[CR] Opération Prométhée

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[CR] Opération Prométhée

Message par Thomas le Mar 19 Sep - 10:01

Je vous partage ici un nouveau CR d’opération navale uchronique organisé et arbitré par Francis Marliere. C’est joué sur une version customisée de Harpoon.

Contexte :
La révolution islamique de 1979 fait passer l’Iran de principal allié américain au Moyen-Orient à celui de pire ennemi. Cette révolution affaiblit profondément les forces armées iraniennes, et en particulier l’armée de l’air, alors la plus puissante de la région, en raison du départ en exil de nombreux officiers, ou de leur emprisonnement (voire de leur exécution).
En 1980, le président irakien Saddam Hussein, pensant pouvoir tirer profit de la faiblesse iranienne, déclenche une offensive contre l’Iran, espérant conquérir facilement un débouché plus important sur le golfe Persique. Les espoirs irakiens sont vite déçus, l’Iran faisant preuve d’une résistance inattendue et l’Irak témoignant de graves faiblesses, tant du point de vue du matériel que ce celui du leadership.

Très rapidement le conflit s’enlise, et les deux belligérants sont amenés à s’en prendre à l’économie de leur adversaire. Durant ce que l’on va appeler la guerre des tankers, l’Irak effectue des raids aériens contre les terminaux pétroliers et le trafic maritime dans le Golfe (une frégate américaine, le USS Stark en fera les frais et sera atteinte accidentellement par deux Exocets en 1987), tandis que l’Iran s’en prend par différents moyens (marine de guerre, aviation, mines, vedettes, etc.) aux navires à destination des pays du Golfe soupçonnés (à juste titre) de soutenir l’effort de guerre irakien.
Malgré les revers initiaux, la guerre évolue sur le long terme favorablement pour l’Irak, soutenu militairement par l’Union soviétique et la France. L’Iran est saigné à blanc par les pertes et la ferveur révolutionnaire s’épuise. Le manque de pièces détachées et de personnel qualifié rend de plus en plus difficile l’utilisation des armements sophistiqués achetés par le Shah. Pour compenser, les dirigeants iraniens ordonnent l’intensification des attaques contre le trafic neutre dans le Golfe, avec pour conséquence l’implication croissante des États-Unis dans un conflit dont ils « étaient jusque-là désintéressés.

En 1987, les États-Unis, sollicités par le Koweït, commencent à escorter des navires civils et concentrent dans le Golfe persique et en Mer d’Oman une véritable armada. La première mission de l’opération Earnest Will finit de façon piteuse lorsque le supertanker Bridgeton heurte une mine mouillée il y a peu par les Iraniens (qui nient toute responsabilité et attribuent l’incident à “la main de Dieu”).
Les États-Unis reprennent cependant l’initiative en septembre 1987 lorsque les forces spéciales surprennent et arraisonnent un bâtiment iranien en train de mouiller des mines. L’événement incite les Iraniens à une certaine prudence et les tensions s’apaisent jusqu’en avril 1988, où la détérioration de la situation iranienne face à l’Irak amène les ultras à prendre des décisions téméraires.
En avril 1988, la frégate USS Samuel B. Robert heurte une mine et manque de couler. La comparaison avec les mines saisies sur l’Iran Ajr quelques mois auparavant démontre l’implication iranienne et le Président Reagan ordonne des représailles. Durant l’opération Praying Mantis, les bâtiments et aéronefs américains détruisent, avec une facilité déconcertante pour les dirigeants iraniens, la moitié de la flotte iranienne.


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Scénario et Ordre de bataille

Message par Thomas le Mar 19 Sep - 10:13

Scénario:
Cette opération, une des rares batailles navales contemporaines relativement bien documentées, a fait l’objet d’un scénario pour Harpoon dans le supplément « Troubled Waters » publié par GDW en 1992. Pour autant, cet affrontement n’a qu’un intérêt historique, le déséquilibre des forces étant tel que le camp iranien ne peut au final que choisir la façon dont il va succomber.

Le scénario que je propose ici s’inspire des évènements historiques, mais remplace les forces américaines par des éléments de la Marine nationale, très inférieurs en nombre et en qualité. Ce tour de passe-passe n’a rien de fantaisiste. Dans les années 80, la France et l’Iran entretiennent des relations exécrables, qui se traduisent, côté iranien, par des attentats et des prises d’otages (au Liban notamment). En 1987, la France et l’Iran rompent leurs relations diplomatiques et le Président Miterrand ordonne l’envoi d’une escadre en mer d’Oman, afin de dissuader le régime de Téhéran de poursuivre l’escalade. Cette opération, baptisée Prométhée, durera un an et demi et ne sera démantelée qu’après la normalisation des relations franco-iraniennes.
Le scénario repose sur les faits fictifs suivants : le 19 septembre 1987, l’aviso-escorteur Doudart de Lagrée, en mission Ariane (protection du trafic civil dans le Golfe) heurte une mine récemment mouillée par l’Iran et coule. L’évènement fait, à juste titre, grand bruit en France, mais le gouvernement ne peut, faute de preuves, formellement incriminer l’Iran. Deux jours plus tard, les forces spéciales américaines démontrent, en arraisonnant l’Iran Ajr, la responsabilité iranienne, et le gouvernement français ordonne des représailles.

Le 26 septembre, le porte-avions Clemenceau arrive en mer d’Oman pour sa deuxième patrouille Prométhée. L’ALINDIEN, l’amiral commandant les forces françaises dans l’océan Indien, a reçu l’ordre d’effectuer des opérations militaires contre l’Iran dans le triple but de :
Venger la perte du Doudart de Lagrée ;
Envoyer un message fort à l’Iran pour le dissuader de s’en prendre à nouveau aux intérêts français ;
Si possible, affaiblir militairement l’Iran dans l’espoir d’accélérer ou faciliter la victoire de l’Irak

Pour autant le gouvernement français ne veut pas être entraîné dans un conflit ouvert avec l’Iran et veut que les opérations soient limitées, quitte à être symboliques. La marge de manœuvre est limitée, et militairement, les objectifs politiques se déclinent de la façon suivante :

Détruire deux ou trois objectifs militaires :
Navire de guerre majeur (frégate ou destroyer) ;
Bases aériennes ;
Bases de Boghammar ;
Sites de Silkworm (missile terre-mer) ;
Plates-formes pétrolières (Sirri, Sassan et/ou Rahkish), qui servent de postes d’observation pour guider les attaques contre les pétroliers
Limiter les pertes au maximum.
Ne pas laisser les Iraniens effectuer des représailles contre des navires neutres pendant l’opération.


ODB Français:

  • Porte-avions Clemenceau (8 Crusader [12F], 14 Super Étendards [11F et 17F], 2 Etendard IVP [16F], 6 Alizés [4F], 2 Super-Frelon [33F], 2 Lynx [31F], 2 Alouettes III [23S])
  • Frégates antiaériennes Duquesne et Suffren ; frégate anti-sous-marine Georges-Leygues
    (les frégates antiaériennes ont un Lynx chacune et le Georges-Leygues en a deux=.
  • Aviso escorteur Victor Schœlcher et Commandant Bory
  • Avisos Commandant Ducuing
  • Pétroliers Var Meuse et Abrerwarch
  • DM Cantho, Garigliano, Vinh-Long


ODB Iranien:

  • Deux destroyers anciens (Palang, Damavand)
  • Deux frégates (Sahand, Sabalan)
  • Quatre patrouilleurs lance-missiles (Joshan, Khanjar, Gorz et Shamshir)

Ces navires sont à Bandar Abbas, sauf le Josahn en mer, au large de l’île de Lavan.
Les patrouilleurs ne sont « lance-missiles » que de nom, car la quasi-totalité des missiles mer-mer Harpoon achetés à l’époque du Shah a été utilisée ; il n’en reste qu’un, à bord du Joshan, qui a dépassé depuis longtemps sa durée de vie.

Les bâtiments iraniens ne sont pas prêts à prendre la mer et brève échéance et sont pour certains dans un état matériel préoccupant. Le délai d’appareillage est fixé aléatoirement de la façon suivante : 1d10 x 2 h pour les destroyers (hors d’âge), 1d10h pour les frégates, 1d10 x 10 mn pour les autres navires.


La marine dispose également de :

  • 2 hélicoptères AB-212 (avec missiles AS-12) à Bandar Abbas
  • 3 SH-3D Sea King à Abu Musa


L’armée de l’air dispose à Bandar Abbas de :

  • 11 F-4E Phantom
  • 1 P-3F Orion
  • 1 C-130 Hercules

Cependant, ces appareils souffrent d’un manque d’entretien et de pièces détachées. Seuls six Phantoms sont capables de voler, et parmi ces derniers, deux ont un radar opérationnel. Le radar du P-3 ne fonctionne pas non plus, tout comme la batterie de missiles antiaériens Hawk censée protéger Bandar Abbas.

Les gardiens de la révolution disposent de 20 vedettes rapides (Boghamer) à Larak (dans le détroit d’Hormuz), et autant à Abu Musa et à Sirri.
Ils ont également une batterie de missiles terre-mer Silkworm à Qeshm (dans le détroit d’Hormuz) et Kehoustak.

Les Iraniens veulent éviter toute confrontation avec la France, qui, in fine, ne pourrait que nuire à l’effort de guerre. En cas d’attaque néanmoins, les forces iraniennes doivent se défendre et éventuellement contre-attaquer dans le triple but de :
éviter une humiliation qui serait néfaste à l’effort de guerre
affaiblir la France en vue des difficiles négociations à venir
soutenir le moral défaillant du peuple.

En cas d’opérations militaires, les cibles potentielles seraient les navires de guerre français (par ordre de taille), ou à défaut, le trafic neutre et les plateformes pétrolières émiraties. Il va sans dire que les opérations militaires doivent être menées de façon à préserver au maximum l’outil militaire iranien.

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Théâtre d’opérations et Organisation française

Message par Thomas le Mar 19 Sep - 10:18

Théâtre d’opérations :
Le théâtre d’opérations présente un certain nombre de particularités qui contraignent fortement les opérations militaires. Géographiquement, il se divise en trois zones (mer d’Oman, détroit d’Hormuz et golfe Persique) s’articulant d’est en ouest. La mer d’Oman n’a pas de caractéristiques particulières si ce n’est sa relative étroitesse. Elle débouche sur le détroit d’Hormuz, large d’une petite trentaine de nautiques et très fréquenté, et que les Iraniens prétendent pouvoir fermer avec des missiles Silkworm et des mines. Le golfe Persique se singularise par sa faible profondeur (environ un tiers du Golfe est inaccessible aux tankers, du fait de fonds insuffisants) et la multiplicité des îlots, qui sont autant de bases militaires potentielles et qui, en augmentant les eaux territoriales des états riverains (ici Iran, Oman et Émirats Arabes Unis), réduisent à une peau de chagrin les eaux internationales dans lesquelles les navires de guerre peuvent évoluer.
Le golfe Persique est sillonné par une multitude de navires civils de toutes tailles. Aux pétroliers géants et porte-containers qui entrent ou sortent par le Détroit d’Hormuz et naviguent dans les rails longeant la côte iranienne, s’ajoute une multitude de boutres allant d’une rive du Golfe à une autre.
La densité en navires de guerre n’est pas en reste, puisqu’en plus des bâtiments de combat des pays riverains, on croise des unités américaines, soviétiques, françaises et britanniques. Si ces derniers se cantonnent généralement à la mer d’Oman, où ils s’affairent à détruire les mines mouillées par l’Iran, la présence américaine est plus massive. On dénombre un porte-hélicoptère et plusieurs combattants de surface dans le Golfe proprement dit, plus un groupe aéronaval et un groupe de bataille (constitué autour du cuirassé Missouri) en mer d’Oman. Un second groupe aéronaval croise à proximité, en mer d’Arabie.

Organisation française :
Les forces françaises conservent l’organisation historique : un groupe de surface (Task Force 623.1) agit dans le golfe Persique tandis que le groupe aéronaval (Task Force 623.2) croise en mer d’Oman. Le groupe de guerre des mines (Task Force 623.3) sécurise les abords du détroit d’Hormuz, protégé par l’aviso escorteur Commandant Bory.

Le plan d’opérations français consiste à effectuer des représailles simultanées (à 0600) contre la base aérienne de Chah Bahar (visée par un raid de 6 Super Etendard) et la plate-forme de Sassan (attaquée au canon par les navires de guerre). La base de Chah Bahar a été préférée à celle de Bandar Abbas, pourtant bien plus importante, pour éviter les pertes et les dommages collatéraux. Chah Bahar est une base secondaire sans défenses ni système d’alerte, contrairement à Bandar Abbas, qui est protégée par des avions de chasse et des missiles sol-air. Pis, cette base aérienne cohabite avec l’aéroport international et se trouve à proximité d’un hôpital.
Après l’attaque initiale, les bâtiments de combat dans le Golfe doivent attaquer la plate-forme de Sirri, tandis que l’aviation embarquée doit trouver et couler un navire de guerre iranien.

L’utilisation prévue du groupe aérien du Clemenceau consiste à utiliser les Crusader pour la protection aérienne du groupe aéronaval. L’objectif est d’avoir en permanence 2 appareils en l’air, 2 autres prêts à décoller à brève échéance et 4 autres en réserve. Sur les 14 Super Étendards disponibles, 6 sont affectés aux missions offensives (raid sur Chah Bahar, ensuite 4 réarmés avec un AM.39 Exocet et 2 avec 4 paniers de roquettes pour lutter contre les vedettes) tandis que les 8 autres assurent la défense aérienne des navires en opération dans le Golfe. L’idée est d’avoir en permanence 2 appareils sur zone et 6 en réserve pour prendre la relève. Les 2 Étendards IV sont gréés pour le ravitaillement en vol, et veillent à ce qu’aucun SUE de retour de mission ne tombe en panne sèche. Un Alizé patrouille à proximité de l’escadre tandis que les hélicoptères Alouette et Super Frelon sont réservés pour les missions Pedro et SAR.

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Tours 1 à 3

Message par Thomas le Mar 19 Sep - 10:37

Tour Intermédiaire 1 : 0600-0630
Les six Super Etendard prennent par surprise les maigres défenses de la base de Chah Bahar et larguent chacun leurs 4 bombes freinées de 400 kg sur des hangars (probablement, vide au demeurant). Quatre d’entre eux sont atteints ; trois sont totalement détruits et le dernier sérieusement endommagé.
Dans le Golfe, l’escadre française ordonne l’évacuation de la plate-forme de Sassan tandis qu’un des hélicoptères Lynx de la corvette Georges-Leygues part en reconnaissance. Cinq minutes plus tard, les navires ouvrent le feu. Un obus déclenche un incendie qui devient vite incontrôlable, et la plate-forme est rapidement incinérée.
Les dirigeants iraniens reçoivent les premiers rapports, extrêmement confus, sur les opérations françaises, et commencent à réfléchir à la façon dont ils vont réagir.

Tour Intermédiaire 2 : 0630-0700
Les Iraniens ordonnent au Joshan de se dérouter vers Sassan et aux autres navires de se préparer à appareiller. Le patrouilleur Khanjar est disponible presque immédiatement et le Gorz le sera d’ici 40 minutes. Le Shamshir ne sera prêt que dans 1h40, et les deux frégates dans deux heures. Les deux vieux destroyers ne pourront quitter le port que dans 4 heures.

Le plan d’opérations iranien commence à prendre forme. Le Khanjar doit aider à trouver l’escadre française et soutenir le Joshan, chargé pour sa part d’effectuer une attaque au missile, si possible en coordination avec des hélicoptères (AB-212 et SH-3D) et/ou des vedettes. Les 20 vedettes des Pasdaran de Sirri reçoivent en effet l’ordre de prendre la mer et d’engager les navires adverses. Celles d’Abu Musa et de Larak doivent attaquer le trafic civil pour mettre les Français dans l’embarras et, si possible, les amener à disperser leurs forces.

Le Gorz doit appareiller dès que possible et mettre le cap au sud, dans l’espoir d’engager au canon les chasseurs de mines français opérant le long de la côte omanaise. Les deux frégates, accompagnées du Shamshir engageront dès que possible les navires français avec leurs missiles Sea Killer.

Le P-3F Orion et le C-130 hercules sont préparés pour une mission de reconnaissance en mer d’Oman. Ils doivent trouver les chasseurs de mines, et surtout le porte-avions français, et guider vers ce dernier les chasseurs-bombardiers F-4 Phantom qui sont en train d’être armés (2 en chasse, 4 avec des bombes freinées Mk 82 Snakeye).

Du côté français, il n’y a pas grand-chose à signaler. Le Clemenceau récupère les 6 Super Etendard et les réarme (avec un Exocet ou des paniers de roquettes). Dans le Golfe, les navires mettent le cap sur la plate-forme de Sirri tandis que le Lynx en patrouille détecte au radar au navire s’approchant à grande vitesse.

Tour Intermédiaire 3 : 0700-0730
L’ALINDIEN décide d’envoyer un Alizé dans le Golfe pour chercher les navires iraniens.
Le groupe de surface, qui continue à progresse vers Sirri, est soulagé d’apprendre que le contact en approche est un patrouilleur émirati.
Du Côté iranien, le patrouilleur Gorz appareille.


Dernière édition par Thomas le Mar 19 Sep - 10:43, édité 1 fois

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Tours 4 à 6

Message par Thomas le Mar 19 Sep - 10:42

Tour Intermédiaire 4 : 0730-0800
Le Clemenceau catapulte l’Alizé, qui met le cap vers le détroit d’Hormuz. À bandar Abbas, le P-3 et le C-130 décollent et se dirigent vers la mer d’Oman. Le C-130 longe les eaux territoriales omanaises et découvre rapidement les chasseurs de mines français. L’Orion se dirige vers la Task Force 623.2, mais tombe en chemin sur une escadre américaine. L’appareil est illuminé par le radar de tir d’un croiseur et menacé d’être abattu s’il s’approche. Il fait donc prudemment un crochet par le nord, qui le fait manquer le groupe aéronaval français. C’est, ironiquement, un autre porte-avions, américain, qu’il découvre, et l’avion est de nouveau dérouté, par une patrouille de F-14 Tomcat cette fois-ci.
Dans le détroit d’Hormuz, les vedettes de Larak ont appareillé et pris en chasse le navire civil le plus proche. Ce dernier, un cargo soviétique, appelle à l’aide, et le destroyer Stoyky, qui croise à l’entrée du détroit se déroute pour lui porter secours.
Le scénario se répète avec les vedettes d’Abu Musa, qui prennent la mer et attaquent un porte-container américain. Le destroyer USS Kidd entend les appels de détresse et accélère à 30 n pour mettre fin à l’attaque.
Au large du Qatar, le porte-hélicoptères USS Guadalcanal fait préparer deux hélicoptères de combat AH-1 Cobra.
Les vedettes de Sirri sont repérées par le Lynx du Georges-Leygues. La corvette fait décoller son second hélicoptère au moment où les vedettes découvrent les navires français et se préparent à attaquer. Elle envoie également un message radio à la plate-forme de lui ordonnant à ses occupants d’évacuer les lieux : les navires français ouvriront le feu à 0800.

Tour Intermédiaire 5 : 0800-0830
L’ALINDIEN ordonne à la patrouille de combat de repousser le C-130 qui tourne autour des chasseurs de mines. Il ordonne également le décollage des deux Super Étendards armés de roquettes pour aider la Task Force 623.1.
Celle-ci appelle aux postes de combat et ordonne aux deux Lynx, mais également aux deux Super Étendards en patrouille d’engager les vedettes si celles-ci ne renoncent pas.

En mer d’Oman, la patrouille de Crusader chasse rapidement le C-130. Le P-3, qui après avoir exploré le nord de la mer d’Oman, patrouille sa partie sud, repère le Clemenceau et signale sa découverte à Bandar Abbas avant d’être à son tour chassé par les Crusader.
Dans le détroit d’Hormuz, les vedettes des Pasdaran rattrapent le cargo russe et commencent à le harceler. L’Alizé en mission de reconnaissance signale l’incident à l’ALINDIEN, mais, n’étant pas armé, ne peut intervenir. Il continue sa route et découvre successivement les patrouilleurs Gorz et Shamshir. Le message de l’Alizé amène l’ALINDIEN à changer ses plans : estimant que la TF 623.1 peut se défendre par elle-même, il ordonne aux deux Super Etendard qui viennent de décoller de se porter au secours du cargo russe. Pour les Pasdaran, qui mitraillaient impunément le cargo désarmé, c’est la douche froide. Deux vedettes sont rapidement pulvérisées par une salve de roquettes et une troisième est coulée au canon de 30 mm.
Au large des Émirats arabes unis, l’arrivée du USS Kidd dissuade les Pasdaran, qui abandonnent leur attaque après quelques coups de semonce. Les vedettes de Sirri sont plus opiniâtres et passent outre à l’ultimatum du Georges-Leygues. Elles sont alors engagées au canon par les Super Etendard et au missile AS.12 par les Lynx. La rapide destruction de 4 vedettes brise net l’assaut iranien et les Pasadaran s’enfuient sans demander leur reste.

Tour Intermédiaire 6 : 0830-0900
La TF 623.1 fait réarmer ses hélicoptères et commence à tirer sur la plate-forme de Sirri. À bord du Clemenceau, c’est l’effervescence. L’ALINDIEN ordonne en effet le décollage de deux Super Etendard (armés d’Exocet) pour couler le navire de guerre iranien repéré par l’Alizé dans le détroit d’Hormuz, et qui semble menacer les chasseurs de mines.
Il faut également faire apponter puis réarmer les quatre Super Etendard qui viennent d’engager les vedettes iraniennes et qui sont à court de munitions. Il faut surtout renforcer la défense aérienne du groupe aéronaval suite à sa découverte par les reconnaissances aériennes. Deux Crusader en alerte sont promptement catapultés et prennent position au nord-ouest du porte-avions.
C’est une sage décision, car au même moment les six chasseurs-bombardiers iraniens décollent de Bandar Abbas.
Leur plan de vol les fait évoluer à basse altitude, au-dessus de l’Iran (pour échapper aux radars adverses), jusqu’à Bandar-e Jask, puis prendre plein sud, en direction de l’escadre française.
À 0845, les F-4 Phantom iraniens quittent l’espace aérien iranien. Un avion radar E-2 Hawkeye américain les détecte, les classe comme hostiles et transmet l’information aux navires français.

À 0848 les forces françaises et américaines passent aux postes de combat. Une patrouille de F-14 se positionne pour protéger le groupe Missouri tandis que les quatre Crusader français manœuvrent pour intercepter les appareils hostiles, qui restent sourds aux sommations du Clemenceau.
À 0851, l’ennemi est trop proche pour se permettre de retarder encore l’ouverture du feu, et l’ALINDIEN donne son feu vert à l’engagement. Les Crusader et les deux Phantoms en escorte entament de violentes manœuvres aériennes pour se placer en position de tir. Très rapidement, le leader français abat un appareil iranien.
Le Phantom survivant parvient à verrouiller un Sidewinder sur un des Crusader, mais ce dernier parvient à éviter le missile.
Le chasseur iranien s’apprête à tirer un second missile lorsqu’il est abattu par un missile air-air Magic. Les quatre Phantom, constatant l’échec de l’escorte, se débarrassent de leurs bombes, allument la postcombustion et se joignent au combat. Mal leur en prend. Les pilotes français, décidément très en forme, en abattent rapidement trois, et le dernier appareil iranien prend la fuite.
Deux Crusader le poursuivent et tirent chacun un missile. Le premier ne fonctionne pas et le second est séduit par des leurres. À court de missiles, les chasseurs français abandonnent la poursuite.

Au même moment, deux Super Etendard survolent le patrouilleur Ghorz afin de l’identifier avec certitude. Le navire iranien tire un missile antiaérien SA-7, qui est séduit par les leurres déployés par les aéronefs français. Ceux-ci s’éloignent puis tirent chacun un missile air-mer AM.39 Exocet. Les deux missiles atteignent le patrouilleur, qui est littéralement pulvérisé.
À 0900, les navires français dans le Golfe cessent de tirer sur la plate-forme de Sirri, qu’ils ont transformée en brasier.

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Tours 7 à 9

Message par Thomas le Mar 19 Sep - 10:48

Tour Intermédiaire 7 : 0900-0930
Le groupe aéronaval remplace les patrouilles de combat. Le Georges-Leygues fait décoller un Lynx pour une mission de reconnaissance armée.
Les Iraniens, sonner par la destruction du Ghorz et de 5 de leurs 6 Phantom décide de renvoyer leurs vedettes à l’assaut du trafic neutre et des bâtiments français. La présence des Super Etendard les dissuade par contre d’utiliser leurs hélicoptères.

Peu avant 0930, le Lynx repère le Joshan, qui s’approche dangereusement des navires français.
Le Joshan tire un SA-7 contre le Lynx, qui parvient à échapper au missile.

Tour Intermédiaire 8 : 0930-1000
L’aviso Commandant Ducuing tire 2 MM40 sur le Joshan. Les deux missiles atteignent leur cible, et le patrouilleur est à son tour pulvérisé.
Les vedettes de Sirri engagent de nouveau les navires français et sont une nouvelle fois repoussées par les Lynx et les Super Etendard. Deux sont détruites par des AS.12 et trois autres le sont au canon de 30 mm.
L’Alizé entame le voyage retour vers le Clemenceau, et découvre les frégates iraniennes à l’entrée du détroit d’Hormuz. Celles-ci abattent l’aéronef français avec un SA-7.

Tour Intermédiaire 9 : 1000-1030
Les quatre Super Étendards armés d’un Exocet décollent du Clemenceau.
Ils traversent la mer d’Oman, remontent le détroit d’Hormuz et trouvent enfin les frégates iraniennes. Les quatre AM.39 vont rapidement verrouillés et tirés.
Les frégates, démunies de contre-mesures modernes, sont incapables de se défendre et encaissent chacune deux missiles.
Les deux frégates iraniennes sont laissées incendiées et hors de combat.
Sur le chemin du retour, les SUE engagent au canon des vedettes de Larak attaquant un pétrolier. Deux embarcations sont rapidement détruites, et les Pasdaran se dispersent.

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Tour 10, fin des combats et analyse

Message par Thomas le Mar 19 Sep - 10:52

Tour Intermédiaire 10 : 1030-1100
Un Lynx du Georges Leygues repère les deux frégates en flamme. L’aviso Commandant Ducuing tire un Exocet sur chacune, pour les achever. Les deux missiles atteignent leur cible respective et les frégates iraniennes sont abandonnées par leur équipage.

Fin des combats et épiloque :
Les hostilités s’arrêtent sur une victoire française complète. Toutes les composantes des forces armées iraniennes (hormis l’armée de terre) ont été humiliées et étrillées. Les Pasdaran ont perdu neuf boghammars et se sont avérés incapables de mettre en œuvre leur stratégie indirecte de harcèlement. La marine a été sèchement renvoyée au port et a perdu dans l’affaire la quasi-totalité de ses moyens de combat. Enfin, l’armée de l’air, en perdant 5 précieux chasseurs-bombardiers qu’elle est incapable de remplacer, se retrouve dans une position de faiblesse extrême. Les conséquences politiques, morales et matérielles de ce désastre vont probablement affaiblir l’Iran et hâter sa défaite dans le conflit qui l’oppose à l’Irak.

En toute honnêteté, la victoire française n’est pas une surprise, car le rapport de force était clairement en faveur de la Marine nationale. L’Iran n’a pas beaucoup d’atouts à exploiter, et ne peut espérer gagner en déployant une stratégie conventionnelle. Nous touchons là au charme et à la limite des scénarios inspirés d’événements historiques, dans lesquels l’équilibre des forces n’est pas toujours assuré.

La gestion du trafic maritime neutre, civil comme militaire (il y avait sur la carte, en plus des unités françaises et iraniennes, une quinzaine de navires civils et presque autant d’escadres ou bâtiments militaires) a considérablement alourdi l’arbitrage. Contre toute attente, les pétroliers et porte-containers ont eu moins d’importance dans le jeu que je ne le prévoyais. L’escadre française évoluant hors des rails de navigations où se concentrent les navires civils, les Iraniens n’ont pas eu l’occasion d’utiliser ces derniers comme bouclier ou comme paravent.

Cette partie, une fois de plus jouée en solo pour estimer les qualités et les faiblesses du scénario, a démontré la faisabilité de ce thème, mais en a souligné les limites. Du fait de la nette infériorité iranienne, un scénario sur ce sujet doit être appréhendé davantage comme une étude historique que comme un jeu où les deux camps ont des chances égales de gagner.

Analyse de la victoire française :
La très nette victoire française tient à une conjonction de facteurs :
  • Le rapport de force était très favorable à la Marine nationale
  • La stratégie mise en œuvre par l’Iran était loin d’être optimale
  • La chance insolente (aux dés) des équipages français


Plus précisément :
La Marine déploie un groupe aéronaval avec 22 avions de combat, alors que l’Iran n’a que 6 chasseurs-bombardiers. En combat air-air, l’Iran est désavantagé à la fois par le nombre réduit d’appareils pouvant être affectés à cette mission et par l’infériorité de ces missiles (le Magic français est dit « grand-angle » alors que le AIM-9E est à angle étroit, ce qui fait que les pilotes français ont deux fois plus de chances d’accrocher leur cible que leurs homologues iraniens). En lutte antinavire, le déséquilibre est encore plus flagrant : les SUE peuvent attaquer efficacement et en toute impunité avec un Exocet tandis que les Phantoms iraniens doivent braver la DCA adverse pour attaquer à la bombe, avec des résultats aléatoires.

Sur mer, le groupe de surface consiste en une corvette/frégate anti-sous-marine et un aviso escorteur avec des MM38 portant à 23 nautiques et un aviso avec une version plus récente de l’Exocet (MM40), d’une portée de 40 nautiques. Les deux frégates iraniennes ont des missiles antinavires Sea Killer obsolètes, d’une portée de 5 à 13 nautiques (selon les sources), tandis que les deux destroyers ont des SM1MR (missiles antiaériens, mais pouvant être utilisés contre des navires) portant à une petite vingtaine de nautiques. Le déséquilibre des forces est accentué par le fait que l’escadre française possède deux hélicoptères Lynx et des contre-mesures modernes.

Enfin, le principal atout français reste son accès aux données des avions de guet radar américains (E-3F Sentry et E-2C Hawkeye). Les Iraniens, déjà inférieurs numériquement et qualitativement, sont souvent dans le noir tandis que les Français n’ignorent rien de leurs mouvements.

La stratégie retenue par l’Iran était très, probablement trop ambitieuse, et cherchait à engager chacune des composantes du dispositif français. Une approche plus pragmatique et plus pertinente consisterait à concentrer les modestes moyens iraniens sur une seule cible, les navires dans le Golfe par exemple. Un raid aérien sur ces navires aurait bien plus de chance de réussir. Coordonner un raid de chasseurs-bombardiers avec une attaque d’hélicoptères (dans la partie gardée au sol par crainte de la chasse ennemie) mettrait l’escadre française en difficulté.

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Re: [CR] Opération Prométhée

Message par Anaxagore le Mar 19 Sep - 11:20

Très intéressant, bravo !

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Re: [CR] Opération Prométhée

Message par Thomas le Mar 19 Sep - 12:06

Merci.
A part la mise en page et la correction de quelques coquille je n'ai rien fait.

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