Assad Babil

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Assad Babil

Message par Anaxagore le Ven 12 Aoû - 14:31

Assad Babil est un court roman que j'ai commencé en... 1995 (!) et sur lequel je travaille toujours épisodiquement. Pour la je-ne-sais-plus-combien-de-fois, je vais proposer sa dernière réécriture à un éditeur.

Comment décrire ce livre ? C'est un thriller fantastique qui a pour toile de fond la première guerre du Golfe (août 1990 - février 1991).
Yuriko Shinoken, fille et petite fille de trafiquant d'armes va aux Etats-Unis pour aider un ancien collègue, le professeur Pier Weikmann, avec lequel elle a lutté contre les atrocités du mythe de Chtulhu. Son frère, membre d'une agence de contrôle de l'exportation/importation de produits technologiques pouvant servir d'arme a disparu dans des circonstances étranges. Son avion a été repêché dans un lac d'une réserve indienne à des milliers de kilomètres de sa destination.

Ode à la folie :

Première partie du livre, l'action se déroule dans une réserve indienne. Yuriko et le professeur Weikmann, aidé par des policiers tribaux enquêtent dans les Bads lands du Dakota. C'est une sorte de western hivernal mais une créature surnaturelle interfère avec l'enquête... un après l'autre les membres de l'expédition disparaissent...

Passé décomposé :

Deuxième parti, de retour à New York Yuriko est dans une situation très difficile, le principal suspect dans la disparition de Kurt Weikmann est... elle-même. Talonnée par le FBI, Yuriko doit enquêter dans le milieu des trafiquants d'arme. les fils convergent vers la société Assad Babil ( le lion de Babylone, en arabe) et son mystérieux dirigeant, Saad al-Adouhi... cette partie oscille entre dîners mondains, entrevues feutrées dans des bureaux de luxe, palace... et expéditions nocturnes digne d'un James Bond... sans compter une invocation de Yog-Sottoth !  alien

La tour de Babel :

Partie finale (âme sensible s'abstenir), là nous voyageons beaucoup : Nouvelle Angleterre (à Arkham et Dunswich précisément !), l'Arabie Saoudite, l'Iraq, le Koweït. Au programme, une invocation d'un Grand Ancien avec sacrifice humain, un démon babylonien et même un vagabond dimensionnel....    sans compter la Guerre du Golfe. Un final Lovecraftien... désespéré, pessimiste... un de mes rares bouquin qui se termine mal !


Dernière édition par Anaxagore le Ven 12 Aoû - 14:34, édité 1 fois

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Re: Assad Babil

Message par Anaxagore le Ven 12 Aoû - 14:33

Extrait :

J'avoue que je ne m'attendais pas à trouver cela.
Bien sûr, je n'ignore pas que mes rêves d'enfant sont morts depuis longtemps, que les amérindiens emplumés ne chevauchent plus dans les plaines infinies. Buffalo Bill a mis fin à tout cela en faisant abattre tous les bisons le long des lignes de chemins de fer. Cet "exploit" réussit à réduire à la mendicité un peuple fier.
L'hélicoptère s'est posé à Autier, près du lac Sakakawea, un petit village qui semble avoir été traversé par un cyclone.
Ouvrant la portière, je repose les écouteurs sur le dossier du fauteuil et me tourne vers mes deux compagnons. Le professeur Weikmann semble écœuré à la différence du pilote qui m'offre un visage de marbre.
Le spectacle est pourtant celui de la désolation, tous les préfabriqués utilisés comme maisons sont délabrés, les murs ravagés se couvrent de graffitis. Les canettes de bière, les bouteilles de vin cassées, les emballages de produits alimentaires et les couches pour bébés, forment des tas en parti recouvert par la neige tombée cette nuit. Ces immondices ressemblent plus à une dérision de la civilisation, un appel au secours, qu'à une véritable pollution.
- Magnifique ambiance, ironise le chercheur, vous ne croyez pas qu'ils sont un peu négligents dans ce patelin?
La venue de l'hélicoptère n'est pas passée inaperçue, de toutes les baraques jaillit une foule qui se presse sur le terrain vague où nous avons atterri. Comme une vitrine animée dont on aurait coupé le courant, les Indiens restent immobiles. Littéralement fascinés par cette apparition surgie d'un autre monde. Pendant que j'aide l'albinos à décharger nos affaires, le professeur se porte à la rencontre de policiers descendus de deux vieilles voitures de patrouilles. Réajustant ses lunettes noires, le colosse qui les dirige se lance dans un discours dans une langue grave et lente coupée de sonorités nasillantes. Son autorité semble fonctionner car ses frères de race reculent.
- Je suis le shérif Garreaux, qui êtes-vous et que faites-vous ici?
Son éternel sourire aux lèvres, le fils du sénateur s'empresse en avant et saisit une main que l'on lui abandonne de mauvaise grâce.
- Excusez mon arrivée bien peu orthodoxe, mon nom est Pier Weikmann. Vous avez été mis au courant de ma visite, je pense.
- Oh-han, kola. Salue l'indien. "J'attendais votre venue"
Laissant ses hommes veiller sur l'appareil, il nous invite à le suivre.




Hal Garreaux est un amérindien d'une quarantaine d'année. Malgré son visage rond et son ventre proéminent, il inspire une certaine prudence, peut-être parce qu'il mesure près de deux mètres et qu'il y a peu de doute que sa musculature soit développée en proportion.
Peut-être... Pour ma part, je dirais que ce sont ses cicatrices qui impressionnent le plus. Trois arcs de cercles mal raccommodés griffent son visage du front à la mâchoire, coupent les sourcils, sautent l'arcade sourcilière et finissent par zébrer sa joue.
Une fois dans son bureau, le shérif accroche son stetson aux patères du portemanteau et pose sa carabine.
- Professeur Weickmann, commence le policier, vous arrivez juste à temps. Une de nos équipes de repêchage a situé un objet métallique dans le lac. Nous pensons qu'il pourrait s'agir de l'avion de votre frère.
Sans mot dire son interlocuteur hoche la tête, les yeux à demi clos dans un effort visible pour maîtriser son anxiété. Stampton, s'assieds sans s'occuper de la politesse.
- Wahou ! Terrible... comment avez-vous fait votre compte ? C'est l'histoire de l'aiguille dans la meule de foin.
- Une aiguille cela s'aimante! Un bateau doté d'un magnétomètre est passé juste au-dessus. Le coup de pot! On aurait pu passer vingt fois sans trouver quoi que ce soit. Des hommes-grenouilles ont placé des câbles sur l'épave.
Lentement, le scientifique se redresse. Ses paupières battent comme s'il sortait d'un rêve.
- Dites-moi shérif, serait-il possible de vous accompagner lorsque l'avion sera sorti de l'eau ?
- Professeur Weikmann, non seulement c'est possible mais c'est même nécessaire... Si nous trouvons des cadavres, il faudra les identifier.
- Alors partons tout de suite.
Hal Garreaux grimace en tripotant machinalement l'écusson doré de son insigne.
- Trop d'enthousiasme nuit. Un groupe d'agents du F.B.I. et des gars du labo doivent passer avant nous.
- D'accord, intervient l'albinos, et si pendant ce temps vous nous racontiez ce qui s'est passé ?
- Vendredi 21 décembre, Jimmy Eagle Elk, un pêcheur habitant les environs d'Autier a entendu un vrombissement de moteur. Une grande ombre est passée au-dessus de lui, cachant les étoiles. Il devait être 20 h 30. Lorsque l'ombre s'est éloignée, Jimmy a discerné des feux de position et compris qu'il s'agissait d'un avion. Glissant rapidement au dessus de l'eau, il a disparu dans la nuit. A 20 h 35 la balise de détresse de l'avion de votre frère se déclenchait. Depuis 18 h 40 il avait disparu des écrans radars et ne répondait plus aux appels de la tour de contrôle. À partir du témoignage de Jimmy on a pu définir un périmètre de recherche.
- Quelle était son altitude, sa vitesse ?
Haussant les épaules, le shérif bascule en avant, saisissant le bureau à deux mains comme s'il voulait le renverser.
- De nous deux qui est le pilote ? À vous de répondre à votre question.
- Il devait être assez bas pour qu'on l'entende. Le Piper Comanche est un monomoteur à combustion interne, il doit pas dépasser les 450 kilomètres-heure au ras du sol. Mais j'sais pas si je peux m'fier à un gus qui laisse un village devenir une porcherie dans le genre d'Autier.
Les yeux baissés, l'Amérindien voûte les épaules. Après quelques instants de silence, il répond d'une voix cassée:
- Cette contrée est maudite! Les enfants sont conçus sans amour entre deux rasades d'alcool. Ils naissent souvent handicapés. Nains, débiles, anormaux, aveugles et sourds sont dix fois plus nombreux dans les réserves que dans le reste du pays. C'est l'alcool et le désespoir qui sont à l'origine du mal. Ici règne "l'hiver du sang" comme disait l'écrivain Lakota James Welch. Une désespérance totale tournant à la violence sexuelle et à la violence tout court. Et après ? Le génocide pur et simple ?
Choquée par ses paroles, je me lève pour le rejoindre.
- Mais c'est une honte! Que fait le bureau des affaires indiennes ?
Il me fixe intensément et rit avec une amère ironie.
- Vous ne trouvez pas qu'il en fait assez ?
Je reste interdite, sans savoir quoi répondre. Le silence est bientôt brisé par le téléphone. Dés le combiné raccroché, le shérif sourit au professeur Weikmann et explique que nous sommes attendu.
Avant qu'il n'atteigne la porte, je lui touche le bras.
- Miss Shinoken ?
- Que vouliez-vous dire à propos de la responsabilité du bureau ?
- Pour se soigner de leur culpabilité pour nous avoir chassés de notre terre, les blancs nous versent une allocation de subsistance. Cet argent a balayé les derniers vestiges d'économie autonome. Avant c'était la misère. Maintenant les Sioux; les Chipewas; les Mandans; les Hidatsas; les Arikawas et tant d'autres sont devenus des zombies de l'aide sociale.
Franchissant le seuil, il balaie de la main la ville de New Town et ses bâtiments préfabriqués en ruine, les vitres brisées, les cloisons défoncées.
- Dans les réserves, les enfants souffrent d'un tel manque d'affection de la part de leurs parents que la joie, la confiance sont pour eux de vains mots. Maltraités ou abandonnés mais toujours abreuvés de reproches, on les compare à des fardeaux. Ils finissent par développer un sentiment d'infériorité et de culpabilité où leurs propres vies comptent souvent beaucoup moins qu'une nuit d'ivresse.
S'asseyant derrière le volant du pick-up de la police indienne, il démarre. Weikmann qui se boucle sur le siège voisin se penche sur lui.
- Sincèrement je trouve la situation très regrettable, mais je me soucie plutôt de mon frère. Sur qui pouvons-nous compter ?
- Personne ! La vie compte si peu ici, alors comment voulez-vous motiver quelqu'un pour des recherches ?

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Re: Assad Babil

Message par Thomas le Sam 13 Aoû - 13:45

J'aime bien.
Espérons que tu le sortira un jour.

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Re: Assad Babil

Message par Anaxagore le Sam 13 Aoû - 14:02

J'espère aussi !

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Re: Assad Babil

Message par Anaxagore le Sam 13 Aoû - 16:35

Je viens d'écrire un nouvel épilogue... Je me suis surpassé, très lovecraftien, pessimiste, avec un sentiment de profonde impuissance...

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Re: Assad Babil

Message par Thomas le Sam 13 Aoû - 19:53

J'aime pas les happy end donc ça me va.

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Re: Assad Babil

Message par Anaxagore le Lun 31 Juil - 23:51

Un autre de mes bouquins vient d'être publié.

Assad Babil (le lion de Babylone..; en arabe) est un thriller fantastique basé sur l'oeuvre... d'H.P. Lovecraft.
Décembre 1990, un petit avion de tourisme disparaît avec trois personnes à bord. On finit par le retrouver quelques jours plus tard, à des milliers de kilomètres de sa destination, englouti dans une lac d’une réserve indienne. On découvre à bord des cadavres qui ne sont pas la famille disparue. Comme le pilote est le fils du sénateur du Maine et qu'il est aussi un enquêteur d'une administration américaine qui a autorité sur l'exportation d'armes... et qu'on est en pleines guerres du Golfe. Le mobile de cette disparition.. meurtre ? ... semble lié à un contrat entre deux sociétés d'import export, S.I.E (qui est japonaise) et Assad Babil (officiellement jordanienne... et en fait Irakienne). Yuriko, la fille du P-P.G japonais mène l'enquête pour disculper son père... mais l'expédition qui s'enfonce dans la réserve indienne fait face à une population hostile... et les ombres s'animent la nuit... pour tuer les intrus.

La version e-book est déjà disponible ici -> https://www.amazon.fr/dp/B074DZZLMF

La version brochée sera disponible d'ici quelques jours là -> https://www.amazon.fr/dp/152198445X

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Re: Assad Babil

Message par Thomas le Mar 1 Aoû - 9:08

Félicitation.

Edit: j'en ai fais la pub à un collègue qui est très branché Lovecraft (il a même travail sur le JDR à une époque).


Dernière édition par Thomas le Mar 1 Aoû - 16:18, édité 1 fois

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Re: Assad Babil

Message par Anaxagore le Mar 1 Aoû - 15:53

Merci

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