique. La bataille du cap Ecnome a lieu au cours de la huitième année du conflit. Elle nous est bien connue par le récit qu'en fait Polybe, même si les historiens modernes considèrent que les effectifs ont été exagérés. Elle est en tout cas l'un des plus grands heurts de puissance navales de l'antiquité. 360 navires romains font face à 350 navires Carthaginois. L'ampleur des effectifs (quelques 140 000 Romains et 150 000 hommes dans le camp punique) comme son enjeu (attaquer Carthage elle-même) la rendent comparable aux plus grands affrontement navals de l'histoire.

Mon but n'est pas de raconter la bataille proprement dit, juste d'imaginer un POD où les Carthaginois ont remporté l'engagement, peu importe comment.

Conséquences positives :
- Les villes et les forteresses prises où rasées par Regulus autour du cap Bon restent intactes.
- Carthage n'a pas besoin de se payer les services du Lacédémonien Xanthippe pour vaincre les Romains.

Conséquences négatives :

- Sans Xanthippe les Carthaginois n'apprendront pas à se servir correctement de leurs éléphants ce qui risque de changer le cours OTL de plusieurs batailles en Sicile même.

résolution de la TL :

Une défaite romaine ne changerait pas fondamentalement la Première Guerre Punique, tout simplement parce que Regulus a fini par être battu OTL. Sa défaite plus rapide permettrait aux Puniques d'envoyer d'avantages d'hommes en Sicile, mais il ne seraient moins expérimentés.

Et Si Régulus avait gagné la bataille de Tunis ?


Pas très gais pour les carthaginois ce POD (d'ailleurs peu réaliste au vu des erreurs stratégiques d'un Regulus qui se voyait déjà vainqueur avant même le début du combat et qui a largement sous-estimé ses adversaires).

Carthage peut refuser de se considérée comme vaincue. Leur ville est bien fortifiée et est impossible à prendre pour Regulus qui peut cependant continuer à ravager l'arrière pays. La guerre peut continuer un bon bout de temps, mais la défaite de Carthage est inévitable. Elle sera cependant plus dure pour les Africains qui perdront la Sardaigne, en plus de la Sicile. Ironiquement, ce POD n'est pas aussi défavorable à moyen terme. Primo, pas de révoltes des mercenaires. Deuxio : Rome ne s'empare pas de la Corse (et surtout pas de la Sardaigne qu'ils possèdent déjà) à l'occasion de la révolte. ce qui place Carthage un peu en meilleure position pour la Deuxième Guerre Punique. La fin plus humiliante pourrait également pousser Carthage à être plus soudée derrière Hannibal.

Et Si les Carthaginois avaient gagnés la bataille des îles Aegates ?

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_des_%C3%AEles_%C3%89gates

Encore une fois, mon objectif n'est pas ici de raconter une bataille alternative juste d'admettre une victoire carthaginoise dans cette TL pour essayer d'en cerner les conséquences. Les deux ennemis sont à bout à ce stade de la guerre. Rome a été obligé de faire appel à la générosité de ses riches citoyens pour armer une flotte de guerre qui est un peu sa tentative ultime pour remporter le conflit. Pour les deux camps, Aegate  est la bataille du dernier espoir. En fait, le pire qu'il aurait pu arriver pour les DEUX CAMPS serait un résultat indécis.

Donc, les Carthaginois gagnent... et après ?

Rome n'a plus les moyens de lever une nouvelle flotte et son armée en Sicile se retrouve isolée. Les combats vont encore continuer pendant plusieurs mois et les Carthaginois vont remporter quelques victoires terrestres limitées (eux aussi sont épuisés). Rome n'aura d'autres choix que de demander la paix pour éviter la perte de son armée.

Résolution de la TL

Les conditions de paix demandée par Carthage à Rome incluent l'évacuation de la Sicile, la restitution des prisonniers sans rançon et un tribut de 2000 à 3000 talents d'or. Par contre son armée pourra être évacuée avec armes et bagages. Inutile de dire que les Romains sont repoussés, pas écrasés... et qu'ils sont vindicatifs.

Suite de la TL

Une deuxième Guerre Punique, déclenchée par Rome, contre la Sicile et/ ou la Corse et la Sardaigne est inévitable. Toutefois, les positions Carthaginoises dans ce nouveau conflit seraient meilleure et inversement celles des Romains moins bonnes. Imaginer Hannibal débarquer en Grande Grèce et être ravitailler depuis Carthage n'aurait alors rien d'extravaguant ! Pas sûr que les Romains s'en remettent  !

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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Sam 17 Fév - 17:19

Pourquoi Carthage a perdu la Première Guerre Punique ?


C'est sans doute une excellente question. Il y a en fait plus d'une raison. Maiis comme nous le verrons, les Romains traînaient aussi des casseroles.

Supériorité stratégique et diplomatique des Romains


Les Romains débarquent en Sicile pour "aider" des révoltés italiens contre Carthage. Ils se concentrent d'abord à neutraliser Syracuse, le seul alliés de Carthage. Leurs conditions de paix sont une simple admonestation et ne touchent ni à la flotte de guerre, ni au territoire de la ville. cette dernière, devenue neutre, transportera le ravitaillement de l'armée romaine.
Nombres de cités grecques occupées par les Carthaginois changeront de camp au cours de la guerre comme Tyndaris et Solonte.

Supériorité des généraux romains


Contrairement aux Romains, les Puniques n'ont pas de véritable corps d'officier aguerris au moment de la Première Guerre Punique.  Les généraux sont des aristocrates qui ont obtenu cette charge du sénat... souvent par la corruption et dans quelques cas, comme Hannibal, ils ont été désignés par la troupe. Ce qui contribue encore à dégrader les qualités des généraux puniques c'est que le sénat carthaginois a une grande suspicion envers les chefs de guerre... car un vainqueur pourrait vouloir revenir à Carthage pour se faire sacrer roi ! Aussi une armée carthaginoise n'est commandée pas par UN général. Elle a DEUX ! Chacun étant chargé de surveiller l'autre et ils partageaient le pouvoir à égalité... imaginez la difficulté pour prendre une décision. Et si cela ne suffisait pas, la république punique nomme également deux représentants du pouvoir civil chargés de les surveiller. Si un général vient à conduire ce qui peut être considéré comme une trahison il peut être condamné à la crucifixion. C'est d'ailleurs arrivé à un des généraux punique vaincu par les Romains au cours de la première guerre punique. Autant dire que - comme les généraux de Staline - les puniques devaient craindre de prendre des initiatives.

Supériorité de l'infanterie romaine


Bon le légionnaire romain surclasse le mercenaire carthaginois... je ne devrais même pas avoir à expliqué pourquoi. En plus, les Romains sont bien mieux organisés que leurs ennemis. Ils combattent en quinconce sur trois lignes avec un équipement homogène et de qualité. En face, ce qui résume le mieux l'armée carthaginoise c'est ... son hétérogénéité : Libyens, Numides, Ibères, Celtibères, Gaulois, Grecs s'y côtoient. Leurs équipements et tactiques sont très variées. Autant dire que les coordonner est une gageure, surtout que si les Libyens et les Numides sont assez motivés, ce n'est pas le cas des Celtibères et des gaulois qui montrent souvent un manque d'ardeur à se battre. Le plus grand défaut de cette armée, c'est qu’elle combat pour l'argent... si elle n'est pas payée, elle ne se bat pas et peut même se retourner contre son employeur !

Carthage ne veut pas mourir pour la Sicile


Plus important encore, la Sicile ( dénuée d'intérêt commerciale) n'est pas le joyau de la couronne de Carthage. La Sardaigne et la Corse sont jugées plus importantes aux yeux du sénat. Ils ne sont certainement pas prêt à tout sacrifier pour la conserver !

Un sénat punique divisé


Il faut savoir que Carthage n'est entré dans le conflit qu'à reculons, certaine d'avoir plus à perdre qu'à gagner, avec des adversaires acharnés de la poursuite de la guerre. Hannon le grand, principal général carthaginois est d'ailleurs opposé au conflit ! Il a des intérêts en Numidie - qu'il a conquise - et serait content que Carthage investisse là-bas, plutôt qu'en Sicile.

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Re: Uchronies romaines.

Message par le roi louis le Sam 17 Fév - 18:52

Un Pod possible "La guerre n'a pas lieu"? Un fois Syracuse vaincue, qu'est qui pose les carthaginois à continuer le conflit? Si les romains savent se monter raisonnable dans les condition de paix pourquoi mourir un carthaginois mourrai pour la Sicile?

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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Sam 17 Fév - 19:11

En relisant la précédente partie, je m'imagine bien votre air stupéfié : " Mais comment les Carthaginois ont fait pour résister  23 ans en Sicile, s'ils avaient de tels désavantages  ? !" En fait, ils ont aussi des avantages sur les Romains !

L'armée Carthaginoise


Supériorité tactique des généraux carthaginois


Pendant la Première Guerre Punique (et jusqu'au début de la Seconde) les généraux carthaginois comme Hannon le Grand et Hamilcar sont capables de tactiques "perfides" comme les embuscades, les simulacres de déroutes qui provoquent l'ire de l'historien Florus. La légion de l'époque est encore lourde à mettre en oeuvre et les généraux romains n'aont jusque là jamais eu affaire à ce genre de tactiques "lâches".

Les éléphants de guerre carthaginois


La description des éléphants d'après les pièces de monnaies carthaginoises, les fresques, et les descriptions antiques a permis d'établir qu'il s'agissait d'éléphants des forêts d'Afrique noire https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89l%C3%A9phant_de_for%C3%AAt_d%27Afrique. 2,4 à 2,5 mètres au garrot, ces bêtes sont trop petites pour porter une tour de guerre. Ils chargent comme de la cavalerie extra-lourde, leurs défenses recouvertes de bronze avec un cornac logé entre leurs deux oreilles.
Les Carthaginois n'en disposait que de 100 au cours de la Première Guerre Punique, il ne jouèrent qu'un rôle limité durant l'essentiel du conflit, cependant on peut les crédité de la victoire à la bataille de Tunis. Déployés en ligne devant l'infanterie, au centre du dispositif carthaginois, ils ont réussis à occuper suffisamment assez longtemps l'infanterie de Regulus pour que la cavalerie punique écrase celle des Romains sur les deux ailes et frappe les légions sur les deux flancs à la fois.

La cavalerie des Puniques


Si l'infanterie romaine surclasse celle des Puniques, la cavalerie de Carthage domine aisément son adversaire. Voilà les principales nationalités ( Note : 1GP signifie que l'unité fut utilisée pendant la Première Guerre Punique et 2GP qu'elle fut utilisée pendant la deuxième). La cavalerie punique était très manoeuvrable et réussit assez souvent à renverser le court d'une bataille en attaquant les légions de flanc.

La cavalerie numide (1GP) (2GP)

Il ne s'agit pas réelement d'une unité de mercenaire. La Numidie n'est pas à l'époque un état unique. Mais les royaumes qui envoient des troupes à Carthage sont des alliés. Il est d'ailleurs même certains qu'une partie des cavaliers proviennent de territoires qui font parti de Carthage.
Vêtus de tuniques, armés de lances légères, protégés par des boucliers, c'est une formidable cavalerie légère.
Leurs Rôles : éclaireurs, fourrageurs, ils sèment la terreur en avant de l'armée punique. Dans la bataille, ils sont surtout utilisés dans les phases de déroute pour sabrer sans merci les fuyards. Ils sont également expert dans l'art de se disperser en simulant la fuite pour attirer l'ennemi dans une embuscade.

La cavalerie espagnole (2GP surtout)

Plus lourde que la précédente, armée de kopis ou de falcata (ancêtre du sabre de cavalerie, ou de longues piques, ils portent des cottes de maille ou des plaques thoraciques. ils ont également de petits boucliers ronds appelés cetras ou de grands boucliers ovales.
Rôle: cavalerie lourde, bataille rangée.

Cavalerie gauloise ( 2GP surtout)

La cavalerie gauloise est aussi de la cavalerie lourde. Ils sont souvent démunis d'armures ou de casques, mais ont de grands boucliers. A cette période de l'histoire, ils n'ont pas encore de selle, et leurs épées sont plus courtes que pendant la guerre des Gaules. Leur bout arrondi empêche de frapper d'estoc, ils sont donc peu efficaces dans une mêlées. Les Gaulois n'ont pas un très bon moral.
Rôle : cavalerie lourde, bataille rangée.  

Cavalerie carthaginoise (1GP) (Guerre des mercenaires)
Il ne s'agit pas d'une unité de mercenaire, même de Puniques. Ironie de l'histoire, on ne sait presque rien de la cavalerie autochtone, pour la bonne raison qu’elle restait en garnison à Carthage même, n'ayant sans doute d'autre rôle que de défendre la ville. Elle participe sans doute à la bataille de Tunis (mais n'est pas mentionnée nominalement), on a aussi une référence à son existence pendant la guerre des mercenaires puisqu'elle les combattit. A part ça..; on ne sait RIEN. Ni son apparence, ni son emploi !

L'infanterie des Puniques


L'infanterie de Carthage est moins bien connue que sa cavalerie, on ne sait même pas avec certitude quelles formations elle adoptait au cours de la Première Guerre Punique (au cours de la seconde, elle imita les formations romaines - sur trois lignes en quinconce).

Infanterie lourde libyenne( dite aussi Libyo-phénicienne) (1GP) (2GP)
Unité d'élite de l'armée carthaginoise, les Libyens sont assez connus parce qu'ils ont été représentés sur des fresques, des pièces de monnaie et décris par des historiens antiques. On peut les considérer comme l'infanterie standard de Carthage.
Armement : casque dotés d'une crête, grands boucliers circulaires, grande lance, épée courte droite. Ils portent des armures de tissu copiées sur les linothorax grecques.
Tactique : les auteurs antiques disent qu'ils forment des "phalanges". Cela a parfois été interprété littéralement, c'est-à-dire qu'ils auraient été entraînés comme les hoplites grecs. C'est de nos jours jugé peu probable. Leur formation était sans doute moins sophistiqué, plutôt un simple rectangle peu profond hérissé de lances.  
Rôle : lors des guerres puniques, leur utilisation fut assez paradoxale. Meilleure unité d'infanterie des Carthaginois, ceux ci répugnaient à l'opposer aux Romains, parce qu'il s'agissait d'une unité coûteuse, difficile à remplacer (et en partie constitué de citoyens votant). Généralement placée en réserve, elle intervenait après que les romains aient vaincu les unités de première ligne plus sacrifiables.
Comme les Numides, les  Libyens ne sont pas vraiment des mercenaires. Ils viennent de territoire sous contrôle de Carthage et certains d'entre sont citoyens (les autres se battent autant pour la solde que pour obtenir ce statut).

Infanterie légère libyenne (1GP) (2GP)

Moins souvent mentionnée que l'infanterie lourde, ceux-ci n'ont pas d'armures. Ils combattent avec des lances (ou est-ce des javelots ?) des boucliers couverts de peau d'autruches et de courtes épées.


Ibères (2GP)

Ces mercenaires furent utilisés par Hannibal (ils n'apparaissent pas en Sicile au cours de la 1ère GP). Unités peu fiable, recrutés parmi les peuples récemment conquis par Carthage, ils furent incorporés pour grossir les effectifs de l'armée carthaginoise. Arrivé en Italie, Hannibal finit par craindre leur désertion et les envoya en Afrique.
Armement : pas d'armures ou de casques métallique, leur bouclier est identique au scutum romain, et leur épée - adoptée par Rome - sous le nom de gladius est bien connue. Ils se servaient aussi d'une épée courbe appelée falcata.
Rôle : infanterie lourde, combat frontal.

Infanterie légère ibère (2GP)
Leur armement est similaire à la cavalerie ibère... sauf qu'ils sont à pied. Leur valeur militaire était très faible en combat en plaine. Toutefois, ils venaient de tribus de montagnards et montrèrent toute leur valeur dans le nord de l'Italie. Placés en arrière-garde par Hannibal, ils prirent en embuscade l'armée de Fabius et tuèrent un millier de Romains. Même les historiens romains les considèrent avec respect : lestes, hardis, sans peur, dans un environnement montagneux, ils sont redoutables.

Gaulois (1GP) (2GP)
Le mercenaire "standard" des guerre méditerranéennes est le Gaulois. Certains combattirent dans les rangs de l'armée perse contre Alexandre le Grand ! Carthage en utilisa un certain nombre dans les deux premières guerres puniques. Les gaulois étaient renommés... à tort. Ils n'avaient généralement ni casque ni armure, et combattaient avec un grand bouclier ovale (sciath), une épée à la pointe arrondie ou une lance équilibrée pour le jet. Au cours de la deuxième guerre punique leur manque de combativité, et leur indiscipline obligea Hannibal à les faire talonner par sa cavalerie pour qu'ils avancent !

Frondeur des Baléares (2GP)

Les frondeurs des Baléares représentent l'essentiel des armes de jet dans l'armée carthaginoises (qui n'avait ni archer, ni baliste !). sans armure, ces redoutables frondeurs d'une précision renommées avaient trois fronde la plus courte était portée en bandeau, les deux plus longues (de longueur différente) autour du ventre. Ils savaient juger les distances d'un coup d’œil et sélectionner leur fronde en fonction de cela. leur tirs précis visaient d'abord les officiers (ils blessèrent  Paul-Emile à la bataille de Cannae), décimèrent les centurions et les porte-étendards à la bataille de Trasimène. A la bataille de la Trébie, les légionnaires romains les chargèrent... et se prirent une nuée de javelots, armes dont les frondeurs des Baléares se servent en autodéfense, ils furent décimés et entrèrent en déroute. Les frondeurs sont si dangereux que venu les recruter, la flotte de Magon fit demi-tour lorsque les frondeurs ouvrirent le feu... même des galères de guerre étaient en danger lorsqu'ils se mettaient à tirer !

Milice carthaginoise (1GP) guerre des mercenaires, guerre entre Carthage et la Numidie (3GP)

On sait peu de choses sur cette unité, elle ne fut utilisé sur un champ de bataille qu'à Tunis. Xanthippe retarda toute action de plusieurs mois pour l’entraîner... preuve s'il en est de son peu d'efficacité. Pendant la guerre des mercenaires, ils perdirent la troisième muraille de Carthage contre les assaillants. Ils combattirent beaucoup mieux au cours de la Troisième Guerre Punique et la Guerre contre la Numidie qui la précéda (ils repoussèrent les offensives des Numides).

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Message par Anaxagore le Sam 17 Fév - 20:06

le roi louis a écrit:Un Pod possible "La guerre n'a pas lieu"? Un fois Syracuse vaincue, qu'est qui pose les carthaginois à continuer le conflit? Si les romains savent se monter raisonnable dans les condition de paix pourquoi mourir un carthaginois mourrai pour la Sicile?

Non, ce n'est pas un POD crédible. Bien sûr, les Carthaginois peuvent évacuer Messine et accepter son "indépendance" (en fait que les Romains s'en emparent). Bien sûr, les Carthaginois peuvent signer une paix séparée dès la défaite de Syracuse. Et en théorie cela éviterait la guerre... en théorie... parce qu'en pratique, ils ne pourraient coexister; On a là deux sœurs ennemies, également arrogante, également sûre de leur bon droit, également conquérante, également belliqueuse. La Sicile... non la Méditerranée est trop petites pour leurs deux ego. En pratique, éviter la guerre à ce moment ne l'empêcherait pas plus tard !

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Message par le roi louis le Dim 18 Fév - 3:38

La Sicile... non la Méditerranée est trop petites pour leurs deux ego. En pratique, éviter la guerre à ce moment ne l'empêcherait pas plus tard !

Cela je le sais, je m'excuse si je m'explique mal, ce que je voulais dire c'est que la première guerre punique ne commence pas pour la Sicile mais pour une autre possession. Corse ou Sardaigne. La guerre stoppe sitôt qu'elle débute avec la neutralisation de Syracuse. Du coup, le début du conflit est décalé dans le temps. De combien? Dix ans, 15 ans, plus? Moins? Et quelles avec quelles conséquences?

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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Dim 18 Fév - 11:54

Je ne crois pas que cela changerait grand chose. Les Romains pourraient avoir le temps d'apprendre à construire de meilleurs navires (l'archéologie à montré que les navires romains au début de la 1erGP étaient inférieurs à ceux des carthaginois) et à mieux former leurs équipages. Les Carthaginois perdraient donc plus vite.

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Message par Anaxagore le Lun 19 Fév - 12:11

L'entre-deux guerre (punique)


Eviter la guerre des mercenaires


OTL, l'une des conditions de paix mettant fin à la première guerre punique est le rapatriement des mercenaires en Afrique avant leur licenciement. Les Romains avaient bien compris que la différence entre "soldat de fortune" et "brigands" était une histoire de solde.
Le gros des mercenaires carthaginois de la fin de la 1ère GP était composé de Campaniens et de Libyens, le reste est un mélange de "demi-grecs" (Polybe), Gaulois, Ligure, Baléares, Ibères et "d'Africains" (Numides ?). On les appelle toujours "mercenaires" mais les historiens de l'antiquité mentionnent aussi de nombreux conscrits. Hamical Barca négocie avec Rome le retour des mercenaires par petits groupes afin d'éviter tout incident et permettre leur démobilisation individuelle. Seulement, le sénat de Carthage commet l'erreur de les loger en ville. Les soldats désœuvrés et  non payées s'attroupent et provoquent des troubles. Ce qui contraint à les déplacer dans un camp à l'extérieur des remparts... une erreur aux conséquences monumentales ! Il est faux de dire que les mercenaires n'ont pas été payés ! Ils l'ont été ! Seulement... ils ont des exigences supplémentaires ( payement des chevaux tués au combat et remboursement de leurs frais de bouche). En premier lieu, ils sont terriblement déçus du comportement de l'oligarchie au pouvoir ! En fait, seule une minorité de la population (et surtout de l'armée punique) voulait la fin de la guerre. Lorsqu'il apprend la fin du conflit, Hamilcar Barca démissionne outré de la décision qu'il voit comme un abandon (il est à cette époque gouverneur de Lilybée dernière grande ville de Sicile encore carthaginoise). Mais la faction de Hannon le Grand a tient le sénat et a imposé cette décision impopulaire.

Il ne s'agit donc pas d'une révolte pour une histoire de solde comme cela a souvent été rapporté. Du moins pas uniquement. Les exigences des mercenaires sont cependant outrées et Carthage ne peut pas donner plus. Les Romains lui ont imposé un tribut de 3200 talents d'or dont 1000 à verser sur le champ, le reste sur dix ans ! Le sénat a demandé l'aide du pharaon Ptolémée d'Egypte. Toutefois, ce dernier est favorable à Rome et refuse de leur verser l'avance de 2000 talents qu'ils demandent. Dès lors l'affrontement est inévitable. Carthage ne peut pas payer, Carthage n'a pas absolument pas les moyens de payer les mercenaires.

"L'inexpiable guerre des mercenaires" pour lui donner le nom que l'on trouve chez Polybe n'est pas seulement une histoire de sous. C'est une véritable guerre civile. De nombreuses cités phéniciennes d'Afrique sont furieuses et si 20 000 mercenaires sont en révolte, ce n'est pas moins de 70 000 Libyens qui les rejoignent. Pourquoi "inexpiable" ? Les anciens donnaient des lois à la guerre, on ne faisait pas n'importe quoi. Mais les mercenaires torturaient, brûlaient, pillaient. En particulier, les mercenaires arrêtèrent et exécutèrent Giscon, le général carthaginois qui se trouvait à leur tête. Alors que Hannon le Grand et Halmicar Barca étaient réticents à combattre ce qui était après tout leur propre armée, ces crimes les convainquirent qu'il fallait les arrêter à tout prix !

Face à 90 000 adversaires, les Carthaginois ne peuvent compter que sur 100 éléphants et autour de 10 000 citoyens et mercenaires loyaux ! Comme c'est la coutume, deux généraux sont désignés pour commander. Ce seront Hannon le Grand et Hannibal Barca. Seulement, les deux hommes ne s'entendent pas du fait de leurs opinions diamétralement opposées et sont donc incapables de proposer une action cohérente. Cependant, comme Hannon le Grand a le soutien du sénat, il décide de lever le siège d'Utique. Chose qu'il réussit dans un premier temps avant que des renforts des mercenaires ne le défassent (gardant aux yeux des historiens anciens d'une réputation d'incompétence pas forcément méritée).  
Chose incroyable pour les institutions carthaginoise, l'armée impose Hamilcar Barca comme seul général ! Avec les 70 éléphants restant il remporte la bataille de Bagradas et y écrase 25 000 mercenaires. Hamilcar réussit également à rallier certains mercenaires qui font défection pour le camp carthaginois ainsi que l'aide du chef numide Naravas qui reprend Utique. A la tête de seulement 2000 cavaliers, ce dernier tue 10 000 mercenaires et en capture 4000 !  Même si tous ces chiffres viennent d'historiens anciens et sont contestés, il est clair que sans le commandement des généraux puniques, les mercenaires ne valent pas grand chose.

L'intervention de Rome.
La grande rivale ne peut rester neutre. Et pourtant... au début du conflit, les Italiens avaient commencé par ravitailler les rebelles et Carthage avait emprisonné 500 marchands en représailles ce qui avait été fort mal pris sur l'autre rive de la Méditerranée. Toutefois, la première intervention du sénat romain en tant qu'entité est favorable à Carthage. Rome restitue (sans rançon) tous les prisonniers qu'elle avait encore et interdit le commerce avec les révoltés en échange de la libération des marchands. Plus encore, Rome autorise Carthage à recruter des mercenaires en Italie (chose pourtant interdite par l'accord de paix).  Rome refusera également la proposition des mercenaires d'intervenir à leur côté en échange de la Sardaigne et de la ville d'Utique.

C'est juste après cet événement que 40 000 mercenaires sont obligés de se retrancher dans le défilé de la scie où ils sont assiégés par les Carthaginois. Affamés, ils se livrent au cannibalisme ! Après une tentative d'Hamilcar de mettre fin au conflit (qui en profite il est vrai pour mettre au fer les généraux mercenaires envoyés en plénipotentiaires) une nouvelle bataille a lieu et est remportée grâce aux éléphants. La bataille finale a lieu près de Leptis Minor, les "mercenaires", si on veux vu qu'il ne reste plus que des Libyens révoltés, étant défaits par Hannon et Hamilcar réconciliés.

Conséquences :

La guerre des mercenaires a des conséquences finalement très positives pour Carthage. D'abord, du point de vue politique. Il nous reste très peu de documents sur le système politique de Carthage, mais il semblerait que les lois et la constitution aient subis d'importantes réformes à cette époque dans un sens "démocratique" (au sens antique), réduisant les pouvoirs de l'oligarchie. Militairement, le grand vainqueur est Hannibal Barca qui, à plusieurs reprises, a vaincu des armées de mercenaires deux fois plus nombreuse que la sienne grâce à l'utilisation des éléphants, de la ruse et de manœuvres habiles. Il est récompensé du titre de "stratège de la Libye". La désignation du général en chef par la troupe (et non le sénat) entre également dans les mœurs.  Carthage a maté les cités rebelles et même étendu son territoire aux dépends des tribus libyennes qui l'ont combattu.

Cela c'est les conséquences positives, car il y en a de négatives.
En - 237 (ou 238), Rome envoie une force militaire en Sardaigne, violant les conditions du traité de paix. Comme Carthage proteste et prépare une intervention, le sénat romain argue que la Sardaigne est une "menace contre Rome". La cité punique est contrainte d'accepter la sécession de la Sardaigne... ainsi qu'une indemnité supplémentaire de 1200 talents d'argent ! Mais les Romains ne respectent même pas ce nouveau traité et s'emparent au passage de la Corse qui n'y était pas incluse. Incapable de reprendre la guerre à cause de son affaiblissement du fait de la révolte, la cité punique accepte d'avaler la couleuvre... et une autre peu après vu que les Romains prennent Malte en -218 ! Sans doute que ce petit archipel menaçait aussi Rome ! La perte de prestige de Carthage est également immense... En moins d'une génération, l'arrogante Carthage est passé du statut de maîtresse de la Méditerranée occidentale à victime impuissante de toutes les avanies.

Alors qu'Hamilcar, nommé en Ibérie, se prépare à partir il fait jurer à son jeune fils une haine éternelle pour Rome. l'enfant s'appelle Hannibal.

Uchronies :

- Et si le pharaon Ptolémée avait accordé un prêt de 2000 talents d'or à Carthage ?
OTL, il avait refusé cette demande de Carthage car il était favorable au Romain. Encore une fois peut importe la méthode, mais Carthage réussit à obtenir cet argent. La ville peut dont verser les 1200 talents que réclame Rome et payer ses mercenaires. La guerre des mercenaires ainsi évitée, Carthage garde la Corse, la Sardaigne et Malte. Rome ne pouvant s'emparer de ces îles face à des Puniques encore combatifs. Dans ce POD Carthage n'est pas non plus particulièrement remontée contre Rome et Hamilcar n'a pas fait jurer une haine éternelle à Rome. On peut donc supposer que les Barcacides d'Espagne respectent le traité de l'Ebre, interdisant le franchissement de ce fleuve. Violation qui provoqua le début de la Deuxième Guerre Punique OTL.

- Et si Carthage avait démobilisé progressivement les mercenaires ?
Hamilcar Barca avait rapatrié les combattants démobilisés par petits groupes, dans l'idée que leurs soldes leur soit versé dès leur arrivée et qu'ils soient démobilisés immédiatement. Au lieu de ça le sénat a temporisé, les a logé en ville... où ils se sont rassemblés par désœuvrement et exacerbé mutuellement leur exaspération. Pire, après les premiers incidents, ils ont été déménagés à l'extérieur de la ville !
Ce POD très simple, qui n'a absolument rien de farfelu, pourrait éviter une guerre civile et des pertes de territoires et de prestige à l'origine d’une autre guerre ! A méditer !

- Et si Rome était intervenue aux côtés des mercenaires ?
OTL, Rome a attendu la fin de la guerre des mercenaires pour envahir la Sardaigne et la Corse. Mais les Mercenaires avaient proposé à Rome de leur venir en aide en échange de la Sardaigne et de la ville d'Utique en Afrique. c'est un POD intéressant car il propose un énorme affaiblissement de Carthage. Il est probable dans cette TL que la Première Guerre Punique engloberait alors la guerre des Mercenaires et s'achèverais par une situation pire qu'OTL pour Carthage avec la perte supplémentaire d'Utique et l'indépendance de la Libye.

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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Mar 20 Fév - 14:34

Avant de continuer l'entre-deux guerre punique (et en particulier les guerres ibériques), il est temps de présenter la plus grande dynastie de généraux de l'histoire carthaginoise.

Les Barcides


La foudre de Baal



Hamilcar Barca / Hmiqrt Baraq


La carrière de Hamilcar commence en -247. Lorsqu'il prend le commandement des forces carthaginoise en Sicile, celle-ci est alors presque entièrement conquise par les Romains. Il débarque à deux reprises en Sicile, établissant des forteresses d'où il harcèle les Romains et attaque même en Italie du sud. Il serait exagéré de dire que Hamilcar renverse le cours du conflit, mais il parvient à reprendre la défensive en attaquant partout où les Romains ne sont pas assez forts pour le contrer. Difficile de savoir si ce changement de stratégie aurait permis la victoire sur les Romains, la défaite des Îles Aegates survient en 241.

Hamilcar est indubitablement le vainqueur de la guerre des mercenaires. Ses victoires sauvent Carthage et lui permettent - pour la première fois depuis les réformes qui donnèrent naissance à la république punique - d'être nommé général par ses troupes et non le sénat. Pour sa victoire sur les Libyens il lui est décerné le titre de "Stratège de Libye." Véritable maître de Carthage, il choisit cependant de la quitter pour l'Espagne. Il a par la suite été insinué que Hamilcar aurait voulu restaurer la royauté à son profit. Si c'était le cas il n'aurait pas quitté l'Afrique au moment même ou plus personnes n'aurait pu s'opposer à lui.
Officiellement, le but de l'expédition en Espagne est double. D'abord, amener les mercenaires ayant survécu aux deux dernières guerre loin de Carthage... histoire de rassurer la population. Deuxièmement, s'emparer des mines d'argent de la péninsule pour payer le tribut exigé par les Romains, c'est en tout cas se que réplique Hamilcar a un envoyé du sénat de l'Urbs.
Son véritable but est de s'emparer de territoires riches en hommes et en chevaux qui puissent lui permettre de reprendre la guerre contre Rome. En huit ans, il soumet un immense territoire en Espagne par un mélange de diplomatie et de victoires militaires, utilisant pour cela une armée essentiellement recrutée localement. Il meurt à 62 ans les armes à la main dans des circonstances assez flou (il existe trois récits de sa mort, tous héroïque). de nos jours, il y a une pierre levée près de la ville actuelle d'Elche de la Sierra qui est traditionnellement considérée comme un monument célébrant la mort de ce grand général.

Hasdrubal le Beau  dit aussi l'Ancien


Bien que n'étant un Barcide que par alliance (il est l'époux de Salambaal, la fille d'Hamilcar, et donc le beau-frère d'Hannibal) cependant il est choisis par l'armée d'Espagne pour gouverner ce véritable royaume autonome, qui n'est lié à Carthage que par des obligations mutuelles. Il se démarque de son prédécesseur par un refus d'utiliser la violence pour étendre l'Espagne Barcide. En particulier, il signe avec Rome le "traité de l'Ebre " qui interdit aux Carthaginois de s'étendre au nord de celui-ci est abandonne le septentrion à l'influence romaine. Il est toutefois assassiné en - 221 par un esclave dont il aurait exécuté le maître. Il est le fondeur de Carthagène... la nouvelle nouvelle ville  Rolling Eyes  (vous êtes sûrs que c'est pas pour ça qu'il a été assassiné ?)

Hannibal Barca


On dit de lui qu'il fût un des plus grands stratèges de l'histoire. Très peut l'ont égalé et encore moins surpassé. Il a appris la philosophie et le grec d'un précepteur spartiate; Enfant, il obtient de son père de pouvoir l'accompagner dans ses campagnes; Il dort couché au milieu des sentinelles, roulé dans une couverture prêt à combattre en cas d'attaque nocturne. Il participe aux conseils de guerre de son père, puis à ceux d'Hasdrubal le Beau après la mort de celui-ci. Ce dernier fait de lui le chef de sa cavalerie et le marie à une princesse ibère appelée Ilmicie, il aura d’elle un fils. Après l'assassinat d'Hasdrubal le beau, Hannibal est acclamé par l'armée général et gouverneur d'Espagne à seulement 25 ans.
Pendant deux ans, Hannibal respecte le traité de l'Ebre se contentant d'étendre son territoire là où il en a légalement le droit. Cependant, une fois encore, c'est Rome qui viole le traité en s'alliant la ville de Sagonde (au sud du fleuve).... et après les historiens romains nous donnent des leçons de moral et osent parler de "mauvaise foi punique"... Sérieux ? Les Romains ont violé trois fois le traité de paix qui a mis fin à la première Guerre Punique, puis violé le traité passé avec les Barcides et les méchants de l'histoire c'est les Carthaginois ?
Je laisse pour l'instant la biographie de Hannibal... nous reparlerons de lui n'en doutez pas.


Hasdrubal Barca


Brillant général, Hasdrubal ne peut toutefois être comparé à son frère aîné. Lorsque Hannibal part pour l’Italie, il reste en Espagne pour en assurer la défense. Il fait montre d'une grande pugnacité face aux généraux romains mais subit une défaite après l'autre. Il aura toutefois sa revanche en -212 puisqu'il remporte coup sur coup deux grandes victoires, tuant à chaque fois le général en chef romain... c'est à dire Publius Cornelius Scipion, puis Gnaius Cornelius Scipion, le père et l'oncle du futur Scipion l'Africain. Il reconquiert ce faisant tous les territoires perdus pendant les six premières années de guerre et menace même de chasser les Romains des territoires qu’ils ont conquis sur les Ibères neutre ou alliés aux Puniques. Il est cependant une nouvelle fois vaincu. Il décide alors de changer de tactique et de rejoindre son frère en Italie... nous reparlerons de lui.

Hasdrubal a perdu plus de batailles qu'il en a gagné au cours de la Deuxième Guerre Punique, pourtant il est impressionnant. Les récits antiques parlent à chacune de ses défaites de milliers de morts, de milliers de prisonniers, des dizaines d'enseignes saisis et parfois de butins mirobolants (comme ce bouclier d'argent massif !); Et... à chaque fois, il s'est relevé de la défaite, regroupant une nouvelle armée, se trouvant de nouveaux alliés, engageant de nouveaux mercenaires. Hasdrubal le Tenace ?  

Magon Barca


Le plus jeune des fils d'Hamilcar. Il sert son frère Hannibl et le suit dans ses combats. Il se conduit brillamment à la bataille de la Trébie et à celle de Cannes. Il dirige ensuite indépendamment une armée qui soumet le Samnium et le Bruttium. Il est envoyé à Carthage par son frère pour négocier l'envois de renforts. le sénat l'envoie ensuite en Hispanie pour combattre au côté de son frère Hasdrubal qu'il aide à vaincre les deux Scipion. Il combat ensuite Scipion l'Africain quand ce dernier prend la tête des forces romaines en Espagne, mais échoue à plusieurs reprises contre lui. Il perd ainsi les derniers territoires carthaginois de l'Espagne et se résout à fuir pour rejoindre l'Italie. Là-bas, il s'empare de Gêne qu'il tient pendant deux ans, tentant de soulever le nord de l'Italie contre Rome... en vain. Il est vaincu par l'armée levée contre lui et grièvement blessé. Il mourra de ses blessures en mer.


Dernière édition par Anaxagore le Mer 21 Fév - 13:36, édité 1 fois

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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore Hier à 11:57

L'Espagne barcide


Je n'ai qu'une uchronie sérieuse à proposer au sujet de l'Espagne barcide :

Et si Hasdrubal le Beau n'avait pas été assassiné ?
Contrairement à Hamilcar Barca et Hannibal Barca, Hasdrubal avait recherché à obtenir l'alliance des Ibères et des Celtibères par le biais de la diplomatie. Vu le peu de renseignement que nous avons sur ce personnage, il est très difficile de se faire une idée de ses intentions réelles, d'autant plus qu'il y a quelques contradictions entre les historiens antiques. Toutefois, si les Carthaginois avaient opté pour une stratégie à moyen terme de renforcement de leur "royaume", l’Hispanie aurait pu connaître une évolution plus pacifique. OTL, les Carthaginois se sont autant battus contre les Romains que contre des populations locales (les Romains aussi se sont battus contre les Ibères, d'ailleurs). Si Hasdrubal le beau avait réussi à un ralliement des autochtones à la cause de Carthage, la guerre aurait pu tourner très différemment.

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