Tuez les Tous!: Une croisade Albigeoise alternative

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Tuez les Tous!: Une croisade Albigeoise alternative

Message par phil03 le Sam 22 Oct - 3:28

Tuez les Tous!: Une croisade Albigeoise alternative





Chapitre I: Tous à commencé dans les Balkans




C'est de l'est que vint la maladie qui ronge le corps de notre sainte église
Bernard de Clairvaux, 1145

Non content d'avoir donné leurs âmes à la vile hérésie grecque les servants de Satan à l'Est ont à nouveau conspiré pour infecter les âmes des croyants!
Pierre des Vaux de Cernay, Historia Albigensis, 1217

Ce fut de la terre des Bulgares que nous parvint le consolament, cadeau du christ et de l'esprit saint!
Bernard Marty, évêque Cathare du Laurageais, 1220

Tout à commencé dans les Balkans, une façon à prime abord fort étrange de commencer une histoire de la Croisade Albigeoise mais une affirmation tout de même véridique. En 950 le Patriarche Orthodoxe de Constantinople reçue une lettre du Tsar de Bulgarie le prévenant des inquiétants succès d'un prédicateur nommé Bogomil. Ce dernier prêchait qu'il n'existait pas une création mais deux, l'une spirituelle crée par un dieu bon et l'autre temporelle crée par Satan, ou les âmes était emprisonnés dans les corps et forcer à se réincarner. Ainsi fut fondé la doctrine religieuse aujourd'hui connu comme le dualisme. Durant les décennies qui suivirent le cris d'alarmes du Tsar la foi prêché par Bogomil gagna de nombreux croyants, spécialement chez les paysans, et commença à s'organiser en contre église.

Devant ses succès, il est nécessaire de préciser que Bogomil bénéficiant de plusieurs avantages: l’ascétisme des prêtres dualistes contrastait de façon avantageuses avec l'opulence de l'Église Orthodoxe et la simplicité de son crédo (un seul texte sacré, le nouveau testament et un seul sacrement, le consalament qui permettait au croyant d'éviter la réincarnation) plaisait fortement à une population assistant, dans une compréhension totale, aux virulents débats agitant continuellement l'Église Orthodoxe quand à la nature de la transsubstantiation ou autre concept archanique. Même la féroce répression subite par l'église dualiste à la suite de la conquête de l'empereur Byzantin Basile II le Bulgarotocque permit de ralentir l'avancée du dualisme. Une fois le joug byzantin victorieusement secoué par la dynastie des Asens les tsar de cette dernière protégèrent à divers degrès les Bogomilistes, trouvant en un outil utile pour affirmer leurs indépendances par rapport à Constantinople. Ce fut toutefois dans les petites principautés de Dioclée et de Tum (1) ou le dualisme remporta les plus grandes de ces victoires. Soucieux d'affirmer son indépendance par apport à la Hongrie Catholique et l'Orthodoxe Empire Byzantin le prince bosniaque Koulime se convertit au dualisme et entraîna ses sujets avec lui. Pendant plus de deux siècles le dualisme parvint à maintenir son statut d'état dans ces principautés, malgré de nombreuses tentatives de croisades de la part de la Hongrie. Il nous faut, en fait, attendre l'arrivée des Turques Ottomans dans la région et la vague de répressions qu'ils déclenchèrent pour voir décliner le dualisme dans les Balkans.

Par l'une des ironies dont l'histoire à le secret ce furent les Croisades d'Orient qui, en contribuant à resserrer les liens entre est et ouest, ouvrit la porte de la chrétienté latine au dualisme, les idées s’échangeant au même rythme que les marchandises et les navires transportant or et épices servant également de vaisseaux aux philosophies. Le second siècle du second millénaire vit les sectes dualistes apparaitrent un peut partout en Europe Occidentale. Le premier bûcher, allumé à Orléans en 1120, fut suivi de dizaines d’événements similaires. Munies des mesures anti-hérétiques forgé par le concile d'Arras de 1125 les autorités catholiques de Suisse, de France du Nord, d'Aquitaine, d'Irlande, d'Angleterre, du Benelux d'Allemagne et d'Italie. A Liège l'apparition d'une secte dualiste connus sous le nom de Tisserands et son organisation fut considéré suffisamment sérieuse pour provoquer la création d'une sorte de proto-inquistion sous les coups de laquelle furent exterminé les Tisserands en 1145. Malgré tout, les succès des dualistes d'occident palissait en comparaison de ceux de leurs cousins Balkaniques. Partout ou elles surgirent en Occident les sectes dualistes furent reprimé brutalement et détruites par les autorités locales, les détenteurs des pouvoirs temporels et spirituels travaillant main dans la main en cette affaire, au point ou les populations locales avait parfois besoins d'être retenues afin d'éviter un lynchage d'accusés d'hérésie. Une exception existait toutefois: le Languedoc.

(1) OTL Bosnie et Montenégro

Questions et réponses:

Qu'est-ce que cette TL?: Cette TL est une traduction française de mon présent projet sur AH.Com: Kill Them All! An Alternate Cathar War. Elle à pour sujet la croisade des albigeois. J'ai choisi ce sujet car il me semblait fort sous exploiter question uchronies et quand elle était traité comme sujet secondaire d'une TL cette dernière tendait à conserver l'issu OTL du conflit ou à donner plus de succès à la Croisade des Montfort.

Donc c'est une TL religieuse, politique, militaire?: C'est une TL sur une guerre religieuse. L'aspect religieux dominera au départ mais l'aspect politique entrera en liste en temps et lieu et son importance grandira rapidement. L'aspect militaire, quand à lui, n’apparaîtra que plus tard mais deviendra rapidement prédominant.

Je peut donc m'attendre à ce que les Occitans performent mieux qu'OTL? Quel est le POD?: Il performeront mieux qu'OTL en effet! Quand au POD tout sera révélé en temps et lieu. Je veut réellement écrire une histoire complète de cette Croisade Albigeoise alternative à ça inclura beaucoup d'élements qui sont OTL, question de conserver la ''saveur'' de l'histoire.

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Re: Tuez les Tous!: Une croisade Albigeoise alternative

Message par Thomas le Sam 22 Oct - 12:20

Tu éveille ma curiosité.

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Re: Tuez les Tous!: Une croisade Albigeoise alternative

Message par Emile Ollivier le Sam 22 Oct - 14:41

Hâte de découvrir la suite !
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Re: Tuez les Tous!: Une croisade Albigeoise alternative

Message par phil03 le Lun 24 Oct - 0:59

Content de voir qu'il y a de l'intérêt Smile
Je pensait avoir la suite ce soir mais des problèmes d'ordi mon forcé a recommencé ma traduction a 0 Sad ce sera donc plus tard cette semaine.

Pour le reste, je vait tenter de maintenir un rapport de 3 a 1 entre chapitres traduit et nouveau chapitre dans la version originale jusqu’à ce que je rattrape l'originale.

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Re: Tuez les Tous!: Une croisade Albigeoise alternative

Message par Anaxagore le Lun 24 Oct - 12:19

phil03 a écrit:Content de voir qu'il y a de l'intérêt Smile
Je pensait avoir la suite ce soir mais des problèmes d'ordi mon forcé a recommencé ma traduction a 0 Sad ce sera donc plus tard cette semaine.

Pour le reste, je vait tenter de maintenir un rapport de 3 a 1 entre chapitres traduit et nouveau chapitre dans la version originale jusqu’à ce que je rattrape l'originale.

Intéressant, il se trouve que je connais bien l'histoire des Cathares pour cause d'histoire familiale... avoir un arbre généalogique qui remonte jusqu'au XIIIème siècle avec des ancêtres qui ont connu quelques uns des personnages qui ont fait l'histoire ça titille le cerveau.

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Message par phil03 le Lun 24 Oct - 12:59

Anaxagore a écrit:
phil03 a écrit:Content de voir qu'il y a de l'intérêt Smile
Je pensait avoir la suite ce soir mais des problèmes d'ordi mon forcé a recommencé ma traduction a 0 Sad ce sera donc plus tard cette semaine.

Pour le reste, je vait tenter de maintenir un rapport de 3 a 1 entre chapitres traduit et nouveau chapitre dans la version originale jusqu’à ce que je rattrape l'originale.

Intéressant, il se trouve que je connais bien l'histoire des Cathares pour cause d'histoire familiale... avoir un arbre généalogique qui remonte jusqu'au XIIIème siècle avec des ancêtres qui ont connu quelques uns des personnages qui ont fait l'histoire ça titille le cerveau.

Pour ne rien cacher c'est l'une des raisons qui m'ont poussé a traduire: voir la réaction des gens ayant une attache avec la région concernée.Wink

Dis moi en plus sur ton ancêtre, avec un peut de chance je pourrait peut-être lui faire faire un caméo Smile

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Re: Tuez les Tous!: Une croisade Albigeoise alternative

Message par Jolou le Lun 24 Oct - 18:42

Anaxagore a écrit:
phil03 a écrit:Content de voir qu'il y a de l'intérêt Smile
Je pensait avoir la suite ce soir mais des problèmes d'ordi mon forcé a recommencé ma traduction a 0 Sad ce sera donc plus tard cette semaine.

Pour le reste, je vait tenter de maintenir un rapport de 3 a 1 entre chapitres traduit et nouveau chapitre dans la version originale jusqu’à ce que je rattrape l'originale.

Intéressant, il se trouve que je connais bien l'histoire des Cathares pour cause d'histoire familiale... avoir un arbre généalogique qui remonte jusqu'au XIIIème siècle avec des ancêtres qui ont connu quelques uns des personnages qui ont fait l'histoire ça titille le cerveau.

N’empêche,j'aimerais bien avoir l'Animus pour voir ce qu'on fait mes ancêtres !
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Re: Tuez les Tous!: Une croisade Albigeoise alternative

Message par phil03 le Mer 26 Oct - 11:43

Chapitre II : Ce sont nos voisins et nous les voyons vivres honorablement!



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Carte représentant, en violet l'implantation Cathare au Languedoc a la fin du XIIe siècle. Les zones en violet foncé représente le cœur de cette dernière.



La plupart d’entre-deux sont de vrais croyants mais ils n’agissent pas comme ils le devraient! Il n’est besoin que d’observer les actes du Comte de Toulouse : seulement ne recule-t-ils pas d’horreur aux contacts des juifs et des hérétiques mais en emploient-ils parmi ses baillis!
Légal Papal Pierre de Castelnau, 1205.

Pourquoi n’expulsez-vous pas les hérétiques? Nous ne le pouvons pas! Ce sont nos voisins et nous le voyons vivres honorablement!  
Discussion entre un prêtre de la délégation papale et un chevalier Occitan, Début du 13e siècle.

Plusieurs ont affirmé que les seigneurs ayant toléré les hérétiques l’ont fait par manque d’amour pour la sainte-église. Rien n’est plus faut! S’ils ont pêché ce fut par excès d’amour pour la paix.
Frère Guillaume de Puylaurens, Chronica, 1249

Les premières années du catharisme occitan sont relativement peu connues. Pour les croyants et le clergé dualiste ce fut une époque de dures mais d’utiles labeurs : prêcher, convertir, organiser et recommencer. Durant ces années le catharisme n’avait pas encore attiré l’attention de l’église catholique. Pour elle, elle ne représentait encore rien de plus que l’une de nombreuses sectes dualistes qui émergeait un peu partout en Europe Occidentale. Ce fut l’efficacité de la répression catholique qui mit fin à cet état de fait. Bien qu’elle parvenait habituellement à mettre la main sur le gros des croyants et du clergé des sectes dualistes attirant ses foudres certains individus passaient toujours à travers les mailles du filet. La majeure part de ces derniers finissait toujours par soit être capturé ou par se fondre dans les masses catholiques, faisant tout pour éviter de se faire remarquer. Malgré tout, ils existaient toujours certains individus suffisamment rusé pour éviter la capture et suffisamment militants pour refuser d’abandonner leur fois, pour ces derniers rien n’était plus urgent que de trouver un havre, un endroit où ils pourraient pratiquer leur foi en paix. Ils trouvèrent ce havre et bien plus en Languedoc, ou les cathares les reçurent à bras ouverts et les aidèrent à intégrer la vie économique et sociale locale. L’arrivée des quelques centaines d’hommes et de femmes ne suffisait pas, tant s’en faut, à modifier la balance religieuse de la région, mais elle parvint à attirer l’attention. En 1145 elle chargea l’un de ses plus brillants serviteurs, Bernard Abbé de Clairvaux, d’enquêter (1).

Ce qu’il y découvrit l’inquiéta profondément : une contre-église cathare avec son clergé, ses règles et ses évêques en train de se répandre dans tous l’ouest du Languedoc, capable de rivaliser avec le clergé catholique local au niveau organisationnel (2). Malgré tout, la mission de Clairvaux ne fut pas sans succès : à Albi et à Toulouse plusieurs clercs cathares furent emprisonnés et certains suppliciés et plusieurs mesures anti-cathares promulgués. Ces victoires se révélèrent toutefois rapidement creuses alors que ces mesures devinrent lettres mortes dès que l’envoyée du pape s’était éloignée et que la réception des campagnes se révéla beaucoup moins courtoise. Plus d’une fois Clairvaux dû faire face à des foules hostiles encouragées par des notables et féodaux cathares locaux. Dans le village de Verfeil, à l’instigation du seigneur cathare de l’endroit, la population se barricada dans ses maisons à l’approche de l’ami personnel du pape. Le camouflet à l’égard de la première puissance de la chrétienté de l’époque était flagrant. Le rapport qu’il envoya à Rome provoqua l’envoi de vagues de prédicateurs et de légat qui prêchèrent contre le catharisme et confronta son clergé dans une série d’assemblés contradictoire. Les plus inventifs ce des derniers répandirent même diverses rumeurs selon lesquelles les cathares s’adonnaient à des orgies secrètes, leurs ascétismes de surface ne servant qu’à camoufler ces dernières. Ces efforts parvinrent à ralentir quelque peu les progrès du catharisme, mais ne les freinèrent jamais tout à fait, le nombre grandissant des convertis recrutés au sein des milieux féodaux et consulaires des villes et villages du Languedoc faisait de la communauté cathare une force non seulement religieuse, mais également militaire et politique. La tenue du premier Synode cathare, sur le modèle des synodes catholiques, tenue à Saint-Félix en 1167 témoigne d’ailleurs de l’excellente santé du Catharisme Occitan à cette époque. Malgré tout, sa situation restait précaire : complètements absents de l’est du Languedoc ses fidèles pesaient peut en face des masses catholiques de l’ouest du Languedoc. Même en son cœur, dans les Carcassès, Albigeois et Lauragais et dans le comté de Foix les cathares restaient fortement minoritaires. Les nombreux convertis qu’ils avaient faits dans les classes féodales et consulaires lui donnaient, il est vrai, une certaine capacité de défense, mais il ne pouvait espérer s’imposer localement militairement qu’au sein de ces régions mentionnées plus haut qui formaient son centre névralgique. Pire encore, tous les grands barons occitans, les Vicomtes Trencavel de Narbonne et de Couserans, les Comtes de Foix, de Provence et de Comminges et les Seigneurs de Montpellier, menés par ces quasi-rois du midi qu’était les comtes de Toulouse. Si les catholiques du Languedoc avaient voulu écraser le catharisme, ils auraient pu le faire sans difficulté. Ce fut la grande chance des cathares de cette époque que les catholiques occitans n’étaient nullement prêts à s’engager dans une telle entreprise.

Pourquoi les catholiques du Languedoc étaient-ils si réticents à persécuter les cathares alors que ceux du reste de l’Europe occidentale s’étaient montré des auxiliaires dévoués et enthousiastes de la répression? Plusieurs historiens ont écrit qu’une telle attitude trouvant son explication dans l’anticléricalisme qui sévissait dans la société occitane à l’époque. Il est vrai que l’ascétisme du clergé cathare contrastait de façon flatteuse avec la richesse ostentatoire des prélats catholiques et il est également contestable que les nombreux conflits politiques et fiscaux entre ces derniers et les seigneurs et pouvoirs urbains ne pût les inciter à se battre pour la foi catholique, fussent-ils catholiques. Une telle explication ne peut toutefois que partiellement nous éclairer, ces mêmes facteurs jouaient, après tout, dans le reste de l’Europe occidentale et n’empêcha point la répression d’être efficace. De même, de nombreux textes de l’époque font état d’un ardent désir de voir les cathares se convertir de la part de ceux mêmes qui refusaient d’imposer une telle conversion par la force. La véritable explication de cet état de fait est donc plutôt à chercher dans la croyance, atypique dans l’Europe occidentale de l’époque, mais néanmoins bien ancré, de la société occitane.

Cette dernière ne bénéficiait pas, d’ailleurs, qu’aux cathares. Alors que ceux du reste de l’Europe occidentale se comptaient généralement heureux de ne pas être victimes de persécutions ouvertes, les juifs du Languedoc semblaient avoir été intégrés à tous les aspects de la vie locale, figurant même en bonne place sur les listes de consuls des villes et des baillis des seigneurs occitans. Dans le Languedoc de la fin du 12e siècle, il était possible d’être Juif ou cathare sans être considéré comme le serviteur de Satan par ses compatriotes catholiques, sans leur soutien l’Église Catholique était tout simplement incapable de lancer une vague de persécutions. C’était donc non seulement des individus, mais bien des institutions qui barraient la route de la répression devant l’Église Catholique. Cette dernière avait bien fait adopter au Concile de Reims en 1148 une série de canons déclarant que les terres de ceux qui accueillait les hérétiques et celles de ceux les soutenant étaient exposées en proie (3). Cette résistance institutionnelle était si forte que même l’accession au trône toulousain du très catholique Raymond V la même année ne fit pas progresser significativement la lutte anti-cathare, nonobstant quelques buchers spectaculaires. La mort de Raymond V et l’arrivée au pouvoir de son très pacifique fils Raymond VI (4) mirent fin aux espoirs de l’Église catholique de voir les féodaux Occitans prendre un jour les armes contre le catharisme. Quatre ans plus tard, le pape Célestin III décéda et l’ambitieux, brillant et autoritaire Lothar de Segni fut élu pape, prenant le nom d’Innocent III. Parmi le large programme de ce dernier la destruction du catharisme et, si nécessaire, l’application des canons du Concile de Reims et si les moyens d’atteindre ce but devaient être trouvés hors du Languedoc qu’il en soit ainsi!

(1) Mieux connu aujourd’hui comme St-Bernard, responsable de la Seconde Croisade et principal soutien du Pape Innocent II dans sa lutte contre l’Antipape Anaclet II.
(2) À cette époque les évêchés cathares du Carcassès, de l’Albigeois, de Foix et du Lauragais avaient déjà été fondés (le cœur du catharisme, en violet foncé sur la carte). Des évêchés seront fondés en Toulousain, Narbonnais, Quercy, Agenais, Comminges et Biterrois seront fondés durant les décennies suivantes.
(3) Terme indiquant que tout individu pouvait attaquer ces terres et qu’elles appartenaient désormais au premier pouvant se les accaparer.
(4) Ce dernier passa les premières années de son règne à régler tous les conflits latents opposant Toulouse à l’Angleterre et l’Aragon.

Dans le prochain chapitre nous explorerons la suite d’événements qui mèneront au déclenchement de la Croisade Albigeoise elle-même Smile Restez a l'écoute!

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Re: Tuez les Tous!: Une croisade Albigeoise alternative

Message par Thomas le Jeu 27 Oct - 10:14

Il m'a fallut 23hr pour trouver le temps de te lire, mais je suis impatient de lire de la Croisade Albigeoise.
Le Catharisme fait partie de ces sujets qui m'intéressent, mais sur lesquels je n'ai jamais trop eu le temps de me pencher.

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Re: Tuez les Tous!: Une croisade Albigeoise alternative

Message par phil03 le Jeu 27 Oct - 22:59

Thomas a écrit:Il m'a fallut 23hr pour trouver le temps de te lire, mais je suis impatient de lire de la Croisade Albigeoise.
Le Catharisme fait partie de ces sujets qui m'intéressent, mais sur lesquels je n'ai jamais trop eu le temps de me pencher.

Ont y arrive, un dernier chapitre de paix avant les hostilités! Et même si le prochain chapitre n'est pas situé durant la Croisade Albigeoise proprement dite elle en traitera de la même façon qu'on ouvrage discutant de l'Anschlus ou de la Crise de Munich traite de la 2e Guerre mondiale.

Si jamais tu trouve le temps de t'y pencher je te suggère L'Épopée Cathare de Michel Rocquebert, a la fois facile a lire et très complète comme histoire du catharisme et de ses effets politiques (La croisade albigeoise et ses conséquences). Probablement l'ouvrage ayant le plus influencé ma TL, même si j'ai décidé de plutot me reposer sur des historiens militaires quand aux détails des opérations.

phil03

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Re: Tuez les Tous!: Une croisade Albigeoise alternative

Message par phil03 le Sam 29 Oct - 15:57

Chapitre III : Le Pape et le Roi


Nous vous supplions de vous mettre au service de notre seigneur Jésus-Christ et d’annexer toutes les terres du comte a votre domaine personnel afin d’en purger les hérétiques.
Lettre du Pape Innocent III à Philippe II de France (1), 1198

En ce qui a trait aux terres du comte, nous avons consulté des hommes forts instruits et avons appris d’eux que vous n’avez pas le droit de les exposer en proie. Vous devez d’abord condamner dans les formes le comte comme hérétique et ensuite nous demandons à nous, son légitime seigneur, d’exposer ses terres en proies. Hors, vous ne nous l’avons pas condamné comme hérétique.
Réponse de Philippe de France a Innocent III, 1198

Et quand de Toulouse il fut nommé évêque
Dans tout le pays, un grand feu fut allumé
Que jamais nulle eau ne pourra vraiment éteindre
Par milliers grands et petits
Perdirent leurs corps et leurs esprits
Et par ces actes l’ont cru voir
Un envoyé de l’Anti-Christ plutôt qu’un message de Rome!

Avis de l’auteur anonyme de la Chanson de la Croisade sur Foulques, évêque de Toulouse et futur fidèle auxiliaire de la croisade, 1217

Et je vous supplie de m’écouter mes braves gens, car si vous ne répondez pas à ma bonté les moyens préconisés par d’autres seront utilisé.
Extrait d’une prédication de Dominique de Guzman (2), 1207

Avec l’avènement du Pape Innocent III tout s’apprêtait à changer au sein du Languedoc en général et pour les fidèles cathares en particulier. Auparavant la majeure part des princes temporels et spirituels de la chrétienté n’accordait que peu de pensée à l’existence et aux succès d’une secte dualiste en Languedoc, quand ils y pensaient du tout. Même ceux qui auraient dû, à divers titres, s’intéresser particulièrement à la question n’y accordaient que peu d’attentions, ayant d’autres priorités. Les soucis de la papauté a cette époque était, en effet, habituellement dominée par son duel avec les empereurs allemands et le sort des états croisés d’Orients alors que la vie politique du Languedoc était plutôt dominée par les conflits opposants les comtes de Toulouse au Roi d’Aragon et a son vassal le Comte de Provence ou a l’Angleterre ainsi qu’aux négociations qui allait mettre fin a ces dernières. Avec l’arrivée au pouvoir d’Innocent III tout changea. La détermination du papa à éradiquer le catharisme allait placer ce dernier au centre de la vie politique occitane et attirer sur les cathares l’attention de Paris, Barcelone, Londres et Francfort en même temps que les foudres de Rome.

Quelques jours avaient à peine passé depuis son couronnement qu’une lettre du pape avait déjà été envoyée à destination de Paris, adressé à Philippe de France. Cette dernière l’exhortait à se comporter en fidèle serviteur du Christ en prenant la tête d’une croisade contre le Comte de Toulouse et le Vicomte Trencavel, dépeint comme les deux principaux protecteurs des hérétiques, d’annexer leurs terres au domaine royal et d’y installer comme seigneurs locaux de bon catholique français (3). À première vue, une telle offre pouvait sembler fort attirante : l’annexion des terres de ces deux grands seigneurs au domaine royal aurait multiplié la taille du domaine royal et aurait radicalement altéré la balance des puissances au sein de la chrétienté latine, un autre roi ce serait jeté sur l’occasion d’effectuer de telles conquêtes protégées, soutenues et financées par une papauté a l’apogée de son pouvoir temporel sous Innocent III. Philippe Auguste se distinguait toutefois des autres monarques européens de l’époque par son rejet catégorique et complet du césar papisme, doctrine prônant la concentration des pouvoirs spirituels et temporels dans les mains de la papauté, à la promotion de laquelle Innocent III consacra son règne. Malgré ses efforts constants Innocent III ne parvint jamais à arracher une reconnaissance, même symbolique, et du bout des lèvres, de sa suzeraineté sur la couronne de France par le grand roi.

Loin de constituer une acception enthousiasme de l’offre du pape la réponse de Philippe Auguste rejeta donc sur toute la ligne non seulement l’offre elle-même, mais la théorie politique la soutenant. Le pape, soutenait la réponse de Philippe Auguste, n’avait aucun droit d’offrir à qui que ce soit des terres faisant légalement partie du Royaume de France et son roi n’était pas son valet. Innocent III devait d’abord déclarer les seigneurs concernés hérétiques ou complices d’hérésies selon les formes canoniques habituelles avant de demander au roi de France de prononcer leur déchéance. Ce dernier serait libre de prendre ou de ne pas prendre les armes pour imposer sa sentence ou de reconnaître ou de ne pas reconnaître un seigneur ayant réussi à s’emparer de leurs terres. Face au refus de Philippe Auguste le pape tenta bien d’amener Pierre d’Aragon a supplée le glaive temporel que Paris refusait de fournir, mais sans grande conviction ni espoirs. Le roi d’Aragon venait de conclure, avec Raymond VI, un règlement fort avantageux aux questions ayant opposé Toulouse et Barcelone durant les dernières décennies et de fiancer l’une de ses sœurs à Raymond le Jeune, héritier du comté. Il est aisément compréhensible que, dans les circonstances, il n’ait eu aucune envie d’envahir l’état toulousain. De plus, toute l’attention et les forces de l’Aragon étaient à cette époque occupée a confronté le péril musulman, une tâche à laquelle la papauté ne pouvait trouver à redire. Privé des moyens militaires nécessaires ainsi débuta une décennie ambiguïté pour la papauté ou l’impasse à laquelle était confronté l’amena à explorer d’autre solution que le recours a la force au problème cathare, mais où elle continua à œuvrer par des canaux diplomatiques à la croisade qu’elle désirait tant.

Bien des historiens considèrent aujourd’hui que les mesures prises par l’Église catholique durant cette période furent essentiellement inutiles. Un tel jugement nous apparaît quelque peu sévère : la papauté tenta réellement et sérieusement de régler certains des problèmes et d’éliminer certaines des causes du catharisme en purgeant le haut-clergé local de ses éléments les plus corrompus. Innocent III soutint également l’initiative missionnaire de Dominique de Guzman et de ses compagnons, avec leurs vœux de pauvreté et d’humilités et leurs ascétismes ces derniers pouvaient se battre à armes égales avec les parfaits cathares et firent même plusieurs convertis parmi leur congrégation. Malheureusement, ces efforts furent sabotés par le refus de la papauté de réellement abandonner l’idée d’une croisade contre Toulouse et Carcassonne. Au-delà de tous soupçons de corruption les nouveaux abbés et évêques du Languedoc pouvait sembler, mais leur sélection en fonction de leur capacité à servir d’auxiliaire de la croisade si elle finissait par être déclenché et leur hostilité aux institutions politiques et sociales du Languedoc assurait qu’ils ne seraient pas plus populaires que leurs prédécesseurs. La présence continue de la croisade comme objectif de la papauté et de ses légats empêchèrent également ces derniers de donner à Dominique de Guzman le temps et les ressources qui auraient rendu possible la destruction du catharisme par la simple prédication. Au total, les efforts effectués par la papauté dans le dossier cathare durant les premières années du 13e siècle s’étaient révélés infructueux. Durant les années qui précédèrent le déclenchement de la croisade, la sympathie envers le catharisme était plus répandue que jamais au sein des catholiques occitans.

Frustré par leurs absences de progrès sur tous les fronts après 9 ans d’efforts les légats papaux tenta de forcer la décision. En 1207 ils excommunièrent le comte de Toulouse et le Vicomte Trencavel et, à leur initiative, le pape lança un appel aux armes aux barons de France. Innocent III avait en effet abandonné, pour le moment, l’idée de voir le roi de France prendre la tête de la croisade, mais espérait toujours parvenir à recruter une armée dont ses vassaux formeraient le noyau. Un silence assourdissant accueillit la missive du pape. Nombreux étaient les barons de France attirés par l’idée d’une conquête du midi, mais nul n’était prêt à marcher sans l’autorisation expresse de leur roi. Au moment où l’année 1207 allait laisser place à 1208, la papauté semblait n’avoir d’autre choix que de lever les excommunications de Raymond VI et Raymond-Roger Trencavel. Plus que jamais, l’Église catholique semblait être confrontée à une impasse lorsque, le 14 janvier 1208, Pierre de Castelnau, membre de la légation papale, fut assassiné. L’identité du tueur fut l’objet d’innombrables débats durant les siècles qui suivirent et ne sera jamais connue avec certitude, mais la rumeur publique jugea immédiatement le comte de Toulouse coupable. Dans toute l’Europe occidentale, la colère et indignation furent générales. Durant l’année qui suivit, Innocent III tenta une fois de plus d’amener Philippe Auguste à prendre la tête d’une croisade contre les seigneurs occitans, sans succès. Le conflit l’opposant à l’Angleterre et a l’empire allemand donnant à Philippe Auguste une excuse toute faite pour refuser de marcher vers le sud. L’outrage causé par le meurtre de Castelneau était toutefois tel que le roi de France ne pouvait plus se permettre de complètement bloquer l’avancée du projet de croisade  et, à son corps défendant, donna à ses barons l’autorisation requise en février 1209. Le printemps suivant une imposante armée se rassembla à Lyon, le gros de ses troupes venait de France, mais l’Allemagne et l’Empire angevin fournirent également de puissants contingents. Le Languedoc allait bientôt devoir combattre pour sa survie en tant qu’entité politique et culturelle distincte.  

(1) Aujourd’hui connu comme Philippe Auguste
(2) Futur Saint-Dominique
(3) Jusqu’à nouvel ordre France et français garderont leurs significations pré croisade albigeoise, désignant la France du Nord-est.

Nous sommes enfin arriver au déclenchement des hostilités! Dans le prochain chapitre je traiterait de la Croisade contre Trencavel et un certain seigneur de Montfort-L'Amaury fera son entrée dans notre histoire Wink

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Re: Tuez les Tous!: Une croisade Albigeoise alternative

Message par Anaxagore le Sam 29 Oct - 19:53

Bravo... mais si je me trompe, il n'y a pas de différences avec l'OTL (j'admets honnêtement ne pas avoir beaucoup étudié la période AVANT les premiers combats).

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Re: Tuez les Tous!: Une croisade Albigeoise alternative

Message par phil03 le Sam 29 Oct - 20:07

Anaxagore a écrit:Bravo... mais si je me trompe, il n'y a pas de différences avec l'OTL (j'admets honnêtement ne pas avoir beaucoup étudié la période AVANT les premiers combats).

Merci Very Happy

Non, effectivement.

Comme je l'ai mentionné a la fin du premier post j'ai décidé de commencer ma TL avec l'origine du conflit plutôt qu'avec le POD pour trois raisons.

1) Ça donne a ceux qui connaissent moins les éléments pour suivre ce qui se passera pas la suite

2) Ça donne plus de ''saveur'' a la TL comme histoire alternative avec un point de départ logique dans cet univers la plutot que d'être jeté au milieu du conflit sans autre préavis.

3) Un peut relié a 2 mais personnellement je trouve ça plus élégant narativement.

Le POD sera au chapitre 6 donc ceux qui connaissent déja bien le conflit peuvent attendre ce moment la pour reconnecter s'ils préffèrent Smile

phil03

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Re: Tuez les Tous!: Une croisade Albigeoise alternative

Message par phil03 le Ven 11 Nov - 6:50

Chapitre IV : Tuez-les tous!




Carte du Languedoc au déclenchement de la Croisade

Nous ne livrerons aucun de nos citoyens au massacre sans juste procès!
Réponse des consuls de Béziers à l’ordre donné par le légat papal de livre a la croisade tous les hérétiques présents dans la cité, 1209

Tuez-les tous! Dieu reconnaitra les siens!
Légat papa Arnaud-Amaury lorsque demandé par les croisées si ces derniers devaient tenter d’épargner les catholiques au moment de la chute de Béziers, 1209

Aucun homme ne fut jamais autant fait pour diriger que le Comte de Montfort! Il était brave et vrai, il était le courage des couards, la force des faibles et des affligés et l’épée de la vrai foi.
Pierre des Vaux de Cernay, Historia Albigensis, 1217

Ils l’ont assassiné! Lui qui était bon et juste! ainsi commença pour le Comte de Montfort une carrière de meurtres, de trahisons et d’autres crimes innommables!
Réactions de l’auteur anonyme de la Chanson de la Croisade a la mort de Raymond-Roger Trencavel, 1219.

La puissante armée principale de la Croisade n’avait pas encore quitté Lyons quand le conflit fit ses premières victimes. Des contingents croisés plus petits se mirent à effectuer des raids sur le Quercy et l’Agenais à partir de la Gascogne, culminant en un immense bucher où furent jetés des centaines de clercs et croyants cathares, avant de rentrer chez eux à la fin de leur quarantaine (1). Ces évènements marquèrent le réel début des hostilités et semblèrent rendre la collision entre l’armée de la Croisade et le Comte de Toulouse semblait inévitable. Étrangement, ce furent les actions de l’homme qui avait travaillé sans relâche depuis 10 ans pour faire de la croisade une réalité qui retardèrent cette dernière. Les historiens débattent encore aujourd’hui des motifs qui provoquèrent chez Innocent III un tel changement d’attitude : remords, doute quand a la culpabilité de Raymond VI dans le meurtre de Pierre de Castelnau, hésitations de dernière minute face aux conséquences politiques d’un effondrement de l’état toulousain,  peur de l’échec, ruse visant à donner à la croisade le temps de s’installer dans le pays avant de confronter Toulouse, qui sait? Quoi qu’il en soit, le pape accorda au comte une absolution conditionnelle, moyennant une promesse d’engagement dans la lutte anti-cathare, une cour engagement personnel au sein de la croisade et à condition de sortir gagnant d’un procès  sur le meurtre de Pierre de Castelnau il serait reconnu bon catholique, ces terres protégées de l’armée de la croisade. Bien que la cérémonie d’absolution est dû être fort humiliante pour l’un des princes les plus puissants d’Europe le comte jugea les avanies subis comme valant le coup, car il espérait voir son retour en grâce provoqué la dissolution de l’armée de la croisade. De telles espérances étaient également partagées par Raymond-Roger, vicomte Trencavel,  également excommunié et désigné comme ennemis de l’église.

Pour ces deux seigneurs, la marche de l’armée de la croisade, pacifique qu’elle fut, à travers l’est du Languedoc dut constituer un rude réveil. Alors que cette dernière établissait une base d’opérations à Montpellier (2) Raymond-Roger Trencavel se rendit compte qu’il risquait de bientôt avoir a affronté seuls ses 20 000 hommes et offrit de se soumettre aux mêmes termes que Raymond VI.  Malheureusement pour ce dernier, l’église refusa, ne pouvait renvoyer sans chez elle sans combat l’immense armée de la croisade sans perdre la face et ayant de toute façon de graves doutes quand a sa capacité à s’imposer face à ses vassaux cathares. Des avances en direction de Raymond VI, visant à amener ce dernier à revenir sur sa décision et à organiser la défense en commun, n’eurent également aucun résultat. Raymond-Roger Trencavel retourna donc à Carcassonne, d’où il ordonna a ses vassaux de mobiliser leurs forces.  Les croisés frappèrent toutefois avant qu’ils ne puissent mobiliser ses forces. De Montpellier ils marchèrent vers Béziers, soumettant châteaux et villages sur leurs passages. Le 25 juin les croisés arrivèrent devant Béziers et ordonnèrent aux consuls de la ville d’ouvrirent ses portes, de transférer leurs allégeances Trencavel a un seigneur choisi par la croisade et de livrer tous ceux suspects d’hérésies. Espérant voir l’armée de la croisade fondre au moment où ce terminerait la quarantaine de ses membres et recevoir des secours venant de Carcassonne et craignant de voir un nouveau seigneur s’attaquer à leurs libertés municipales les Biterrois refusèrent. Cette décision eut pour Béziers des conséquences catastrophiques. Rapidement, les croisés parvinrent à établir une tête de pont sur murs de Béziers et déferlèrent dans la cité, tuant tous sur leurs passages. 20 000 hommes, femmes et enfants furent massacrés ce jour-là et l’armée croisée continua sa marche vers Carcassonne, capital des fiefs de la Maison de Trencavel. Cette dernière se révéla toutefois une noie beaucoup plus dure à craquer que Béziers.  Dotés de puissants, bien que non formidables (3), remparts garnis de nombreux combattants réunis dans la ville par Trencavel Carcassonne étaient prête à se défendre.  Pendant deux longs mois, le siège s’éternisa, aucun autre incident qu’une tentative de médiation avortée de Pierre II d’Aragon ne venant troubler la routine du siège. Ce fut, en fin de compte, une course contre la montre qui décida de l’issue de ce dernier, Carcassonne tomberait-elle à court de vivres avant que la quarantaine du gros de l’armée croisée se termine? Trencavel perdit cette course, mais sembla toutefois réussir à obtenir une capitulation honorable. La population de la ville fut épargnée, la population désarmée et Trencavel autorisé à quitter les environs une fois les conditions de la capitulation remplies. Cette dernière condition fut toutefois ignorée : Trencavel fut jeté dans un donjon de Carcassonne et y mourut un mois plus tard.

Suite à la chute de Carcassonne, le légat papal Arnaud-Amaury rassembla les chevaliers de l’armée croisée et leur annonça que le temps était venu de choisir un bon catholique parmi leurs rangs comme seigneur des terres conquises. Ce fut alors que la croisade rencontra ses premières complications : le premier seigneur pressentis, Eudes, Duc de Bourgogne refusa, partageant partiellement les scrupules féodaux de son suzerain et n’étant pas prêt à encourir son déplaisir. Son refus fut suivi par ceux d’Hervé de Donzy, Duc de Nevers et du Comte de Saint-Pol.  Se doutant bien qu’une semblable réponse l’aurait attendu s’il s’était tourné vers le Comte d’ Auxerre le légat se tourna vers ceux qui, parmi les rangs de la croisade, n’affichait pas de tels scrupules. Pour de nombreux chevaliers, cadets de familles nobles et tout petit seigneur la Croisade représentait une occasion incroyable d’ascension sur l’échelle féodale. Ce fut parmi leurs rangs que fut recruté le nouveau Vicomte de Béziers-Carcassonne et l’homme qui passa a l’histoire comme le leader emblématique de la Croisade : Simon IV de Montfort, Seigneur de Montfort-L’amaury. Montfort, un vétéran des Croisades d’Orients, c’était distingué par sa loyauté envers la papauté durant la 4e croisade, refusant de suivre le gros de la croisade vers Constantinople quand elle fut détournée par les Vénitiens et fit voile vers la Palestine, combattant côte à côte avec le roi d’Acre et de Chypre, se distinguant par ses talents de tacticiens. Légalement Comte de Leicester Montfort avait vu ce titre être confisqué par Jean Molle-Épée, sort commun de tous les seigneurs français possédant des terres en Angleterre. Ambitieux, brillant et fidèle à la papauté Montfort semblaient donc être  l’homme idéal pour recevoir les territoires conquis et commander l’armée de la croisade. Montfort accepta donc l’offre du légat, transférant ainsi son allégeance première de Paris au Vatican (4). Ce fut également parmi les rangs de ces petits nobles avares de terres et de richesses que fut recruté le corps officier de la croisade : Bouchard de Marly, Alain de Roucy, Guy de Lévis, Lambert de Thrury, Guillaume de Contres, Robert de Picquigny, Roger d'Andelys et Robert de Forceville.

Carte du Languedoc au lendemain de l'élection de Montfort



Bien que l’acquisition d’un important fief doive être fort satisfaisante pour un homme éternellement frustré de son Comté de Leicester Simon ne pouvait ignorer le côté empoisonné d’un tel cadeau : alors que l’armée de la croisade fondait comme neige au soleil suite à la fin de sa quarantaine Montfort ne contrôlait réellement que la Vicomté de Béziers et le Nord-Est de celle de Carcassonne, le reste des anciens domaines de Trencavel continuait à être tenu par des seigneurs souvent cathares et toujours hostiles à la croisade.  Le nouveau chef de la croisade risquait donc d’être bientôt isolé dans un pays hostile avec seulement une poignée d’hommes à sa disposition.  Un  chef de moindre trempe se serait simplement barricadé dans Béziers et Carcassonne en attendant de nouveaux contingents de croisés venant faire leur quarantaine venant du nord. Montfort préféra capitaliser sur son amitié avec le Duc de Bourgogne pour le convaincre de rester en Languedoc avec ses bannières encore un peu et se lança dans une campagne éclaire à l’automne 1209, conquérant la quasi-totalité de l’ouest du Carcassès et du sud de l’Albigeois.  Les châteaux villes et villages qui ne se soumirent pas au conquérant furent pris et les seigneurs  refusant de se mettre à genoux dépossédés et remplacés par des subordonnées de Montfort. À mesure que les croisées avançaient, meurtres, tortures, viols, incendies et pillages suivaient et la haine que ressentaient les Occitans envers leur chef grandissait, grandissait et grandissait.

Simon aurait probablement réussi à conquérir le reste de sa vicomté rapidement s’il n’eut été victime de complications diplomatiques. Les tensions avec le comté de Toulouse restaient en effet fortes et le risque de rupture avec ce dernier s’avéra suffisamment élevé à l’automne 1209 pour forcer les croisés a adopté une position défensive pendant quelque semaines, avant que le pape ne force Raymond VI à adopter une posture moins menaçante. Beaucoup plus sérieuse était la menace représentée par le comte de Foix Raymond-Roger, soldat par occupation et convaincu du danger que représentait la croisade pour sa dynastie. Ainsi, quand les croisées commirent l’erreur de pénétrer sur ses terres et de prendre Pamiers ils provoquèrent une réponse agressive de la part du Comte de Foix. Ce lança deux raids qui pénétrèrent profondément en Carcassès, prenant le château de Preixan, et le village stratégique de Montgrenier après avoir jeté dans ses donjons les consuls de sa ville de Pamiers qui avait tenté de négocier avec les croisés. Pour Montfort, la menace semblait suffisamment grande pour le convaincre de stopper ses opérations en Albigeois et de marcher vers le sud en toute hâte. La contre-attaque qui s’ensuivit permit à Simon d’expulser le Comte de Foix de son nouveau fief et de prendre la ville de Mirepoix, mais ne parvint pas à éliminer la menace qu’il représentait. Une trêve précaire s’installa entre les deux armées. Malgré tout, quand l’hiver commença et que le Duc de Bourgogne reparti enfin vers le nord Simon de Montfort avait tout lieu de se féliciter : sa position s’était considérablement solidifiée et la majeure part des terres qu’il tenait en droit était désormais contrôlé par la croisade dans les faits. Pendant l’hiver la papauté remporta pour Montfort des victoires diplomatiques qui vinrent complémenter de façon agréable ses victoires militaires. Pierre II d’Aragon fut forcé, à son corps défendant, de reconnaitre Montfort comme son vassal et Aimeri, Vicomte de Narbonne fut ‘’convaincu’’ de renoncer à son allégeance envers Raymond VI et à accepter Montfort comme suzerain a sa place.

Le Languedoc en Décembre 1209





De gauche a droite, le sceau de Simon IV de Montfort comme Vicomte, statue de Raymond VI et portrait de Montfort

Avec le printemps vint l’arrivée de nombreux contingents de croisées venus faire leur quarantaine. Frappant vers le sud Monfort prit Limoux et Montlaur et, après avoir vaincu en terrain ouvert les seigneurs encore insoumis du Carcassès près de la rivière Adge, prit le reste du Carcassès a l’exception des puissantes forteresses de Minerves, Termes et Cabaret, célébrant sa victoire en brûlant 300 cathares dans le pré de Bram.  Par ce dernier acte, Montfort décapita le clergé cathare de la région, mais également viola grossièrement le droit canonique qui insistait que les hérétiques ne pouvaient être suppliciés qu’après un procès en bonne et due forme. La papauté accepta cette exécution extrajudiciaire comme un mal nécessaire, mais plusieurs historiens datent aujourd’hui les premiers doutes d’Innocent III envers le ‘’Lion de la Croisade’’ au massacre du Pré de Bram… Mais tout cela ne porterait a conséquence que dans l’avenir, pour l’heure Montfort était triomphant, prenant Minerve après un siège d’un mois avant de se tourner vers Termes, qui tomba également, et de conquérir le reste de l’Albigeois. Seul Cabaret, complètement isolé et risquant de rapidement tombé a cour de provisions, résistait encore. Pour les croisées ces victoires arrivaient à point nommé, car leurs relations avec Raymond VI arrivaient à son point de rupture.  

Le Languedoc a la veille de la rupture entre la Croisade et Toulouse





(1) Par quarantaine j’entends ici la période de temps durant laquelle doivent servir les croisées n’étant pas au service de la Croisade des Montfort à temps plein pour recevoir leurs indulgences.
(2) Guillaume VIII de Montpellier était considéré comme le seul seigneur occitan complètement fiable par l’église.
(3) La forteresse de Carcassonne telle qu’on la connait aujourd’hui OTL fut construire par Saint-Louis pour servir de pierre angulaire à la ligne de défense qu’il établit sur les Pyrénées. Les Trencavel étaient riches, mais n’ont jamais eu les moyens de payer pour un tel mastodonte.
(4) Tant OTL qu’ATL les terres conquises par la croisade furent des vassales de facto de la papauté. Au point où Montfort y leva un cens à sa destination

phil03

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Re: Tuez les Tous!: Une croisade Albigeoise alternative

Message par phil03 le Ven 11 Nov - 22:02

Chapitre V : Minuit en Occitanie



Le Pape Innocent III



Vous nous demandez quels sont vos crimes? Vous n’en avez commis aucun, mais vous fournissez aide et conseils à un homme qui en a commis plusieurs. Transférez votre allégeance a Simon de Montfort et abandonnez Raymond de Saint-Gilles et tout sera bien.
Réponse des légats papaux aux consuls de Toulouse lorsque ces derniers protestèrent de leurs respects des demandes papales, 1211.

Le Comte Raymond fut un bon seigneur et nous sommes ces bons sujets, nous l’abandonnerons pas face a ses ennemis en l’heure de son péril.
Réponse des consuls de Toulouse, 1211

La situation semblait désespérée, mais dieu veillait et s’assura que la terre resterait dans les mains de ceux qui l’aimaient.
Auteur anonyme de la Chanson de la Croisade, 1219

Le Comte Simon se battit comme un lion, mais les ennemis de la foi était nombreux et puissants, il se trouvait bientôt soumis a leurs incessants assauts.
Pierre des Vaux de Cernay, Historia Albiegensis, 1217

Avec le début des hostilités entre la croisade et le Comte de Toulouse le conflit changea de signification, son issue déciderait désormais qui serait l’homme le plus puissant de notre terre.
Guillaume de Puylaurens, Chronica, 1246

Pitié mon seigneur Pitié! N’ayez aucune crainte mon ami je vous accorderais la pitié de Lavaur et de Béziers!
Conversation entre Raymond-Roger II de Foix et un croisé allemand fait prisonnier à la Bataille de Montgey, 1211.

Les historiens, tant professionnels qu’amateurs, se sont souvent demandé ce qu’il serait advenu si le processus de réconciliation canonique de Raymond VI tel que défini par Innocent III avait été suivi avec honnêteté par tous ses acteurs. Le passé étant ce qu’il est, nous ne le saurons jamais, car il fut saboté de l’intérieur par le clergé de la croisade en général et le légat papal en particulier. Pour ce dernier, toute résolution de la question cathare ne pouvait passer que par la dépossession du Comte de Toulouse et seule cette dernière leur permettrait de jouir confortablement et en paix des évêchés et des abbés du Languedoc qu’il espérait voir obtenir grâce à leurs rôles dans la Croisade. Malheureusement pour eux, Innocent III était fort conscient de leurs sentiments et fit de son mieux pour empêcher ses derniers de saboter le processus de paix qu’il avait élaboré. Ses instructions commandèrent à ses légats d’assembler le synode chargé de juger Raymond VI pour le meurtre de Pierre de Castelnau. Si le Comte parvenait à se justifier, il devait l’absoudre, sinon il devait transmettre le contre rendu du procès à Rome ou le pape prendrait une décision finale. Il semblait donc que les légats avaient perdu tout pouvoir de déclencher la guerre entre Montfort et Raymond VI qu’ils appelaient de tous leurs vœux. Ces derniers tentèrent donc de bloquer la situation le plus longtemps possible, utilisant les combats au sein de la Vicomté de Béziers-Carcassonne pour reporter la tenue du synode. Avec la victoire de Montfort, toutefois, les légats se retrouvèrent acculés au pied du mur et durent recourir à ce qui ne peut être qualifié que de sophisteries légales : pour se défendre Raymond VI devait prêter serment quand a la véracité de son témoignage, pour qu’un serment soit valable celui qui le prononçait devait être bon chrétien, Raymond VI ne pouvait être qualifié de bon chrétien tant que le cas du meurtre de Pierre de Castelnau n’était pas réglé et si un accusé ne pouvait présenter il était automatiquement coupable! Raymond VI était donc à nouveau excommunié et ses terres exposées au coup de la croisade. Un tel raisonnement représentait, bien entendu, une grossière perversion des instructions papales, mais la vitesse des communications étant ce qu’elle était Innocent III fut placé devant le fait accompli et choisi de ne pas désavouer ces légats pour éviter de décrédibiliser toute légation papale a l’avenir.

Les premiers mois de sa guerre contre Toulouse montrèrent à tous ceux qui doutaient encore de ses derniers l’étendue des talents militaires de Simon IV de Montfort. Renforcé par d’importants contingents de croisés dont les quarantaines avaient été planifiés pour ce moment Montfort força la capitulation de Cabaret avant de lancer une puissante offensive contre le Lauragais, terreur et violence marchant à ses côtés. Comme de nombreux ballets, les contingents de son armée poussèrent les forces des seigneurs locaux vers la ville fortifiée de Lavaur, qui tomba dans ses mains après un siège de deux mois. Dans Lavaur les scènes de Bram et de Béziers furent répétées alors que des centaines de cathares furent brulés et de milliers d’habitants du Lauragais furent massacrés. L’inaction d’un Raymond VI, tétanisé, pendant le siège provoqua les premières défections (motivé par la peur et l’ambition il est vrai) au sein des rangs de la noblesse toulousaine. Le plus spectaculaire de ces retournements fut sans doute celui de Baudoin de Saint-Gilles, frère de Raymond VI, qui rallia la Croisade en échange du titre de Vicomte de Bruniquel. Dépourvu de tout apanage d’importance et maintenu à l’extérieur du gouvernement par son frère Baudoin vit en la croisade l’occasion parfaite de se venger du destin et de se tailler une place de choix dans l’ordre nouveau. Jusqu’au dernier moment, il fut effectivement l’un des conseillers les plus écoutés de Simon IV de Montfort. Moins choquante, mais plus importante stratégiquement fut la prestation d’allégeance à Montfort de l’évêque de Cahors, seigneur du Quercy. Si Montfort parvenait à imposer ce changement de camp aux vassaux de l’évêque, il pourrait isoler Raymond VI de ses riches domaines orientaux et rendre la chute de Toulouse possible. Ainsi, par la fin du printemps 1211 la victoire semblait à porter de main pour Montfort, il ne lui fallait qu’attendre les contingents de croisés que l’intense campagne de prédication lancée par les légats ne manquerait pas de produire pour finir d’isoler la capitale comtale, l’assiéger et faire Raymond VI prisonnier. Toutefois, et bien que le seigneur de Montfort-L’amaury ne le savait pas encore, le vent avait commencé à tourner contre la Croisade.

Carte du Languedoc a l'apogée de la puissance de Simon IV de Montfort


Aussi brillant qu’il puisse avoir été le plan de Montfort avait son talon d’Achille : pour mener avec succès ses opérations contre le Comté de Toulouse Montfort devait laisser son flanc sud peut défendu au moment même où ses entreprises ne pouvait qu’inspirer crainte et hostilité aux seigneurs pyrénéens. Montfort n’ignorait pas ses risques, mais surestima l’effet dissuasif de ses victoires. Raymond-Roger de Foix comprenait en effet fort bien le risque que courait son Comté : si Toulouse tombait, comment pourrait-il résister si Montfort tournait son regard vers les Pyrénées? Il décida donc d’intervenir et convainquit Bernard IV, Comte de Comminges et Roger II, Vicomte de Couserans, de faire de même. Rassemblant leurs forces à Pamiers ces trois seigneurs marchèrent, non pas vers l’ouest et le Carcassès pour frapper les bases d’opérations de la croisade comme on aurait pu le penser, mais Nord, à travers le Lauragais, évitant châteaux, villes et villages pour éviter d’alerter Montfort quant à leur présence. En adoptant un tel cours d’actions, Roger-Bernard II de Foix avait une idée bien précise en tête : un millier de croisées allemand, le premier des contingents devant permettre à Montfort de prendre Toulouse, en marche à travers le Lauragais vers Carcassonne. Les forces des seigneurs pyrénéens leur tendirent une embuscade près du village de Montgey, massacrant 800 ou 900 croisés en moins d’une heure. Les pertes des Occitans pouvaient se compter sur les doigts de deux mains. Les survivants furent faits prisonniers et exécutés sur les ordres du comte de Foix après avoir leur avoir fait subir d’atroces mutilations. Quelque années plutôt les chevaliers et seigneurs présents aurait été horrifié a la vue d’un tel traitement, mais les rumeurs venant de Béziers, de Bram et de Lavaur avait endurci les cœurs et ils restèrent impassibles alors que les cris de douleurs du supplicié résonnèrent dans la campagne. Un chef plus prudent que Montfort aurait immédiatement marché vers Carcassonne pour éviter de voir ses bases logistiques tombé aux mains de l’ennemi. Il préféra plutôt marcher vers Toulouse et assiéger la ville, s’attendant à voir les comtes de Foix et Comminges accourir pour défendre la ville. Le pari de Montfort paya, mais la diversion qu’il représenta fut le seul résultat positif du Siège de Toulouse pour la Croisade. Sans les contingents de croisés venant du nord qu’il attendait Montfort ne put investir la cité et empêcher cette dernière de recevoir ravitaillement et de recevoir les Comtes de Foix et de Comminges et leurs troupes ainsi que de nombreux faidits (1) et des troupes venant des quatre coins des domaines de Raymond VI. Au fur et à mesure que la garnison de la cité comtale grandissait, le moral des croisés chutait. Montfort tenta bien d’attirer les troupes occitanes hors de la ville et de tenter de prendre l’une de ses portes, mais succès alors que la mobile armée croisée immobilisée devant les murs devenait de plus en plus vulnérable a une sortie occitane l’attaquant sur ses flancs ou ses arrières. Pour la première fois, Montfort admit la défaite et leva le siège à la fin du mois de juin.

Les mois suivants furent remplis par de multiples tentatives de Montfort visant à reprendre l’initiative qu’il venait de perdre. Tentant de tirer avantage de la présence du Comte de Foix dans Toulouse il marcha sur Pamiers, Saverdun et Auterive, prenant ces trois villes, mais seulement pour les perdre face à une contre-attaque du Comte de Foix revenant du nord alors qu’il dut chevaucher vers l’Albigeois pour y rétablir l’ordre. De l’albigeois il marcha vers le nord, ou son allié l’évêque de Cahors était en difficulté face à une révolte en faveur de Raymond VI au sein des féodaux locaux. Montfort parvint à empêcher l’évêque de subir une défaite totale, mais dû abandonner pour le moment tout espoir de couper Toulouse de la Rouergue et de la Provence. De retour à Carcassonne il apprit que, de Montauban, une vague de révolte avait secoué l’ouest du Lauragais, expulsant ou massacrant les garnisons croisés qui s’y trouvaient, mais également que des milliers de nouveaux croisés, dont la quarantaine avait été planifié pour le Siège de Toulouse avant le désastre de Montgey était arrivé en Carcassès. Il allait en avoir besoin, car, au moment où il fit sa jonction avec les renforts croisés a Alzonne, ses éclaireurs l’avait déjà informé qu’une armée d’une taille similaire au grand ost croisé de 1209 c’était rassemblé à Toulouse et planifiait ouvertement la reconquête de tous les terres occupés par les croisés. Le conflit allait entrer dans sa phase décisive.

Carte du Languedoc durant les semaines qui précèderent la Bataille de Castelnaudary

(1) Nom donné aux chevaliers et seigneurs Occitans dépossédés par Montfort et c’étant exilé pour continuer la lutte.

OOC : Le prochain chapitre serra centré sur Castelnaudary, plus grand affrontement de cette Croisade Albigeoise alternative et, enfin, nous rencontrerons notre POD.

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Re: Tuez les Tous!: Une croisade Albigeoise alternative

Message par phil03 le Sam 12 Nov - 6:01

L'ont ma reçament indiqué que j'ai fait plusieurs erreurs sur des points extrêmement important. Je met donc cette TL en ''hiatus'' jusqu'a ce que je décide soit de me trouver un nouveau sujet ou de la recommencer sur des bases plus fermes.

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Re: Tuez les Tous!: Une croisade Albigeoise alternative

Message par Jolou le Sam 12 Nov - 19:58

Ah bon? Pourtant ça a l'air bien !
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Re: Tuez les Tous!: Une croisade Albigeoise alternative

Message par phil03 le Sam 12 Nov - 20:38

Jolou a écrit:Ah bon? Pourtant ça a l'air bien !

J'ai reçu des conseils d'une personnes spécialises dans l'histoire de la région et veut rebattir la TL basée sur ses dernières et sur les pages des sources auxquelles je n'ait pas accès au Canada mais qu'il a promis de me scanner.

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Re: Tuez les Tous!: Une croisade Albigeoise alternative

Message par Thomas le Sam 12 Nov - 20:45

Well vivement le reboot alors.

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Re: Tuez les Tous!: Une croisade Albigeoise alternative

Message par Emile Ollivier le Mar 15 Nov - 20:46

phil03,

Comment dire, c'est un mal pour un bien. Tu auras un récit encore meilleur Wink
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