"Sachons vaincre ou sachons périr !" - Une histoire de la Fédération des Communes de France (librement inspiré du mod Kaiserreich sur Darkest Hour)

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Re: "Sachons vaincre ou sachons périr !" - Une histoire de la Fédération des Communes de France (librement inspiré du mod Kaiserreich sur Darkest Hour)

Message par Thomas le Dim 5 Mar - 18:41

J'ai pas encore commencé à lire cette TL, mais vu les commentaires je pense que je vais me régaler le moment venu.

Il y a même un bruit qui cours disant que Maraud à eu une érection dès le premier chapitre Wink

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Re: "Sachons vaincre ou sachons périr !" - Une histoire de la Fédération des Communes de France (librement inspiré du mod Kaiserreich sur Darkest Hour)

Message par Emile Ollivier le Dim 5 Mar - 18:46

Thomas a écrit:J'ai pas encore commencé à lire cette TL, mais vu les commentaires je pense que je vais me régaler le moment venu.

Il y a même un bruit qui cours disant que Maraud à eu une érection dès le premier chapitre Wink

MORT DE RIRE !!!!!!!! Laughing
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Re: "Sachons vaincre ou sachons périr !" - Une histoire de la Fédération des Communes de France (librement inspiré du mod Kaiserreich sur Darkest Hour)

Message par Maraud le Dim 5 Mar - 20:52

Meuh non.
Seulement quand je regarde les défilés de l'Armée Rouge.

Maraud

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Re: "Sachons vaincre ou sachons périr !" - Une histoire de la Fédération des Communes de France (librement inspiré du mod Kaiserreich sur Darkest Hour)

Message par Lunarc le Dim 5 Mar - 22:41

Faut pas être avec lui sur un logiciel de discussion audio quand Maraud regarde le défilé de la victoire de 1945, c'est dégeulasse.
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Re: "Sachons vaincre ou sachons périr !" - Une histoire de la Fédération des Communes de France (librement inspiré du mod Kaiserreich sur Darkest Hour)

Message par Korobeiniki le Mer 8 Mar - 17:07

INTERLUDE #1 : NEUORDNUNG EUROPAS

Johann Wolfgang von Goethe a écrit:"Je suis ainsi fait, j’aime mieux commettre une injustice que de souffrir le désordre."


Germania : Allégorie de la Grande Allemagne représentée sous les traits d'une Valkyrie, réunissant le militarisme prussien et la gloire impériale passée

La révolution qui balaya la France au tout début de l'année 1920, confortait la position des Empires Centraux contre l'Entente, qui se retrouvait fortement amoindri par la mise hors jeu définitive de la Russie, secoué par une autre révolution. L'Empire Allemand et l'Empire Austro-Hongrois ne comptait plus que la Grande-Bretagne comme ennemi principal, le Japon et le Portugal ne pouvant guère peser dans le reste de la guerre. La Belgique, l'Italie et la Grèce avaient tour à tour été humilié, annexé ou démembré. Pour la Grande-Bretagne, il ne restait plus qu'à tenter de protéger son intégrité territoriale et surtout ne pas voir son empire colonial s'effondrer comme ce fut le cas pour celui de la France : La junte militaire d'Alger a pu sauver la plupart des colonies d'Afrique de l'Ouest, mais le reste est tombé sous le contrôle allemand, élargissant grandement ses possessions coloniales. L'Allemagne et la Grande-Bretagne vont s'affronter principalement sur trois fronts : Le front maritime d'abord, où des engagements navals vont se produire en Mer du Nord principalement. Le front Moyen-Oriental, terrain majeur pour les deux belligérants. Enfin, une guerre par procuration va se dérouler pour le futur de l'Irlande, où les indépendantistes sont en lutte contre la domination britannique sur l'île, avec l'appui allemand. En outre, un autre événement attire l'attention par sa férocité, il s'agit bien entendu de la Guerre Civile Russe. Sur ce théâtre, les austro-hongrois et les allemands d'un côté et les anglais de l'autre vont utiliser leurs influences respectives pour impacter sur le destin de la Russie, une fois les bolcheviks écrasés.

Sur le front maritime, la flotte britannique et la flotte allemande s'opposent durant toute l'année 1920, dans des manœuvres et contre-manœuvres qui visent à assurer un contrôle de la Mer du Nord ainsi que de l'Océan Atlantique. La perte de la flotte française et sa mise hors jeu, oblige les britanniques à revoir leur stratégie générale, notamment en ce qui concerne le blocus sur l'Allemagne. Cette dernière commence à utiliser de plus en plus des tactiques de u-boot pour briser le blocus et obliger la marine britannique à amoindrir la force du blocus, jusqu'à ce qu'il cesse d'exister. Il n'y a pas de combats maritimes frontales comme pour la bataille du Jutland, mais simplement des raids de croiseurs appuyés par des destroyers, dans le but d'immobiliser les flottes dans leurs ports respectifs. De ce point de vue, la flotte allemande et la flotte britannique se neutralisent totalement et un statu-quo est rapidement adopté au début de 1921. Les britanniques sont incapables de pouvoir maintenir un bloc efficace et cherchent à protéger leurs côtes, tandis que les allemands n'entrevoient pas la possibilité d'un débarquement sur les côtes britanniques car leur flotte pourrait se faire purement et simplement anéantir. Faute de pouvoir faire bouger la situation dans cette zone de conflit, les armées britanniques et allemandes vont donc s'affronter au Moyen-Orient. Les troupes du BEF qui ont évacués la France sont rapidement envoyés sur ce théâtre de guerre, tandis que les allemands renforcent l'Asien-korps pour venir en aide à l'Empire Ottoman. Grâce à l'intervention de plusieurs nouveaux régiments, la situation se stabilise petit à petit et au milieu de l'année 1920, les forces combinées germano-ottomane reprennent Damas et Baghdad puis  poussent vers le sud afin de regagner la Palestine, qu'ils atteignent en Octobre 1920. Le moral des troupes britanniques est au plus bas, tandis que les troupes allemandes et ottomanes commencent à tailler en pièces les troupes de la Révolte Arabe. Pourtant, l'Empire Allemand va infliger un coup terrible non pas à l'Empire Britannique, mais à l'Empire Ottoman...

En Irlande, les britanniques font face à une véritable insurrection nationaliste et populaire. Depuis l'insurrection de Pâques et son écrasement, les nationalistes Irlandais n'ont pas abandonné l'idée de poursuivre la lutte et d'atteindre leur objectif final, qui est l'indépendance de l'Irlande. Suite à l'offensive réussie par l'Allemagne courant 1919, les nationalistes irlandais recommencent leur agitation et se soulèvent dans plusieurs villes du pays. Cette fois-ci, le soutien de l'Allemagne est franc et direct, ce qui permet à la révolte irlandaise de pouvoir mieux s'organiser et mieux se structurer. La Grande-Bretagne décide d'envoyer des troupes revenues d'Europe pour mater la rébellion, mais dans la soldatesque, s'en est trop... Les Irlandais ne se battent pas comme dans une guerre normale ou comme dans la guerre de tranchée, mais comme une armée de guérilla, qui attaque, tue, disparaît avant de recommencer. Les troupes britanniques sur place refusent de sortir de leurs casernements, ils ne veulent pas être tué par ces "fous d'irlandais", qui n'ont "pas d'honneur en se battant". Début 1921, le gouvernement britannique décide d'entamer des discussions avec les représentants irlandais... De leur côté, l'Empire Allemand reconnaît de manière unilatérale le Sinn Fein comme dépositaire de la nation Irlandaise, donc de-facto de son indépendance ! (La Bulgarie reconnaîtra également l'Etat Irlandais, mais les Ottomans et les Austro-Hongrois refuseront à cause de leurs problèmes nationalitaires internes) Après plusieurs semaines de négociations, les représentants Irlandais mené par Michael Collins et le gouvernement britanniques trouvent un accord : L'Irish Free State est née, le nord de l'Irlande a majorité protestante reste dans le Commonwealth, l'Irish Free State a un statut de dominion... Cela ne satisfait pas tout les Irlandais. Les Britanniques soutiendront les pro-traités, tandis que les Allemands soutiendront les anti-traités. La guerre civile approche à grand pas...


David Lloyd George, Premier Ministre du Royaume-Uni, annonçant à la radio la signature de la paix avec l'Empire Allemand, le 17 Juin 1921.

La Grande Guerre aura donc duré un peu moins de sept ans et se termine, par une paix largement favorable aux Empires Centraux. L'Empire Allemand et Austro-Hongrois font valoir leurs conquêtes en Europe, ainsi que le retour des colonies Allemandes en Afrique, en échange de quoi l'Empire Britannique ne voit pas ses propres conquêtes coloniales remises en cause. L'Allemagne sort grande vainqueur, l'Autriche-Hongrie, la Bulgarie et l'Empire Ottoman en sortent affaibli. La Grande-Bretagne quand à elle, ne peut que goûter à une paix arrangeante, bien qu'amère... Mais l'Allemagne négocie en secret avec la Grande-Bretagne, qui rechigne à laisser à l'Allemagne autant de possessions en Afrique, menaçant clairement la domination britannique dans la région : Pour ce faire, l'Allemagne se dit prête à aider la Grande-Bretagne à subjuguer l'Empire Ottoman, à condition que les britanniques tiennent tranquille les révoltés arabes de la région. Le plan est simple, les britanniques ne peuvent refuser une telle offre et acceptent ! Affaibli par la guerre, devant gérer une situation politique chaotique dans le pays, l'Empire Ottoman peine à avoir un réel contrôle sur les régions qu'il contrôle hors d'Anatolie, sans l'aide allemande. Au début de l'année 1922, les allemands parviennent à fomenter une insurrection militaire contre le calife Mehmed VI, qui ébranle son pouvoir et provoque une fracture entre nationalistes turcs laïcs et partisans du califat. En Mars 1922, toute l'Anatolie est en flamme et elle le restera pour longtemps encore... En Avril et Mai 1922, les britanniques avec le soutien passif des troupes allemandes, occupe l'immense majorité des terres ottomanes qui s'étendaient depuis la paix de l'an dernier, de l'Anatolie jusqu'aux portes du Canal de Suez. En Juillet 1922, les britanniques ont entièrement pacifiés la Syrie, l'Irak, la Jordanie et la Palestine, jusqu'au Koweit. Aux Hachémites, ils ont reconnu leurs possessions sur le Hejaz, Al Jawf et ont poussé à la conquête de l'Émirat de Haïl, au détriment de l'Emirat du Nejd de Ibn Saud. Les tensions qui s'ensuivront, les britanniques s'en laveront les mains. Suite à cela, l'Empire Allemand et Britannique parvient à un accord final : Les allemands recouvrent leurs colonies africaines, ils laissent celles de britanniques indemne et le Baghdad-Bahn est partagé à 50/50% par un consortium germano-britannique. Pour de très nombreuses années, les débris de l'Empire Ottoman n'oublieront pas la trahison allemande et leur duplicité machiavélique.

Avec la paix définitive, l'Allemagne commence à réorganiser l'Europe et ce que l'on nommera plus tard la MittelEuropa Staatenbund. Soucieuse de pouvoir organiser au mieux ses conquêtes, l'Empereur Guillaume II décide de nommer des proches parents à des titres honorifiques, ou leur allouer le droit à prétendre diriger de nouveaux royaumes inféodé à l'Allemagne. La réorganisation commence assez rapidement et tout au long de l'année 1922, elle va profondément marquer les frontières européennes. Pour commencer, la Belgique n'existe plus comme pays et un Royaume des Wallons et un Royaume des Flamands sont crée séparément. L'Empire annexe également Eupen et les Cantons de l'Est. Le Grand-Duché de Luxembourg est rattaché à l'Empire, de même que pour l'ensemble de l'Alsace-Lorraine. Le Congo est rattaché à l'administration coloniale allemande, tout comme le Congo français, Madagascar et les colonies du pacifique qui appartenaient à la France. A l'est, après la paix de Brest-Litovsk, plusieurs États sont crées : L'ensemble des pays baltes sont réunis au sein d'un Duché Unie Balte, la Pologne, la Biélorussie et la Finlande obtiennent leurs indépendances et sont fortement influencés par Berlin. L'Ukraine quand à elle, est partagée entre une direction autrichienne et une direction allemande, ce qui évite des complications entre les deux alliés. L'Allemagne et son Empire sont au sommet de sa puissance et celle-ci va s'imposer pour les décennies à venir. Son plus proche allié l'Autriche-Hongrie, ne peut pas en dire autant. Malgré sa victoire au côté de l'Allemagne, ses problèmes ethniques, nationaux et identitaires lui font courir un grand danger malgré l'annexion du Monténégro et la vassalisation de la Serbie. Conscient de la nécessité de profondément se réformer, l'Empereur Charles 1er propose un plan de fédéralisation de l'ensemble du territoire Austro-Hongrois afin de mettre fin aux troubles ethniques. Bien évidemment, les principaux tenants politiques que sont les Autrichiens et les Hongrois refusent d'y mettre du leur. Les fragiles réformes menés malgré tout par Charles n'empêcheront pas l'implosion au début des années 30 d'un Empire fatigué et chaotique.

Les principaux perdants sont avant tout la Grèce, la Roumanie et finalement l'Italie. La Grèce est obligée de céder la Macédoine grec ainsi que Salonique, tandis que la Crète est transformée en base militaire avancé pour l'Empire Allemand, pour faire face à l'île de Malte tenu par les britanniques. La Bulgarie se voit céder l'autre partie de la Macédoine par la Serbie récemment vassaliser par l'Empire Austro-Hongrois, tandis qu'elle force la Roumanie à lui céder le port de Constanza et la sud-Dobruja. Les champs pétrolifères de Ploesti sont quand à eux cédé en bail à l'Allemagne pour une très longue période. Comme maigre dédommagement, les Empires Centraux ne lèveront pas le petit doigt quand la Roumanie annexera après la Moldavie. Quand à l'Italie, elle finira d'exister en temps que pays après sa cuisante défaite militaire et l'occupation de son territoire par les Austro-Hongrois. Le territoire italien est divisé assez sommairement : Le Royaume de Piémont-Sardaigne, le Royaume de Lombardie, les Etats Papaux et le Royaume des Deux-Siciles deviennent les nouveaux royaume qui s'étendent sur l'ancienne Italie. La Corse est rattachés à la Lombardie, tandis que la Sardaigne et la Sicile sont rattachés aux Deux-Siciles. Mais, les troubles révolutionnaires qui ont secoué toute l'Italie après la défaite militaire et la victoire révolutionnaire en France, vont voir la Sicile se détacher du Royaume des Deux-Siciles après une courte mais intense guerre civile révolutionnaire. La Sicile deviendra officiellement la "République des Communes de Sicile". Au niveau de ses colonies, la Libye a d'abord été sous un bref contrôle ottoman avant la trahison allemande et l'Empire décidera d'administrer directement la région quand les ottomans seront déchus de leur autorité. (Quand à l'Albanie, elle sera dirigé par l'un des fils du Kaiser) Vis à vis des colonies italiennes dans la Corne de l'Afrique, l'Allemagne s'est entendue avec le Royaume d'Abyssinie pour lui rattacher l'Érythrée et la Somalie en échange d'une alliance formelle, tandis que Djibouti deviendra une base militaire et navale allemande majeure. Les liens entre l'Abyssinie et l'Allemagne iront très loin dans le futur, l'Empire Allemand acceptant de moderniser grandement le pays pour en faire un allié de première importance dans la région et surtout, pouvoir garder un point d'ancrage solide vis à vis des colonies britanniques tout autour.


De gauche à droite : Wrangel, Denikine, Kornilov, Koltchak. Quatre ambitions pour un seul pays...

La Guerre Civile Russe a été l'élément déclencheur non seulement de la fin du tsarisme, mais également de la Russie comme nation. La prise de pouvoir par les bolcheviks en Octobre 1917, devait marquer le début d'un nouveau cycle, d'une nouvelle ère révolutionnaire. Mais bien vite, les évènements qui s'y sont déroulés ont totalement discrédité les idées marxistes orthodoxes, par la violence des répressions, de l'exercice du pouvoir par les bolcheviks, mais aussi par leur inaptitude à pouvoir garder le pouvoir. Pourtant, la Guerre Civile Russe a durée de fin 1917 à mi-1922 et elle aurait pu plusieurs fois faire gagner les rouges, contre leurs adversaires blancs. La tentative d'assassinat sur Lénine par une SR de gauche, Fanny Kaplan, laissera ce dernier gravement blessé et obligera les bolcheviks à devoir trouver un nouveau leadership. Alors que le Parti Bolchevik tentait de trouver un successeur à Lénine, c'est finalement Léon Trotsky qui se sont autorité en tant que Commissaire du Peuple aux Armée, décide de sa propre volonté d'établir une dictature militaire, relayé par l'appareil du parti présent dans les principales administrations du pays. Trotsky cumulera donc les fonctions de chef des armées, de chef d'État et également de celui du Parti. (Officiellement, Kamenev et Zinoviev assumeront les tâches administratives, mais ils n'auront aucun réels pouvoirs sans le bon vouloir de Trotsky) Cette militarisation du Parti, de l'administration, de la Tchéka et de l'ensemble de l'Armée Rouge, montrera certes de grands succès, mais aussi des faiblesses qui seront la cause de la défaite des bolcheviks : Le communisme de guerre, la militarisation à outrance finiront par lassé la population qui était pourtant largement acquise aux idées de la révolution. C'est ainsi que les blancs, tantôt appuyés par les Allemands, tantôt appuyés par les Britanniques, les Japonais ou les Américains, pourront mettre un terme définitif à cette expérience révolutionnaire qui, bien que célébré par les révolutionnaires du monde entier, reste un point de polémique important vis à vis de la réussite de la révolution en France ou encore en Sicile à cette période.

Pourtant, les blancs ne vont pas réussir à s'entendre. Les personnalités sont trop fortes, les principaux chefs militaires veulent tous être à la tête de l'Etat. Ils cherchent à s'appuyer pour cela sur les puissances extérieures, tentant de marchander pour avoir plus d'armes, plus de fournitures que leurs voisins. Denikine et Kornilov seront appuyés ouvertement par les Britanniques et les Américains, tandis que Wrangel le sera par l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie. Quand à Koltchak, il sera appuyé par les Japonais. Chacune des puissances accepte bien entendu d'aider les troupes blanches, mais ces dernières ne voient pas que chacune cherche avant tout à placer ses pions, à pouvoir miser sur l'avenir. Après la paix de Brest-Litovsk, les Allemands et les Austro-Hongrois n'ont aucune envie de voir sur leurs frontières orientales un nouvel Etat Russe, qui serait de toute façon revanchard et chercherait à recouvrer le territoire qu'il a perdu. Pour les Britanniques et les Américains, il s'agit de pouvoir utiliser des généraux blancs contre les Allemands, afin de briser leurs rêves d'expansion et de domination plus à l'est. Quand aux Japonais, ils acceptent bien évidemment d'aider Koltchak mais lui demandent des concessions territoriales importantes : La Primorie avec Vladivostok, le Birobidjan, les îles Sakhaline, le Kraï de Khabarosk et la région de Blagoveshchensk le long du fleuve Amour. Les bolcheviks ne sont pas les seuls ennemis des blancs, il y a aussi les armées noires en Ukraine, les armées vertes dans le centre de la Russie, les indépendantistes dans le Caucase, les Cosaques en Transcaucasie, les révoltés islamiques en Asie Centrale, etc etc. Bien que les armées noires et vertes seront rapidement anéanties, les autres mouvements indépendantistes vont pouvoir se tailler une part non négligeable du territoire russe. Dors et déjà, la fiction d'un Etat Russe sur des frontières comme celles de 1914 n'est plus d'actualité à la fin du conflit qui ravage le pays. Ni les Allemands, ni les Japonais, ni les Britanniques ou les Austro-Hongrois n'en ont quelque chose à faire et leurs cynismes respectifs en est la preuve.

A Tsaritsyn, Moscou, Petrograd et Arkhangelsk, les troupes de l'Armée Rouge subiront défaites sur défaites, jusqu'à leurs redition complète en Mai 1922. Lénine, dont l'état de santé n'a jamais pu totalement se rétablir depuis l'attentat raté contre lui, mourra au début de l'année 1923, entourés d'un dernier carré de fidèles à la cause. Il n'aura aucune sépulture, il paraîtrait que son corps eut été dévoré par les flammes afin que sa sépulture ne puisse pas être souillé par ses ennemis. Trotsky, l'homme honteux de la défaite, réussira à s'enfuir par la Finlande et de là, pourra gagner la France. L'espace russe est totalement ruiné quand la guerre civile se termine, le pays étant ravagé par 8 années de conflits. Les choses se compliquent alors quand il s'agit de définir quel gouvernement prendra place en Russie. Monarchie, République, Dictature Militaire ? Les blancs se divisent, non seulement parce qu'ils ne sont pas d'accord politiquement, mais parce qu'ils en arrivent à se détester profondément. Les allégeances des uns et des autres, ne permet pas de dégager une perspective claire et une vision d'avenir. Durant les mois de Septembre-Octobre-Novembre 1922, les troupes blanches sont sur le point de s'entretuer entre elles, car la pression est à son comble. On compte finalement trois zones principales de gouvernement : La première est Omsk, tenu par Koltchak. La deuxième est Petrograd, tenu par Kornilov et Denikine. La troisième est Moscou, tenu par Wrangel. Wrangel est reconnu par les Allemands, Kornilov et Denikine par les Britanniques et Koltchak par les Japonais. La situation est dans une impasse totale et un statu-quo est finalement trouvé, faute de combattants pour s'entretuer. Pire, à la fin de l'année 1922 une famine gigantesque touche le territoire russe, suite à huit années de guerres. C'est une horrible hécatombe, qui tue un peu moins d'un million de personnes en quelques mois. La Russie n'existe plus, la Grande-Bretagne est retranchée sur son empire colonial chancelant. L'Allemagne en ce début d'année 1923, peut savourer son statut de grande puissance européenne et mondiale.

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NB : (Carte du bousin à venir ! Very Happy)
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Re: "Sachons vaincre ou sachons périr !" - Une histoire de la Fédération des Communes de France (librement inspiré du mod Kaiserreich sur Darkest Hour)

Message par Maraud le Mer 8 Mar - 20:20

Il restait plus personne en Russie pour que la Famine tue si peu? Ou les alliés des blancs leur ont fournit de la bouffe?

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Re: "Sachons vaincre ou sachons périr !" - Une histoire de la Fédération des Communes de France (librement inspiré du mod Kaiserreich sur Darkest Hour)

Message par Korobeiniki le Sam 18 Mar - 12:11

CHAPITRE 4 : A L'OUEST, RIEN DE NOUVEAU ?

Jules Vallès a écrit:"J'ai toujours été l'avocat des pauvres, je deviens le candidat du travail, je serai le député de la misère ! La misère ! Tant qu'il y aura un soldat, un bourreau, un prêtre, un gabelou, un rat-de-cave, un sergent de ville cru sur serment, un fonctionnaire irresponsable, un magistrat inamovible ; tant qu'il y aura tout cela à payer, peuple, tu seras misérable !"


"Qui tient la Bourse du Travail de Paris, tient la Commune par les couilles !", comme aime le dire un dicton populaire...

Les élections communales de 1926 sont les réelles élections générales de la Commune, depuis sa proclamation il y a maintenant presque six ans. A l'extérieur, la Commune est méprisée, calominée, oubliée. A l'intérieur, après les purges d'il y a quelques années, la situation reste tendue. Pouget s'est érigé comme le leader incontestable du gouvernement révolutionnaire, il a réussi à mettre au pas l'opposition à lui et au Comité de Salut Public. A la Bourse Générale du Travail, Victor Méric se pose comme un "fidèle" de la politique de Pouget, il s'est d'ailleurs très peu montré lors des purges qui ont secoué le pays, se contentant de les approuver et même de les défendre. La situation de la Commune est paradoxale. Officiellement, elle est une fédération de communes mais elle agit plus comme une structure centralisée, fonctionnant à travers les principales Bourses du Travail à travers le pays. C'est le "jacobinisme" qui prédomine, à l'opposé des vues de Emile Pouget et de ses partisans, qui ont toujours lourdement pestés contre ceux qu'ils nommaient les "autoritaires". Aujourd'hui, c'est bien lui l'autoritaire et il le sait. Ses adversaires politiques ne se gênent d'ailleurs pas pour l'attaquer rudement là dessus, d'un côté pour montrer qu'il s'est renié et de l'autre, qu'il s'est finalement revêtu des habits de l'autorité pour mieux l'exercer. Cependant, six années de révolution ont malgré tout porté leurs fruits et la Commune, au bord de l'asphyxie au moment de sa proclamation, est entrain de remonter doucement mais sûrement la pente. Cela est dû au travail acharné de Pouget, un travail long et minutieux. Il est devenu insatiable, il ne dort plus que quelques heures par nuit malgré son âge avancé. Il sait que sa position et sa politique est en difficulté, mais qui peut venir lui mettre des bâtons dans les roues ? Personne et ça il le sait. L'opposition le sait également car elle veut être à la place de Pouget, sans avoir à tenir les rênes du pays. Une situation inconfortable d'un côté, comme de l'autre.

Car malgré l'unité qui prédomine au sein de la CGT, -Officiellement, il est interdit de créer un parti politique ou une structure/organisation hors de cette dernière, bien que cela est largement faisable- elle est en réalité fortement émoussée. Pouget peut compter sur une large majorité de fidèles, sur des camarades de combats et de luttes qui donnent de leurs personnes continuellement. Mais deux ans après les purges et la relative accalmie qui a suivie, l'opposition factionnelle commence à reprendre du poil de la bête. Jacobins, Soreliens, Anarchistes, déçus de la politique de Pouget, Réalistes-Réformistes... Ils sont nombreux à se grouper, à discuter, parfois même à en venir aux mains, à se battre dans la rue. Les Jacobins et les Soreliens se détestent cordialement. Le 28 Janvier 1926, une rixe éclate à quelques rues de la Bourse du Travail de Paris. Une dizaines de blessés des deux côtés, la Garde Nationale intervient pour séparer les combattants. Deux jours plus tard, on remet le couvert. Cette fois, il y a deux fois plus de blessés, donc un gravement. On s'invective, on se cherche. Pire, on s'insulte ouvertement par médias interposés. La tension est palpable. Même au sein du Comité de Salut Public, il y a comme un sentiment de rébellion. Pourtant, rien ne se produit formellement. Pouget reste le maître, il est celui qui arrive à tout savoir, qui arrive à tout conjurer. On le craint plus qu'on ne le respecte. Surtout, le Bureau Général de Police est un instrument d'une grande efficacité. Gaston Monmousseau est d'une efficacité redoutable, ses agents font régner l'ordre par la force si il le faut. Après les rixes entre Jacobins et Soreliens, plusieurs leaders locaux et quelque peu "excités", reçoivent des visites nocturnes pour leur faire comprendre... Qu'il faut arrêter d'agir comme ils le font. Ils le feront, après un bref séjour à l'hôpital. Mais la force et l'intimidation ne suffit pas, Pouget le sait et ce serait se trahir que d'agir de la sorte. Un appel est placardée dans toutes les Communes du pays, pour annoncer la tenue des élections communales au mois de Juin de l'année 1926, ainsi que la convocation du premier "Congrès des Communes".

Alors, on s'organise à travers tout le pays. On se prépare à cet événement qui va voir se réunir des centaines et des centaines de délégués de toute la France, la France révolutionnaire ! Subitement, la morosité laisse place à une intense agitation révolutionnaire. On pourrait croire qu'il flotte dans l'air, un vague souvenir des élections de 1871 qui avaient proclamés officiellement la Commune de Paris. Certains y voient même un retour à l'esprit révolutionnaire de 1792/1793. Ces observateurs ne s'y trompent pas, car fleurissent ici et là des clubs ou comités révolutionnaires, on lance même des "Banquets Républicains" comme au temps de 1848, pour faire campagne électorale. C'est une période de libéralisme qui s'ouvre, la chape de plomb commence doucement à se fissurer. On retrouve les premiers temps de la révolution, la fièvre qui avait envahi tout le pays lors de la guerre civile. On discute, on échange, on partage. L'ensemble de la Commune s'offre une psychanalyse à ciel ouvert. On ose parler de tout, on ose remettre sur la table la question des purges de 1923/1924. On vitupère le Camarade Pouget, mais on lui est quand même reconnaissant pour ce qu'il a déjà accompli... Jusque dans l'Armée Rouge de Libération, les débats prennent corps, on s'empare des principales questions politiques du moment. Les journaux circulent, des pamphlets font leurs apparitions par centaines, par milliers. Chacun et chacune à quelque chose à dire. On pétitionne au Comité de Salut Public, on pétitionne à la Bourse Générale du Travail. Ici, on réclame des augmentations de salaires. Ici, on se plait de tels ou tels dirigeants syndicaux. Ici, on souhaite la construction d'une nouvelle école communale. Pour le 1er Mai 1926, c'est une gigantesque manifestation qui prend place (Le 1er Mai est une fête chômée depuis 1922), qui commence en début d'après-midi et qui se fini en fin d'après-midi. Jusque tard dans la nuit, on fait la fête, on célèbre la "Journée Internationale des Travailleurs/euses". Qu'il fut beau ce cortège gigantesque qui dévala les rues et les boulevards de Paris, avec ses drapeaux rouges et noirs, ces oriflammes frappés des trois lettres formant les initiales de la CGT. On faisait la fête, là où un mois plus tard on allait se faire la guerre.


Une caricature des élections et du congrès de 1926, représenté par Guignol et Gnafron entrain de singer les multiples divisions au sein de la Commune

Les élections communales sont des élections générales. Le Président de la Bourse Générale du Travail et le Premier Représentant au Comité de Salut Public sont élus directement par la population. Les délégués invités au Congrès des Communes, représentent ces dernières à travers le pays, ont des mandats pour débattre des questions essentielles du pays, voter pour la composition du Comité de Salut Public et de la composition de la Bourse Générale du Travail. Théoriquement, c'est la Bourse Générale du Travail qui est en charge du pouvoir légal mais depuis la fondation de la Commune, c'est le Comité de Salut Public qui exerce le pouvoir effectif, la BGT ne servant en fait que de chambre d'enregistrement. Ces élections vont être sans aucun doute un retour à la "légalité socialiste" comme on la nomme, c'est à dire un équilibre du pouvoir entre la BGT et le CSP, ce dernier perdant peu à peu son autorité au profit de la BGT et de ses multiples représentants communales, via les Bourses du Travail locales. Dors et déjà, les opinions divergent sur le rôle de ces deux institutions et elles ne cessent encore aujourd'hui d'être source de querelles politiques intenses suivant les orientations idéologiques. Mais, avant d'entrer dans le vif du sujet, il est vital de comprendre l'état des forces/factions/organisations politiques au sein ou en-dehors de la CGT au moment de ces élections :


  • La tendance majoritaire est celle des Radicaux-Syndicalistes, mené par Emile Pouget. C'est un regroupement hétéroclite de syndicalistes révolutionnaires, d'anarcho-syndicalistes et de socialistes d'obédiances diverses qui ont ralliés Pouget au cours des années. Bien qu'ils soient parfaitement conscient qu'ils n'appliquent pas un programme strictement anarcho-syndicaliste, les Radicaux-Syndicalistes cherchent par tout les moyens à baisser les prérogatives du CSP, à renforcer la BGT et à entamer le véritable gouvernement des Communes par elle-même. Ils sont le cœur de la CGT et contrôlent son appareil.


  • Juste derrière cette tendance, on retrouve les Jacobins qui se sont regroupés dans une structure qu'ils nomment "Organisation pour la Construction d'un Parti Communiste de France" (OCPCF). D'un point de vue doctrinal et idéologique, ils se disent héritiers de la tradition révolutionnaire française et de l'expérience bolchevique en Russie. Ils sont donc bolcheviques-léninistes et cherchent à créer un Parti Communiste capable d'être un élément d'avant-garde dans la société socialiste. Pour cela, ils souhaitent donner les pleins pouvoirs au CSP par rapport à la BGT.


  • Les Soreliens sont groupés derrière Georges Valois. Ce sont des syndicalistes révolutionnaires, mais ile méprisent fortement la démocratie représentative, le libéralisme, le bolchevisme des Jacobins. Contrairement à ces derniers, ils veulent une extension du pouvoir en faveur de la BGT et la fusion de cette dernière avec l'appareil d'État. Bien que toujours théoriquement au sein de la CGT, ils ont constitué leur propre structure qui se nomme le "Rassemblement Républicain Syndicaliste" (RRS) qui doit remplacer la vieille CGT qui leur paraît inadapté aux défis de la Commune.


  • Les Anarchistes forment une myriade de petits groupes, de tendances, de collectifs. Ils sont dispersés à travers le pays et n'arrivent pas à trouver un terrain d'entente pour avoir une réelle organisation. Makhno et l'immigration russo-ukrainienne est groupée autour de la "Fédération Anarchiste-Communiste" (FAC) tandis que Sebastien Faure et des libertaires français sont groupés dans "L'Alliance Anarchiste" (AA). Les deux groupes s'opposent sur les principes anarchistes, d'organisations et d'idéologies politiques. Cependant, ils acceptent souvent de mettre de côté leurs différences lors des consultations électives communales.


  • Enfin, après les tumultes de la révolution et l'instauration de la Fédération des Communes de France, une petite fraction des réformistes de l'ancienne SFIO ont choisi de rester en France continentale et d'œuvrer autant que possible dans un idéal de paix, de socialisme et de coopération. Ils se baptisent eux-même "Réformistes-Réalistes" par leur politique et leur engagement, tout en continuant de remettre sur pied l'ex SFIO, sans réellement y parvenir. Par rapport aux autres factions de la Commune, ils sont un peu des ovnis politiques qui n'ont que quelques rares appuis au sein de la population.


La France à cette époque, compte à peu près entre 38 à 40 000 Communes sur l'ensemble de son territoire. Ce sont donc pas moins de 2000 délégués qui se retrouvent à la Bourse du Travail de Paris, pour discuter des affaires politiques, économiques, sociales, militaires et diplomatiques de la Commune. La salle principale cependant, ne peut contenir que la moitié des délégués et c'est dans un tohubohu monumentale que vont se dérouler les débat pendant toute une semaine. Il a fallut pour faire entrer tout le monde, faire des travaux les mois qui ont précédés cette rencontre : On a cassé des murs, mis des balcons, des estrades, des tribunes. Dans cette salle gigantesque, trône plusieurs bustes de personnalités socialistes françaises et autres révolutionnaires, ainsi que des drapeaux, des étendards et des banderoles qui servent à garnir les murs blancs de la Bourse du Travail. Avant que les débats ne commencent, Victor Méric pour la BGT et Emile Pouget pour le CSP prennent respectivement la parole. Leur discours est assez bref et retrace les six années écoulées, les objectifs atteints et ceux qui restent à atteindre, la nécessité de lutter pour consolider définitivement le pouvoir de la Commune, la nécessité de lutter contre les ennemis intérieurs et extérieurs. Un discours dont les délégués sont habitués à attendre et leurs applaudissements semblent ponctuer à chaque fois des discours quelque peu stéréotypés. Mais très vite, les discussions qui sont tant attendues, commencent enfin. Le premier ordre du jour porte sur les questions économiques, qui restent vitales et centrales pour l'avenir de la Commune. Comme tout au long des débats qui suivront tout au long de la semaine, les discussions sont houleuses, les prises de paroles également. Chacun défend ses positions. On vocifère, on s'interpelle violemment. Les rapporteurs des différentes factions se succèdent, chacun faisant un bilan sur ce qui lui semble être le mieux et le plus adapté. Les Radicaux-Syndicalistes souhaitent maintenir le cap actuel au moyen des "Comité d'Action Économique", les Jacobins et les Soreliens plaident pour une plus grande centralisation économique, avec une planification plus sérieuse, tandis que les Anarchistes et les Réformistes-Réalistes plaident pour une décentralisation, un plein pouvoir aux Communes via des coopératives ouvrières. Dans le domaine agricole, les coopératives agricoles semblent convenir à l'ensemble des factions présent, même si les Jacobins plaident pour un début de collectivisation agricole et la mise en place de "Ferme d'État", qui permettrait selon eux un meilleur rendement agricole et surtout, la fin de l'éparpillement des unités de productions à travers la Fédération. Les Jacobins reculeront devant le peu de soutien qu'aura cette mesure sur l'opinion.

En ce qui concerne la politique interne et social du pays, les discussions portent principalement sur la police révolutionnaire. Depuis les purges de 1923/1924, le Bureau Général de la Police exerce un contrôle permanent sur la vie politique, civile et sociale du pays, bien évidemment dans son devoir de protection de la révolution. Mais pour de nombreux délégués présent, ce contrôle rime surtout avec la main-mise que Pouget et le CSP exercent sur le pays. Les Soreliens principalement utilisent cette angle d'attaque pour revenir sur les persécutions qu'ils ont connu, étant même fiché comme de possibles "agents de la réaction à Alger". Pourtant dans les fait, le Bureau Général de Police n'a pas agit de manière dictatoriale dans ses fonctions. Certes, les agents du BGP (On le prononce "Bégèp") font usage de la force dans leurs fonctions, mais les plus zélés sont rappelés à l'ordre par leur hiérarchie, certains sont même dégradés et exclu du BGP si des fautes graves ont été commises. Malgré tout, une grande partie des factions y compris la majorité autour de Pouget (!) réclame une "mise au pas" du principal organisme de police et de le recentrer avant tout sur les menaces externes et de ne plus faire peser une menace suffocante pour l'ensemble du peuple Communard. Quand un délégué Jacobin monte sur l'estrade centrale pour prendre la parole, il met le feu aux poudres : Il parle de la nécessité de renforcer le pouvoir du CSP à travers le pays, afin de pouvoir concentrer davantage les efforts révolutionnaires vers la transformation radicale et complète de la Commune. C'est un incroyable tollé qui accompagne cette proposition et pendant plus de dix minutes, il y a un tel boucan qu'il est impossible de pouvoir se faire entendre d'un côté ou l'autre de la gigantesque salle. Bien entendu, cette proposition des Jacobins est rejeté par l'ensemble des autres factions, mais pas pour les même raisons. Ce sont les Soreliens qui vont porter l'estocade, en proposant que le Comité de Salut Public change de nom vu que ses fonctions ne seront plus les même à l'avenir ! (Ce qui sera effectué après les élections) Cette proposition est accueillie favorablement par une majorité des délégués et la question du partage des rôles entre la BGT et le CSP est rapidement conclu par un retour aux promesses faîtes en Octobre 1919 : Le CSP cessera d'exister quand la menace contre-révolutionnaire se fera moins pressante et la BGT pourra dès lors, exercer pleinement ses responsabilités. C'est une défaite pour les Jacobins, mais une victoire pour leurs adversaires tous confondus.


Léon Blum, pris en photo lors de l'annonce des résultats des votes populaires, la mine quelque peu déconfite

La semaine avance très vite. Le volet diplomatique est sans doute celui qui est le plus vite expédié, car une grande partie des factions -sauf les Réformistes bien entendu- soutiennent les mots d'ordre de renversement par la violence du système capitaliste par la grève générale, par l'action de masse, par la lutte populaire armée... Bref, par tout les moyens possibles pour parvenir au socialisme. C'est dans ce sens qu'une déclaration est officiellement écrite pour annoncer au prolétaires du monde entier les élections qui se tiennent en France et leurs portées importantes pour l'ensemble du mouvement ouvrier international. Le Congrès fait voter plusieurs motions rappelant que la Commune à des devoirs nationaux, mais qu'elle en a également internationaux, c'est à dire la solidarité, l'entraide et l'accueil de réfugiés politiques si cela s'avérait nécessaire. En outre, la Commune décide de renforcer ses liens avec la Commune Sicilienne, en proclamant officiellement une alliance militaire et économique, ratifiée par un traité qui rend un accord tacite, officiellement certifié par les deux nations. En conclusion, la Commune rappel également qu'elle n'oublie pas que le territoire d'Alsace-Lorraine, la Corse et la Savoie lui ont été dérobés par des puissances capitalistes étrangères et que le moment venu, elle réclamera ses territoires comme faisant partie de son territoire nationale. Mais le moment ne semble pas encore venu, au vue de l'état militaire et économique du pays, une guerre ne pourrait être qu'un désastre et un écroulement de l'édifice révolutionnaire. Mais pour les observateurs étrangers, cela n'est pas bien perçu. Au moment de passer à la dernière grande discussion sur le domaine militaire, le débat se fait court-circuiter par plusieurs femmes qui envahissent l'estrade pour prendre la parole. Elles font partie de "L'Union des Femmes Françaises" et à tour de rôle (Elles sont cinq, mené par Marie-Claude Vaillant-Couturier et Danielle Casanova), lisent un texte qui parle longuement de la condition de la femme dans la Commune, qu'elle a certes acquise le droit de vote mais qu'elle continue de souffrir d'une sous-représentation dans les assemblées, dans les syndicats, etc etc. Elles lancent un appel à toutes les femmes de France de conditions prolétariennes, à se joindre à l'Union des Femmes Françaises pour "mener le combat de l'émancipation féminine, sous l'étendard du féminisme prolétarien". C'est quelque peu surpris mais sous de vifs applaudissements, que le discours des cinq jeunes femmes est accueilli. Une commission sera mise en place afin que l'UFF puisse faire connaître ses revendications et être reconnu comme une organisation à part entière à l'intérieure de la Commune.

La dernière grande discussion du Congrès porte sur les affaires militaires. Depuis le succès de la révolution, l'Armée Rouge de Libération, la Marine Populaire de Libération et l'Aviation Populaire de Libération n'ont pas connu de profonds changements internes, si ce n'est un rôle accru donné aux "Commissaires Politiques" et plusieurs généraux soupçonnés d'appartenir à une cinquième colonne et d'être fusillé pour trahison envers la Commune. Les opinions sont diverses, les Anarchistes et les Réformistes-Réalistes sont pour une armée d'auto-défense, faîtes de milices populaires qui épauleraient la Garde Nationale, c'est à dire une armée pour défendre le territoire, non une armée d'agression. Les Jacobins et les Soreliens se retrouvent d'accord sur la nécessité de professionnaliser encore davantage l'Armée Communale et cela passe par divers programmes d'entraînements, d'études militaires, d'ouvertures de nouveaux centres de formations pour officiers. De plus au niveau de la stratégie militaire, les Jacobins et les Soreliens sont d'accord avec les Radicaux-Socialistes sur la nécessité de faire un nouveau programme de fortification le long de la frontière avec l'Empire Allemand, le Royaume de Piémont-Sardaigne et les Royaume de Flandres et de Wallonie. De la Suisse jusqu'à la Mer du Nord, il doit y avoir un rideau infranchissable et si jamais l'ennemi devait percer... Des armées de réserves les attendraient non loin de là, une puissante armée serait stationné notamment du côté de la Marne pour éviter de devoir se retrouver à réitérer les exploits miraculeux de 1914. Au niveau maritime, la priorité est donné au renforcement des arsenaux et la protection des côtes, tandis que du côté des forces aériennes, un plan est étudié afin de doté la Commune d'une flotte aérienne pouvant protéger l'ensemble du territoire en un rien de temps. On décide donc également de s'en remettre à des "experts", c'est à dire des officiers qui se sont ralliés à la révolution et qui pourront faire davantage bénéficier de leurs savoirs pour que l'Armée Rouge de Libération (Qui sera renommé "Armée Populaire Communale") passe du stade de milice armée à une véritable armée de métier. Qui plus est, les grades qui avaient été aboli seront officiellement rétabli à la fin de l'année 1926.

A la fin des débats, il fallait passer au vote. Les quelques 2000 délégués allaient procéder à la formation du nouveau gouvernement révolutionnaire, tandis que les premiers résultats des votes populaires parvenaient à la Bourse Générale du Travail. Il est difficile de pouvoir retranscrire exactement l'ambiance qu'il devait y avoir à ce moment là précisément, mais il était facile à comprendre qu'une grande nervosité devait animer un grand nombre de délégués. Un peu avant 20h, ce 21 juin 1926, les résultats définitifs du second tour des votations populaires étaient connus :

Vote populaire en % pour le Président de la Bourse Générale du Travail :
Amédée Dunois (Radicaux-Syndicalistes) : 43%
Paul Vaillant-Couturier (Jacobins) : 25%
Georges Valois (Soreliens) : 16%
Sebastien Faure (Anarchiste) : 10%
Albert Bedouce (Réformistes-Réalistes) : 6%

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Amédée Dunois (Radicaux-Syndicalistes) : 62%
Paul Vaillant-Couturier (Jacobins) : 38%

Vote populaire en % pour le Premier Représentant du Comité de Salut Public :
Emile Pataud (Radicaux-Syndicalistes) : 42%
Marcel Cachin (Jacobins) : 22%
Charles-Albert  (Soreliens) : 11%
Eugène Cotte (Anarchiste) : 10%
Léon Blum (Réformistes-Réalistes) : 15%

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Emile Pataud (Radicaux-Syndicalistes) : 56%
Marcel Cachin (Jacobins) : 44%

Composition du Comité de Salut Public le 21 Juin 1926 :
Premier Représentant du Comité de Salut Public : Emile Pataud (RS)
Représentant du Peuple aux Affaires Étrangères : Joseph Paul-Boncour (RS)
Représentant du Peuple aux Affaires Économiques : Pierre Besnard (RS)
Représentant du Peuple au Bureau Général de Police : Gaston Monmousseau (OCPCF)
Représentant du Peuple à l'Instruction Populaire : Sebastien Faure (FAC/AA)
Représentante du Peuple à la Condition Féminine : Danielle Casanova (UFF)
Représentante du Peuple à la Santé et l'Assistance Publique : Lucie Colliard (UFF)
Chef d'Etat-Major de l'Armée Rouge de Libération : Alphonse Georges (Sans Étiquette)
Représentant du Peuple aux Affaires Militaires (Terrestre) : Jacques Doriot (RRS)
Représentant du Peuple aux Affaires Militaires (Maritime) : André Marty (OCPCF)
Représentant du Peuple aux Affaires Militaires (Aérienne) : Victor Denain (Sans Étiquette)

Composition de la Bourse Générale du Travail le 21 Juin 1926 :
Président de la Bourse Générale du Travail : Amédée Dunois
Nombre de sièges à pourvoir : 560 (Ratio de 1 Délégué pour 77 500 habitants)


En cet fin de mois de Juin 1926, la Commune continue d'être dirigé par les Radicaux-Syndicalistes, qui ont décidé cependant de faire entrer au sein du Comité de Salut Public des éléments d'autres factions politiques, afin de marquer la fin des querelles et affrontements qui avaient court depuis plusieurs années. Le choix de Emile Pataud comme Premier Représentant du CSP, vient directement de Emile Pouget. Ce fut certes une surprise de voir qu'il ne briguait pas un autre mandat, mais il savait qu'il pouvait compter sur sa vieille amitié avec Pataud pour que sa politique puisse continuer d'être appliqué et cela sans faillir. La Commune perdait l'un de ses principaux dirigeants depuis la révolution avec Georges Sorel, mais Pouget allait continuer malgré tout d'avoir un poids important sur les grandes décisions du pays. Seulement, il le ferait désormais dans une retraite bien méritée.
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Re: "Sachons vaincre ou sachons périr !" - Une histoire de la Fédération des Communes de France (librement inspiré du mod Kaiserreich sur Darkest Hour)

Message par Jolou le Sam 18 Mar - 13:28

En tout cas, je ne peux dire que mon admiration devant une uchronie tellement bien faite, tellement bien recherché !
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Re: "Sachons vaincre ou sachons périr !" - Une histoire de la Fédération des Communes de France (librement inspiré du mod Kaiserreich sur Darkest Hour)

Message par LARS (le vrai) le Sam 18 Mar - 16:45

Korobeiniki a écrit:Ah non non, ce n'est pas un "salut" de l'autre bord, ça devait être soit un salut militaire, soit un salut universel pour les jeunesses communistes de l'époque... Un cherchant un peu, je l'ai trouvé sur une affiche des Komsomol :



Donc, ça doit être safe !
C'est juste le salut des Pionniers soviétiques, un peu comme le salut des scouts éclaireurs.
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Re: "Sachons vaincre ou sachons périr !" - Une histoire de la Fédération des Communes de France (librement inspiré du mod Kaiserreich sur Darkest Hour)

Message par Maraud le Sam 18 Mar - 18:36

Une honte! Les syndicalistes-révolutionnaire ont triché!
Tout le monde sait que les Jacobins sont les vrais gagnants de cette mascarade politique!
Malgré les efforts de Pouget, nous ne pouvons que critiquer son autoritarisme!

Maraud

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Re: "Sachons vaincre ou sachons périr !" - Une histoire de la Fédération des Communes de France (librement inspiré du mod Kaiserreich sur Darkest Hour)

Message par Thomas le Sam 18 Mar - 21:28

Bon, j'ai enfin trouvé le temps de lire cette TL. c'est du très bon. On s'en le gout du Kr, mais pas que. c'est fouillé, intéressant et très copieux.
Je pense qu'il y a le potentiel pour un bouquin Wink

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Re: "Sachons vaincre ou sachons périr !" - Une histoire de la Fédération des Communes de France (librement inspiré du mod Kaiserreich sur Darkest Hour)

Message par Korobeiniki le Sam 25 Mar - 21:10

INTERLUDE #2 : LES TROIS ANNÉES ROUGES

Karl Marx a écrit:"Un spectre hante l'Europe : le spectre du communisme. Toutes les puissances de la vieille Europe se sont unies en une Sainte-Alliance pour traquer ce spectre : le pape et le tsar, Metternich et Guizot, les radicaux de France et les policiers d'Allemagne."


Le spectre des évènements de 1917 en Russie provoquèrent des cauchemars aux principales puissances Européennes

Les années 1924-25-26 vont être une période de forts troubles nationalistes et révolutionnaires dans    l'ensemble de l'Europe. Alors que la situation s'était quelque peu stabilisée à la fin de la Grande Guerre, les nombreux mécontentement sociaux et politiques n'auront mis que quelques années pour émerger sur le devant de la scène. Le conflit en Russie, en Irlande, les problèmes des minorités au sein de l'Empire Austro-Hongrois n'auront été que de la paille sèche sur laquelle la flambée révolutionnaire à pu prendre. Maîtresse en Europe continentale depuis la mise hors jeu de la France et la paix avec le Royaume-Uni, l'Empire Allemand avait commencé à mettre fin à son économie de guerre pour la tourner entièrement vers les besoins de son nouvel empire, c'est à dire une économie de paix. La restructuration d'une grande partie de l'Europe de l'Est permettait donc à l'Allemagne de pouvoir profiter de biens de consommations, de zones d'exportations et surtout de nombreuses terres pour étendre son agriculture. Dans le Duché Balte Uni, des milliers de colons allemands partaient s'installer pour y cultiver la terre et reprendre la colonisation interrompue plusieurs siècles auparavant, le fameux "Drang Nach Osten". L'Empire Austro-Hongrois aussi mit en place son propre "Drang Nach Osten", qui visait notamment à annihiler définitivement le panslavisme dans ses terres par des moyens culturelles en soutenant les minorités musulmanes, mais également en se rapprochant de la Bulgarie voisine par la voie économique. En soi, la perspective d'une domination totale des deux Empires Centraux semblaient définitive pour les prochaines décennies à venir, mais c'était oublié les facteurs politiques, culturelles, identitaires et nationalistes qui restaient en suspend après la partition géographique dans l'Est de l'Europe. Le Royaume de Pologne par exemple, réclamait des terres détenues par la Ruthénie et par l'Empire Austo-Hongrois. De nombreux nationalistes Ukrainiens refusaient la tutelle des Empires Centraux sur leur destiné et la popularité de Vasyl Vychyvany déclinait à vue d'oeil. C'est donc dans les "périphéries" des Empires Centraux que le mal semblait être localisé. Il n'en était rien, car ce furent notamment les troubles internes à l'Empire d'Autriche-Hongrie qui provoquèrent les terribles évènements qui vont suivre et qui iront en s'amplifiant.

L'Empereur Charles 1er tentait depuis plusieurs années de profondément changer l'organisation interne de la double-monarchie. Il avait fait passer plusieurs lois sociales par exemple et cherchait à ménager les minorités au sein de l'Empire. Pour ce faire, il fallait qu'une loi de fédéralisation permette de démocratiser mais également de fédéraliser la double-monarchie, pour qu'elle puisse cesser de connaître des troubles identitaires et nationales. Les Autrichiens et les Hongrois étaient de ceux, dans les hautes classes bien entendu, à ne pas vouloir remettre en cause leurs monopoles politiques. Pourtant au début de l'année 1924, Charles 1er fait passer au Reichsrat plusieurs lois dans le sens de la fédéralisation de l'Empire, le plus souvent à une courte majorité. Mais à chaque fois, la Chambre des Seigneurs fait capoter tout projet en refusant de les ratifier. De son autorité impériale, l'Empereur décide de passer outre et le 3 Février 1924, les lois proposées sont toutes adoptées. Il n'en faut pas plus pour mettre le feu aux poudres. Dans les semaines qui suivent, les nationalistes hongrois et autrichiens défient ouvertement le pouvoir et réclament l'abrogation des lois de fédéralisation et d'autonomie. L'agitation qui est d'abord circonscrite en Autriche et en Hongrie, commence à s'étendre à travers les autres minorités du pays, qui elles s'opposent aux nationalistes autrichiens et hongrois pour la conservation de leurs droits nouveaux. L'Empereur Charles et sa famille suite aux troubles qui gagnent Vienne, décident de partir précipitamment pour aller se réfugier dans l'Empire Allemand voisin. L'Allemagne voit d'un mauvais œil la situation au sein de l'Empire Austro-Hongrois et serait d'ailleurs enclin à soutenir les réformes prises par Charles. Fin Février, quand l'on apprend la fuite de la famille royale, c'est l'insurrection en Hongrie, en Galicie, Slovaquie et en Bohême. D'abord circonscrite, elle s'étend rapidement et menace de voir cesser la Double-Monarchie. Mais à ce moment là, la sonnette d'alarme n'est pas encore tirée.

La véritable "menace" pointe le bout de son nez au milieu de l'année 1924. Pour le 1er Mai, le traditionnel défilé pour la journée internationale des travailleurs vire à l'émeute suite à l'affrontement d'ouvriers et des policiers chargés de maintenir l'ordre. Tout bascule subitement, alors que la situation s'était quelques peu calmés suite à l'essoufflement des insurrections nationalistes par compromis avec le pouvoir en place. En l'espace de quelques semaines, les drapeaux nationalistes sont remplacés par des drapeaux rouges. Des barricades se dressent  à Budapest, à Vienne ou à Prague. Grève des mineurs en Galicie et en Transylvanie, affrontements meurtriers à Ljublana qui font 5 morts du côté des manifestants. La peur s'emparer des chancelleries européennes. Serait-ce une répétition de ce qui s'est produit en 1917 en Russie, ou en 1919 en France ? La situation est grave et à ce moment là au sein de l'Empire Austro-Hongrois, on se décide à mettre de côté les petites querelles nationalistes pour s'occuper de l'ordre social ! Il faut écraser le plus rapidement ce mouvement qui s'étend, qui paralyse l'économie. Pire, des mouvements similaires commencent à prendre en dehors des frontières de l'Empire Austro-Hongroie : Grève générale en Bulgarie et en Pologne, grèves de solidarité en Allemagne, agitation paysanne en Ukraine contre les propriétaires terriens et l'Hetmanat. "Il faut faire quelque chose et vite !", dira l'Empereur Guillaume II à ses Chefs d'Etat-Major. La réponse est toute trouvée : L'armée impériale allemande va assister l'armée impériale austro-hongroise à mater dans le sens les insurrections ouvriers, pour faire triompher à nouveau la civilisation chrétienne. Bain de sang en Hongrie, bain de sang en Bohême, les grévistes sont fusillés par des détachements de troupes qui couvrent des jaunes venus travailler à la place des grévistes. En un mois et demi, aux alentours du 10 Aout, le prolétariat a reçu une "leçon" de plus, qu'il ne devra pas oublier de si-tôt. Les principaux partis ouvriers et communistes sont interdit, les syndicats également. La propagande est puni de mort, dans le meilleur des cas ce sera la prison. De nombreux réfugiés politiques gagnent la Commune, cherchant un endroit où pouvoir se réfugier et fuir la terreur blanche européenne généralisé. Début Septembre, après plusieurs mois hors du pays, l'Empereur Charles et la famille impériale retournent à Vienne, une Vienne nettoyé de sa "racaille rouge et syndicaliste"...


"Voilà à quoi ressemblerait l'Europe si elle tombait entre les mains des communistes" Affiche du Royaume de Bulgarie de 1926

Du côté de l'Empire Britannique, les préoccupations internes sont nombreuses. La situation en Irlande est toujours rudement compliquée. A la fin de l'année 1923, l'IRA anti-traité s'affronte avec le gouvernement de l'Irish Free State en rejetant les accords passé avec "l'occupant britannique". Comme cela était prévisible, les britanniques supportent l'Irish Free State et de l'autre côté, les allemands soutiennent l'IRA anti-traité. Alors que cette guerre de proxy était en fait une guerre de gentleman où chacun appuyait un camp ou l'autre, une nouvelle glaça le sang de Londres et de Berlin : Des volontaires français (On ne sait pas combien ils sont !) auraient été aperçu et apporteraient un soutien stratégie, militaire mais surtout idéologique à l'IRA anti-traité. De quoi se mêlent-ils donc, ces communards ? Au début, leurs influences semblent négligeable, ils n'arrivent pas à empêcher l'IRA anti-traité de plier sous le poids de l'Irish Free State et des nationalistes, qui armé par les britanniques, leurs infligent des pertes énormes. Mais le 14 Avril 1924, la fin de la récréation est sifflée : Michael Collins, le principal partisan de l'entente avec les britanniques, est abattu dans une embuscade tendu par l'IRA anti-traité et les volontaires français. S'en est trop ! Qui plus est, l'IRA anti-traité marque davantage son attachement aux mesures socialistes et républicaines, notamment en expropriant des propriétaires terriens en faveur de petits paysans, ou encore en soumettant des commerçants importants à des impôts révolutionnaires. Aux élections de 1923, le Sinn-Fein anti-traité s'allie avec le Labour Party et arrive en deuxième position derrière les pro-traités. En 1924 avec la mort de Collins, qui sait ce qui va se passer en Irlande. Va t-elle devenir une nouvelle république communarde ? Non, hors de question. Les Allemands et les Britanniques qui s'affrontaient jusque là, décident de s'entendre. A Londres, les ministres des affaires étrangères Georges Curzon et Friedrich-Werner von der Schulenburg se mettent d'accord lors de leurs discussions pour mettre un terme à la menace qui plane sur l'Irlande. L'Empire Allemand effectue un deuxième volte-face après celui avec les Ottomans et d'accord avec les britanniques, cesse de soutenir l'IRA anti-traité. Privé de l'aide allemande et avec une aide française extrêmement faible, les combattants Irlandais déposeront les armes en Janvier 1925, faisant prévaloir l'Irish Free State sous contrôle britannique. Hier ennemis irréductibles, l'Empire Allemand et l'Empire Britannique semblent se trouver des affinités qu'ils ne se soupçonnaient certainement pas.

Ce n'est pas là, le dernier des soucis qui se profile à l'horizon pour les Britanniques. En 1925, le gouvernement conservateur est obliger d'appliquer une hausse des tarifs à cause de la concurrence économique allemande en Europe. Des politiques d'ajustements et de hausse des prix s'ensuivent, ce qui provoque un mouvement de grogne au sein de la population, surtout chez les travailleurs. En Mars 1925, les trade-unions appellent à une grève générale contre l'augmentation des tarifs, de la hausse des prix et des répercutions économiques sur les salaires de la classe ouvrière. Ce sont les mineurs, les dockers et les ouvriers de l'industrie qui sont le fer de lance du mouvement. Tout de suite, le gouvernement conservateur cherche à trouver un terrain d'entente, mais les syndicats refusent de négocier tant qu'il n'y aura pas un retrait pur et simple des dernières mesures économiques qui impactent gravement sur la vie des citoyens britanniques. Le mouvement qui a commencé en Angleterre, s'étend petit à petit au Pays de Galles puis en Écosse. En plus de s'étendre, le mouvement se durcit quand de nombreux leaders socialistes/syndicalistes/communistes prennent la parole pour inciter les grévistes à poursuivre la grève générale d'une part et d'autre part, à lancer des assauts contre les "propriétés capitalistes" et les "rapaces de la City". Le gouvernement jusque là inflexible mais refusant d'intervenir par la force, fini par s'y résoudre. L'armée est mobilisée pour contenir les grévistes et si possible, intimider et casser les grèves. C'est alors les TUC qui prennent peur et malgré un soutien massif dans le pays, ils veulent bien discuter d'accords possibles avec le gouvernement, dans le but d'éviter un bain de sang. Pendant que les discussions s'ouvrent en avril, une bataille rangée à Liverpool oppose un détachement de l'armée à quelques milliers de dockers qui attaquent les soldats avec tout ce qu'ils ont sous la main. C'est un massacre, la troupe ouvre le feu et plusieurs dockers sont tués sur le coup, d'autres grièvement blessé. Partout, la répression. Les évènements qui se produisent également en Europe, démontrent que le gouvernement britannique doit faire preuve de fermeté et ne pas se laisser intimider. Si l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie se décident à utiliser la manière forte, il n'y a pas de raison pour que cela ne se fasse pas ici également. Le gouvernement décide de suspendre les discussions et instaure l'état d'urgence. Arrestations, brimades, grèves cassés avec violence vont aller bon train le reste de l'année 1925. Les TUC ont officiellement ordonné l'abandon de la grève générale et le retour au travail pour éviter "d'autres effusions de sang", mais les mineurs ne lâchent rien et en Écosse, l'agitation socialiste semble réveiller le sentiment nationaliste Écossais. Il faut frapper fort. En Juin, une rafle de plusieurs milliers de syndicalistes/socialistes/communistes est effectué dans tout le pays et sont jetés en prisons, sans jugement. Le mouvement qui tenait peu jusqu'à cet instant, fini par céder. Les ouvriers épuisés par plusieurs mois de luttes, retournent travailler. L'alerte aura été chaude pour le gouvernement britannique et il saura s'en souvenir.

En Ukraine, le mouvement de contestation qui était calqué sur les mouvements nationalistes en Autriche et en Hongrie, n'ont pas cessé leurs activités tout au long de l'année 1924. Au début de l'année 1925, une gigantesque manifestation à Kiev remet ouvertement en cause l'indépendance nationale, économique, politique et culturelle de l'Ukraine. Des symboles de l'Hetmanat son brûlés, les symboles de la présence allemande et autrichienne sont attaqués. A la base de l'agitation nationaliste, Simon Petlioura et Volodymyr Vynnytchenko, deux figures du mouvement d'indépendance national ukrainien qui ont œuvré à l'établissement de la République Populaire Ukrainienne. Rallié aux Empires Centraux au moment de la Guerre Civile Russe, les nationalistes ukrainiens pouvaient jouir enfin d'un État national qui leur était interdit depuis plusieurs siècles. Cependant, des dissensions sont rapidement apparus au sein des nationalistes ukrainiens, car bon nombre d'entre eux se plaignent de la "promotion au mérite" des plus zélés collaborateurs plutôt que d'authentique patriotes. Mais les nationalistes ukrainiens ne sont pas les seuls à s'agiter. Du côté révolutionnaire, les communistes et les anarchistes profitent de la situation politique difficile dans le pays, pour lancer des actions de grèves dans le Donbass et en Crimée. Bien qu'ennemis durant la Guerre Civile Russe, les nationalistes et les socialistes décident de s'unir et de trouver un compromis pour restaurer l'indépendance nationale Ukrainienne. La participation des socialistes de toute obédience est avant tout soumise à une forte législation sociale au niveau du travail et espèrent que les nationalistes tiendront parole le moment venu. L'Empire Allemand se décide à apporter tout son soutien à Vasyl Vychyvany afin de mettre un terme cette agitation dangereuses qui menace tant les intérêts vitaux de l'Ukraine que ses bases sociales ! L'Armée Nationale Ukrainienne est l'une des plus fortes et des mieux organisés grâce à l'Armée Impériale Allemande. Épaulée par cette dernière, l'Armée Nationale Ukrainienne met fin à l'agitation dans l'arrière-pays en emprisonnant des militants nationalistes et socialistes. Pourtant, rien n'y fait : Au cours de l'année 1925, des détachements de partisans nationalistes, anarchistes et communistes s'attaquent à des unités de l'armée ukrainienne et lancent un appel à l'insurrection dans tout le pays, pour en chasser définitivement tout occupant, qu'il soit "russe, allemand ou autrichien". Ce sera dans le Donbass et en Crimée que les actions de partisans seront les plus actives et il faudra de longues années aux forces allemandes et ukrainiennes pour tenter d'en venir à bout, sans y parvenir. L'épopée de la deuxième libération nationale ukrainienne, ne fait que commencer.


Caricature de la Sainte-Alliance de 1815, remise au goût du jour par le Père Duchesne, avec pour titre "La marche funèbre des gens-foutre de bien"

Alors qu'il s'entretient avec Giacomo Matteotti, représentant de la Fédération des Communes de Sicile en France, Pouget ne peut que s'inquiéter de ce qui se produit partout en Europe. "La manière dont les principaux gouvernements européens écrasent leurs propres peuples", dit-il à Matteotti, "Ne peut que conduire à plus de barbarie, ou à un sursaut populaire important". Les deux pays révolutionnaires savent parfaitement qu'ils sont incapables de pouvoir aider en quoi que ce soit, le mouvement ouvrier européen à ne pas se faire écraser militairement. C'est tout au plus de l'aide et un exil que peut leur offrir Paris ou Palerme, mais guère plus. La "Terreur Blanche Européenne", comme elle est appelé par les révolutionnaires européens et du monde entier, démontre malgré tout que la peur des monarchies européennes est bien réelle, ce qui explique sa volonté de tuer dans l'œuf tout mouvement de contestation par la force. Tôt ou tard, le mouvement révolutionnaire finira par se relever et la France ainsi que la Sicile, seront là pour les soutenir. En 1926, de nouvelles rencontres bilatérales se font entre la France et la Sicile. L'on y discute des relations internationales mais surtout, de la nécessité de coordonner politiquement et idéologiquement l'ensemble du mouvement ouvrier. Depuis la guerre, la deuxième internationale n'est plus qu'un repère pour les sociaux-démocrates qui acceptent volontiers ou avec réserve, le nouvel ordre des choses. En 1919 à Moscou, Lénine et les bolcheviks avaient jetés les bases d'une nouvelle internationale, une "Troisième Internationale" qui devait regrouper les militants révolutionnaires sincères, permettre la création de partis communistes et de rompre avec la vieille sociale-démocratie. L'échec des bolcheviks à cependant laissé intact la nécessité de créer des organisations politiques et un lien international. Le 1er Mai 1926, une déclaration commune de la Fédérations des Communes de France et de la Fédération des Communes de Siciles proclame la naissance de la "IIIème Internationale", qui rompt officiellement avec la Deuxième Internationale et cherche à regrouper les révolutionnaires anarchistes, syndicalistes et communistes du monde entier dans une lutte commune, avec une structure internationale pouvant leur servir d'État-Major.

Cette nouvelle n'est évidemment pas bien accueilli par les principaux pays dominants de la planète et encore moins par l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et la Grande-Bretagne. Cette "IIIème Internationale" pourrait tôt ou tard provoquer une nouvelle vague révolutionnaire et remettre en péril la stabilité durement acquise durant les premières années d'après-guerre. Que faire alors ? En réponse à la création de la IIIème Internationale -dont le siège sera à Paris !-, les souverains d'Europe que sont Georges V, Guillaume II, Ferdinand Ier et Charles Ier se retrouvent à Berlin fin Mai 1926 pour discuter des plans à opposer à ceux de la IIIème Internationale. Après plusieurs jours de discussions, est officialisé le 6 Juin 1926 un "pacte de défense de la liberté en Europe", sorte d'alliance informelle entre les principales puissances européennes afin de se défendre mutuellement contre toute agression venant de la France militaire ou idéologique. Il s'agit de renforcer la coopération dans la lutte contre les révolutionnaires et de circonscrire la France et la Sicile afin que leurs idées néfastes ne puissent plus faire du tort au reste de l'Europe. Aucune action militaire n'est cependant prise, l'opinion publique n'est pas prête et ne souhaite aucunement une aventure militaire qui risquerait de faire de nouvelles victimes. La Grande Guerre et ces quelques 22M de tués sont encore dans tout les esprits. Alors, on attendra et l'opinion sera travaillée pour que le jour venue, elle accepte que cette guerre, -cette croisade devrait-on dire !- devienne inévitable. En attendant, les puissances monarchistes et blanches en Europe décident de se serrer les coudes en cas de coups durs. Ce n'est ni plus ni moins que le retour de la Sainte-Alliance de 1815, qui visait à punir la France et ses idées révolutionnaires. Il ne s'agit plus de châtier Napoléon, mais de châtier Pouget et la Commune. L'un dans l'autre, la France semble rester l'ennemi révolutionnaire à abattre de tout temps, comme déstabilisateur de la paix en Europe ! Quoi de mieux d'ailleurs que la bénédiction du Pape Pie XI, souverain pontife et chef des Etats Pontificaux, pour que cette alliance soit définitivement reconnue comme une croisade pour l'humanité, contre la "barbarie, la décadence et l'inhumanité des socialistes du monde entier". Les possédants du monde entier, catholiques ou non, peuvent dormir sur leurs deux oreilles !

Les derniers soubresauts des "Trois Années Rouges" se produisent les mois du mois de Septembre jusqu'au mois de Novembre 1926 dans le Royaume de Bulgarie. Pays sortant vainqueur de la guerre au côté de ses alliés, la Bulgarie a vu considérablement son territoire augmenté et les frontières du feu Empire Bulgare ne sont pas très loin d'être à nouveau réunies... Pourtant, la Bulgarie fait figure de parent pauvre par rapport à ces voisins, surtout d'un point de vue économique. Le Royaume est sous forte dépendance des importations allemandes et surtout austro-hongroises, son économie est faible et encore majoritairement axée sur la paysannerie. Des mouvements de grèves avaient éclatés en 1924 notamment pour des augmentations de salaires, mais les grévistes avaient été rapidement réprimé et l'on en avait plus parlé. Personne n'aurait pu imaginer qu'un an et demi plus tard, le couvert allait être remis ! Suite à la proclamation de la IIIème Internationale, il n'y avait pas eu de grandes agitations ouvrières et paysannes, sans doute à cause de la répression. En Bulgarie, les conservateurs, les agrariens et les militaires formaient une sorte de gouvernement d'union nationale depuis les récentes élections. Mais ce gouvernement cherchait avant tout à sortir du marasme économique et les questions sociales ne les intéressaient que très peu. Un mouvement fort et spontanée émergea en septembre 1926, mené par des communistes et des anarchistes qui demandaient non pas de nouvelles élections, mais la mise en place d'un "gouvernement populaire ouvriers et paysans". Le niveau de vie des ouvriers et des paysans bulgares était tel, que l'appel au soulèvement a été rapidement entendu.Le mouvement s'étend d'abord dans certains villages du Nord du pays, avant de faire tâche d'huile un peu partout. Très vite, des soviets locaux sont crées sur le principe de ceux de 1905 et 1917 en Russie. Puis l'agitation gagne les villes et les grèves reprennent, cette fois-ci avec non plus seulement une volonté économique, mais également politiquement. Pendant trois mois, les ouvriers et les paysans bulgares mèneront une lutte désespéré pour renverser le gouvernement et la royauté, avant de finir écrasé par l'armée. Selon les estimations, plus de 5000 personnes ont périt lors de ce soulèvement et plusieurs milliers d'autres ont fuit le pays. Quelques centaines de militants ont choisis de continuer la lutte dans les montagnes et de constituer de nouvelles bases, mais elles resteront sans effet. Tragiquement, les "Trois Années Rouges" se finissent comme elles avaient débutées : Par un bain de sang.

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Plusieurs choses :
- Déjà, merci à tout ceux et celles qui me lisent. Parce que ça me fait réellement plaisir !
- Merci pour vos encouragements et vos remarques, elles me forcent à toujours essayer de faire mieux !
- Puis dernières choses, il faut VRAIMENT que je me mette à faire une carte, parce que ça commence à être un sacré bordel !

Merci encore de me lire et que ça vous fasse kiffer ! Wink
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Korobeiniki

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Re: "Sachons vaincre ou sachons périr !" - Une histoire de la Fédération des Communes de France (librement inspiré du mod Kaiserreich sur Darkest Hour)

Message par Rayan du Griffoul le Dim 26 Mar - 12:49

Continue comme ça s est super
Et franchement une carte ne serait pas superflu
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Rayan du Griffoul

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Re: "Sachons vaincre ou sachons périr !" - Une histoire de la Fédération des Communes de France (librement inspiré du mod Kaiserreich sur Darkest Hour)

Message par Korobeiniki le Dim 2 Avr - 12:29

CHAPITRE 5 : LE PLUS GRAND COMITE DEPUIS CELUI DE L'AN II

Gracchus Babeuf a écrit:"Je confesse aujourd'hui de bonne foi que je m'en veux d'avoir autrefois vu en noir, et le gouvernement révolutionnaire et Robespierre et Saint-Just. Je crois que ces hommes valaient mieux à eux seuls que tous les révolutionnaires ensembles."


Affiche de la Commune en faveur du premier plan triennal (1927-1930)

Avant de se pencher sur l'oeuvre du Comité formé après les élections communales de 1926, il faut effectuer un bref retour sur la personnalité controversé qu'est Émile Pataud. Ce dernier a été de très longue date un ami de Emile Rouget et ils ont d'ailleurs co-écrit un ouvrage baptisé Comment nous ferons la Révolution. Peu de temps avant la Grande Guerre, Pataud s'est fait connaître pour ses propos anti-maçonniques et ses positions antisémites, ce qui lui avait valut son exclusion de la CGT. Au moment de l'établissement de la Commune sur l'ensemble du territoire métropolitain, il s'est montré assez discret et à été proche de Georges Sorel un temps, mais n'a jamais pu s'entendre avec Georges Valois. Réintégré au sein de la CGT au début des années 20, il s'est démarqué définitivement de ses positions antisémites et nationalistes au moment des purges de 1923/24. De nouveau proche de son vieux compagnon Pouget, c'est ce dernier qui le fait sortir de l'ombre pour le pousser en avant lors des élections. A la grande surprise de Émile Pataud, il a été élu avec une assez grande majorité et cela incombe peut-être à son passé de militant syndicaliste exemplaire, plutôt qu'à son auto-critique sur ses positions d'il y a une dizaine d'années. Pataud va se montrer énergique et décidé dans les choix politiques qui lui incombe. A la différence d'un Pouget, il saura se montrer plus souple, plus cordiale et permettra de tourner une page quelque peu douloureuse de la jeune Commune de France. L'un des premiers actes de Pataud est d'ailleurs de changer la dénomination de la structure qu'il dirige comme Premier Représentant : L'on ne parlera plus désormais de Comité de Salut Public mais du Comité Fédéral Exécutif (CFE). Les attributs resteront les même, mais le nom doit marquer une rupture avec la période d'établissement de la Commune et un véritable gouvernement révolutionnaire. De plus, le terme même de Comité de Salut Public n'a jamais été partagé avec enthousiasme et rappel surtout un gouvernement d'exception et violent. Mais Pataud et le CFE voient plus loin : Il ne s'agit pas de remaquiller entièrement le régime politique en place, il faut aussi lui donner définitivement une assise juridique et constitutionnelle, qui n'existait pas jusque là. En effet, la Fédération des Communes de France fonctionnait davantage sur le principe d'une Charte des Principes Communaux que sur une réelle constitution. Sous son autorité, Pataud veut que d'ici quelques années, la Commune de France soit doté d'une réelle constitution, qui définira clairement la nature de la Commune, ses attributs et permettra d'entériner définitivement le nouvel ordre social, politique, économique et idéologique pris par la France. (Ce qui sera fait, durant les premiers mois de l'année 1930)

Pour l'avenir et la prospérité de la Commune, c'est avant tout la bataille économique qui continue d'être rondement mené, avec force et volontarisme. Les premières mesures du CFE est d'entièrement renverser la vapeur et de permettre que la gestion économique revienne avant tout aux syndicats, aux communes et donc que la décentralisation soit effective. Au grand dam des Jacobins et des Soreliens qui plaident pour une centralisation plus vigoureuse pour impulser de grands projets industriels, c'est l'orthodoxie syndicaliste-révolutionnaire qui prédomine en matière d'organisation. Sous la direction de Pierre Besnard, l'économie communale va subir un réel boom et va permettre à enfin une réelle expansion économique. Jusque là luttant pour arriver à nourrir sa population et lui fournir les biens d'équipements et de consommations nécessaires, l'économie communale va commencer à montrer une réelle croissance au début des l'année 1927. Les pénuries diverses et variés sont définitivement enrayés. Le niveau économique commence à dépasser celui du début de la guerre, même si cela reste très fragile. Puisque les indicateurs sont passé au vert, il est temps de passer à la vitesse supérieure : C'est ainsi qu'à la fin de l'année 1926, le premier Plan Triennal est officiellement lancé. Pierre Besnard décide de transformer le "Comité d'Action Économique" en un réel instrument de planification à travers l'ensemble du territoire. Le Comité fixe les quotas à atteindre dans un premier temps, puis les communes et les syndicats examinent le projet, regarde si il est réalisable et ajustent suivant les possibilités. Si le Plan est jugé trop gourmand, on le réduit. Si l'on est capable de pouvoir l'atteindre, il est possible de le dépasser.  Une énorme coordination se met en place sur tout le territoire, afin de pouvoir centraliser les informations et pouvoir répondre au mieux aux demandes qui sont formulés. Des grandes transformations commencent à voir jour, avec notamment la transformation des coopératives agricoles ou artisanales en de plus grandes unités de productions, plus ou moins soumis au contrôle des communes et de l'État. Dans l'agriculture, les Jacobins avaient proposé d'établir des Fermes d'État pour maximiser le rendement : On leur permet de mener un projet pilote en Champagne, ou plusieurs coopératives agricoles sont réunies. La paysannerie reste important en France, du fait de la transition progressive que connait la Commune, notamment au niveau démographique. Plusieurs années de disettes et de quasi famines ont poussé à un retour dans les campagnes, contrairement aux villes et aux communes. Le mouvement s'inverse et va croissant, l'exode rural qui s'entame à la fin des années 20 va définitivement réduire le nombres de paysans et d'agriculteurs en France. En matière de législation, la Bourse Générale du Travail fait voter plusieurs lois qui garantissent (à nouveau !) la journée de huit heures, la gestion collective et communale des moyens/outils de productions, l'âge du départ à la retraite à 65 ans pour les hommes et 60 pour les femmes. En outre, des droits collectifs en matière de droits sociaux couvrent largement les aspects de la vie de tout les jours, au travail comme en-dehors de ce dernier. La Commune est la pionnière en matière d'assurance chômage, maladie ou vieillesse. Alors que l'on glose du côté des ennemis de la Commune sur cet "étatisme qui ruine toute liberté économique", ou sur "ce socialisme hideux qui transforme la France en repère de fainéants et d'alcooliques", du côté de la population laborieuse on ne peut que se féliciter de telles mesures. En effet, la France était gravement en retard sous le régime républicain-bourgeois en matière de droit social et l'impôt sur le revenu n'a été voté qu'en 1914... Mais maintenant, c'est chose faîte. Les droits collectifs et le bien commun seront supérieurs aux intérêts privés. De quoi en effet faire grincer des dents, à tout ceux qui ont perdu leurs biens en quittant la France à la fin de la guerre civile et qui ne rêvent que de renverser cet état des choses.

Pour maintenir l'émulation à un haut niveau, l'ensemble de l'appareil de propagande de la Commune tourne à plein régime. On mobilise les artistes, les écrivains, les cinéastes, les peintres et les musiciens. Dans la Commune, une place d'orgue attend les artistes qui se donnent entièrement pour briser le monde bourgeois et faire accoucher une nouvelle culture prolétarienne. Ce sont des dizaines de films, des centaines de chansons et des compositions artistiques qui aident à la propagande révolutionnaire à travers toute la Commune. Hier, c'était les vitraux des églises qui jouaient ce rôle. Aujourd'hui, ce sont les films, ce sont les affiches et les journaux qui remplissent ce rôle. On dénombre plus d'une cinquantaine de journaux à travers tout le pays, de toute obédience révolutionnaire. Paris continue d'attirer à elle des intellectuels du monde entier, en quête de quelque chose de nouveau, d'une possibilité de sortir d'un monde qui leur semble fini. C'est par centaines que des écrivains et artistes visitent la Commune, certains décident de s'y installer définitivement et d'autres n'y trouvent qu'un refuge avant de retourner dans l'ancien monde. John Reed, journaliste américain et écrivain célèbre pour son livre Dix jours qui ébranlèrent le monde, dit lors qu'il revint de sa visite de la Commune de France en 1928 : "Je suis parti voir le futur et je reviens à présent dans le passé". Bien que moqué et n'étant plus le centre d'intérêt de la bourgeoisie mondaine mondiale, Paris et la Commune devient le ferment de la culture révolutionnaire, d'une culture prolétarienne et révolutionnaire. C'est toute cette agitation permanente qui permet une mobilisation forte et constante du peuple communard. Sur les murs, dans les bourses du travail, dans les lieux de vies et dans les lieux de productions, c'est tout un schéma mental qui se met en place, qui pousse à travailler d'une part, mais également à bâtir un nouveau monde, un monde qui sera débarassé de toutes les tares hérités de l'ancienne société capitaliste. Ce mouvement politique, idéologique et culturel trouve également son écho dans la libération féminine. L'Union des Femmes Françaises est le principal pôle d'attraction des femmes qui souhaitent s'engager en politique, ou tout simplement faire voler en éclat le patriarcat encore présent dans la nouvelle société communarde. La femme a des droits égaux à ceux de l'homme, elle touche un salaire égal pour une journée de travail égal. Mais cela ne suffit pas. C'est tout un univers mental et toute une construction sociale à faire voler en éclat. Bon nombres de jeunes femmes et de jeunes filles s'habillent désormais à la mode dite "Garçonne", au grand dam d'un conservatisme social qui reste malgré tout très imprégné dans la société communarde. A l'étranger, on n'hésite pas une fois de plus à se moquer ouvertement de cette mode et l'on parle d'une "dé-virilisation totale des hommes", ainsi que d'une "œuvre satanique de retournement des valeurs chrétiennes" ou encore un appel à "terrasser ce socialisme qui nuit à la civilisation et aux rôles ancestraux du sexe féminin". Ce vaste mouvement féministe trouvera sa concrétisation dans l'organisation d'une "Conférence Internationale des Femmes Socialistes" à Paris le 8 Mars 1929, conférence regroupant les militantes socialistes les plus en vue en France, dans l'Empire Allemand, en Angleterre ou encore outre-Atlantique. Pourtant dans les plus hautes sphères de la Commune, on ne parle qu'à demi-mot  de la possibilité d'accès à des moyens contraceptifs, au contrôle des naissance ou à même à l'avortement. Les mentalités n'y sont sans doute pas encore tout à fait prête, malgré les gages de bonnes volontés.


Le Sacré-Coeur, monument expiatoire construit après l'écrasement de la Commune de Paris, photographié au moment de sa démolition

La Commune de Paris aura incendié les Tuileries, tel fut le crime qu'on lui imputa volontiers. La Commune de France aura démoli le Sacré-Cœur, tel fut le crime qu'on ne lui pardonnera jamais. La décision de détruire le Sacré-Cœur n'est pas comme on pourrait le croire, un motif religieux. Depuis que la prise de pouvoir révolutionnaire, les attaques contre l'Église et contre les prêtes, curés ou nonnes ont surtout eu lieu au moment de la guerre civile, principalement mené par des bandes communistes et anarchistes. Les prêtres qui appelaient ouvertement à la guerre dans les régions les plus catholiques, ont été les plus frappés par la répression. Mais depuis la fin de la guerre civile, il n'y a pas eu de campagnes massives de destruction du pouvoir de l'Église en France. Certes, il y a un très fort athéisme et une détestation de la religion, ce fameux "opium du peuple" dont Marx parlait et si peu compris par ses contemporains... Les principales autorités religieuses du pays avaient fuit -dont l'archevêque de Paris- et avaient massivement rallié la contre-révolution. Pourtant, il n'y eut effectivement pas de persécutions anti-religieuse et si elles eurent lieu, elles furent rapidement condamnés par les autorités communales. Lors de la révolution de 1789, l'Église s'était déchiré entre les prête jureur et non-jureur. La Commune elle, fidèle à sa prédécessrice, a acté la séparation de l'Église et de l'État et le refus du financement du culte par les autorités publiques. Bien évidemment, une forte propagande anti-religieuse est diffusée et les ecclésiastiques restés en poste sur le territoire communard sont étroitement surveillé afin de ne pas pousser à la sédition. Généralement, révolutionnaires et religieux préfèrent trouver des points d'entente que des points de discordes qui ne seraient sans doute qu'un prétexte pour que l'une des deux parties n'en réprime l'autre. La "mollesse" de la politique anti-religieuse de la Commune frappe quand même bon nombres de libres-penseurs et athées militants, principalement anarchistes. Pour eux, il faut en finir définitivement avec la religion, il faut toute l'extirper de la Commune et la reléguer dans un musée, là où se trouve réellement sa place. Cette propagande ne vient pas uniquement des anarchistes, mais d'autres milieux révolutionnaires. Pourtant, Émile Pataud ne souhaite pas faire changer la politique qui a cours actuellement en matière religieuse, la jugeant même satisfaisante. Au sein de la BGT, la FAC/AA tentera plusieurs fois de faire passer au vote des amendements violemment anti-religieux qui autorisaient quasiment l'utilisation de la force contre les édifices et le personnel ecclésiastiques. Mais à chaque fois, ces votes leurs seront défavorables et pour cause : Une grande partie de la population reste croyante, pour un tas de raisons. Les communards sont également conscient qu'ils ne doivent pas s'aliéner des soutiens possibles du côté des religieux, malgré leurs excommunications massive de la part du Pape.

Alors, la destruction du Sacré-Cœur dans tout ça ? Et bien, elle a un motif politique évident. Le Sacré-Cœur a été construit sur la butte Montmartre au lendemain de l'écrasement de la Commune de Paris. Montmartre représentait le cœur de la résistance durant la siège de la ville, mais également le fourmillement de l'agitation sociale et révolutionnaire à cette époque. (Ce qui est encore le cas aujourd'hui si l'on regarde bien) De plus, c'est sur cette butte que les fameux canons qui avaient précipité les évènements de la Commune, y étaient entreposés. Bref, il s'agissait d'un haut lieu de la subversion. Rien de plus normal donc, que ce monument qui représentait tout ce qui s'opposait à l'existence même de la Commune de France, disparaisse intégralement. Après un vote expéditif à la Bourse Générale du Travail (Sur l'ensemble des délégués, moins d'une quinzaine voteront contre et une autre dizaine s'abstiendra), le CFE proclame son décret visant à détruire le Sacré-Coeur de Montmartre, afin de le remplacer par un monument qui symbolisera la victoire de la révolution sur "l'ordre moral". Ce bâtiment de grande ampleur sera connu sous le nom de Palais des Travailleurs et sera le siège du CFE, de la BGT ainsi que de la IIIème Internationale. Mais il faudra une dizaine d'année pour que cette construction gigantesque puisse voir le jour. (Précisément, il sera inauguré le 18 Juin 1938) Le 11 Avril 1927, le Sacré-Cœur est officiellement dynamité et la célèbre photo montrant sa démolition fera très rapidement le tour du monde. C'est un véritable déferlement de haine qui s'abat sur la Commune, un crime inqualifiable qu'elle vient de commettre devant les yeux du monde entier. Il n'en fallait pas plus pour qu'une énième campagne ordurière ne prenne place et pendant de très nombreux mois, les journaux du monde entier n'hésiteront pas à mettre sur leurs unes la célèbre photographie. Une hystérie incroyable s'empare des chefs d'États des principales puissances mondiales, qui vont déferler l'un après l'autre sur ce que vient de faire la Commune. Le prétexte est tout trouvé pour lancer une nouvelle campagne d'intox sur la nécessité de mener une "croisade contre la barbarie anti-chrétienne", comme le titre le Deutsche Allgemeine Zeitung. Même outre-atlantique, où l'on parlait très peu de la Commune, le groupe de presse Hearst lance une véhémente campagne de calomnies et de mensonges. Les unes des journaux Hearst sont remplis de soi-disant photographies de victimes des purges anti-chrétienne, de charniers à ciels ouverts, des caricatures montrent des communards ouvrirent des bonnes sœurs en deux pour voir si la transsubstantiation se réalise réellement, etc etc. Charles Coughlin, un évangéliste américain et chroniqueur radio, lance de violentes attaques contre la Commune, en disant à ces auditeurs qu'il fallait "Prier pour leurs frères et leurs sœurs croyants, enchaînés, torturés et tués par la Babylone du XXème siècle".

La réponse ne viendra pas du gouvernement communard, mais d'un curé lillois du nom de Achille Liénart, connu pour ses positions progressistes en matières sociales et favorable au syndicalisme chrétien. Ce dernier lance plusieurs prêches dans son église de Tourcoing qui, bien que s'opposant au "matérialisme philosophique et politique de la Commune", lui reconnaît d'avoir toujours "eut comme priorité de ne point frapper inutilement les fidèles de l'Église et de les laisser vivre leur foi dans leurs lieux de cultes". C'est un véritable tolé jusqu'à Rome, où le Pape Pie XI entre dans une rage folle en ayant connaissance des prêches de ce "curé de campagne", comme l'appela péjorativement le Pape en ayant connaissance de qui il s'agissait. Ces prêches ont su peut-être rassuré les croyants qui se trouvaient en France métropolitaine, mais certainement pas ceux qui s'étaient exilés à Alger. Depuis de très nombreuses années, le gouvernement républicain en exil (De facto, une dictature militaire sous aspect républicaine) attendait le bon moment pour pouvoir s'attaquer à la Commune. L'occasion était arrivée, enfin ! "La Providence […]", comme le notera Charles Maurras dans son journal de l'Action Française, "La Providence nous a une fois de plus clairement montré la nature réelle des sycophantes communards, qui se drapent derrière les apparats de curés provinciaux, mais qui ne sont rien d'autres en réalité que des agents maçonniques qui moquent l'Église Romaine". Agents maçonniques, il y avait de quoi rire ! Si la Commune avait ménagé plus ou moins l'Église catholique sur son territoire, il n'en était pas de même vis à vis de la franc-maçonnerie. Beaucoup de socialistes et de syndicalistes étaient connus pour leurs positions anti-maçonniques, clamant qu'il était impossible de pouvoir faire partie à la fois d'une organisation ou d'un syndicat révolutionnaire et en même temps d'appartenir à une loge. De nombreux socialistes étaient pourtant membre de loges maçonniques bien avant l'avènement de la Commune. Les premières mesures qui furent prises par Georges Sorel quand il fut à la tête de la Bourse Générale du Travail, fut de faire voter une loi qui interdisait la double appartenance à la franc-maçonnerie et à  la CGT. Puis, d'autres lois firent interdire purement et simplement l'existence même de la franc-maçonnerie, emprisonnant ou exilant les personnes coupables d'appartenance ou ayant comme volonté de se réunir sous l'égide de loges franc-maçonne. Il était donc ridicule de voir le gouvernement en exil sous la plume de Maurras, attaquer la Commune sous prétexte de maçonnisme... Mais, étant donné que personne n'écoutait réellement ce que la Commune pouvait bien faire ou clamer, il était facile de lui imputer absolument tout et n'importe quoi. Mais cela n'allait de toute façon pas faire renaître le Sacré-Cœur et marquait quand même la victoire de la Commune sur ses ennemis de toujours qui étaient dans l'incapacité de faire quoi que ce soit.


Timbre fictif édité par les sections syndicales des PTT proches de l'OCPCF, d'où le nom de "République Soviétique Française" (Merci au Camarade Lunarc pour l'image ! Very Happy)

Vers la fin de l'été 1928, une série d'attentats à la bombe frappe les grandes communes du sud du pays comme Marseille, Montpellier, Avignon, Perpignan... Des centaines de civils sont tués, des bâtiments officiels sont visés comme la Bourse du Travail de Perpignan qui fini rongé par les flammes. Un communiqué est finalement adressé après cette série d'attaque, au mois de Novembre 1928. Le "Front Français pour la Liberté de la Patrie" comme il se nomme lui-même, revendique les attentats contre la Commune et fait savoir que ces attaques continueront pour "venger les martyrs chrétiens de Bretagne, les prêtres assassinés et la croisade juive et satanique lancé par la Commune en voulant détruire le Sacré-Cœur, haut lieu de spiritualité de notre patrie". Tout de suite, le Bégèp se met au travail pour trouver d'où peut bien provenir ce fameux "Front Français pour la Liberté de la Patrie". Sans nul doute, il s'agit d'un groupe extrémiste armé et organisé depuis Alger, mais qui doit avoir des ramifications soit depuis le Royaume de Piémont-Sardaigne voisin, soit depuis le Royaume d'Espagne au sud. Quand Joseph Paul-Boncour, représentant aux Affaires Étrangères de la Commune demande officiellement que des investigations soient lancés par les gouvernements des deux pays cités, ces derniers ne prennent même pas la peine de répondre. Il est alors évident qu'il y a une complicité évidente ou une passivité active vis à vis de ces terroristes. Mais, Pataud ne désespère pas. Depuis qu'il est à la tête de la Commune, le CFE abat un travail fou pour mieux protéger et mieux organiser les défenses de la Commune. A côté de la Garde Nationale et du Bureau Général de Police, il crée une "Section Spéciale Populaire" (SSP) qui aura des pouvoirs étendu en matière de lutte contre le sabotage, le terrorisme et la contre-révolution. Il place à la tête de la SSP l'ancien combattant Jacques Sadoul, qui se trouvera être l'homme idéal pour mener les opérations qui lui seront confiés. Commence alors une chasse à l'information et une chasse à l'homme tout court. Pendant toute l'année 1929, la presse communarde parle exclusivement de cette enquête et des rebondissements qu'elle subit. (Quelques années plus tard, un film sera consacré à cette page importante de la lutte communarde contre la contre-révolution) Mais encore aujourd'hui, le mystère reste entier : Des individus ont bien été arrêté, des procès se sont même tenu les mois de Aout-Septembre-Octobre 1929 et la sentence pour les accusés, a été la mort. Il faudra attendre une dizaine d'années pour que le FFLP ne recommence ses actes de terrorisme et de sabotage contre la Commune. Qui a été arrêté en 1929 ? Étaient-ils réellement coupable ? La Commune refuse encore aujourd'hui d'ouvrir ses archives et de dévoiler au public qu'elles ont été les tenants et les aboutissants de cette enquête, au grand dam des historiens.

Sur le plan diplomatique, la Commune n'est reconnu internationalement que par une poignée de pays, principalement en Amérique et en Asie. En 1929, le gouvernement des États-Unis reconnaît enfin la Commune de France au détriment du gouvernement en exil à Alger. Pour les États-Unis, la Commune semble moins revancharde que le gouvernement d'Alger et donc est moins susceptible de déclencher un conflit en Europe durant les prochaines années. Mais malgré cette réussite diplomatique de la part de Joseph Paul-Boncour, beaucoup d'ambassades et de pays restent réticents à reconnaître la Commune, en lieu et place du gouvernement français à Alger. Très peu de pays sont foncièrement anti-allemand en Europe et même si à Londres et Alger on se dit qu'un jour il faudra bel et bien reprendre la "Forteresse Europa", l'ennemi principal reste bel et bien la Commune. Pourtant, la Commune va réussir à trouver un partenaire qui déteste tout autant l'Empire Allemand que lui, bien que pour des raisons différentes : L'Empire Ottoman. Ce dernier, lâchement abandonné par ses alliés d'hier, garde une rancœur tenace qui ne s'est guère estomper au fil du temps. Après plusieurs années de guerres civiles qui ont opposés les nationalistes turcs aux troupes ottomanes, ce sont ces dernières qui ont triomphé en 1924. Mais aujourd'hui, l'Empire Ottoman n'est plus que l'ombre de lui-même, recroquevillé sur l'Anatolie et devant accepter la domination anglaise sur les terres arabes qui lui appartenaient avant. Les similitudes entre l'Empire Ottoman et la Commune de France sont frappantes, surtout au niveau géopolitique. Il n'est donc guère étonnant à ce que les premiers contacts établi en 1925 entre les deux pays ne se concrétisent par une rencontre à Istanbul en Juillet 1929 entre Joseph Paul-Boncour et Huseyin Rauf Orbay, afin de nouer des relations cordiales et surtout, discuter de l'avenir. Les deux représentants sont d'accord pour admettre que leur combat est tournée contre la domination britannique et allemande et que c'est dans cette optique que la lutte commune franco-ottomane doit se lier. Cette rencontre (qui en inaugurera) d'autre, ne sera pas bien vu par les principales chancelleries d'Europe. Un amalgame très rapide est trouvé. Comme jadis François 1er s'était tourné vers le Grand Turc contre le Saint-Empire, aujourd'hui la Commune se tourne vers l'Empire Ottoman contre la Sainte-Alliance. Pourtant, c'est de manière risible que les principaux concernés par cette "alliance de revers" prennent la chose, persuadés que la Commune et l'Empire Ottoman n'arriverons pas à collaborer sur le long terme au vue des divergences idéologiques, politiques et religieuses bien trop importantes. L'avenir parviendra à prouver le contraire : L'une des premières clauses secrètes des discussions franco-ottomane ont portés sur l'aide militaire à fournir aux insurgés nationalistes ukrainiens, ainsi qu'aux criméens et tatars...

La dernière année de Pataud à la tête de la CFE, a été relativement calme. L'année 1930 aura marqué la neuvième année d'existence de la Commune de France et sera centré une fois n'est pas coutume sur le développement économique et l'achèvement du plan triennal. Ce sera aussi l'occasion d'inaugurer les premières "Olympiade du Peuple", qui ont pour but de s'opposer aux Jeux Olympiques organisés par les grandes puissances capitalistes. Depuis la fondation de la IIIème Internationale, de nombreuses branches ont été crées, notamment une portée sur la culture et l'art prolétarien, une autre portée sur la formation de cadres idéologiques et intellectuels pour le mouvement communiste international. Une branche dédiée intégralement au sport à vue le jour il y a quelques années maintenant. Il s'agit de l'Association Sportive des Travailleurs Internationaux , dont le but est la promotion d'un sport authentiquement populaire et dans l'esprit de la classe ouvrière, loin de l'esprit de compétition sportif de la bourgeoisie. La Commune a beaucoup insisté sur la nécessité des sports collectifs au détriment des sports jugés trop "bourgeois" ou même "narcissique". L'exemple du football ou du rugby est très marquant, tandis que le Tour de France continue malgré les grandes difficultés qu'ont les coureurs pour se rendre dans le pays hôte. Depuis la mise en place de l'ASIT, de nombreux contacts avec des associations sportives ouvrières en Angleterre, en Espagne et en Allemagne ont été faîtes et l'organisation des Olympiade du Peuple de 1930 en a été le couronnement. Des athlètes et sportifs d'une quinzaine de pays ont pu se rendre à Bordeaux, où se sont tenu les Olympiades. Cette première et réelle démonstration de l'internationalisme prolétarien de la Commune de France, marquait le cap du début des années 30. Longtemps replié sur elle-même, suffoquant devant le silence éhonté des pays l'entourant, elle a réussie à démontrer toute sa force et sa détermination. Non, la Commune ne sombrera pas et elle continuera à être la petite épine dans le pied des pays qui chercheraient à écraser définitivement tout le mouvement ouvrier organisé. Quand l'annonce des élections communales de 1931 sont faîtes, Émile Pataud pourra noter dans son journal personnel que "Nous avons oeuvré collectivement à la grandeur de la Commune et à son assise définitive comme nation prolétarienne. C'est avec le cœur léger, que je peux maintenant céder ma place et consacrer le reste de ma vie, à protéger et servir la Commune". Pataud ne croyait pas si bien dire. Atteints de problèmes respiratoires au cours des huit derniers mois de ses fonctions de Premier Représentant du CFE, il s'éteindra quelques jours avant l'annonce des résultats des élections, à l'âge de 61 ans. Dans son sillage et à quelques jours d'intervalle, âgé de 70 ans, le "Père de la Commune", un autre Émile mais qui portait pour nom Pouget, mourra paisiblement dans son Aveyron natal. Une page se tourne définitivement pour la Commune.


Dernière édition par Korobeiniki le Mar 5 Sep - 11:50, édité 1 fois
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Re: "Sachons vaincre ou sachons périr !" - Une histoire de la Fédération des Communes de France (librement inspiré du mod Kaiserreich sur Darkest Hour)

Message par Maraud le Dim 2 Avr - 20:38

Cool, mais je vois mal le camarade Barbusse mené une équipe de repression. Il était vraiment trop dégoûté par la guerre et ses horreurs, pour gérer une équipe pareil à mon avis.

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Re: "Sachons vaincre ou sachons périr !" - Une histoire de la Fédération des Communes de France (librement inspiré du mod Kaiserreich sur Darkest Hour)

Message par Korobeiniki le Dim 2 Avr - 21:13

T'as raison... Je cherchais un ancien combattant, je l'ai mis un peu à la va-vite. Mais j'ai pas trouvé quelqu'un d'autre en fait, plus par flemme que par recherche réelle. Sans doute que je corrigerais ça à l'avenir Wink
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Re: "Sachons vaincre ou sachons périr !" - Une histoire de la Fédération des Communes de France (librement inspiré du mod Kaiserreich sur Darkest Hour)

Message par Lunarc le Dim 2 Avr - 22:43

Recherche dans les anciens de l'ARAC passer par la guerre civile espagnole, tu devrait avoir quelques chances de ce côté
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Re: "Sachons vaincre ou sachons périr !" - Une histoire de la Fédération des Communes de France (librement inspiré du mod Kaiserreich sur Darkest Hour)

Message par Korobeiniki le Dim 3 Sep - 16:46

PROCHAINEMENT DANS "SACHONS VAINCRE OU SACHONS PÉRIR !"



Le Mexique s'embrase avec l'aide des catholiques du monde entier...


La Chine va t-elle trouver son nouveau dirigeant ?


Habibullah Kalakani, Khan du Grand Khanat de Samarcande


Un nouveau Vozhd pour la Russie ?


Un fantôme va très prochainement refaire son apparition


Et partout en Europe, la Sainte-Alliance va se mettre à trembler une fois encore...


ET BIEN D'AUTRES CHOSES, TOUT CELA UNIQUEMENT DANS "SACHONS VAINCRE OU SACHONS PÉRIR !"

---

Après une looooongue absence, l'heure de la rentrée signifie également l'heure de se remettre convenablement à l'écriture. Donc d'ici peu, "Sachons vaincre ou sachons périr !" va reprendre. Et puisque vous avez été sage, vous avez le droit à...

https://image.noelshack.com/fichiers/2017/35/7/1504449723-uch.png

La carte du monde en ce début des années 30 ! Les explications viendront à part, très prochainement. (Elle est très grosse, je suis une bille en graphisme du coup je laisse juste le lien Wink )

Stay tuned !
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Re: "Sachons vaincre ou sachons périr !" - Une histoire de la Fédération des Communes de France (librement inspiré du mod Kaiserreich sur Darkest Hour)

Message par Rayan du Griffoul le Lun 4 Sep - 1:16

Content de te revoir chère ami.

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Re: "Sachons vaincre ou sachons périr !" - Une histoire de la Fédération des Communes de France (librement inspiré du mod Kaiserreich sur Darkest Hour)

Message par Thomas le Lun 4 Sep - 7:25

Welcome back.

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Re: "Sachons vaincre ou sachons périr !" - Une histoire de la Fédération des Communes de France (librement inspiré du mod Kaiserreich sur Darkest Hour)

Message par Anaxagore le Lun 4 Sep - 13:32

Mais... mais... cela veut dire qu'il va falloir que tous les capitalistes émigrent loin !

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Re: "Sachons vaincre ou sachons périr !" - Une histoire de la Fédération des Communes de France (librement inspiré du mod Kaiserreich sur Darkest Hour)

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