Uchronies romaines.

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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Mar 17 Juil - 15:46

Le siège d'Alésia


Parmi toutes les batailles de la guerre des Gaules, ce siège est de loin le plus connu. L'épisode actuel des Uchronies romaines n'a pour but que de parler d'Alésia, du dispositif romain et de la conduite du siège proprement dit. La bataille décisive sera traitée ultérieurement.

Le site d'Alésia


Il faut d'abord noter qu'il existe une controverse ancienne sur la localisation d'Alésia. Entrer dans le détail de ce débat me semble largement déborder de nos objectifs. Disons que l'on a situé plusieurs villes qui semblent correspondre à Alésia (si on s'en tient au texte de César). En dépit d'une nombre proprement époustouflant de pièces archéologiques contemporaines de la guerre des Gaules trouvées sur le site (dont les fortifications de César), on s'est attaqué à la localisation du site d'Alise-Sainte-Reine pour des raisons de méthodologie et... il faut bien le dire de régionalisme.

S'il est indéniable que les fouilles de 1861 ont été baisés, on ne peut pas contredire les faits. le site a été assiégé, à la fin de la république, par une armée Romaine et germaine qui a entouré l'oppidum d’une double enceinte.  Le seul siège mené en Gaule par cette méthode est celui d'Alésia.

Pour le reste, si vous voulez plus de détail, je vous invite à lire l'article wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Si%C3%A8ge_d%27Al%C3%A9sia#Un_d%C3%A9bat_ancien

Donc, à moins qu'on ne découvre des preuves en béton, pour moi, Alise-Sainte-Reine est Alésia.

Le site d'Alise-Sainte-Reine




Alésia est sur une colline nettement séparée de celles qui l'entoure. Son sommet est plat, allongé, à peu près de la forme bi-ogivale d'une glandula (une balle de fronde romaine en plomb). 
A l'époque de la guerre des Gaules, ce plateau est complètement entouré d'une épaisse muraille. Les effectifs gaulois qui y sont enfermés sont colossaux :  80 000 hommes. Seulement, les combattants sont entassés avec la population d'origine du site... et ils n'ont que les réserves de nourriture que ce qui se trouve entre ses murs.

Un travail de Romains !


César ne s'aventure pas à un assaut voué à l'échec, il s'emploie immédiatement à boucler Alésia entre une circonvallation (chargée d'interdire les sorties) une muraille tournée vers l'intérieur, et une contrevallation (chargée d'interdire une attaque à revers des assiégeants) muraille tournée vers l'extérieur. des camps sont répartis régulièrement pour permettre d'intervenir rapidement en tout point.



Vu du ciel : 


César a écrit:

Travaux de César autour d'Alésia



[7,72]
(1) Instruit de ces dispositions par les transfuges et les prisonniers, César arrêta son plan de fortification comme il suit. Il fit creuser un fossé large de vingt pieds, dont les côtés étaient à pic et la profondeur égale à la largeur. (2) Tout le reste des retranchements fut établi à quatre cents pieds en arrière de ce fossé ; il voulait par là (car on avait été obligé d'embrasser un si grand espace, que nos soldats n'auraient pu aisément en garnir tous les points) prévenir les attaques subites ou les irruptions nocturnes, et garantir durant le jour nos travailleurs des traits de l'ennemi. (3) Dans cet espace, César tira deux fossés de quinze pieds de large et d'autant de profondeur ; celui qui était intérieur et creusé dans un terrain bas et inculte, fut rempli d'eau tirée de la rivière. (4) Derrière ces fossés, il éleva une terrasse et un rempart de douze pieds ; il y ajouta un parapet et des créneaux, et fit élever de grosses pièces de bois fourchues à la jonction du parapet et du rempart, pour en rendre l'abord plus difficile aux ennemis. Tout l'ouvrage fut flanqué de tours, placées à quatre-vingts pieds l'une de l'autre.



[7,73]
(1) Il fallait dans le même temps aller chercher du bois et des vivres, et employer aux grands travaux des retranchements les troupes, diminuées de celles qu'on employait au loin. Souvent encore les Gaulois essayaient de troubler nos travailleurs, et faisaient par plusieurs portes les sorties les plus vigoureuses. (2) César jugea donc nécessaire d'ajouter quelque chose à ces retranchements, afin qu'un moindre nombre de soldats pût les défendre. À cet effet, on coupa des troncs d'arbres et de fortes branches, on les dépouilla de leur écorce et on les aiguisa par le sommet ; puis on ouvrit une tranchée de cinq pieds de profondeur, (3) où l'on enfonça ces pieux qui, liés par le pied de manière à ne pouvoir être arrachés, ne montraient que leur partie supérieure. (4) Il y en avait cinq rangs, joints entre eux et entrelacés ; quiconque s'y était engagé s'embarrassait dans leurs pointes aiguës - nos soldats les appelaient des ceps -. (5) Au devant, étaient disposés obliquement en quinconce des puits de trois pieds de profondeur, lesquels se rétrécissaient peu à peu jusqu'au bas. (6) On y fit entrer des pieux ronds de la grosseur de la cuisse, durcis au feu et aiguisés à l'extrémité, qui ne sortaient de terre que de quatre doigts ; (7) et pour affermir et consolider l'ouvrage, on foula fortement la terre avec les pieds : le reste était recouvert de ronces et de broussailles, afin de cacher le piège. (Cool On avait formé huit rangs de cette espèce, à trois pieds de distance l'un de l'autre : on les nommait des lis à cause de leur ressemblance avec cette fleur. (9) En avant du tout étaient des chausses-trappes d'un pied de long et armées de pointes de fer, qu'on avait fichées en terre ; on en avait mis partout, à de faibles distances les unes des autres ; on les appelait des aiguillons.




[7,74]
(1) Ce travail fini, César fit tirer dans le terrain le plus uni que pût offrir la nature des lieux, et dans un circuit de quatorze mille pas, une contrevallation du même genre, mais du côté opposé, contre l'ennemi du dehors. Il voulait qu'en cas d'attaque, pendant son absence, les retranchements ne pussent être investis par une multitude nombreuse. Enfin, pour prévenir les dangers auxquels les troupes (2) pourraient être exposées en sortant du camp, il ordonna que chacun se pourvût de fourrage et de vivres pour trente jours.



Schéma des fortifications romaines :


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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Mar 24 Juil - 11:45

L'arrivée de l'armée de renfort


La situation dans Alésia


César a écrit:

Discours de Critognatos








[7,77]
(1) Cependant les Gaulois assiégés dans Alésia, voyant que le jour où ils attendaient du secours était expiré, et que tout leur blé était consommé, ignorant d'ailleurs ce qui se passait citez les Héduens, s'étaient assemblés en conseil et délibéraient sur le parti qu'ils avaient à prendre. (2) Parmi les diverses opinions, dont les unes voulaient qu'on se rendît et les autres qu'on tentât une sortie vigoureuse tandis qu'il leur restait encore assez de forces, l'on ne peut, ce me semble, passer sous silence le discours de Critognatos, à cause de sa singulière et horrible cruauté. (3) C'était un Arverne d'une naissance élevée et qui jouissait d'une haute considération. "Je ne parlerai pas, dit-il, de l'avis de ceux qui appellent du nom de capitulation le plus honteux esclavage ; et je pense qu'on ne doit, ni les compter au nombre des citoyens, ni les admettre dans cette assemblée. (4) Je ne m'adresse qu'à ceux qui proposent une sortie, et dont l'opinion, comme vous le reconnaissez tous, témoigne qu'ils se souviennent encore de notre antique valeur. (5) Mais il y a plutôt de la faiblesse que du courage à ne pouvoir supporter quelques jours de disette. Les hommes qui s'offrent à la mort sans hésitation sont plus faciles à trouver que ceux qui savent endurer la douleur. (6) Et moi aussi je me rangerais à cet avis (tant l'honneur a sur moi d'empire), si je n'y voyais de péril que pour notre vie ; (7) mais, dans le parti que nous avons à prendre, considérons toute la Gaule que nous avons appelée à notre secours. (Cool Lorsque quatre-vingt mille hommes auront péri dans cette tentative, quel courage pensez-vous que conservent nos parents et nos proches, s'ils ne peuvent, pour ainsi dire, combattre que sur nos cadavres ? (9) Gardez-vous donc de priver de votre soutien ceux qui n'ont pas craint de s'exposer pour votre salut, et, par précipitation, par imprudence, par pusillanimité, n'allez pas livrer toute la Gaule à l'avilissement d'un perpétuel esclavage. (10) Parce que vos auxiliaires ne sont pas arrivés au jour fixé, douteriez-vous de leur foi et de leur constance ? Eh quoi  ! quand les Romains travaillent tous les jours à des retranchements nouveaux, pensez-vous que ce soit seulement pour se tenir en haleine ? (11) Si tout chemin vous est fermé par où vous pourriez avoir de leurs nouvelles, les Romains eux-mêmes ne vous assurent-ils pas de leur arrivée prochaine par ces travaux de jour et de nuit qui montrent assez la crainte qu'ils en ont ? (12) Quel est donc mon avis ? De faire ce que firent nos ancêtres dans leurs guerres, bien moins funestes, contre les Cimbres et les Teutons. Forcés, comme nous, de se renfermer dans leurs villes, en proie à la disette, ils soutinrent leur vie en se nourrissant de la chair de ceux que leur âge rendait inutiles à la guerre ; et ils ne se rendirent point. (13) Si nous n'avions pas reçu cet exemple, je dirais que, pour la cause de la liberté, il serait glorieux de le donner à nos descendants. (14) Quelle guerre en effet peut-on comparer à celle-ci ? Les Cimbres, après avoir ravagé la Gaule, et lui avoir fait de grands maux, sortirent enfin de notre territoire, et gagnèrent d'autres contrées ; ils nous laissèrent nos droits, nos lois, nos champs, notre liberté ! (15) Mais que demandent les Romains ? Que veulent-ils ? L'envie les amène contre tous ceux dont la renommée leur a fait connaître la gloire et la puissance dans la guerre ; ils veulent s'établir sur leur territoire, dans leurs villes, et leur imposer le joug d'une éternelle servitude. Car ils n'ont jamais fait la guerre dans d'autres vues. (16) Que si vous ignorez comment ils se conduisent chez les nations éloignées, voyez cette partie de la Gaule qui vous touche ; réduite en province, privée de ses droits et de ses lois, soumise aux haches romaines, elle gémit sous le poids d'un esclavage qui ne doit pas finir.



Expulsion des non-combattants








[7,78]
(1) Les avis ayant été recueillis, il fut arrêté que ceux qui, à raison de leur santé ou de leur âge, ne pouvaient rendre de service à la guerre, sortiraient de la place, et qu'on tenterait tout avant d'en venir au parti proposé par Critognatos. (2) On décida toutefois que, si l'on y était contraint et si les secours se faisaient trop attendre, on le suivrait plutôt que de se rendre ou de subir la loi des Romains. (3) Les Mandubiens, qui les avaient reçus dans leur ville, sont forcés d'en sortir avec leurs enfants et leurs femmes. (4) Ils s'approchent des retranchements des Romains, et, fondant en larmes, ils demandent, ils implorent l'esclavage et du pain. (5) Mais César plaça des gardes sur le rempart, et défendit qu'on les reçût.

Après deux mois de siège, le moral dans Alésia est bas et les vivres manquent. L'épisode de la sortie des non-combattants est doublement horrible... Comme le texte de César le souligne en parlant de la "singulière et horrible cruauté" de Critognatos. Toutefois, César lui-même l'est tout autant... toutefois, il ne l'est pas envers son peuple. Car voilà où se loge la morale du général romain. Ce que l'on fait subir à ses ennemis est toujours juste si cela apporte la victoire. Toutefois, abandonner le peuple que l'on est sensé défendre est cruel. Pourtant, au-delà du bien et du mal, les deux camps font preuve de réalisme... un réalisme froid. Les Gaulois ne peuvent garder les non-combattant parce qu'ils mangent les réserves de pain et qu'ils en ont besoin pour continuer la lutte. César ne peut laisser passer les Gaulois parce qu'il ne peut les laisser traverser ses lignes... et surtout parce que les appels à l'aide des pauvres gens coincés entre les deux lignes ruine le moral des défenseurs. Il y a toujours une chance que ces derniers finissent par céder et reprennent les civils... ce qui raccourcirait le siège. 

La situation dans le reste de la Gaule


César a écrit:

L'armée gauloise de secours







[7,75]
(1) Pendant que ces choses se passaient devant Alésia, les principaux de la Gaule, réunis en assemblée, avaient résolu, non d'appeler aux armes tous ceux qui étaient en état de les porter, comme le voulait Vercingétorix, mais d'exiger de chaque peuple un certain nombre d'hommes ; ils craignaient, dans la confusion d'une si grande multitude, de ne pouvoir ni la discipliner, ni se reconnaître, ni se nourrir. Il fut réglé que les divers états fourniraient, savoir (2) les Héduens, avec leurs clients les Ségusiaves, les Ambivarétes, les Aulerques Brannovices, les Blannovii, trente-cinq mille hommes ; les Arvernes avec les peuples de leur ressort, tels que les Eleutètes, les Cadurques, les Gabales, et les Vellavii, un pareil nombre ; (3) les Sénons, les Séquanes, les Bituriges, les Santons, les Rutènes, les Carnutes, chacun douze mille ; les Bellovaques, dix mille ; les Lémoviques, autant ; les Pictons, les Turons, les Parisii, les Helvètes, huit mille chacun ; les Ambiens, les Médiomatrices, les Petrocorii, les Nerviens, les Morins, les Nitiobroges, chacun cinq mille ; les Aulerques Cénomans, autant ; les Atrébates, quatre mille ; les Véliocasses, les Lexovii, les Aulerques Eburovices, chacun trois mille, les Rauraques avec les Boïens, mille ; (4) vingt mille à l'ensemble des peuples situés le long de l'Océan, et que les Gaulois ont l'habitude d'appeler Armoricains, au nombre desquels sont les Curiosolites, les Redons, les Ambibarii, les Calètes, les Osismes, les Lémovices, les Vnelles. (5)Les Bellovaques seuls refusèrent leur contingent, alléguant qu'ils voulaient faire la guerre aux Romains en leur nom et à leur gré, sans recevoir d'ordres de personne. Cependant, sur les instances de Commios, leur allié, ils envoyèrent deux mille hommes.



[7,76]
(1) C'était ce même Commios dont César, ainsi que nous l'avons dit plus haut, s'était servi comme d'un agent fidèle et utile dans la guerre de Bretagne, quelques années auparavant ; et en reconnaissance de ses services, César avait affranchi sa nation de tout tribut, lui avait rendu ses droits et ses lois et assujetti les Morins. (2) Mais tel fut l'empressement universel des Gaulois pour recouvrer leur liberté et reconquérir leur ancienne gloire militaire, que ni les bienfaits ni les souvenirs de l'amitié ne purent les toucher, et que nul sacrifice ne coûta à leur zèle, (3) puisqu'ils rassemblèrent huit mille cavaliers et environ deux cent quarante mille fantassins. Ces troupes furent passées en revue et le dénombrement en fut fait sur le territoire des Héduens ; on leur choisit des chefs, et le commandement général fut confié à l'Atrébate Commios, aux Héduens Viridomaros et Eporédorix, et à l'Arverne Vercassivellaunos, cousin de Vercingétorix. (4) On leur donna un conseil, formé de membres pris dans chaque cité, pour diriger la guerre. (5) Tous partent vers Alésia, pleins d'ardeur et de confiance ; (6) aucun ne croyait qu'il fût possible de soutenir seulement l'aspect d'une si grande multitude, surtout dans un double combat où les Romains seraient à la fois pressés par les sorties des assiégés, et enveloppés en dehors par tant de cavalerie et d'infanterie.

Premiers affrontements



César a écrit:

Arrivée de l'armée de secours







[7,79]
(1) Cependant Commios et les autres chefs, investis du commandement suprême, arrivent avec toutes leurs troupes devant Alésia, et prennent position sur l'une des collines qui entourent la plaine, à la distance de mille pas au plus de nos retranchements. (2) Ayant le lendemain fait sortir la cavalerie de leur camp, ils couvrent toute cette plaine que nous avons dit avoir trois mille pas d'étendue, et tiennent, non loin de là, leurs troupes de pied cachées sur des hauteurs. (3) On voyait d'Alésia tout ce qui se passait dans la campagne. À la vue de ce secours, on s'empresse, on se félicite mutuellement, et tous les esprits sont dans la joie. (4) On fait sortir toutes les troupes, qui se rangent en avant de la place ; on comble le premier fossé ; on le couvre de claies et de terre, et on se prépare à la sortie et à tous les événements.



Victoire de la cavalerie romaine








[7,80]
(1) César, ayant rangé l'armée tout entière sur l'une et l'autre de ses lignes, afin qu'au besoin chacun connût le poste qu'il devait occuper, fit sortir de son camp la cavalerie, à laquelle il ordonna d'engager l'affaire. (2) Du sommet des hauteurs que les camps occupaient, on avait vue sur le champ de bataille, et tous les soldats, attentifs au combat, en attendaient l'issue. (3) Les Gaulois avaient mêlé à leur cavalerie un petit nombre d'archers et de fantassins armés à la légère, tant pour la soutenir si elle pliait, que pour arrêter le choc de la nôtre. Plusieurs de nos cavaliers, surpris par ces fantassins, furent blessés et forcés de quitter la mêlée. (4) Les Gaulois, croyant que les leurs avaient le dessus, et que les nôtres étaient accablés par le nombre, se mirent, assiégés et auxiliaires, à pousser de toutes parts des cris et des hurlements pour encourager ceux de leur nation. (5) Comme l'action se passait sous les yeux des deux partis, nul trait de courage ou de lâcheté ne pouvait échapper aux regards, et l'on était de part et d'autre excité à se bien conduire, par le désir de la gloire et la crainte de la honte. (6) On avait combattu depuis midi jusqu'au coucher du soleil, et la victoire était encore incertaine, lorsque les Germains, réunis sur un seul point, en escadrons serrés, se précipitèrent sur l'ennemi et le repoussèrent. (7) Les archers, abandonnés dans cette déroute, furent enveloppés et taillés en pièces, et les fuyards poursuivis de tous côtés jusqu'à leur camp, sans qu'on leur donnât le temps de se rallier. (Cool Alors ceux qui étaient sortis d'Alésia, consternés et désespérant presque de la victoire, rentrèrent dans la place.



Attaque infructueuse des lignes romaines







[7,81]
(1) Après un jour employé par les Gaulois à faire une grande quantité de claies, d'échelles et de harpons, ils sortent silencieusement de leur camp au milieu de la nuit et s'approchent de ceux de nos retranchements qui regardaient la plaine. (2) Tout à coup poussant des cris, signal qui devait avertir de leur approche ceux que nous tenions assiégés, ils jettent leurs claies, attaquent les gardes de nos remparts à coups de frondes, de flèches et de pierres, et font toutes les dispositions pour un assaut. (3) Dans le même temps, Vercingétorix, entendant les cris du dehors, donne le signal avec la trompette et fait sortir les siens de la place. (4) Nos soldats prennent sur le rempart les postes qui avaient été, les jours précédents, assignés à chacun d'eux, et épouvantent les ennemis par la quantité de frondes, de dards, de boulets de plomb, de pierres, qu'ils avaient amassés dans les retranchements, et dont ils les accablent. (5) Comme la nuit empêchait de se voir, il y eut de part et d'autre beaucoup de blessés ; (6) les machines faisaient pleuvoir les traits. Cependant les lieutenants M. Antonius et C. Trébonius, à qui était échue la défense des quartiers attaqués, tirèrent des forts plus éloignés quelques troupes pour secourir les légionnaires sur les points où ils les savaient pressés par l'ennemi.



[7,82]
(1) Tant que les Gaulois combattirent éloignés des retranchements, ils nous incommodèrent beaucoup par la grande quantité de leurs traits ; mais lorsqu'ils se furent avancés davantage, il arriva ou qu'ils se jetèrent sur les aiguillons qu'ils ne voyaient pas, ou qu'ils se percèrent eux-mêmes en tombant dans les fossés garnis de pieux, ou enfin qu'ils périrent sous les traits lancés du rempart et des tours. (2) Après avoir perdu beaucoup de monde, sans être parvenus à entamer les retranchements, voyant le jour approcher, et craignant d'être pris en flanc et enveloppés par les sorties qui se faisaient des camps situés sur les hauteurs, ils se replièrent sur les leurs. (3) Les assiégés, qui mettaient en usage les moyens préparés par Vercingétorix pour combler le premier fossé, (4) après beaucoup de temps employé à ce travail, s'aperçurent de la retraite de leurs compatriotes avant d'avoir pu approcher de nos retranchements. Abandonnant leur entreprise, ils rentrèrent dans la ville.


La lutte défensive







[7,83]
(1) Repoussés deux fois avec de grandes pertes, les Gaulois tiennent conseil sur ce qui leur reste à faire. Ils ont recours à des gens qui connaissent le pays et se font instruire par eux du site de nos forts supérieurs et de la manière dont ils sont fortifiés. (2) Il y avait au nord une colline qu'on n'avait pu comprendre dans l'enceinte de nos retranchements, à cause de son trop grand circuit ; ce qui nous avait obligés d'établir notre camp sur un terrain à mi-côte et dans une position nécessairement peu favorable. (3) Là commandaient les lieutenants C. Antistius Réginus et C. Caninius Rébilus avec deux légions. (4) Ayant fait reconnaître les lieux par leurs éclaireurs, les chefs ennemis forment un corps de soixante mille hommes, choisis dans toute l'armée gauloise et surtout parmi les nations qui avaient la plus haute réputation de courage. (5) Ils arrêtent secrètement entre eux quand et comment ils doivent agir ; ils fixent l'attaque à l'heure de midi, et mettent à la tête de ces troupes l'Arverne Vercasivellaunos, parent de Vercingétorix, et l'un des quatre généraux gaulois. (7) II sort de son camp à la première veille ; et ayant achevé sa route un peu avant le point du jour, il se cache derrière la montagne, et fait reposer ses soldats des fatigues de la nuit. (Cool Vers midi, il marche vers cette partie da camp romain dont nous avons parlé plus haut. Dans le même temps la cavalerie ennemie s'approche des retranchements de la plaine, et le reste des troupes : gauloises commence à se déployer en bataille à la tête du camp.



[7,84]
(1) Du haut de la citadelle d'Alésia, Vercingétorix les aperçoit, et sort de la place, emportant du camp ses longues perches, ses galeries couvertes, ses faux et ce qu'il avait préparé, pour la sortie. (2) Le combat s'engage à la fois de toutes parts avec acharnement ; partout on fait les plus grands efforts. Un endroit paraît-il faible, on s'empresse d'y courir. (3) La trop grande étendue de leurs fortifications empêche les Romains d'en garder tous les points et de les défendre partout. (4) Les cris qui s'élevaient derrière nos soldats leur imprimaient d'autant plus de terreur, qu'ils songeaient que leur sûreté dépendait du courage d'autrui ; (5) car souvent le danger le plus éloigné est celui qui fait le plus d'impression sur les esprits.


[7,85]
(1) César, qui avait choisi un poste d'où il pouvait observer toute l'action, fait porter des secours partout où il en est besoin. (2) De part et d'autre on sent que ce jour est celui où il faut faire les derniers efforts. (3) Les Gaulois désespèrent entièrement de leur salut, s'ils ne forcent nos retranchements ; les Romains ne voient la fin de leurs fatigues que dans la victoire. (4) La plus vive action a lieu surtout aux forts supérieurs où nous avons vu que Vercasivellaunos avait été envoyé. L'étroite sommité qui dominait la pente était d'une grande importance. (5) Les uns nous lancent des traits, les autres, ayant formé la tortue, arrivent au pied du rempart : des troupes fraîches prennent la place de celles qui sont fatiguées. (6) La terre que les Gaulois jettent dans les retranchements les aide à les franchir, et comble les pièges que les Romains avaient cachés ; déjà les armes et les forces commencent à nous manquer.


[7,86]
(1) Dès qu'il en a connaissance, César envoie sur ce point Labiénus avec six cohortes ; (2) il lui ordonne, s'il ne peut tenir, de retirer les cohortes et de faire une sortie, mais seulement à la dernière extrémité. (3) II va lui-même exhorter les autres à ne pas céder à la fatigue ; il leur expose que le fruit de tous les combats précédents dépend de ce jour, de cette heure. (4) Les assiégés, désespérant de forcer les retranchements de la plaine, à cause de leur étendue, tentent d'escalader les hauteurs, et y dirigent tous leurs moyens d'attaque ; (4) ils chassent par une grêle de traits ceux qui combattaient du haut des tours ; ils comblent les fossés de terre et de fascines, et se fraient un chemin ; ils coupent avec des faux le rempart et le parapet.


[7,87]
(1) César y envoie d'abord le jeune Brutus avec six cohortes, ensuite le lieutenant C. Fabius avec sept autres ; (2) enfin, l'action devenant plus vive, il s'y porte lui-même avec un renfort de troupes fraîches. (3) Le combat rétabli et les ennemis repoussés, il se dirige vers le point où il avait envoyé Labiénus, (4) tire quatre cohortes du fort le plus voisin, ordonne à une partie de la cavalerie de le suivre, et à l'autre de faire le tour des lignes à l'extérieur et de prendre les ennemis à dos. (5) Labiénus, voyant que ni les remparts ni les fossés ne peuvent arrêter leur impétuosité, rassemble trente-neuf cohortes sorties des forts voisins et que le hasard lui présente, et dépêche à César des courriers qui l'informent de son dessein.

Les combats sont féroces et indécis, les deux camps sont acculés à la victoire, seule celle-ci peut les sauver. Il s'agit de la bataille décisive et tous en sont conscients. Les avantages apportés par le nombre des Gaulois sont compensés par les positions défensives, le relief et la meilleure qualité des troupes romaines. 


César a écrit:

Victoire de César







[7,88]
(1) César hâte sa marche pour assister à l'action. À son arrivée, on le reconnaît à la couleur du vêtement qu'il avait coutume de porter dans les batailles ; les ennemis, qui de la hauteur le voient sur la pente avec les escadrons et les cohortes dont il s'était fait suivre, engagent le combat. (2) Un cri s'élève de part et d'autre, et est répété sur le rempart et dans tous les retranchements. (3) Nos soldats, laissant de côté le javelot, tirent le glaive. Tout à coup, sur les derrières de l'ennemi, paraît notre cavalerie ; d'autres cohortes approchent ; les Gaulois prennent la fuite ; notre cavalerie barre le passage aux fuyards, et en fait un grand carnage. (4) Sédullus, chef et prince des Lémovices, est tué, et l'Arverne Vercasivellaunos pris vivant dans la déroute. Soixante-quatorze enseignes militaires sont rapportées à César ; d'un si grand nombre d'hommes, bien peu rentrent au camp sans blessure. (5) Les assiégés, apercevant du haut de leurs murs la fuite des leurs et le carnage qu'on en fait, désespèrent de leur salut, et retirent leurs troupes de l'attaque de nos retranchements. La nouvelle en arrive au camp des Gaulois, qui l'évacuent à l'instant. (6) Si les soldats n'eussent été harassés par d'aussi nombreux engagements et par les travaux de tout le jour, l'armée ennemie eût pu être détruite tout entière. (7) Au milieu de la nuit, la cavalerie, envoyée à la poursuite, atteint l'arrière-garde ; une grande partie est prise ou tuée ; le reste, échappé par la fuite, se réfugia dans les cités.



Reddition de Vercingétorix







[7,89]
(1) Le lendemain Vercingétorix convoque l'assemblée, et dit : "Qu'il n'a pas entrepris cette guerre pour ses intérêts personnels, mais pour la défense de la liberté commune ; (2) que, puisqu'il fallait céder à la fortune, il s'offrait à ses compatriotes, leur laissant le choix d'apaiser les Romains par sa mort ou de le livrer vivant." On envoie à ce sujet des députés à César. (3) Il ordonne qu'on lui apporte les armes, qu'on lui amène les chefs. (4) Assis sur son tribunal, à la tête de son camp, il fait paraître devant lui les généraux ennemis. Vercingétorix est mis en son pouvoir ; les armes sont jetées à ses pieds. (5) À l'exception des Héduens et des Arvernes, dont il voulait se servir pour tâcher de regagner ces peuples, le reste des prisonniers fut distribué par tête à chaque soldat, à titre de butin.



Soumission des Héduens et des Arvernes. Quartiers d'hiver







[7,90]
(1) Ces affaires terminées, il part pour le pays des Héduens, et reçoit leur soumission. (2) Là, des députés envoyés par les Arvernes viennent lui promettre de faire ce qu'il ordonnera. César exige un grand nombre d'otages. (3) Il met ses légions en quartiers d'hiver, et rend environ vingt mille captifs aux Héduens et aux Arvernes. (4) Il fait partir T. Labiénus avec deux légions et la cavalerie pour le pays des Séquanes ; il lui adjoint M. Sempronius Rutilius. (5) Il place C. Fabius et L. Minucius Basilus avec deux légions chez les Rèmes, pour les garantir contre toute attaque des Bellovaques, leurs voisins. (6) Il envoie T. Antistius Réginus chez les Ambivarètes, T. Sextius chez les Bituriges, C. Caninius Rébilus chez les Rutènes, chacun avec une légion. (7) II établit Q. Tullius Cicéron et P. Sulpicius dans les postes de Cabillon (Châlons) et de Matiscon (Mâcon), au pays des Héduens, sur la Saône, pour assurer les vivres. Lui-même résolut de passer l'hiver à Bibracte. (Cool Ces événements ayant été annoncés à Rome par les lettres de César, on ordonna vingt jours de prières publiques.

On a là un épisode célèbre et mal compris de la guerre des gaules : la reddition de Vercingétorix. On le décrit souvent arrivant en armes devant César... non, ce n'est pas ce qui est dit dans le De Bello Gallico. César dit que Vercingétorix arrive avec les armes de la garnison, et d'ailleurs Vercingétorix n'arrive pas seul, mais accompagné des autres chefs d'Alésia. 




Uchronie ?


En fait, une multitude. Je ne veux absolument pas insulter César... o plutôt, les spécialistes de la poliorcétique qui ont établis le dispositif de retranchement des Romains. Celui-ci n'a d'ailleurs pas été inventé pour Alésia et des campagnes de fouilles dans les années 90 sur d'autres sites de sièges, ont permis de mettre à jour les vestiges identiques. 
Toutefois, des fortifications ne valent que ce que valent les défenseurs. Les 60 000 romains et auxiliaires qui défendent les Circonvallations et les contrevallations font face à 240 000 hommes à l'extérieur et 80 000 à l'intérieur. 

La victoire de César relève d'un certain nombre d'erreurs stratégiques et tactiques des Gaulois.

1°) Ils ont attaqué. Si l'armée assiégeante s'était contenté d'un siège passif, les Romains auraient probablement manqué de vivres avant les défenseurs d'Alésia.
2°) Le temps.... les Gaulois ont pris trop de temps pour réunir leur armée. S'ils avaient attaqué plus tôt, les Romains n'auraient pas complété le dispositif de siège et auraient été incapables de défendre le site. Vous remarquerez que César pointe du doigt cette erreur  (DBG VII,75) : " les principaux de la Gaule, réunis en assemblée, avaient résolu, non d'appeler aux armes tous ceux qui étaient en état de les porter, comme le voulait Vercingétorix, mais d'exiger de chaque peuple un certain nombre d'hommes ; ils craignaient, dans la confusion d'une si grande multitude, de ne pouvoir ni la discipliner, ni se reconnaître, ni se nourrir." Si les Gaulois avaient attaqué de l'extérieur, même avec des effectifs inférieur à ceux des Romains, en coordination avec Vercingétorix - ce qui était possible tant que le double rempart n'était pas achevé - les Romains n'auraient jamais pu terminer les travaux d'investissement. Ce qui aurait permis de ravitailler Alésia. En fait César, n'aurait eu d'autre choix que de lever le siège avant l'arrivée du gros de l'armée de secours pour éviter de se faire écraser sur place.
3°) Le manque de coordination entre l'armée de secours et la garnison d'Alésia. S'ils avaient trouvé un moyen de communiquer pour attaquer simultanément les mêmes positions, les Romains n'auraient jamais réussi à triompher. 

Il est à noter un élément troublant. Tout le long de la Guerre des Gaules, la chance est avec César. C'est particulièrement le cas à Alésia. Les historiens ont établis que l'affrontement crucial entre les deux forces aurait eu lieu dans la nuit du 26 septembre 52 avant J.C. Sauf que a) c'est la pleine lune... ce qui permet à César de repérer les mouvements ennemis et b) une éclipse de lune a lieu pendant les combats (entre 21h26 et 1h21) d'après l'historien Camille Julian, cette intervention "surnaturelle" aurait démoralisée les Gaulois et expliquerait en partie qu'ils auraient été défaits. Toutefois, pour d'autres historiens, la bataille aurait eu lieu plus tôt dans l'année, le 27 août. Encore une fois, que César ne mentionne pas une éclipse de lune ne veut rien dire. Après tout, son but est toujours de montrer comme César et César uniquement est responsable des victoires romaines contre les Gaulois. 

Sic transit gloria mundi (ainsi va la gloire en ce monde)

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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Mar 31 Juil - 11:55

Nouvelles campagnes de César


La suite de la guerre est racontée le livre VIII de la Guerre des Gaules, le seul à ne pas avoir été écris par César mais par Hirtius, son secrétaire. 

Après la victoire d'Alésia, César se lance dans plusieurs campagnes militaires, celle contre les Biturgites, puis celle contre les Carnutes ne méritent que le nom de ballade militaire. César prend ses ennemis non préparé à la guerre et massacre les hommes dans les champs ! Par contre, les Bellovaques réunissent des hommes de leur peuple et nouent des alliances. Les choses promettent donc d'être plus dures, d'autant que plusieurs ennemis de César - comme l'Atrébates Comnios- se sont joint au "soulèvement" ( et oui... les autochtones se "soulèvent"... comme si les Romains avaient un droit légitime sur les terres des Bellovaques, et que les habitants se "révoltaient" contre ceux qui sont des envahisseurs. ). Non seulement des Gaulois ( Ambiens, Aulerques, Bellovaques, Calètes, Véliocasses et Atrébates) mais aussi des Germains se sont réunis pour combattre les Romains. 

La bataille qui s'annonce montre que les Gaulois ont mûris au contact des Romains. Ils ont laissé derrière eux des éclaireurs, se sont ménagés une voie de replis et ont choisis leur positions sur les hauteurs, à proximité de leur camp, pour qu'elles soient faciles à défendre ou pour se réfugier derrière les fortifications de bois (habitude elle aussi développée au contact des Romains); C'est donc une bataille "à la romaine" qui se prépare. Toutefois, César a une fois encore l'avantage d'avoir des troupes bien plus expérimentées. Même les "jeunes" de la onzième légion considérés comme des "bleus" par les Anciens des septièmes, huitièmes et neuvièmes légions ont déjà participé à huit campagnes de César. 

Hirtius a écrit:[8,9]
(1) Quand les Gaulois, dont la détermination avait été annoncée à César comme certaine, virent tout à coup les légions marcher à eux en ordre de bataille et d'un pas assuré, soit crainte de combattre, soit simple étonnement de notre arrivée soudaine, ou pour attendre le parti que nous prendrions, ils rangèrent leurs troupes en avant de leur camp et ne quittèrent point la hauteur. (2) Quoiqu'il désirât de combattre, César, considérant cette multitude d'ennemis dont le séparait un vallon plus profond que large, se détermina à asseoir son camp en face du leur. (3) Il ordonne d'élever un rempart de douze pieds avec un parapet proportionné à cette hauteur ; de creuser en avant deux fossés de quinze pieds, dont chaque côté était coupé en ligne droite ; il fait dresser un grand nombre de tours à trois étages, jointes ensemble par des ponts et des galeries, dont le front était garni de mantelets d'osier, (4) de telle sorte que l'ennemi fût arrêté par un double fossé et par un double rang de combattants. Le premier rang sur les galeries, et conséquemment moins exposé, lançait ses traits avec plus d'assurance et de portée ; le second, placé sur le rempart même et plus près de l'ennemi, était protégé par la galerie contre la chute des traits. II plaça des portes et de plus hautes tours aux issues du camp.




[8,10]
(1) En se retranchant ainsi, il avait un double motif ; car d'une part il espérait que de si grands travaux, pris pour des marques de frayeur, augmenteraient la confiance des Barbares ; et comme, d'un autre côté, il fallait chercher au loin des fourrages et des vivres, on pouvait, à l'abri de ces retranchements, défendre le camp avec peu de troupes. (2) Cependant il se livrait souvent de petits combats entre les deux camps, séparés par un marais. Quelquefois c'étaient nos auxiliaires gaulois et germains qui passaient ce marais et poursuivaient vivement les ennemis ; quelquefois, à leur tour, c'étaient ceux-ci qui, franchissant le marais, nous repoussaient au loin. (3) II arrivait aussi, vu l'obligation où l'on était tous les jours de se diviser pour aller chercher des vivres dans des habitations éparses, que nos fourrageurs dispersés étaient enveloppés dans des lieux désavantageux ; (4) ce qui, bien que le dommage se réduisît à la perte d'un petit nombre de valets et de chevaux, ne laissait pas d'augmenter la folle présomption des Barbares. Ajoutez que Commios, lequel j'ai dit être parti en Germanie pour y chercher des secours, en était revenu avec des cavaliers. Leur nombre n'excédait pas cinq cents ; toutefois, leur arrivée avait rendu les Barbares plus arrogants.
Le plan de César porte sa marque, se fortifier, laisser venir à lui les ennemis, les rendre plus confiants pour les perdre. Toutefois, l'avantage numérique de l'ennemi est tel que César ne prend aucun risque. D'abord, il fait appel à trois légions dont la Treizième légion de S. Sextus laquelle hivernait cherz les Biturgites. Il lui demanda également dse lever un grand nombre de cavalier chez les Rèmes et les Lingons

Après plusieurs jours d'accrochages sanglants (et pas toujours gagnés par César), ce dernier remporte coup sur coup deux engagements mineurs ( en montant d'abord une embuscade puis en lançant sa cavalerie germaine).

Conscients de l'arrivée de renforts romains, les Bellovaques comprennent qu'ils n'échapperont pas à un siège et décident d'évacuer les non-combattants. 
Hirtius a écrit:

Les Bellovaques changent de position



[8,14]
(1) Après plusieurs jours passés dans leur camp, et à la nouvelle de l'approche des légions qu'amenait le lieutenant C. Trébonius, les chefs bellovaques, craignant un siège semblable à celui d'Alésia, firent partir de nuit avec le bagage ceux que l'âge, les infirmités ou le défaut d'armes rendaient inutiles. (2) Tandis qu'ils s'occupaient à mettre en ordre cette multitude remplie de trouble et de confusion (car les Gaulois, dans les moindres expéditions, se font toujours suivre d'un grand nombre de chariots), ils furent surpris par le jour, et rangèrent quelques troupes en bataille à la tête de leur camp, pour donner aux bagages le temps de s'éloigner, avant que les Romains pussent les atteindre. (3) De son côté, César ne jugeant convenable de les attaquer ni de front, ni dans la retraite, à cause de l'escarpement de la colline, résolut toutefois de faire assez avancer les légions pour que les barbares ne pussent se retirer sans péril en leur présence. (4) Mais comme le marais situé entre les deux camps pouvait retarder la poursuite, à cause de la difficulté du passage, et que de l'autre côté de l'eau, la hauteur touchait presque au camp ennemi, dont elle n'était séparée que par un petit vallon, il jeta des ponts de claies sur le marais, fit passer les légions, et gagna rapidement la hauteur dont la pente servait de rempart des deux côtés. (5) Les légions y montèrent en ordre de bataille, et, parvenues au sommet, s'y déployèrent dans une position d'où les traits lancés par nos machines pouvaient porter sur les rangs ennemis.




[8,15]
(1) Les Barbares, se fiant à l'avantage de leur position, continuaient de s'y tenir en bataille, prêts à combattre si les Romains venaient les attaquer sur la colline, mais n'osant faire défiler leurs troupes en détail, de peur d'être mis en désordre s'ils se divisaient. (2) César, connaissant leur ferme résolution, laissa vingt cohortes sous les armes, traça le camp en cet endroit et ordonna de le retrancher. (3) Les travaux finis, il rangea les légions en bataille à la tête de ses retranchements, et plaça aux avant-postes les cavaliers avec leurs chevaux tout bridés. (4) Les Bellovaques, voyant les Romains toujours prêts à les suivre, et sentant qu'ils ne pouvaient eux-mêmes, ni veiller toutes les nuits, ni séjourner plus longtemps sans vivres dans leur position, imaginèrent d'effectuer leur retraite par le moyen qui suit. (5) Comme les Gaulois, ainsi qu'il a été dit dans les livres précédents, ont coutume, quand ils restent en ligne, de s'asseoir sur des faisceaux de branches et de paille, ils en avaient une grande quantité qu'ils se passèrent de main en main et qu'ils placèrent à la tête de leur camp ; puis, à la fin du jour, et à un signal donné, ils y mirent le feu en même temps. (6) Cette vaste flamme nous déroba tout à coup la vue de leurs troupes, et les Barbares en profitèrent pour s'enfuir à toutes jambes.




[8,16]
(1) Bien que César ne pût apercevoir le départ des ennemis, à cause des flammes qu'il avait en face de lui, il ne laissa pas de soupçonner que cet incendie n'était qu'une ruse propre à cacher leur retraite. II fit alors avancer les légions et envoya des escadrons à la poursuite ; mais, dans la crainte de quelque embuscade, et de peur que l'ennemi, resté peut-être à la même place, ne cherchât à attirer nos soldats dans une mauvaise position, il ne s'avança lui-même que lentement. (2) Nos cavaliers n'osaient pénétrer à travers une flamme et une fumée très épaisses ; et si quelques-uns, plus hardis, essayaient de le faire, à peine voyaient-ils la tête de leurs chevaux. La crainte d'un piège fit qu'on laissa à l'ennemi tout le temps nécessaire pour opérer sa retraite. (3) C'est ainsi que par une ruse où la peur et l'adresse avaient eu également part, les Bellovaques franchirent sans la moindre perte un espace de dix milles, et assirent leur camp dans un lieu très avantageux. (4) De là leurs cavaliers et leurs fantassins incommodaient beaucoup nos fourrageurs par leurs fréquentes embuscades.



Défaite et mort de Corréos


[8,17]
(1) Ces attaques se renouvelaient souvent, lorsque César apprit d'un prisonnier que Corréos, chef des Bellovaques, avait fait choix de six mille fantassins des plus braves et de mille cavaliers pour les placer en embuscade dans un lieu où l'abondance du blé et des fourrages lui faisait soupçonner que les Romains viendraient s'approvisionner. (2) Instruit de ce dessein, César fit sortir plus de légions que de coutume, et envoya en avant la cavalerie qu'il était dans l'usage de donner pour escorte aux fourrageurs. Il y mêla des fantassins armés à la légère, et lui-même s'avança avec les légions le plus qu'il lui fut possible.




[8,18]
(1) Les ennemis avaient fait choix, pour leur embuscade, d'une plaine qui, en tous sens, n'avait pas plus de mille pas d'étendue ; elle était entourée d'épaisses forêts et d'une rivière très profonde ; des pièges nous enveloppaient de tous côtés. (2) Nos cavaliers, instruits du projet de l'ennemi, ayant le coeur non moins préparé que leurs armes au combat, et appuyés d'ailleurs par les légions, auraient accepté tout genre d'engagement ; ils arrivèrent en escadrons. (3) Corréos, jugeant l'occasion favorable, se montra d'abord avec peu de monde, et chargea ceux de nos escadrons qui se trouvèrent le plus près de lui. (4) Les nôtres soutinrent le choc avec fermeté et sans se réunir en masse, manoeuvre ordinaire dans les combats de cavalerie, dans un moment d'alarme, mais qui devient nuisible par la confusion qu'elle produit.




[8,19]
(1) Tandis qu'on se bat par escadrons et en petites troupes, et qu'on manoeuvre de manière à ne pas se laisser prendre en flanc, le reste des ennemis, voyant Corréos dans la mêlée, sort tout à coup des forêts. (2) Un vif combat s'engage sur tous les points, et se soutient longtemps à armes égales, lorsque l'infanterie ennemie quitte le bois, s'avance en ordre de bataille, et force nos cavaliers de reculer. À leur secours arrive aussitôt l'infanterie légère que César, comme on l'a dit, avait envoyée en avant des légions ; elle se mêle aux escadrons et combat avec courage. (3) L'affaire resta quelque temps encore indécise ; mais ensuite, comme il devait arriver, ceux qui avaient soutenu le premier choc des ennemis embusqués, obtinrent la supériorité, par cela même qu'ils avaient échappé aux effets de la surprise. (4) Cependant les légions s'approchent de plus en plus, et de nombreux courriers annoncent, tant aux Romains qu'aux ennemis, la prochaine arrivée de César à la tête de ses troupes en bataille. (5) À cette nouvelle, les nôtres, sûrs de l'appui des cohortes, combattent avec plus d'ardeur, de peur de partager avec les légions l'honneur de la victoire. (6) Les ennemis perdent courage et cherchent à s'enfuir par divers chemins ; mais c'est en vain, car ils sont arrêtés par les obstacles même qu'ils avaient disposés pour enfermer les Romains. (7) Vaincus et repoussés, après avoir perdu la plus grande partie des leurs, ils fuient en désordre et au hasard, les uns vers les forêts, d'autres vers le fleuve ; ils sont massacrés par notre cavalerie qui les poursuit à toute bride. (Cool Cependant Corréos, que n'avait abattu aucune infortune ; qui n'avait voulu ni quitter le combat, ni gagner les forêts, ni se rendre, malgré nos pressantes invitations, se battit avec le plus grand courage et, par ses coups redoublés, força les vainqueurs irrités à le percer de leurs traits.



Les Bellovaques demandent la paix


[8,20]
(1) Après ce succès, César, marchant environné des trophées de sa récente victoire, pensa bien que l'ennemi, abattu par la nouvelle d'un si grand revers, abandonnerait son camp situé à huit mille pas environ du lieu où s'était livrée la bataille. Aussi, et bien qu'il y eût une rivière à traverser, il n'hésita point à la faire passer à l'armée, et marcha en avant. (2) Mais, de leur côté, les Bellovaques et les autres états, instruits de la dernière défaite par le petit nombre de fuyards et de blessés qui avaient pu échapper au carnage à la faveur des bois, voyant que la fortune leur était en tout contraire, que Corréos avait été tué, qu'ils avaient perdu leur cavalerie et l'élite de leur infanterie, qu'enfin les Romains approchaient, convoquèrent aussitôt une assemblée au son de trompe, et s'écrièrent qu'il fallait envoyer à César des députés et des otages.

Après cette victoire, César disperse ses légions. Les troupes sous son commandement ravagent le pays des Éburons, patrie d'Ambiorix, ennemi de César que ce dernier détestait particulièrement. Hirtius le qualifie de' " ennemi fugitif et tremblant". Il est vrai qu'il est l'un des rares adversaires de César aà avoir réussis à vaincre les légions. Rappelez-vous, il en a détruit une trois ans plus tôt et échappé depuis à toute capture. En dépit de sa ruse le "Vercingétorix belge" ( comme on l'appelle parfois) mourra en exil chez les Germains.
Hirtius a écrit:Désespérant de réduire en son pouvoir cet ennemi fugitif et tremblant, il crut, dans l'intérêt de son honneur, devoir détruire si bien, dans les états de ce prince, les citoyens, les édifices, les bestiaux, que désormais en horreur à ceux qui échapperaient par hasard au massacre, Ambiorix ne pût jamais rentrer dans un pays sur lequel il aurait attiré tant de désastres.

Après n'avoir laissé que ruines et cendre chez les Éburons, César envoya Labiénus chez les Trévires pour réprimer leur "soulèvement". 

Hirtius a écrit:

Siège de Lémonum. Fabius vainqueur de Dumnacos


[8,26]
(1) Cependant le lieutenant C. Caninius, informé par Duratios qui était toujours resté attaché aux Romains, malgré la défection d'une partie de sa nation, qu'un grand nombre d'ennemis s'étaient rassemblés sur les frontières des Pictons, se dirigea vers la place de Lémonum. (2) Comme il en approchait, des prisonniers l'instruisirent que Duratios s'y trouvait assiégé par plusieurs milliers d'hommes sous la conduite de Dumnacos, chef des Andes. N'osant combattre avec si peu de légions, il campa dans une forte position. (3) Dumnacos, à la nouvelle de l'approche de Caninius, tourna toutes ses forces contre les légions ; et vint attaquer le camp des Romains. (4) Mais ayant perdu plusieurs jours et beaucoup de monde à cette attaque, sans avoir pu faire la moindre brèche à nos retranchements, il revint assiéger Lémonum.


[8,27]
(1) Dans le même temps, le lieutenant C. Fabius, occupé à recevoir les soumissions et les otages de diverses nations, apprit, par les lettres de Caninius, ce qui se passait chez les Pictons. À cette nouvelle, il partit au secours de Duratios. (2) Mais Dumnacos fut à peine instruit de son arrivée, que, désespérant de se sauver, s'il lui fallait à la fois résister à l'ennemi du dehors et avoir l'oeil sur les assiégés qui le tenaient en crainte, il se hâta de se retirer avec ses troupes, et ne se crut point en sûreté qu'il ne les eût conduites au-delà de la Loire, qu'il fallait passer sur un pont, à cause de la largeur du fleuve. (3) Quoique Fabius n'eût pas encore paru devant l'ennemi, ni joint Caninius, cependant, sur le rapport de ceux qui connaissaient la nature du pays, il conjectura que les ennemis, frappés de terreur, prendraient la route qui conduisait à ce pont. (4) Il s'y dirigea donc avec ses troupes, et ordonna à la cavalerie de devancer les légions, de manière pourtant à pouvoir, au besoin, se replier sur le camp sans fatiguer les chevaux. (5) Nos cavaliers, conformément à leurs ordres, s'avancent et joignent l'armée de Dumnacos ; ils attaquent, en route et sous leurs bagages, les ennemis qui fuient épouvantés, leur tuent beaucoup de monde, font un riche butin, et rentrent au camp, après ce beau succès.




[8,28]
(1) La nuit suivante, Fabius envoie la cavalerie en avant, avec ordre de harceler les ennemis et de retarder leur marche, tandis qu'il suivrait lui-même. (2) Dans ce dessein, Q. Atius Varus, préfet de la cavalerie, homme d'un courage égal à sa prudence, exhorte sa troupe, atteint l'ennemi, fait prendre de bonnes positions à une partie de ses escadrons, et, à la tête des autres, engage le combat. (3) La cavalerie ennemie résiste avec audace, appuyée qu'elle est par le corps entier des fantassins qui avaient fait halte pour lui porter secours. (4) L'action fut très vive ; car nos cavaliers, méprisant des ennemis qu'ils avaient vaincus la veille ; et sachant que les légions étaient à leur suite, se battaient contre les fantassins avec une extrême valeur ; ils étaient animés et par la honte de reculer et par le désir de recueillir seuls toute la gloire de cette affaire. (5) De leur côté, les ennemis, ne croyant pas avoir à combattre plus de troupes que la veille, pensaient avoir trouvé l'occasion de détruire notre cavalerie.




[8,29]
(1) Il y avait quelque temps que l'on combattait avec une égale opiniâtreté, lorsque Dumnacos mit son infanterie en bataille pour soutenir sa cavalerie. En ce moment paraissent tout à coup aux yeux des ennemis les légions en rangs serrés. (2) À cette vue, frappés d'une terreur bientôt suivie du plus grand désordre dans les bagages, les Barbares, tant cavaliers que fantassins, s'enfuient çà et là en jetant de grands cris. (3) Notre cavalerie, dont la valeur venait de triompher de la résistance des ennemis, transportée de joie à l'aspect du succès, et faisant partout entendre des cris de victoire, se jette sur les fuyards et en tue autant que les chevaux en peuvent poursuivre et que les bras en peuvent frapper. (4) Ainsi périrent plus de douze mille hommes, soit les armes à la main, soit après les avoir jetées ; tout le bagage tomba en notre pouvoir.

La situation des "rebelles" gaulois est à présent désespérée. Il émerge alors une nouvelle figure de chef en la personne de Drappès, un Sénon. Ce dernier est en lutte contre César depuis le début de la Guerre des Gaules. Recueillant les 5000 hommes qui ont survécu à cette bataille, il les amalgames à l'armée qui a levé... Preuve de la dureté des temps, une partie de ses troupes sont des esclaves libérés. Il n'y a plus assez d'hommes libres en vie pour constituer des armées ! Drappès c'est également allié à Luctérios, un autre chef de guerre refusant la soumission. 

Cependant, pendant ce temps, C. Fabius soumet les Carnutes et les Armoricains. Il s'agit là d'un tournant de la Guerre des Gaules, car les Carnutes demandent la paix...  et offrent des otages en gage. Ce qu'ils n'avaient pas fait jusque là. Les Armoricains se soumirent sans résister. Quant à Dunmacos, il ne put s'enfuir que seul et... erra ensuite dans les zones les plus reculées de la Gaule, perpétuellement en fuite.  

La dernière grande bataille de la guerre des Gaules se prépare... le siège d'Uxellodunum, dont nous parleront au prochain épisode.

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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Mar 31 Juil - 12:08

Note


Vous l'aurez peut-être noté, Hirtius s'étend plus que César sur le rôle de ses lieutenants. On peut en déduire... et bien que les lieutenants de César ne sont pas devenus d'un seul coup plus indépendant et capables de conduire des batailles victorieuses... mais peut-être que César ne s'est pas étendu sur la chose autant qu'il l'aurait dû  Smile

Vous savez ce que l'on dit : " Il vaut mieux avoir un bon biographe qu'un grand général pour passer dans l'histoire".

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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Mar 7 Aoû - 14:43

Uxellodunum


Le siège d'Uxellodunum est le fait du côté des assiégeants comme des assiégés de chef de guerre qui ont vécu la batailel d'Alésia et cherchent à éviter les erreurs faites de part et d'autre... enfin les gaulois firent nettement plus d'erreurs. 
Hirtius a écrit:

Caninius investit la place

[8,33]
(1) C. Caninius, s'y étant aussitôt porté, constata que la place était de tous côtés défendue par des rochers escarpés, qui en eussent rendu, même sans garnison, l'accès difficile à des hommes armés : mais sachant que les bagages des habitants étaient nombreux, et qu'on ne pouvait essayer de les faire sortir en secret, sans qu'ils fussent atteints par la cavalerie et même par les légions, il divisa les cohortes en trois parties, établit trois camps dans des positions très élevées, (2) et de là il commença peu à peu, autant que le permettait le nombre des troupes, à tirer une ligne de circonvallation autour de la place.



Défaite de Luctérios, puis de Drappès

[8,34]
(1) À cette vue, les habitants, se rappelant tous les malheurs d'Alésia, redoutant un sort semblable, et avertis par Luctérios, qui avait assisté à ce désastre, de pourvoir surtout aux subsistances, arrêtent, d'un consentement unanime, qu'après avoir laissé dans la place une partie des troupes, les autres iront chercher des vivres. (2) Cette résolution prise, Drappès et Luctérios laissent dans la ville deux mille hommes de garnison, et sortent la nuit suivante avec le reste. (3) En peu de jours ils eurent ramassé une grande quantité de blé sur les terres des Cadurques, dont les uns le livrèrent de leur plein gré, et les autres le laissèrent prendre, ne pouvant s'y opposer. Cependant nos forts eurent à essuyer plusieurs fois des attaques nocturnes ; (4) circonstance qui engagea Caninius à suspendre la circonvallation, dans la crainte de ne pouvoir défendre la totalité de ses lignes, ou de n'avoir, sur plusieurs points, que des postes insuffisants.

[8,35]
(1) Après avoir fait leurs provisions de blé, Drappès et Luctérios vinrent camper à dix milles de la place, pour y faire entrer peu à peu leurs convois. (2) Ils se partagent les rôles : Drappès reste, avec une partie des troupes, à la garde du camp ; Luctérios escorte les transports. (3) Après avoir disposé des postes, il fait, vers la dixième heure de la nuit, avancer le convoi à travers les forêts et par d'étroits chemins. (4) Les sentinelles du camp ayant entendu du bruit, on dépêche des éclaireurs pour aller voir ce qui se passe. Sur leurs rapports, Caninius tire des forts les plus voisins les cohortes armées, et tombe au point du jour sur les fourrageurs. (5) Ceux-ci, effrayés d'une attaque aussi inopinée, s'enfuient vers leur escorte ; voyant alors qu'ils ont affaire à des ennemis en armes, les nôtres s'irritent, et ne veulent faire, dans cette multitude, aucun prisonnier. Échappé de là avec un petit nombre des siens, Luctérios ne put regagner son camp.




[8,36]
(1) Après ce succès, Caninius apprit par des prisonniers qu'une partie des troupes était restée au camp avec Drappès, à une distance qui n'excédait pas douze milles. Cet avis lui ayant été confirmé par plusieurs rapports, il pensa que, l'autre chef étant en lutte, il lui serait aisé d'accabler dans leur effroi le reste des ennemis. Il regardait comme un grand bonheur qu'aucun de ceux qui avaient échappé au carnage n'eût rejoint le camp de Drappès, pour lui porter la nouvelle de cette défaite. (2) Ne trouvant nul danger à faire une tentative, il envoie en avant et fait marcher contre le camp ennemi toute la cavalerie, ainsi que de l'infanterie germaine dont les hommes sont si agiles ; il laisse une légion à la garde des trois camps, et se met en marche à la tête de l'autre sans bagages. (3) Lorsqu'il fut à peu de distance des ennemis, les éclaireurs qu'il avait détachés lui rapportèrent que les Barbares, négligeant les hauteurs, selon leur usage, avaient placé leur camp sur le bord d'une rivière, que les Germains et les cavaliers étaient tombés sur eux tout à fait à l'improviste, et que le combat était engagé. (4) Sur cet avis, il fait avancer la légion sous les armes et en ordre de bataille. Puis il donne partout le signal, et s'empare des hauteurs. Cela fait, les Germains et la cavalerie, à la vue des enseignes de la légion, combattent avec la plus grande vigueur ; (5) aussitôt toutes les cohortes chargent sur tous les points ; tout est tué ou pris ; le butin est immense ; Drappès lui-même est fait prisonnier dans ce combat.




[8,37]

(1) Caninius, ayant terminé cette expédition heureusement, et presque sans perte, vint reprendre le siège ; (2) et comme il avait détruit l'ennemi extérieur, dont la présence l'avait jusque-là empêché d'augmenter ses postes et de travailler à ses lignes de circonvallation, il ordonna de continuer les ouvrages sur tous les points. Le jour suivant, C. Fabius arriva avec ses troupes, et se chargea d'assiéger l'un des côtés de la place.


Pendant ce temps César, informé des derniers événements, abandonne ses légions en Belgique et rejoint Uxellodunun à bride abattue avec ses seuls cavaliers. Il arrive si vite sur place qu'il précède la nouvelle de sa venue, surprenant ses deux lieutenants en charge du siège. Il faut dire que César arrive au bout due son mandat et sait qu'il ne sera pas renouvelé cette fois; Il a donc tout intérêt à museler très vite et définitivement l'insurrection gauloise. 

Hirtius a écrit:

César chez les Carnutes. Supplice de Gutuater


[8,38]
(1) Cependant César laisse le questeur M. Antonius chez les Bellovaques avec quinze cohortes, afin d'empêcher les Belges de former de nouveaux projets de révolte. (2) Il visite lui-même les autres états, demande un grand nombre d'otages, rassure tous les esprits par de consolantes paroles. (3) Arrivé chez les Carnutes, dont les conseils, ainsi que César l'a dit dans le livre précédent, avaient été la première cause de la guerre, et voyant que le souvenir de leur conduite leur causait de vives alarmes, il voulut dissiper sur-le-champ leurs craintes, et demanda pour le supplice Gutuater, instigateur de la dernière révolte et principal auteur de cette guerre. (4) Cet homme, bien qu'il n'eût confié à personne le lieu de sa retraite, fut cherché par la multitude avec tant de soin, qu'on l'eut bientôt amené au camp. (5) Ce fut contre son penchant que César se vit contraint d'accorder la mort de ce chef aux instances des soldats, qui lui rappelaient tous les périls, toutes les pertes qu'ils devaient à Gutuater. Celui-ci, après avoir été battu de verges jusqu'à la mort, eut la tête tranchée par la hache.

à noter : "Gutuater" n'est pas un nom... c'est un titre porté par un certain type de druides, les "invocateurs". On ne sait plus vraiment à quoi ils servaient, peut-être appelaient-ils les dieux au cours de cérémonies. En tout cas, le terme "gutuater" est un des rares mots gaulois passé directement dans le français (guttural = avoir une voix rauque).
On remarque encore une fois la tendance de César à effacer les individus ( comme Vercingétorix) pour les réduire à un titre sans signification.... d'autant plus que ce "Gutuater" n'a pas été évoqué avant On sait juste qu'il est " instigateur de la dernière révolte et principal auteur de la guerre". Encore une fois César nous laisse sur notre faim avec plus de question que de réponse. cependant, le but de la Guerre des Gaules n'est pas de raconter la résistance des gaulois... non, c'est de raconter César ( à lui tout seul ou presque) a maté la "révolte" des Gaulois. En dépossédant ses ennemis de leur nom et de leur histoire, il les dépouille de leur existence et les condamne à l'oubli. 

Hirtius a écrit:

Il prive d'eau les assiégés


[8,40]
(1) Lorsque César fut arrivé à Uxellodunum, où personne ne l'attendait, qu'il y vit la circonvallation achevée, ce qui ne permettait plus d'en abandonner le siège ; et qu'il eut, d'un autre côté, appris par des transfuges que les assiégés étaient abondamment pourvus de vivres, il essaya de les priver d'eau. (2) Une rivière traversait le vallon qui environnait presque en entier le rocher escarpé sur lequel était située la place d'Uxellodunum. (3) La nature du lieu s'opposait à ce qu'on détournât le cours de cette rivière ; car elle coulait au pied même de la montagne, et il était impossible de creuser nulle part des fossés pour en opérer la dérivation. (4) Mais les assiégés n'y descendaient que difficilement et par des chemins escarpés, et, si nos troupes leur coupaient le passage, ils ne pouvaient y arriver ni regagner la hauteur sans s'exposer à nos traits et sans risquer leur vie. (5) César, s'étant aperçu de leur embarras, plaça des archers et des frondeurs, disposa des machines de guerre vers les endroits où la descente était le plus facile, et par là interdit aux assiégés l'accès de la rivière.

[8,41]
(1) Toute la population n'eut dès lors plus d'autre ressource que l'eau d'une fontaine abondante, sortant du pied même des murs, dans cet espace, d'environ trois cents pieds, le seul que la rivière n'entourât pas. (2) On désirait pouvoir priver de cette eau les habitants ; César seul en vit le moyen. Il dressa des mantelets et éleva une terrasse vis-à-vis la fontaine, contre la montagne ; mais ce ne fut pas sans de grandes peines et de continuels combats. (3) En effet, les assiégés, accourant des hauteurs, combattaient de loin sans danger, et blessaient beaucoup des nôtres, à mesure qu'ils se présentaient. Rien ne put cependant les empêcher d'avancer à la faveur des mantelets, ni de vaincre par leur persévérance les difficultés du lieu. (4) En même temps, ils conduisaient des galeries souterraines, depuis la terrasse jusqu'à la source de la fontaine, genre de travail qu'ils pouvaient exécuter sans péril, et même sans que les ennemis s'en doutassent. (5) La terrasse s'éleva à la hauteur de neuf pieds ; on y plaça une tour de dix étages, non pour égaler la hauteur des murs, ce qui était absolument impossible, mais de manière à dominer la fontaine. (6) Les avenues se trouvaient ainsi exposées aux traits de nos machines ; et, comme les assiégés ne pouvaient plus y venir prendre de l'eau sans de grands risques, les bestiaux, les chevaux, les hommes même, en grand nombre, mouraient de soif.

Reddition de la ville


[8,42]
(1) Effrayés de ce triste sort, les habitants remplissent des tonneaux de suif, de poix et de menu bois, et les roulent tout enflammés sur nos ouvrages. En même temps ils font une vive attaque, afin que les Romains, obligés de combattre pour leur défense, ne puissent porter remède à l'incendie. (2) Dans un instant tous nos ouvrages sont en feu. Ces tonneaux, qui roulaient sur la pente, arrêtés par les mantelets et la terrasse, embrasaient les matières même qui les retenaient. (3) Cependant nos soldats, malgré le péril de ce genre de combat, et la difficulté des lieux, déployaient le plus grand courage ; (4) car l'action se passait sur une hauteur et à la vue de notre armée. De part et d'autre on entendait de grands cris ; chacun cherchait à se signaler, et l'on bravait, pour faire preuve d'une valeur qui avait tant de témoins, les traits des ennemis et la flamme.



[8,43]
(1) César, voyant qu'il avait déjà beaucoup de blessés, ordonne aux soldats de gravir de toutes parts la montagne, en jetant de grands cris, comme s'ils eussent voulu escalader les murs. (2) Épouvantés par cette manoeuvre, et ne sachant ce qui se passait sur d'autres points, les habitants rappellent ceux de leurs combattants qui attaquaient nos ouvrages, et les placent sur leurs murailles. (3) Alors nos soldats, n'ayant plus d'adversaires à combattre, se rendent bientôt maîtres de l'incendie, soit en l'étouffant, soit en le coupant. (4) Les assiégés continuaient à se défendre opiniâtrement ; et, après avoir perdu déjà une grande partie des leurs par la soif, ils persévéraient dans leur résistance, lorsqu'enfin nos mines souterraines parvinrent à couper et à détourner les veines de la source. (5) La voyant tout à coup tarie, les assiégés désespérèrent de tout moyen de salut, et ils crurent reconnaître, non l'ouvrage des hommes, mais la volonté des dieux. Vaincus alors par la nécessité, ils se rendirent.


La fin de l'histoire est connue, je l'ai d'ailleurs déjà raconté. Lorsque les Gaulois se rendirent... César leur fit couper les deux mains... 

Après cette défaite et le sort horrible des défenseurs, la rébellion s'éteint d'elle-même et la Gaule s’apaise. Au point qu' Hirtius doit s'excuser ne plus adopter le format " un livre par campagne" qui était celui de la Guerre des Gaules jusque là et de raconter les événements de l'années 50 en seul tome. 

La guerre des Gaules s'achève sur ce dernier chapitre :
Hirtius a écrit:[8,55]
(1) Lorsqu'il y fut arrivé, il apprit que les deux légions qu'il avait livrées, et qui, d'après le sénatus-consulte, devaient être menées contre les Parthes, avaient été livrées par le consul C. Marcellus à Cn. Pompée, et qu'elles étaient retenues en Italie. (2) Quoiqu'une telle conduite ne laissât à personne le moindre doute sur les projets tramés contre César, il résolut cependant de tout souffrir, tant qu'il lui resterait quelque espoir de se soutenir par la force de son droit plutôt que par celle des armes. [etc.]

Chapitre qui prépare à la Guerre Civile contre Pompée.

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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Mar 14 Aoû - 15:19

Etrange raccourci, en faisant des recherches pour mon dossier  " La guerre secrête du pétrole". j'ai trouvé ça - >
https://positivr.fr/concentration-richesses-effondrement-gaule-angle-eco/

Comme dit mon père : " L'histoire est un étonnant raccourci".

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Re: Uchronies romaines.

Message par Anaxagore le Mar 14 Aoû - 16:28

Épilogue de la Guerre des Gaules


Avant de clore le sujet, il me semble nécessaire de répondre à quelques questions.

Les Gaulois pouvaient-ils gagner ?


Oui, indubitablement. A part dans le domaine des machines de siège et de guerre, les Gaulois n'avaient pas un armement inférieur. Si leurs troupes étaient moins professionnelles c'était compensé par leur connaissance du terrain. Les Romains étaient plus disciplinés et avaient de meilleurs connaissances en ingénierie, mais leur avantage en ces domaines s'est réduit au cours des combats.

On ne peut pas non plus résumer la Guerre des Gaules au seul duel entre César et Vercingétorix, il  y avait des chefs compétents des deux côtés.

Alésia ou la bataille du Sabis auraient pu être des désastres pour les Romains. Comme souvent ces affrontements furent décidés par d'infimes détails que ce soit des décisions qui se révéleront erronées ou même l'effet du seul hasard, ce qui est particulièrement pour le vent qui tombe à la bataille du Morbihan ou l'orage qui permet à Labienus de traverser la Seine avant la bataille de Lutèce. 

Napoléon disait : " Les soldats préfèrent les généraux chanceux au bons généraux, et ils ont raison".

La chance a été du côté de César tout au long de la Guerre des Gaules, sauf pendant son expédition en Bretagne et à Gergovie. Bien sûr, sa victoire ne se résume pas à un coup de chance. La chance ne profite qu'à ceux qui sont préparé à la saisir. "préparé" est un mot qui semble avoir été créé pour décrire César, car il prévoyait tout sans pourtant jamais s'enfermer préparé. sa force fut de s'adapter sans cesse à l'ennemi et aux circonstances. 

Pour résumer, César a été favorisé par le destin tout simplement parce que son esprit était en éveil, à la recherche du petit plus qui pourrait le favoriser. Pour le découvrir, il s'est servi d'espions, il a créé des séditions dans les rangs de l'ennemi et a manipulé l'information. Vercingétorix s'est essayé au même pratique. On peut lui accorder qu'il a plutôt bien commandé son armée d'amateurs et qu'il fut un adversaire retours et capable. Toutefois, clairement, le maître était César. 

Qu'aurait-il fallu pour que les Gaulois gagnent ?


On pourrait dire que cela dépend de la bataille, et que j'ai cherché à y répondre au cas par cas... mais de manière plus générale, les Gaulois n'ont pas livré la même guerre que les Romains. Pour ces derniers, le combat met en avant la manœuvre. Le plan émane du général et les lieutenants prennent des initiatives que si la situation devient trop fluide pour attendre des ordres. On attend des chefs de cohortes et de légion d'agir indépendamment de leurs voisins dans le cadre du plan d'ensemble. Un système ni trop souple, ni trop rigide.

Bien que l'image de barbares qui foncent sur l'ennemi en hurlant soit un lieu commun horripilante... elle grossit un fait réel. Les Gaulois sont d'abord des individualistes. Ils savent combattre en formation, ils ont modifié la phalange grecque pour leur besoin. Ils combattent en mélangeant différents types d'unités pour donner de la souplesse à leurs forces et que des bataillons aux talents divers s'épaulent mutuellement. Pourtant, les Gaulois sont divisés entre tribus, à l'intérieur des tribus... la gloire individuelle, de vieilles rivalités, de vielles fiertés, la chicanerie, le besoin de discuter interminablement et de se disputer avant d'arriver à un accord boiteux qui ne satisfait personne. Politiquement et militairement, les gaulois étaient divisés/. Même moins nombreux, les Romains les ont écrasé dans le détail..; et souvent dans l'indifférence des autres tribus. 

Comment unir les Gaulois ?



Alors là c'est très simple, il faut faire ce que Vercingétorix a fait : il pris des otages et a dit aux chefs Gaulois : " Soit vous faites ce que je dis, soit je tue vos enfants ?" On peut bien entendu se récrier contre de telles méthodes... mais c'est oublié un peu vite que les otages capturés par Vercingétorix étaient ceux qui étaient détenus par César à Noviodunum.

En fait on peut imaginer un POD antérieur au début de la guerre des Gaules OTL. Un chef gaulois de Narbonaise, vétéran des campagnes de Rome décide de se tailler un royaume en gaule celtique. Ses hommes combattent "à la romaine" et défont rapidement les Gaulois. A Rome, le sénat s'inquiète et envoie César pour empêcher l'unification des Gaulois en un seul royaume.

Imaginez dès le début de la Guerre des Gaules, un chef de guerre qui conduit des troupes qui connaissent les formations romaines et ne sont pas terrifiés par les catapultes et les Scorpions ?

Une Uchronie : les chaises musicales


A Rome avant la Guerre des Gaules, le triumvirat ( Cassus, Pompée, César) est en place. Bien qu'étant "alliés", ces trois lascars sont d'accord uniquement sur le fait de se partager la gâteau. Ils se disputent cependant les parts qui ne sont ni aussi grosses ni avec la même garniture;

Imaginez, il y a trois campagnes militaires en préparation :  
1°) Protégez la province de Narbonaise d'une invasion de Germain... C'est la plus petite part du gâteau. OTL elle est revenue à César et a conduit à la Guerre des Gaules... César ayant élargi ses attributions. 
2°) Le roi Mythridate du Pont s'agite, c'est la part que Pompée reçoit OTL.
3°) La Parthyie, ce grand et puissant royaume qui menace la Syrie, c'est la part de Crassus OTL (la plus grosse et la plus juteuse, la plus convoitée aussi)... qui se termina en désastre à la bataille de Carrhes.

Jouons aux chaises musicales on a trois joueurs ( César, Pompée et Crassus) et trois chaises (la Gaule, le Pont, La Parthie) Note : je ne prends pas en compte les cas de figure où César obtiendrais la Gaule.

Combinaison 1 :

César - > La Parthie ; Pompée -> Le Pont (comme OTL) ; Crassus - > La Gaule.

César conquière la Parthie au terme d'une longue campagne, étend le futur empire romain vers l'Est. Pompée pacifie le Pont (temporairement) et Crassus se fait massacrer par les Germains.

Le résultat est intéressant, la Gaule demeurera plusieurs siècles hors d'atteinte des Romains. Pendant ce temps, le pays finira par s'unir en une seule contrée qui deviendra un rival de Rome.

Combinaison 2 :

César - > Le pont ; Pompée -> la Parthie ; Crassus -> La Gaule.

César gagne facilement contre le Pont et soumet complètement le pays (il ne sera pas nécessaire d'y revenir, contrairement à l'OTL).  Pompée échoue contre la Parthie sans que ce soit un désastre. Crassus meurt en Gaule.

Le pire résultat pour les Romains, presque aucun gain de territoire et la perte de plusieurs légions. 

Combinaison 3

César - > La Parthie ; Pompée -> La gaule ; Crassus - > Le pont.

César conquière difficilement la Parthie (après plusieurs années). Pompée se contente de la mission qui lui a été donné (repousser les germains) et aussi d'obliger les Helvète à contourner les territoires des alliés de Rome. Quant à Crassus, je le crois quand même capable de battre Mythridate. 

La gaule reste tranquille plusieurs siècles et devient un grand état. A Rome, César prend le dessus sur Pompée et Crassus et devient empereur, toutefois, il s'intéresse plus à l'est qu'à l'ouest de la Méditerranée.

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