Uchronies romaines.

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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Mar 9 Oct - 14:43

La bataille de Pharsale 


Pharsale est une des plus grandes batailles de l'antiquité. Elle voit s'opposer Jules César à Pompée, deux grands généraux, chacun  la tête de grandes armées.


Les deux armées en présence


L'armée de César :


César dispose de 8 légions, soit 22 000 fantassins et 1 800 cavaliers. 
Il s'agit de troupes de vétérans suivant César depuis le début de la Guerre des Gaules, ils viennent toutefois d'essuyer un échec grave et ont eu des pertes à Dyrrachium. 

L'armée de Pompée :


Pompée dispose de 11 légions, soit 45 000 hommes et 7000 Cavaliers.
Si on s'en tient strictement aux effectifs, l'armée de Pompée a une supériorité écrasante. Toutefois, Une part non négligeable de ces troupes viennent de pays tributaires de Rome (Thrace, Syrie ou Crète) et ne sont probablement pas particulièrement loyales envers Pompée. De plus, parmi les troupes romaines, nombre ont été levées au début de la Guerre Civile et n'ont encore jamais combattues. D'ailleurs une des raisons qui ont conduis, jusque là, Pompée a éviter un affrontement décisif est qu’une partie de ses légions étaient encore à l'entraînement. Seules deux légions, commandées par Labienus, sont formées de vétérans de la Guerre des Gaules. 


Positions de départ des deux armées




Comme on ne voit l'aile gauche de César et l'aile droite de Pompée s’appuient sur une rivière qui empêche toute action de ce côté là.
La supériorité numérique de Pompée lui donne un énorme avantage. La plupart des gens (ignorant les réalités tactiques) pensent qu'être en supériorité numérique s'est tout simplement pouvoir se permettre de perdre plus d'hommes... et bien non, ce n'est pas l'avantage principal. Tout d'abord, le facteur décisif de toute bataille au contact est rarement le nombre de morts, mais l'épuisement. Avec davantage d'hommes, on se fatigue moins à couvrir le terrain et on peu garder des troupes fraîches pour des contre-attaques, alors que - dans la même situation- une armée en infériorité numérique doit envoyer des troupes déjà fatiguées courir d'un bout à l'autre du champ de bataille. Une armée en infériorité numérique doit triompher vite... sous peine de perdre !

Face à une armée en supériorité numérique, César n'a d'autre choix que d'étaler d'avantage ses troupes et donc de constituer des lignes plus minces, sous peine d'être contourné et pris de flanc par les pompéiens. 

La tactique de Pompée


César a écrit:

Tactique de Pompée (3,92)


[3,92] (1) Il ne restait entre les deux armées qu'autant d'espace qu'il en fallait pour le choc; (2) mais Pompée avait recommandé aux siens d'essuyer notre premier effort sans s'ébranler, et de laisser ainsi notre ligne s'ouvrir: c'était, dit-on, C. Triarius qui avait donné ce conseil, afin d'amortir notre élan et d'épuiser nos forces, de mettre nos rangs en désordre, puis de tomber sur nous, serrés, lorsque nous serions entr'ouverts: (3) il se flattait que nos javelots feraient beaucoup moins d'effet, ses troupes demeurant à leur poste, que si elles-mêmes marchaient au-devant de nos coups; et que nos soldats, ayant doublé la course, perdraient haleine et tomberaient épuisés. (4) En cela, ce nous semble, Pompée agit sans raison; car l'émulation et la vivacité naturelle à l'homme s'enflamment encore par l'ardeur du combat.(5) Les généraux doivent exciter et non comprimer cet élan; et ce n'est pas pour rien que de temps immémorial il a été établi qu'avant le combat toutes les trompettes sonneraient et que de grands cris seraient poussés par les troupes: par là une armée épouvante l'ennemi et s'anime elle-même.

Le premier choc est à l'avantage de Pompée. Comme les rangs de ses légionnaires sont plus serrés, l''échange de javelots entre les deux troupes est favorable à Pompée, tandis que les Césariens sont obligés de courir plus vite - et s'épuisant plus - que les Pompéiens.

La manœuvre de César 


Toutefois, César ne compte pas sur ses forces d'infanterie pour remporter la bataille. Il a massé une petite force derrière ses lignes et au moment crucial - lorsque Pompée a engagé toutes ses forces - il fait reculer sa propre cavalerie (sur l'aile droite) puis lance cette unité contre le flanc de la cavalerie de Pompée.


Une fois la cavalerie de Pompée mise en déroute, les cavaliers et les fantassins détachés sur l'aile droite des césariens doublent le front de l'infanterie pompéienne puis se rabattent sur les archers et les frondeurs... ces derniers sont taillés en pièces par la charge et sont à leur tour mis en déroute. Voyant la bataille tourner en sa défaveur, Pompée s'enfuit.


César ordonne d’épargner les légionnaires pompéiens qui se rendent et de ne pas poursuivre les troupes en déroute, mais de se concentrer sur l'attaque du camp de Pompée. ce dernier est pris vers midi, mettant fin à la bataille.

César a écrit:

La bataille. Déroute des Pompéiens (3,93-94)


[3,93] (1) Cependant nos soldats, au signal donné, s'élancent, le javelot à la main; mais, ayant remarqué que ceux de Pompée ne couraient point à eux, instruits par l'expérience, et formés par les combats précédents, ils ralentirent d'eux-mêmes le pas et s'arrêtèrent au milieu de leur course, pour ne pas arriver hors d'haleine; et, quelques moments après, ayant repris leur course, ils lancèrent leurs javelots, et puis, selon l'ordre de César, saisirent leurs épées. (2) Les soldats de Pompée firent bonne contenance; ils reçurent la décharge des traits, soutinrent, sans se rompre, le choc des légions, et, après avoir lancé leurs javelots, mirent aussi l'épée à la main. (3) En même temps la cavalerie de Pompée, qui était à l'aile gauche, s'élança comme elle en avait l'ordre, et la foule des archers se répandit de toutes parts. (4) Notre cavalerie ne soutint pas le choc et plia quelque peu: celle de Pompée ne la pressa que plus vivement, et commença à développer ses escadrons et nous envelopper par le flanc. (5) À cette vue, César donna le signal à la quatrième ligne, composée de six cohortes. (6) Elles s'ébranlèrent aussitôt, et chargèrent avec tant de vigueur la cavalerie de Pompée, que pas un ne tint ferme, et que tous, ayant tourné bride, non seulement quittèrent la place, mais s'enfuirent à la hâte vers les plus hantes montagnes. (7) Eux partis, les frondeurs et les archers se trouvèrent sans défense et sans appui, et tous furent taillés en pièces. (Cool Du même pas, les cohortes se portèrent sur l'aile gauche, dont le centre soutenait encore nos efforts, l'enveloppèrent et la prirent à revers.
[3,94] (1) En même temps César fit avancer la troisième ligne qui, jusque-là, s'était tenue tranquille à son poste. (2) Ces troupes fraîches ayant relevé celles qui étaient fatiguées, les soldats de Pompée, d'ailleurs pressés à dos, ne purent résister, et tous prirent la fuite. (3) César ne s'était pas trompé, lorsqu'il avait prédit à ses troupes, en les haranguant, que ces cohortes, qu'il avait placées en quatrième ligne pour les opposer à la cavalerie ennemie, commenceraient la victoire. (4) Ce fut en effet par elles que la cavalerie fut d'abord repoussée; par elles que les archers et les frondeurs furent taillés en pièces; par elles que l'aile gauche de l'ennemi fut enveloppée, ce qui décida la déroute. (5) Dès que Pompée vit sa cavalerie repoussée, et cette partie de l'armée sur laquelle il comptait le plus saisie de terreur, se fiant peu au reste, il quitta la bataille, et courut à cheval vers son camp, où, s'adressant aux centurions qui gardaient la porte prétorienne, il leur dit à haute voix pour être entendu des soldats: "Gardez bien le camp, et défendez-le avec zèle en cas de malheur; pour moi, je vais en faire le tour et assurer les postes." (6) Cela dit, il se retira au prétoire, désespérant du succès, et néanmoins attendant l'événement.

 

Le camp pompéien est pris d'assaut. Fuite de Pompée (3,95-96)


[3,95] (1) Après avoir forcé les ennemis en déroute de se jeter dans leurs retranchements, César, persuadé qu'il ne devait pas leur donner le temps de se remettre, exhorta les soldats à profiter de leur avantage et à attaquer le camp; (2) et ceux-ci, bien qu'accablés par la chaleur, car le combat s'était prolongé jusqu'au milieu du jour, ne refusèrent aucune fatigue et obéirent. (3) Le camp fut d'abord fort bien défendu par les cohortes qui en avaient la garde, et surtout par les Thraces et les Barbares; (4) car, pour les soldats qui avaient fui de la bataille, pleins de frayeur et accablés de fatigue, ils avaient jeté leurs armes, leurs enseignes, et songeaient bien plus à se sauver qu'à défendre le camp. (5) Bientôt même ceux qui avaient tenu bon sur le retranchement, ne purent résister à une nuée de traits; couverts de blessures, ils abandonnèrent la place, et, conduits par leurs centurions et leurs tribuns, il se réfugièrent sur les hauteurs voisines du camp.
[3,96] (1) On trouva dans le camp de Pompée des tables à trois lits dressés, des buffets chargés d'argenterie, des tentes couvertes de gazon frais, quelques-unes même, comme celle de L. Lentulus et de quelques autres, décorées de lierre, et beaucoup d'autres choses qui annonçaient à la fois une recherche excessive et l'espoir de la victoire. Il était facile de voir qu'ils ne doutaient nullement du succès de la journée, puisqu'ils se permettaient ce luxe frivole. (2) Et cependant ils ne craignaient pas d'accuser de mollesse cette armée de César, si pauvre et si forte, à laquelle les choses les plus nécessaires avaient toujours manqué. (3) Pompée, dès qu'il nous vit franchir ses retranchements, monta sur le premier cheval qu'il trouva, dépouillé des insignes du commandement, s'échappa par la porte décumane, et courut à toute bride jusqu'à Larisa. (4) Il ne s'y arrêta point; mais, ayant rassemblé, avec la même célérité, quelques-uns de ses fuyards, il courut toute la nuit, accompagné d'une trentaine de cavaliers, arriva à la mer, et monta sur un vaisseau de transport; se plaignant, à plusieurs reprises, à ce qu'on a dit, de s'être si étrangement abusé, qu'il s'était vu en quelque sorte trahi par ceux-là mêmes de qui il attendait la victoire, et qui avaient été les premiers à fuir.


 

Poursuite des débris de l'armée pompéienne. Leur capitulation (3,97-98)


[3,97] (1) César, maître du camp, engagea les soldats à laisser le pillage et à compléter le succès. (2) Ayant obtenu ce qu'il demandait, il fit tirer une ligne autour de la colline où les troupes de Pompée s'étaient réfugiées. Celles-ci, ne trouvant pas la position favorable, parce qu'il n'y avait pas d'eau, l'abandonnèrent d'elles-mêmes, et voulurent se retirer sur Larisa. (3) César se douta de ce projet; il partagea ses troupes, en laissa une partie dans son camp, une autre dans le camp de Pompée, prit avec lui quatre légions, courut au-devant de l'ennemi par un chemin plus commode, et, arrivé à une distance de six mille pas, rangea ses troupes en bataille. (4) À cette vue, les gens de Pompée s'arrêtèrent sur une montagne, au pied de laquelle coulait une rivière. César encouragea ses soldats, et, bien qu'ils fussent épuisés par une longue journée de fatigue, et que la nuit approchât, ils tirèrent une ligne qui coupait toute communication avec la rivière et empêchait l'ennemi d'aller à l'eau pendant la nuit. (5) L'ouvrage achevé, les ennemis députèrent vers lui pour se rendre. Quelques sénateurs, qui s'étaient joints à eux, protégés par la nuit, cherchèrent leur salut dans la fuite.
[3,98] (1) À la pointe du jour, par l'ordre de César, tous ceux qui étaient postés sur la montagne durent descendre dans la plaine et mettre bas les armes. (2) Ils obéirent sans retard, et s'étant jetés à ses pieds, les bras étendus et les larmes aux yeux, ils lui demandèrent la vie: il les fit relever, les consola, leur dit quelques mots de sa clémence pour les rassurer; il leur conserva la vie à tous, et défendit à ses troupes de leur faire le moindre mal ou de leur enlever quoi que ce fût. (3) Après avoir pris ces mesures, il fit venir du camp d'autres légions, y renvoya celles qu'il avait amenées avec lui, afin qu'elles prissent quelque repos, et le jour même il arriva à Larisa.

Bilan de la bataille


César a écrit:

Bilan de la bataille (3,99)


[3,99] (1) Il ne perdit dans cette bataille que deux cents soldats; mais environ trente centurions des plus braves y furent tués. (2) Il y périt aussi, en combattant vaillamment, ce Crastinus dont nous avons fait mention plus haut; il fut tué d'un coup d'épée au visage. (3) Ainsi, ce qu'il avait dit au moment de la bataille se trouva vrai; car César convenait que Crastinus s'était conduit avec un courage au-dessus de tout éloge, et qu'il lui avait rendu d'éminents services. (4) De l'armée de Pompée i1 périt environ quinze mille hommes, et plus de vingt-quatre mille vinrent se rendre; car les cohortes même qui avaient été placées dans le fort se soumirent à Sylla; en outre, beaucoup se réfugièrent dans les villes voisines. On apporta à César neuf aigles et cent quatre-vingts enseignes prises dans ce combat. (5) L. Domitius, pendant qu'il fuyait du camp pour gagner la montagne, tomba de lassitude et fut tué par la cavalerie.

Bon, évidemment c'est César qui le dit, et les 230 morts de DBC deviennent 1 200 hommes sous la plume de Plutarque qui cite en fait Caius Asinius Pollio. Partisan de César présent à la bataille, il écrivit une Histoire de la guerre civile en 17 tomes, louée par Tacite pour son objectivité... hélas seuls quelques fragments dans d'autres œuvres sont parvenus jusqu'à nous.
 
De manière identiques, si les pertes de César sont majorés par les historiens objectifs, les 15000 morts et les 24 000 prisonniers deviennent à leur tour 6000 morts... Encore une fois, je ne peux que vous enjoindre à garder un esprit critique quant au texte de César.

Pourquoi une telle défaite de Pompée ?


Le facteur principal est bien sûr la tactique de César. Tout c'est joué en un seul moment critique, lorsque césar a fait reculer sa cavalerie comme si elle perdait, puis a attaqué le flanc exposé des Pompéiens avec une troupe d'élite.

(Note : j'ai utilisé cette tactique il n'y a même pas deux semaines et j'ai remportée une bataille difficile face à une armée supérieure numériquement mais aussi plus entraînée... par contre comme ils avaient fait charger - de font- leur cavalerie sur l'autre flanc, j'ai eu de lourdes pertes... au final, une victoire à la Pyrrhus... mince, je suis pas aussi doué que Jules César  Rolling Eyes )

Un autre facteur déterminant a été que les légionnaires recrutés en Orient - et donc non Romains - n'ont pas combattu, se contentant d'observer la bataille avant de s’enfuir.


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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Mer 10 Oct - 17:36

Les conséquences de la victoire de Pharsale


La guerre civile ne s'était pas arrêté ailleurs et au moment même où César gagnait à Pharsale, deux affrontements navales avaient lieu. D'abord, une flotte pompéienne était arrivée pour faire le blocus de Bindes. Bien qu'une galère à cinq rangs de rame fut capturée au cours d'une ruse, les défenseurs césariens restaient bloqués. A Messine, la flotte pompéienne attaqua avec des brûlots incendiant de galères césariennes dont certaines étaient amarrées au port même. La panique en ville fut telle qu'elle manqua de tomber en dépit d'une légion entière astreinte à sa défense ! 

Pourtant, ces revers de César sont complètement effacés par la nouvelle de sa victoire à Pharsale.

Pire, Pompée qui a fuit la Grèce, conscient que la guerre y est perdue, se voit refuser l'entrée dans les ports d'Asie. Pompée Magnus, qui fut le lieutenant de Scylla, l'homme qui triompha dans un char tiré par un éléphant, l'homme qui manqua de peu d'être nommé consul unique de Rome... Pompée le Grand était éconduis comme un représentant de commerce...  sic transit gloria mundi... ainsi passe la gloire en ce monde. 

Pendant ce temps, César à la poursuite de Pompée arrive à Éphèse. Là, il sauve le trésor du temple de Diane, empêchant un pompéien de s'en emparer pour payer la levée d'une nouvelle armée. César restitue le trésor au temple (ses propres troupes ne manquant de rien) et... s'en sert à des fins de propagande.
Les prodiges d’Éphèse:

[3,105] (1) César, à son arrivée en Asie, trouva que T. Ampius avait eu le dessein d'enlever le trésor du temple de Diane, à Éphèse, et qu'à cet effet il avait convoqué tous les sénateurs de la province, afin qu'ils pussent attester au besoin quelle était la somme qu'il avait prise; mais, qu'apprenant l'arrivée de César, il s'était troublé et avait pris la fuite. (2) Ainsi, César sauva en deux occasions le trésor d'Éphèse. (3) On assurait alors, après les calculs les plus exacts, que dans le temple de Minerve, en Élide, le jour même où César avait été vainqueur à Pharsale, la statue de la Victoire, qui était placée vis-à-vis celle de Minerve, s'était tournée vers les portes du temple. (4) Le même jour, à Antioche, en Syrie, on avait entendu, par deux fois, de si grands cris d'armée et un tel bruit de trompettes, que toute la ville s'était armée et avait couru sur le rempart. La même chose arriva à Ptolémaïs. (5) À Pergame, dans le sanctuaire du temple, où les prêtres seuls peuvent entrer, et que les Grecs nomment Adyta, d'eux-mêmes les tambours sacrés retentirent. (6) À Tralles, dans le temple de la Victoire, où l'on avait consacré une statue à César, on montrait une palme qui avait poussé ce jour-là dans le pavement dans les joints des pierres.


Je laisse à chacun le droit de se faire une opinion... mais qui a été témoin de ces prodiges ? Les prêtres de Diane ( enfin Artémis pour lui donner son nom grec), lesquels devaient être en dette auprès de César après qu'il leur ait rendu leur trésor. Disons que ça tombe un peu trop bien... 



Mort de Pompée, trahison du roi Ptolémée


Quant à Pompée, il a vendu une partie des biens qu'il lui restait pour embarquer une importante somme en monnaie de cuivre pour payer les deux milles hommes qui vient de lever... D'après César, des fils de marchands, de serviteurs et de proches de Pompée... la pathétique dernière armée que commandera le grand général. 
Pompée arrive à Péluse en Egypte, le roi Ptolémée s'y trouve justement pour barrer la route à l'armée de sa sœur qui tient Ascalon. 

Toutefois, l'accueil fait à Pompée est extrêmement froid. Les régents du royaume (Ptolémée n'a que 14 ans) interdisent à la flotte de Pompée de toucher la côte. Ce dernier devra prendre une barque pour rejoindre la terre ferme accompagné d'un simple affranchi. Après avoir préparé un discours, Pompée débarque et... est assassiné par l'officier chargé de l'accueillir. Celui-ci agis bien sûr sur ordre des ministres du roi (une infâme coterie de flagorneurs, de petits et de mesquins, qui prospèrent dans l'ombre de la dernière dynastie de diadoques ). Le cadavre de Pompée est ensuite décapité et son anneau lui est pris. Pire, pour pourvoir incinérer le restes de son maîtres (hors la tête qui sera embaumée) l'affranchis de Pompée devra mendier le bois aux habitants de Péluse. 

Arrivée de César en Egypte  farao


César arrive en Egypte avec une petite flotte et "deux légions"... sur le papier, parce qu’elles ont eut des pertes dans les précédentes batailles, des malades, des hommes trop épuisés après les longues marches et les mois de privations. Seuls les plus valides ont accompagné César... soit 3200 hommes et 800 cavaliers. Pourquoi si peu d'hommes ? Parce que César pensait que "tout simplement" 3200 hommes et CÉSAR c'était suffisant pour mettre en fuite n'importe quel ennemi... une vision assez suffisante des chose mais... sérieusement... il n'a pas tort ! 
L'arrivée de César à Alexandrie provoque des mouvements de foule et une révolte qui dure plusieurs jours et coûte la vie à plusieurs légionnaires. César n'explique pas pourquoi...  le passage du DBC est bizarre
César a écrit:(4) À Alexandrie il apprend la mort de Pompée: mais à peine est-il descendu à terre, qu'il entend les cris des soldats que le roi avait laissés en garnison dans cette ville, et qu'il voit la foule accourir vers lui, parce qu'il se faisait précéder des faisceaux, ce que tout le peuple regardait comme une atteinte à la majesté royale. (5) Ce premier tumulte apaisé, les jours suivants le peuple se souleva encore plusieurs fois, et il y eut plusieurs soldats de tués en divers quartiers de la ville.

Je suis le seul à trouver étrange que les habitants "atteints par la majesté royale de Jules César" ( euh.. au passage t'es pas supposé être Consul de la république, Jules ?)  se mettent.. à se soulever et tuer ses hommes ? 

Vous imaginez la scène ?

César débarquant à Alexandrie sous les cris haineux des Égyptiens : " Oh, on m'acclame et ils m’envoient des fruits, regarde Quintus (1), ils embrassent nos soldats !"...  Sauf que le lieutenant de César voit les Alexandrins essayer d'écharper les légionnaires romains, envoyant des fruits pourris et des insultes à leur chef... 

Bref, sans vraiment s'inquiéter des dispositions "aimables" des Alexandrins, César entreprends de régler le différent entre Ptolémée et Cléopâtre. Ce dernier est simple. Le père des deux garnements (Ptolémée l'aulète) est mort sans laisser de successeur adulte. Il a désigné ses deux enfants pour qu'ils règnent conjointement. Toutefois, jusqu'à leur majorité, le vrai maître de l'Egypte est l'eunuque Pothin (celui-là même qui a fait exécuter Pompée) et il est bien décidé à garder le royaume en manipulant un roi fantoche. De plus il a le soutien de l'armée et du général Achidias. Mais... il y a un hic, Cléopâtre VII thea neotera prophilopater n'a pas seulement un caractère de fer, elle est très intelligentes et cultivée (la petite parle sept langues !). Cléo a échappé à une tentative maladroite de Pothin pour l'éliminer, s'est enfuie et à levé une armée... on en est là ! 

La première rencontre sur ce thème entre Pothin, Ptolémée et César se fait..; en compagnie de Cléopâtre. Elle est arrivée la veille, roulée dans un tapis ! On peut comprendre que César prenne son partis... quoi que l'on puisse penser de sa beauté et de son charme, elle venait de démontrer son audace et son intelligence, en le rejoignant pour se placer sous sa protection. 

Vous imaginez bien que Pothin a pas vraiment envie que les  deux co-rois se réconcilient. Pothins a alors une idée géniale... " Et i j'éliminais César ? " Et comme ils est vraiment en vaine d'idée lumineuse, il confie la tâche au général Achidias....  Rolling Eyes Ils n'auront pas volé ce qui les attends ! 


Bataille d'Alexandrie


A ma gauche Achidias, 20 000 soldats dont de nombreux mercenaires romains sous le commandement de Gabinius, des survivants de la Guerre Civile venus vendre leurs talents au soleil de l'Egypte, ainsi que (selon César... et vous savez ce que je pense de son objectivité) un ramassis de brigands, de voleurs, de bannis, d’assassins et d'esclaves en fuite...  ainsi que 2000 cavaliers vétérans et 50 galères de guerre qui ont elles aussi participé à la guerre civile dans les rangs pompéiens. 

A ma droite, César, 3200 fantassins, 800 cavaliers.

Vainqueur ? César bien sûr...  Il s'empare du phare, résiste sur la jetée et empêche les galères de sortir du port. Il prend le contrôle des fortifications à la faveur de la nuit et s'y retranche. L'adversaire semble incapable de faire quoi que ce soit. Pothin qui renseigne Achidias depuis l'intérieur, est exécuté. 
Victoire facile ?

Et bien selon certain auteurs antiques César aurait volontairement (ou non) incendié la Bibliothèque d’Alexandrie... ou plus probablement une entrepôt du port qui stockait les livres qui lui étaient destinés... Dommages collatéraux... Selon d'autres auteurs, ( Goscinny et Uderzo), la moutarde serait montée aux nez de Cléopâtre et aurait passé ses nefs sur le dit César à son retour. 



Uchronie ?


Une, piégé sur la jetée du célèbre phare d'Alexandrie, César (cinquante ans passé) aurait fuit à la nage, portant encore son armure. Il n'aurait abandonné son manteau que contraint et forcé. d'ailleurs, ramassé par ses ennemis, il fut exposé comme un trophée. Et si César avait abandonné trop tard son manteau ? s'ils s'était noyé dans la baie d'Alexandrie ?

La mort de César à ce stade de la guerre aurait probablement conduis à  une victoire des Pompéiens soit Scipion, sot Caton, soit Labienus  auraient pris le pouvoir... à moins que Marc Antoine réussie à les battre de vitesse. Octave (Auguste) n'aurait jamais régné, cela est sûr. 


(1) Quintus Fluvius, lieutenant de César pendant la campagne d'Egypte.

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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Mar 16 Oct - 14:57

Bataille du Nil


Après deux batailles navales (une remportée, une perdue), la situation des Romains, encerclés dans Alexandrie se dégrade brusquement. Comme les Lagide s'assassinent entre eux, César libère le roi Ptolémée XIII. Pensant, sans doute, que ce dernier prendrait parti pour lui ou tout au moins diviserait davantage leur camp. Bernique, le petit roi rallie l'armée sans chef, paradant dans... une armure d'or.  affraid 

Toutefois, César reçois enfin des renforts terrestre avec l'arrivée du roi Mithridate de Pergame. Dès son franchissement de la frontière, le Grec prend Péluse et y établis une forte garnison, puis marche vers Alexandrie où il fait jonction avec César. 

César a écrit:
[28] (1) Mithridate envoie avertir César de ce qui s'est passé; Ptolémée en est également instruit par les siens. L'un et l'autre partent à peu près en même temps; le roi, pour accabler Mithridate; César, pour le soutenir. (2) Le roi abrégea sa route en s'embarquant sur le Nil, où il avait une grosse flotte toute prête. César ne voulut pas prendre la même route, dans la crainte d'avoir à combattre sur le fleuve; mais, prenant un détour par mer le long de cette côte que l'on dit faire partie de l'Afrique, comme nous l'avons remarqué plus haut, il parut à la vue des troupes royales, avant qu'elles n'eussent commencé l'attaque, et joignit Mithridate vainqueur, et son armée intacte. (3) Le roi avait établi son camp sur une hauteur fortifiée par la nature, qui dominait la plaine de toutes parts, et était couverte de trois côtés par différentes sortes de défense. L'un de ces côtés était appuyé au Nil; l'autre formait la partie la plus élevée de la hauteur; le troisième était bordé par un marais.
[Début]
 

Bataille du Nil (29-31)


[29] (1) Entre le camp du roi et le chemin suivi par César, coulait une rivière étroite, mais aux bords escarpés, qui se déchargeait dans le Nil. Elle était éloignée du camp royal d'environ sept mille pas. (2) Quand le roi eut appris que César venait de ce côté, il envoya toute sa cavalerie et l'élite de son infanterie légère, pour l'empêcher de passer la rivière, et l'attaquer de la rive avec avantage; car, dans cette situation, le courage ne servait de rien et la lâcheté n'avait rien à craindre. (3) Mais nos soldats, cavaliers et fantassins, étaient désespérés de voir les Alexandrins oser tenir si longtemps devant eux. (4) C'est pourquoi les cavaliers Germains, qui étaient allés çà et là chercher un gué, passèrent la rivière à un endroit où les bords en étaient moins escarpés; et en même temps les légionnaires, après avoir abattu de grands arbres, qu'ils jetèrent d'un bord à l'autre, en les couvrant de terre à la hâte, atteignirent la rive qu'occupaient les ennemis. (5) Ceux-ci craignirent si fort leur attaque, qu'ils cherchèrent leur salut dans la fuite: mais ce fut inutilement; car peu de fuyards purent gagner le camp du roi; presque tout le reste fut tué.
[30] (1) César, après ce brillant succès, ne doutant pas que son arrivée subite ne répandît la terreur parmi les Alexandrins, marcha aussitôt en vainqueur sur le camp du roi. (2) Mais le voyant entouré d'ouvrages considérables, bien fortifié par la nature, et défendu par des troupes nombreuses qui en bordaient les retranchements, il ne voulut pas exposer à cette attaque des soldats que la marche et le combat avaient fatigués. Il campa donc à peu de distance de l'ennemi. (3) Le jour suivant, il fit attaquer, par toutes ses troupes, un château que le roi avait fortifié dans un village voisin de son camp, et réuni à ce camp par une ligne de communication pour ne pas perdre le village; et il l'emporta. Ce n'est pas qu'il ne crût pouvoir réussir avec moins de monde; mais il voulait effrayer les Alexandrins par cette victoire et attaquer aussitôt le camp du roi. (4) En conséquence, du même pas que nos soldats poursuivirent les Alexandrins fuyant du château au camp, ils arrivèrent aux retranchements et commencèrent à combattre de là avec ardeur. (5) Ils ne pouvaient attaquer que par deux endroits, ou par la plaine dont l'accès était libre, on par un espace de médiocre étendue qui séparait le camp du Nil. (6) Les plus nombreuses et les meilleures troupes de l'ennemi défendaient le côté dont l'accès était le plus facile. Celles qui gardaient le côté du Nil pouvaient aisément nous repousser et nous blesser; car nous étions accablés, de front, par les traits des remparts; et à revers, du côté du fleuve, nous étions harcelés par de nombreux vaisseaux remplis d'archers et de frondeurs.
[31] (1) César voyait que ses troupes ne pouvaient combattre avec plus de bravoure; et que pourtant elles faisaient peu de progrès à cause du désavantage du terrain. S'étant aperçu que la partie la plus élevée du camp ennemi était dégarnie de troupes, soit parce qu'elle se défendait d'elle-même, soit parce que les uns, par curiosité, les autres par le désir de combattre, l'avaient abandonnée pour courir au lieu où se passait l'action, il ordonna aux cohortes de tourner le camp et de gagner cette hauteur: il avait mis à leur tête Carfulénus, homme non moins distingué par son grand cœur, que par ses talents militaires. (2) Dès qu'elles furent arrivées, comme elles trouvèrent peu de résistance et qu'elles combattirent avec vigueur, les Alexandrins, effrayés par les cris qui s'élevaient de divers points, et par cette attaque inopinée, se mirent à fuir partout dans le camp. (3) Animés par ce désordre, les nôtres forcèrent presque en même temps tous les quartiers; déjà la hauteur avait été enlevée, et nos gens, tombant de là sur les ennemis, en avaient fait un grand carnage. (4) La plupart des Alexandrins, pour fuir le péril, se précipitèrent en foule du haut des remparts du côté qui joignait le fleuve. (5) Les premiers, ayant été écrasés en grand nombre dans le fossé, facilitèrent la fuite des autres. (6) Il est certain que le roi lui-même prit la fuite, et se jeta dans un vaisseau; mais la quantité de ceux qui gagnaient à la nage les navires les plus rapprochés, fit couler à fond ce vaisseau, et le roi périt.

César, Guerre d'Alexandrie

Si le roi périr noyé, c'est à cause de sa fameuse armure d'or si "efficace" au combat et qui aide tellement à la nage. 

Uchronie ?


Non, je passe, je doute que le jeune roi Ptolémée soit capable de vaincre César et Mithridate de Pergame. 
 

César a écrit:

Règlement des affaires d'Égypte (33)

[33] (1) César, maître de l'Égypte et d'Alexandrie, y établit pour rois ceux que Ptolémée avait désignés par son testament, en suppliant le peuple romain de n'y rien changer. (2) En effet, le roi, qui était l'aîné des deux fils, étant mort, il donna la couronne au plus jeune et à l'aînée des filles, Cléopâtre, qui, fidèle au parti de César, n'avait point quitté le quartier qu'il occupait. À l'égard d'Arsinoé, la plus jeune, sous le nom de laquelle Ganymède, ainsi que nous l'avons rapporté, avait longtemps exercé une cruelle tyrannie, il résolut de la faire sortir du royaume, dans la crainte que les séditieux ne se servissent d'elle pour exciter de nouveaux troubles avant que l'autorité des deux rois eût eu le temps de s'affermir. (3) Ne prenant avec lui que la sixième légion composée de vétérans, il laissa les autres en Égypte pour mieux assurer le pouvoir des rois que leur dévouement à César rendait peu agréables à leurs sujets, et qui, établis rois depuis si peu de jours, n'avaient pas encore ce prestige qui ne s'attache qu'à une autorité ancienne. (4) Il pensait aussi qu'il était de notre dignité et de notre intérêt de les soutenir avec nos troupes s'ils demeuraient fidèles, ou de les réprimer avec ces mêmes troupes, s'ils étaient ingrats. (5) Après avoir ainsi tout terminé et arrangé, César prit par terre le chemin de la Syrie.

Ce passage est la seule mention de Cléopâtre dans la Guerre d'Alexandrie. César ne fait aucune mention de sa liaison avec la reine d'Egypte et la plupart des renseignements que nous avons sur elle viennent d'autres auteurs (Suétone, Plutarque et Appien). Le fait que l'on ait sur elle aucun avis neutre mais s'appuie uniquement la propagande augustéenne devenue - après la bataille actinium-  de l'histoire, fait de Cléopâtre un personnage dont les poètes anciens (Horace, Propece, Lucain) et les dramaturges (Shakespeare) ainsi que (plus tard bien sûr) les cinéastes ont modelé à l'image de la tentatrice orientale qui "fit d'Antoine l'ennemi de sa patrie par la corruption de ses charmes amoureux" (Flavius Josèphe). 
D'elle, on ne sait rien, en fait. Fille de Ptolémée XII Aulète, elle n'est peut-être pas légitime (Strabon ne donne qu'une fille à ce roi). On raconte que sa mère serait une concubine égyptienne sur la seule base qu’elle parlait cette langue et que les Romains la surnommaient perfidement "L' Égyptienne"... c'est plus que léger. 

En croisant toutes les sources, et en ne retenant que ce qui les renforce on n'obtient que peu de choses. Aucun portrait d'elle rigoureusement authentique n'est attesté. Les auteurs classiques qui vantent sa "beauté divine" sont le fait d'historiens ayant vécus plus d'un siècle après sa mort. Les sources contemporaines ne livrent aucune description physique. On apprend juste qu’elle a du charme, de l'esprit, qu'elle sait s’apprêter. A noter qu'un traité sur l'art du maquillage (apocryphe) lui est attribué. Le "portrait" le plus authentique de Cléopâtre figure probablement sur les pièces de monnaies à son effigie, il est en tout cas le fait d'une demande de la reine elle-même pour la représenter :


Toutefois, on peut se poser la question du talent du graveur. Il est à également à remarquer ce portrait :



Si ce portrait de Cléopâtre vient d’Herculanum et est postérieur d'un demi-siècle à la mort de la reine d'Egypte, les ressemblances avec la pièce de monnaie plus haut sont frappantes. S'agit-il d'une copie d'un portrait d'époque ou au moins basé sur une description disparue depuis (1) ? Détail important, elle serait blond-roux... bizarre ? Pour une égyptienne oui, mais pas pour une descendante d'Alexandre le grand (2) qui était lui-même blond-roux. Il existe en tout cas une preuve que Cléopâtre était fier de sa parenté avec Alexandre et peut-être de sa couleur de cheveux. En - 36 elle fit modifier son nom de Cleopâtra Philopator  ( "fierté de son père" " qui aime son père") en Cleopâtra Théa néôtera Philopatris ( "fierté de son père" "déesse" "nouvelle déesse" "qui aime sa patrie"). Le dernier terme est complètement inconnu parmi les Lagide. Les historiens ont fait de nombreuses interprétation sur ce "patriotisme" affiché par Cléopâtre... mais souvent à mille lieues des conceptions de l'époque. La "patrie" est étymologiquement le pays du père, la lignée. Or, les Lagide sont d'abord rois de la cité-état d'Alexandrie, ils ne sont pharaons d'Egypte que par défaut (les Lagide envoyaient un ministre se faire sacrer pharaon, par procuration... Cléopâtre sera la seule Ptolémée à faire le déplacement). Ce n'est pas un attachement à l'Egypte que proclame Cléopâtre, mais un attachement à... Alexandrie, qui est sa "patrie", c'est donc bien à l'héritage d'Alexandre que Cléopâtre montre sa fidélité. 

En tout cas, César met cette femme aux commandes de l'Egypte. Parce qu’elle fut sa grande passion comme le prétends Suétone ? Peut-être... Parce qu’elle s'était rallié à lui sans nulle défaillance ? C'est ce que dis César. Parce qu’elle était intelligente, courageuse et instruite ? Tous les auteurs (même ceux qui la conspuent sur sa moralité) sont d'accord. Néanmoins, la véritable raison est probablement de pure politique romaine. Suétone -encore lui - dit que César était arrivé en Egypte pour annexer le pays, mais qu'il y aurait renoncé en comprenant que le gouverneur qui serait placé à la tête de l'Egypte aurait trop de pouvoir sur Rome... et oui, le blé d'Egypte peut calmer (par sa distribution) ou provoquer (par son absence) des mouvements de foule à Rome même. Finalement, garder au pouvoir une dynastie discréditée et qui ne pouvait rester en place qu'avec l'assentiment de Rome était encore la méthode la plus efficace... au moins à titre temporaire. 


 (1)Olympos, le médecin personnel de Cléopâtre VII a écris une biographie de la reine après sa mort, elle n'est pas parvenue jusqu'à nous, mais on sait cependant qu'elle servit aux historiens ultérieurs qui en tirèrent certains détails, comme le suicide de la reine dans l'oeuvre de Plutarque. 
( 2) Ptolémée 1er Sôter, fondateur de la dynastie des Ptolémée était fis de Lagos, frère du roi Philippe. Il était donc le cousin d'Alexandre le Grand.

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